Conférence de presse du NPA, 26 novembre, Caen

28 novembre 2010

Voici le texte de la conférence de presse. Prochain rendez-vous : mercredi 1er décembre, réunion publique du NPA, 20h30, salle de la Maison de quartier du Calvaire Saint-Pierre à Caen (arrêt de tram « Calvaire Saint-Pierre »). Entrée libre.

Nous avons connu une période politique exceptionnelle avec un mouvement social inédit : huit semaines de très fortes mobilisations avec des millions de personnes dans la rue.
Bien sûr, nous n’avons pas gagné mais le pouvoir non plus n’a pas gagné.
Le gouvernement et sa réforme des retraites restent impopulaires, rejetées par la majorité de la population.
Le « nouveau » gouvernement n’a de nouveau que le nom, puisqu’on reprend presque les mêmes, pour faire la même politique de casse sociale, réaffirmée par Fillon. Sauf qu’on y trouve un Juppé, de retour après avoir été de fait écarté par la rue en 1995. Tout un symbole !
Ce gouvernement a peu de marges de manœuvre alors que la réforme des retraites était censé lui dégager la route. Il veut continuer ce qu’il appelle des réformes, en fait des retours en arrière. On va droit vers d’autres conflagrations.

Or, parmi les millions de manifestations, une idée a grandi : celle qu’il faut en passer par un bras de fer avec ce gouvernement. Un bras de fer avec d’un côté les travailleurs, la jeunesse, les retraités, ceux qui ne sont pas écoutés, c’est-à-dire la grande majorité de la population ; et de l’autre : une petite minorité, le grand patronat, les actionnaires, ceux qui vivent du travail des autres, représentés par le gouvernement Sarkozy-Fillon.
La perspective, dans ce bras de fer, c’est le blocage économique du pays, la grève généralisée qu’on a frôlé mi-octobre. C’est le seul moyen pour se faire entendre.
Nous, au NPA, nous disons que ce n’est que partie remise.

De cette situation, nous voulons discuter avec celles et ceux qui ont été dans le mouvement, qui ont milité pour la grève générale, et qui ne lâchent rien.
Pour cela, le NPA repousse son congrès initialement prévu en décembre. Ce congrès aura lieu finalement en février. A la place, samedi 11 décembre, le NPA organise une conférence nationale de bilan du mouvement pour réfléchir à ses suites. Cette conférence réunira au moins un millier de personnes. Elle est ouverte à ceux et celles qui pensent comme nous qu’il faut se regrouper pour préparer ensemble les prochaines échéances sociales et politiques.

L’échéance majeure, pour certains, c’est 2012.
Pas pour le NPA.
Le NPA pense qu’il ne faut à rien attendre de bon de l’alternance politique possible en 2012. Car si nous voulons chasser Sarkozy et son gouvernement, qui sont illégitimes, c’est pour stopper et inverser leur politique. Et ce n’est pas avec le Parti socialiste à la place de l’UMP qu’on y arrivera. Nous étions avec le PS dans la rue contre la réforme de Sarkozy, mais nous divergeons sur les solutions, les programmes. Nos programmes sont incompatibles. On le voit sur la question des retraites : pour le NPA, c’est 60 ans à taux plein, retour à 37,5 annuités ; pour le PS, c’est 60 ans mais avec l’allongement de la durée des cotisations, en fait une belle arnaque.

De cela aussi nous voulons discuter. Le NPA propose que ceux qui luttent et qui ne lâchent rien se regroupent pour offrir une alternative anticapitaliste clairement indépendante du PS.

Avant la Conférence nationale de mi-décembre, à Paris, le NPA organise des réunions de débat, dans un grand nombre de villes.
A Caen, cette réunion se tiendra mercredi 1er décembre, salle de la maison de quartier du Calvaire Saint-Pierre, à 20h30.

Nous invitons tous ceux et toutes celles qui ne veulent pas attendre 2012 à venir échanger leurs idées et leurs propositions.

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A Vire : contre la réforme des retraites et contre la mascarade du Forum pour l’emploi

28 novembre 2010

150 manifestant-e-s ont de nouveau parcouru les rues de Vire en dénonçant le vote du Député-maire Cousin qui, paraît-t-il, a eu des remords en votant la loi sur la réforme des retraites. 150 manifestant-e-s qui refusent cette politique et continuent la résistance. Présent à cette manifestation, le comité NPA de Vire a aussi distribué un tract deux jours après, au Forum de l’emploi organisé à Vire.

