Le mouvement étudiant se construit

Coordination nationale samedi et dimanche dernier, assemblées générales dans les universités lundi, notamment à Caen. Le mouvement étudiant se construit, dans le sillage de celui des travailleurs contre la réforme des retraites. A Caen, sur le campus 1, les étudiants ont voté à nouveau le blocage. Au campus 2, une assemblée générale s’est également tenue.

Lundi, la délégation de Caen ayant participé à la première coordination nationale étudiante a rendu compte des débats fournis de samedi et dimanche. 140 délégués représentaient 40 facs en lutte et la diversité du mouvement. Le mouvement se construit autour de l’exigence commune du retrait de la loi qui aggrave la situation pour les jeunes comme pour les travailleurs. Complétant l’exigence du droit au départ dès 60 ans à taux plein, l’appel de la coordination met en avant une revendication essentielle pour le monde étudiant, et, au-delà, pour toute la jeunesse en formation : la validation des périodes d’études et de stages. La coordination a adopté un calendrier de mobilisation, avec des temps forts pour la jeunesse, mardi 26 octobre et surtout jeudi 4 novembre (lendemain de la rentrée scolaire), qui s’articulent avec les journées nationales interprofessionnelles déjà fixées, jeudi 28 octobre et samedi 6 novembre. La coordination appelle l’ensemble des étudiants à se mobiliser, pour élargir la protestation contre la réforme de Woerth et de Sarkozy, en faisant, de tous ces temps forts des succès. Elle appelle aussi à s’associer aux nombreuses actions interprofessionnelles (rassemblements, blocages…) organisés sur tout le territoire.

A l’issue de ses débats, l’assemblée générale du campus 1 a une nouvelle fois voté le blocage du campus à une très large majorité. Immédiatement, la présidence de l’université a décidé la suspension des cours, officiellement par mesure de sécurité. L’arrêté de suspension des cours incite les étudiants à rester chez eux, tandis que le blocage, dans l’optique des étudiants, n’a d’autre fonction que permettre aux étudiants de participer aux actions sans être sanctionnés pour avoir raté des cours. De plus, le comité de lutte a, dès le soir même, mis en place une « commission animation », pour que le blocage devienne un lieu d’échange avec la mise en place de projection de films et de débat (notamment sur la lutte contre le patriarcat,….).

La mobilisation démarre aussi sur le campus 2. L’assemblée générale s’y est prononcée aussi pour le retrait de la loi sur les retraites. Les étudiants doivent maintenant réunir leurs forces pour lutter ensemble contre la réforme, élargir encore le mouvement de contestation.

Lundi et mardi, les étudiants en lutte sont descendus dans la rue pour organiser des collectes de soutien aux grévistes, ceux des raffineries, des transports, des autres secteurs où les grèves sont reconduites depuis plusieurs jours : une initiative bienvenue, qui marque clairement la jonction des luttes de la jeunesse et des travailleurs. Les passants et les automobilistes ont été sollicités et plusieurs centaines d’euros ont été collectés, l’accueil ayant été généralement très favorable. Ceci confirme bien le soutien et la sympathie dont bénéficient ceux et celles qui, en grève, se trouvent en première ligne dans la lutte contre la réforme.

Décidément, le gouvernement n’en a pas fini avec la contestation de sa loi !

