25 000 dans les rues de Caen

Après le vote de la loi sur les retraites par l’Assemblée nationale et le Sénat, Fillon nous a invité à « accepter la loi de la République ». Ce matin, à Caen, 25000 manifestants ont répondu que la légitimité est dans la rue, et que le combat contre la loi injuste de Sarkozy-Woerth continue. Même votée, cette loi reste injuste et rejetée par la grande majorité de la population. Elle doit être abrogée.

Le gouvernement veut croire que le conflit sur les retraites est terminé. Mais nous sommes nombreux à ne vouloir rien lâcher, nombreux à vouloir à continuer. Pour preuve, les 25000 manifestants dans les rues de Caen, toujours aussi déterminés à ne rien lâcher. Pour preuve les manifestations dans toute la France : elles ont réuni près de deux millions de personnes. Pour Woerth et Fillon la loi de la majorité doit s’appliquer. Mais quelle est cette majorité ?

Les urnes ou la rue

Pour la droite, c’est clair : la majorité, c’est celle des urnes. Les manifestants doivent s’y soumettre. Pourtant, toutes celles et tous ceux qui ont fait grève, manifesté, savent que la majorité de la population soutient le mouvement de contestation. La croissance de l’affluence aux manifestations jusqu’à mi-octobre, au fur et à mesure que l’intransigeance du gouvernement s’affirmait, l’atteste. De même que tous les sondages d’opinion parus depuis des semaines. Les actions de soutien aux grévistes, les collectes financières faites par les étudiants de Caen ces derniers jours confirment s’il en était besoin une sympathie et un soutien très majoritaires. Le maintien d’une forte mobilisation, ce jeudi 28 octobre s’explique aussi par l’étendue du mécontentement, son ancrage au plus profond dans la société « d’en-bas ».

Ce gouvernement s’appuie sur une assemblée nationale et un sénat aux ordres. Tous, de ce côté de la barricade, assument le fait qu’ils gouvernement pour une minorité, leur classe, celle du grand patronat qui a exigé cette réforme. La « démocratie parlementaire » n’est qu’un rideau de fumée censé cacher cette réalité. Mais le mouvement de révolte actuel a l’immense mérite de démonter les rouages de ce système d’exploitation et d’oppression qui nous étouffe et, dans la rue, nous sommes de plus en plus nombreux à refuser cette fausse démocratie. « La légitimité est de notre côté » : voilà une conviction partagée par les manifestants.

La société pourrait fonctionner autrement. En prenant sur les profits, accaparés par une toute petite minorité, on pourrait financer le droit à partir dès 60 ans, à taux plein. Ce serait s’attaquer au pouvoir économique de cette petite minorité ? Faisons-le ! Mais il faudra aussi balayer le pouvoir de ses représentants politiques au gouvernement, à l’Assemblée nationale, au Sénat. Il faudra instaurer le droit pour la majorité de la population de prendre les décisions qui la concerne, de contrôler leur mise en oeuvre. Il faudra que s’impose un gouvernement qui s’appuie sur les mobilisations et travaille pour le seul bien être de la majorité de la population.

Pour gagner, il faut viser juste : la grève générale

Il y avait certes moins de manifestants dans les rues aujourd’hui. Comment pourrait-il en être autrement, alors que cette manifestation est la huitième du genre et que certaines directions syndicales continuent d’entretenir l’illusion que nous pourrions être entendus du pouvoir et nous passer de la grève générale et du blocage du pays ? Les manifestations à répétition ont permis l’élargissement du mouvement mais il est clair pour de nombreux travailleurs que l’étape suivante, pour gagner, ne peut être que la grève généralisée et reconduite. Comment créer autrement le rapport de forces suffisant en notre faveur ? Le refus de certaines directions syndicales de s’y engager risque d’entraîner le découragement d’une partie des manifestants. Faire croire qu’une négociation sur l’emploi des jeunes peut compenser les effets désastreux de la réforme est une autre impasse.

La semaine prochaine, les actions de blocage vont se poursuivre. Le NPA appelle celles et ceux qui ne veulent rien lâcher à se rendre sur les piquets, à imposer leur droit de résister aux politiques de casse sociale, face aux forces de police promptes à arrêter les manifestants, comme ces deux militants caennais, l’un de Solidaires, l’autre de la CNT, gardés à vue mercredi pour avoir ralenti la circulation sur le périphérique de Caen, et libérés seulement jeudi après-midi !

Soutien aux grévistes, non à la répression

Nous apportons notre soutien aux jeunes et aux syndicalistes victimes de la répression policière. Nous exigeons l’abandon des poursuites contre les militants arrêtés !

Une soirée de soutien aux grévistes, contre la répression, aura lieu vendredi 5 novembre, au Cargö, à Caen, à partir de 19h. Cette soirée est organisée par la Coordination des professionnels du spectacle, du cinéma et de l’audiovisuel, avec l’aide et le soutien du collectif « retraites » de Caen.

Réservons dès maintenant notre soirée. Tous et toutes au Cargö vendredi 5 novembre, …. juste après le rassemblement, devant la gare SNCF de Caen, contre les transports de déchets nucléaires.

Le gouvernement n’en a pas fini avec nous !

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