A l’occasion de la manifestation du 23 novembre, les militants et militantes du NPA ont distribué un tract accompagné de l’appel du Conseil politique national du NPA « à ceux qui luttent et qui ne lâchent rien » :

En France, comme partout en Europe, les gouvernants de droite comme de gauche, « ceux d’en haut », veulent nous faire payer la facture de leur crise. Tous les moyens sont bons pour augmenter les profits, protéger les privilèges d’une minorité. Cadeaux fiscaux aux plus riches, gel ou baisse des salaires, démantèlement des services publics, suppressions massives d’emplois, licenciements, destructions des protections sociales, voilà la potion amère administrée pour soigner la grave maladie qui frappe le système capitaliste. Confrontés à une crise écologique qui menace les ressources, la bio-diversité et l’avenir de l’humanité, les puissants de ce monde se lancent dans un capitalisme vert qui ne résoudra rien et n’a pour but que de trouver de nouveaux marchés.

En France, la loi sur les retraites est l’acte I d’un plan d’hyper-austérité. En prétextant les sauvegarder, il s’agit en réalité de détruire les retraites par répartition et au delà le système de Sécurité sociale basé sur la solidarité, pour libérer les fonds qui « dorment ». De quoi ravir tous les profiteurs et en premier lieu le dirigeant du groupe Malakoff-Médéric, Guillaume Sarkozy.

Seulement voilà, des millions de jeunes, de travailleurs, de précaires ont résisté. La mobilisation que nous avons vécue a été exceptionnelle, par sa durée et sa radicalité. Manifestations multimillionnaires répétées, blocages, grèves reconductibles se sont conjugués pour faire face à l’offensive antisociale. L’ultra majorité de la population a été vent debout contre les parlementaires de droite, la clique de ministres et leurs chefs, Nicolas Sarkozy et Laurence Parisot.

Jeudi 25, se tenait un Forum appelé  »salon du service à la personne ». Les 500 chômeurs et chômeuses du Bocage Virois étaient invité-e-s mais dans le courrier reçu, il était notifié  »présence obligatoire » donc les sans emplois sont venus en nombre de peur d’être radiés. Beaucoup à la sortie, trouvaient ce  » salon  » bidon puisqu’il n’y avait pas d’offre d’emploi, aucune proposition concrète. Ce forum n’était qu’une action de communication du Pôle Emploi de Vire. Le comité NPA a distribué un tract bien accueilli et les militant-es présents ont pu discuter avec de nombreux chômeurs sur la situation sociale.

Le tract destiné aux chômeurs et chômeuses :

Et un Forum de plus !

Partout en France, les organisateurs des Forums des métiers, des Forums de l’emploi ou encore appelé  » parcours pour l’emploi » invitent les  »sans emploi » ou en  »recherche d’emploi » en faite  »les chômeurs » à se satisfaire d’un emploi intérimaire, précaire, pour quelques mois, quelques semaines à temps partiel bien sûr. Alors qu’il faut un vrai emploi pour pouvoir faire des projets d’avenir ou simplement vivre correctement et payer ses factures.

Dans notre pays, le taux de chômage avoisine les 10% et ce n’est pas fini. L’économie de marché ne fait pas de cadeaux, l’augmentation des profits se fait au détriment de l’emploi. La décision du gouvernement Sarkozy, de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux pour payer le déficit de la France,  »leur déficit » est contraire à l’emploi. La suppression par milliers d’emploi dans la santé, dans l’enseignement etc…et la privatisation rampante des services publics ne fait qu’aggraver la situation de l’emploi

Et que propose-t-on ? : des petits boulots, de l’intérim, des contrats à durée déterminée, c’est de la véritable exploitation. Mais ceux qui recherchent un emploi les acceptent faute de mieux.

C’est la politique du gouvernement qui encourage le sous emploi avec la mise en place du RSA (revenu de solidarité active).

N’en déplaise à Mme Lagarde, la ministre de l’économie et des finances, la relance n’est pas à l’ordre du jour. Rien à l’horizon ne pointe en matière de création d’emplois, notamment avec la contre réforme des retraites qui allonge la durée de travail de 2 ans pour obtenir une retraite à taux plein.

NOS EMPLOIS, PAS LEURS PROFITS
OUI à des emplois durables.
OUI au respect des droits des chômeurs: inscription, formation.
OUI à l’arrêt des contrôles, sanctions et radiations.
OUI à la solidarité des chômeurs et salariés notamment des salariés de Pôle Emploi.


Pour la sobriété énergétique : stop aux illuminations de Noël

26 novembre 2010

Comme tous les ans, les décos de Noël sont de retour. La tradition du gaspillage a la vie dure et les impératifs commerciaux sont tenaces.

Cette année, indique fièrement la mairie de Caen, le programme sera « composé à 100% de motifs à base de « LED » (diodes électroluminescentes moins énergivores que les sources lumineuses incandescentes) ». Las ! La mairie en profite pour augmenter de 15 % le nombre de décorations. Des ampoules qui consomment moins… mais plus d’ampoules. Fallait y penser. Du coup, le budget total ne diminue que de 3 %. Cela fait une somme rondelette supérieure à un demi million d’euros, marché de Noël compris.

Sur les 630 points de la ville décorés, 500 se trouvent en centre ville. Les décorations de Noël servent très largement à appâter le chaland dans les commerces de centre ville. L’argument commercial l’emporte sur celui de la sobriété énergétique.

Les illuminations de Noël représenteraient 10 % en moyenne de la consommation électrique annuelle liée à l’éclairage public. C’est dire que leur suppression représenterait une économie énergétique substancielle, tout en luttant contre la pollution lumineuse et les dérèglements qu’elle provoque. Selon des spécialistes, l’éclairage urbain favorise la concentration des étourneaux en ville en hiver, ces derniers s’abstenant de migrer vers le sud.

A Caen, ce gaspillage durera toutes les nuits jusqu’au 9 janvier, avec seulement une interruption entre 1h30 et 5h30 le matin.


Ils veulent continuer la casse sociale, continuons la lutte !

22 novembre 2010

Nouvelle journée d’action intersyndicale, mardi 23 novembre. A Caen, les syndicats appellent à la grève et à manifester à 10h, place Saint-Pierre. A Lisieux et à Vire, le rendez-vous est fixé à 17h. Contre ce gouvernement de « casse sociale », la résistance ne doit pas faiblir, la contestation ne rien lâcher.

Le « nouveau » gouvernement de Sarkozy est déjà illégitime. L’énorme mouvement social de septembre et octobre a fait que beaucoup ont pris conscience que Sarkozy et ses ministres ne sont que les hommes de main du MEDEF. Ils gouvernent pour une toute petite minorité de profiteurs que l’expression populaire indispose toujours. Ils ne nous écoutent pas. Il faudra les virer.

Le retour aux affaires d’Alain Juppé est un symbole et une provocation : défait par la rue en 1995, haï alors par une opinion publique qui l’avait chassé de Matignon, le voilà rappelé par celui qui est contesté à son tour par la rue ! C’est une sorte de bras d’honneur aux manifestants ! Symbole toujours, l’arrivée significative de l’ultra-droite de l’UMP, Mariani, Lellouche et Lefebvre, tous trois parfaitement compatibles avec les positions du Front national.

Ce gouvernement n’a d’autres perspectives pour faire payer la crise globale du système que d’affronter la classe ouvrière et les masses populaires. Il n’y aura pas de pause dans les contre-réformes d’ici 2012. L’épisode des retraites sera suivi bientôt par la remise en cause par le patronat du financement des retraites complémentaires, l’accélération de la casse du système de santé et de la protection sociale. La chasse aux sans-papiers va continuer.

C’est pour cela que la contestation doit continuer, grandir à nouveau, pour stopper ce gouvernement.

Le grand changement, c’est que les huit semaines de mobilisation ont fait prendre conscience de leurs forces à des millions de travailleurs. Plus rien n’est comme avant. Nous sommes passés tout près de la grève générale, et la prochaine fois peut être la bonne. « Bloquer leur économie ? », oui, cela peut leur être fatal. Et pour bloquer vraiment, quoi de plus efficace que la grève ?

Donc, pas question d’attendre 2012 l’arme au pied. Ce serait un trop beau cadeau au patronat.

On retourne dans la rue.

A Caen, rendez à 10h, place Saint-Pierre, à Lisieux, 17 h, place François-Mitterrand et à Vire 17h, Porte Horloge.


Les requins de la finance lorgnent sur nos retraites

15 novembre 2010

Malakoff Médéric, c’est ce groupe spécialisé dans la protection sociale complémentaire. Son délégué général s’appelle Guillaume Sarkozy. Le frère de l’autre. L’un s’attaque à la protection sociale solidaire, l’autre vit de la marchandisation de la santé et des retraites. La lutte pour les retraites continue avec un rassemblement, jeudi, à Caen, devant le siège de Malakoff Médéric.

Le gouvernement n’a de cesse de prétendre agir pour le bien du système des retraites par répartition. A peine la loi Sarkozy-Woerth promulguée, le frère de Guillaume se répandait sur les ondes pour claironner que les retraites étaient « sauvées ». La réalité est bien différente, et la majorité de la population l’a parfaitement compris : la réforme va entraîner une nouvelle baisse des retraites et des centaines de milliers de nouveaux pauvres vont s’ajouter au million de retraités vivant sous le seuil de pauvreté.

La perspective de retraites de plus en plus basses versées par le régime solidaire incitera-elle certains travailleurs – notamment les plus jeunes – à se tourner vers les retraites complémentaires, et donc les opérateurs privés tels Malakoff Médéric ? Ces derniers en rêvent. Le « marché » pourrait représenter jusqu’à 110 milliards d’euros en 2020. La loi contient des dispositions pour favoriser l’implantation des système de retraite complémentaire, encore insuffisamment développés aux yeux des grands groupes du secteur comme des grandes entreprises qui ont mis en place des systèmes d’épargne-retraite. Malakoff Médéric se prépare à capter le marché. Le groupe crée une société commune avec la Caisse nationale de prévoyance (CNP) pour se déployer sur le créneau de l’épargne-retraite. Or, la CNP est est une filiale de la Caisse des dépôts et consignations (qui gère le Fonds de réserve des retraite), de la Banque postale et… du groupe Caisses d’Epargne, lui-même présidé par François Pérol, ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée.

Pour le développement de la retraite par capitalisation, le vote de la loi Sarkozy-Woerth était une étape à franchir.

Abroger cette loi, interdire aux requins de la finance le secteur de la protection sociale est une nécessité urgente !

Continuons ce combat et tous et toutes au rassemblement devant le siège de Malakoff Médéric, à Caen (1 rue Grusse, près du Palais de justice), à 12h, à l’appel de l’intersyndicale.


Non aux licenciements à Plysorol-Lisieux !

15 novembre 2010

Depuis 20 jours, les salariés de Plysorol occupent leur entreprise à Lisieux pour refuser les licenciements. Ceci, après l’épisode du repreneur chinois, qui avait été accueilli les bras ouverts par le maire de Lisieux (UMP) et par l’opposition municipale (PS, PCF, EE), qui, devant la presse, se gargarisaient d’avoir trouvé là un repreneur solide et fiable. Laissez nous rire !

Depuis le début, le NPA a dénoncé cette vente au repreneur chinois. Nous avions denoncé le but de cette opération : les forêts et le bois au Gabon. Eh bien rebelote, après le chinois, c’est un repreneur libanais qui a repris l’usine Plysorol avec l’accord du tribunal de commerce de Lisieux. Le prix à payer pour les salariés de Lisieux est très lourd. A peine arrivé, le nouveau repreneur veut se séparer de 150 personnes sur 222 à Lisieux !!!

Les repreneurs chinois et libanais ne voient dans cette entreprise qu’une manière de faire du profit. Tout ce qui intéresse ces messieurs, ce sont les matières premières du Gabon et les bénéfices que l’on peut en tirer. Mais la vie des ouvriers ne vaut malheureusement pas un sou…donc ils n’ont aucun « intérêt » au maintien de l’emploi ! C’est inacceptable ! Pourtant, devant le chaos social qui se prépare, on ne constate aucune réaction du maire, ni de l’opposition municipale… sauf parfois quand des caméras se tournent vers eux. Au final, le tissu industriel de Lisieux se transforme en une vraie peau de chagrin, les collectivités, la ville de Lisieux comme la Région, et l’Etat laissant faire.

Les salariés en lutte de Plysorol veulent conserver leurs emplois, pour vivre, eux et leurs familles. Ils ont raison de considérer que les profits de quelques uns ne peuvent primer sur le droit au travail pour toutes et pour tous.

Interdiction des licenciements !

Le comité NPA Lisieux-Pays d’Auge est allé à plusieurs reprise à la rencontre des salariés qui occupent l’usine, pour leur apporter son soutien et aussi expliquer nos réponses possibles avec l’interdiction des licenciements. L’interdiction des licenciements, c’est faire prévaloir le droit à l’emploi sur le profit, c’est faire passer les salariés avant les patrons. Interdire les licenciements, à Plysorol, serait possible en faisant payer le maintien des emplois par le patronat de la branche, en réquisitionnant l’outil de travail pour que l’activité puisse continuer. La Région elle-même devrait s’impliquer, annoncer qu’elle est disponible pour soutenir la poursuite de l’activité, exiger de l’Etat la réquisition de l’entreprise. Au lieu de dilapider l’argent public en « aides » de toute sorte au patronat, elle devrait aider les travailleurs en lutte.

Le NPA restera aux côtés des salariés de Plysorol et continuera son combat pour l’interdiction des licenciements.

Il appelle l’ensemble des travailleurs à soutenir ceux de Plysorol jusqu’au bout, pour le maintien des emplois et du site.


Université de Caen : la police sur le campus

9 novembre 2010

Dès six heures mardi matin, police et gendarmerie sont intervenues sur le campus 1 de l’Université de Caen pour évacuer… des bâtiments presque vides.

Lundi, une assemblée générale ayant réuni peu d’étudiants et plutôt partagée s’était prononcée pour le blocage du campus 1. Mais dès le soir, le comité de lutte renonçait à occuper les bâtiments Sciences et Lettres, dont le blocage dans la durée s’avérait difficile. Et aussi pour éviter tout débordement et des violences inutiles qu’aurait pu entraîner l’agressivité des partisans de la réforme de Sarkozy.

La Présidente de l’Université n’en a pas moins jugé utile de faire intervenir massivement les forces de l’ordre. Inconséquence, ou volonté de montrer que le pouvoir, même un pouvoir illégitime et discrédité, a finalement toujours raison ? Toujours est-il que le campus avait drôle d’allure ce mardi matin, avec ce déploiement policier sans objet, avec des contrôles d’identité parfaitement déplacés, surtout quand ils visaient des étudiants bien pacifiques en train de distribuer des tracts !

La répression n’empêchera pas que la jeunesse lutte pour ses revendications

Le pouvoir pense peut-être en finir avec la mobilisation étudiante en faisant intervenir les forces de police. Quel espoir dérisoire ! Samedi et dimanche dernier, la deuxième coordination nationale étudiante a réaffirmé des objectifs qui resteront ceux de la grande majorité des étudiants, quelles que soient les péripéties des longs débats sur les « blocages ». Ces objectifs restent, en premier lieu, le retrait de la réforme, le vote par le Parlement et la validation du Conseil constitutionnel n’y changeant rien ; mais aussi : la prise en compte des années d’étude, de stage et d’inactivité forcée pour le calcul des annuités ainsi que le refus de l’augmentation de ces annuités, pour pouvoir bénéficier d’une retraite à 60 ans à taux plein (lire l’appel de la coordination, ci-dessous)

La deuxième coordination étudiante avait aussi pleinement conscience que la mobilisation de la jeunesse s’effectue dans un contexte de dégradation générale du marché du travail qui la condamne massivement au chômage et à la précarité. C’est pour cela qu’elle inclut dans la plate forme de lutte la revendication d’un « pré-salaire d’autonomie ». Cette revendication concerne toute la jeunesse qui refuse l’avenir de misère que le capital lui réserve. Toutes les forces du mouvement étudiant devraient maintenant s’unir pour une lutte résolue et de longue haleine pour gagner sur cette revendication. Pour leur part, les militants et les militantes du NPA en seront !

Même si elle a réuni seulement 20 universités en lutte, la coordination étudiante trace la voie pour continuer la lutte, en lien avec les échéances de mobilisation concernant le monde du travail. Un programme prometteur !


APPEL DE LA COORDINATION NATIONALE ÉTUDIANTE DE VILLETANEUSE DES 6 ET 7 NOVEMBRE

Nous, étudiants de 20 universités réunis en coordination nationale à Villetaneuse les 6 et 7 novembre 2010, appelons les étudiants à poursuivre la mobilisation contre la réforme des retraites sur les universités.

La réforme des retraites portée par Nicolas Sarkozy constitue une régression sociale sans précédent. Non seulement elle ne garantit pas l’avenir des retraites, mais elle fait reposer l’essentiel des efforts sur les salariés. Cette réforme va maintenir les salariés plus longtemps en activité, sans rien régler au chômage des seniors et va contribuer à fermer un peu plus les portes de l’emploi aux jeunes. Nous refusons cette vie de précaire dans laquelle le gouvernement veut nous maintenir.

Par ailleurs cette réforme ouvre encore un peu plus la voie à la privatisation du système des retraites. Par le relèvement de l’âge légal de départ à la retraite et l’allongement de la durée de cotisation, c’est bien la baisse des pensions et la capitalisation que souhaite mettre en place le gouvernement.

Par la mobilisation étudiante, les jeunes démontrent qu’ils refusent de servir d’alibi au gouvernement. Cette réforme sonne pour les jeunes comme une double peine : plus de chômage en début de carrière et moins de retraites demain. C’est pour cela que 74% des moins de 25 ans s’opposent aujourd’hui au recul de l’âge légal de retraite de 60 à 62 ans et que les étudiants dans leur grande majorité soutiennent la mobilisation actuelle. Par sa mobilisation, la jeunesse a joué un rôle central dans ce mouvement. Donnant confiance aux salariés en grève, elle a participé à donner un profil combatif et de masse à la mobilisation. Au delà de la réforme des retraites, la colère de la jeunesse n’est pas manipulée. Elle exprime un ras le bol de cette société et de l’avenir de misère qu’on lui réserve.

Le gouvernement a fait le choix de passer en force au parlement pour faire adopter son texte, au mépris de la puissante mobilisation des jeunes et des salariés l’amenant à faire le choix de la répression, y compris envers les mineurs, à encourager les violences policières, les arrestations abusives, à débloquer illégalement les piquets au mépris du droit de grève. C’est inadmissible. Mais si le gouvernement a gagné un vote dans l’hémicycle, il a perdu une bataille essentielle, celle de l’opinion. Le mouvement social contre la réforme reste soutenu par près de 70% de la population, et par la majorité des étudiants. Même adoptée, cette réforme reste injuste aux yeux du plus grand nombre et le gouvernement a perdu toute légitimité aux yeux des jeunes et des salariés. Cette mobilisation historique est riche d’enseignements. Les grèves reconductibles dans de nombreux secteurs salariés ont déstabilise le gouvernement et montré que c’était le moyen le plus efficace pour gagner. L’absence de démoralisation massive montre que, par ce type de scénario, un mouvement d’ensemble des jeunes et des travailleurs, la perspective d’infliger une défaite au pouvoir reste d’actualité.

Malgré les vacances et le vote de la loi, 2 millions de personnes ont à nouveau manifesté jeudi 28 octobre, pour la 7eme journée de mobilisation. Nous étions également 1,2 millions le 6 novembre.

Les raisons profondes qui ont amené des centaines de milliers de jeunes à descendre dans la rue sont loin d’être réglées. Nous maintenons notre exigence à la reconnaissance et à la protection sociale, notre aspiration à l’autonomie. Ces questions ne se régleront pas dans un énième débat sans perspective sur l’emploi des jeunes. Après avoir refusé de servir d’argument à cette contre-réforme, ils refuseront que leur situation soit utilisée pour une quelconque sortie de crise. Au coté des salariés et de leurs organisations, la coordination appelle les étudiants à poursuivre la mobilisation et à se joindre aux initiatives unitaires. Nous devons d’ores et déjà préparer les étudiants aux futures dates de mobilisation du 16 novembre et de celle qui aura lieu la semaine du 22 novembre.

Nous appelons l’ensemble des étudiants à participer aux assemblées générales ainsi qu’à leur organisation partout en France, afin de se mettre en grève et de manifester le mardi 9 novembre prochain. Des liens entre étudiants et secteurs mobilisés doivent continuer d’être développés en participant aux AG interprofessionnelles.

Nous exigeons :

– Le retrait de la réforme des retraites sans négociation.

– La prise en compte des années d’étude, de formation, de stage et d’inactivité forcée dans le calcul des annuités ouvrant droit à une retraite pleine.

– La retraite à 60 ans à taux plein

– Un pré-salaire d’autonomie

– Égalisation des salaires des femmes et des hommes

– Refus des 42 annuités de cotisation