L’appel de la coordination nationale étudiante

Nous, étudiants de 40 universités réunis en coordination nationale au Mans les 23 et 24 octobre 2010, appelons à amplifier la mobilisation contre la réforme des retraites sur les universités par la grève reconductible des étudiants.
La réforme des retraites que cherchent à nous imposer à marche forcée le gouvernement et le patronat constitue le pilier central d’un vaste plan d’austérité visant à faire payer la facture de la crise économique aux jeunes et aux travailleurs, avec ou sans emploi, ainsi qu’aux retraités.
Pour les jeunes, la réforme des retraites sonne comme une double peine. L’allongement de la durée de cotisation et le report de l’âge légal de départ de 60 à 62 ans, et de 65 à 67 ans pour une retraite à taux plein, constituent des attaques majeures contre notre droit à un avenir. En plus de galérer maintenant, nous n’aurons même plus de retraite décente ! L’âge moyen d’insertion des jeunes de manière stable sur le marché du travail est aux alentours de 27 ans. Alors, pour cotiser les nouvelles annuités requises, il faudra travailler jusqu’à 67 ans. Nous refusons cette réforme qui vise à faire de nous des précaires toute notre vie. Alors que le taux de chômage des jeunes dépasse déjà les 20%, ce sont un million d’emplois qui ne se libèreront pas. Nous ne sommes ni irresponsables, ni manipulés. Les jeunes ont compris les conséquences de cette réforme pour leur avenir. Cette réforme, c’est à court terme du chômage en plus, et à long terme le recul de nos droits. Nous refusons d’être contraints de partir à la retraite à 67 ans, pour des pensions moins importantes. Nous défendons une retraite solidaire à 60 ans à taux plein pour tous, qui permette à chacun d’avoir accès à ce droit fondamental, à ce temps de la vie consacré au repos.
L’immense majorité de la population s’oppose à cette réforme. Malgré six journées de grève et de manifestations massives (plus de 3 millions de personnes), le gouvernement s’obstine à la faire passer en imposant même un vote unique au Sénat. Le pouvoir ne gouverne plus que pour une minorité. En passant en force, il perd chaque jour un peu plus de légitimité et la France s’enfonce dans une crise politique et démocratique sans précédent. Pourtant la contestation ne faiblit pas, au contraire. Partout, des secteurs se mettent en grève reconductible (cheminots, raffineries, enseignants, éboueurs…). La pression augmente sur le gouvernement. Il cherche toutes les solutions pour s’en sortir, en utilisant notamment la répression pour tenter de briser la mobilisation. Il cherche à nous diviser et à faire diversion avec le racisme. Ne tombons pas dans le piège qui vise à affaiblir notre capacité à résister ! Nous nous battons pour l’arrêt des expulsions et de la répression, et exigeons l’arrêt de l’ensemble des poursuites contre les jeunes mobilisés.
Nous ne devons pas relâcher la pression ! La possibilité de faire céder le gouvernement et d’obtenir le retrait de la loi devient réellement crédible. Pour cela, il faut encore amplifier le mouvement et aller vers un blocage total du pays, par la grève d’une majorité de jeunes et de salariés. Le mouvement contre le CPE a prouvé qu’il était possible d’obtenir le retrait d’une loi même après son vote.
Nous appelons l’ensemble des jeunes à rejoindre la grève. La mobilisation de la jeunesse fait peur au gouvernement. Ce sont maintenant plus de 40 universités qui sont mobilisées, dont une vingtaine en grève et une dizaine bloquées. Nous appelons l’ensemble des universités à les rejoindre en se réunissant en Assemblées Générales et en votant la grève. Faire des Assemblées Générales sur les universités et les lycées est la garantie que les jeunes prennent en main leur mobilisation.
L’unité des salariés et de la jeunesse est une des clés du succès. C’est pourquoi, nous appelons l’ensemble des étudiants à développer les liens entre les secteurs mobilisés en participant aux AG interprofessionnelles, en organisant des cortèges communs dans les manifestations et en participant à des actions communes.
Quoiqu’en dise le gouvernement, les vacances sur certaines universités n’entament en rien notre détermination. Pour ne pas relâcher la pression, nous appelons à une nouvelle journée de grève, d’actions et de manifestation mardi 26 octobre. Nous invitons les jeunes à participer aux journées du jeudi 28 octobre et samedi 6 novembre tout en liant cette journée avec la mobilisation initialement prévue sur le droit à l’IVG. Nous appelons dès maintenant à une journée de grève et de manifestation le jour de la rentrée des lycéens, le jeudi 4 novembre. Parce qu’aujourd’hui plus que jamais la victoire est possible, nous sommes déterminés à ne rien lâcher avant d’avoir obtenu satisfaction sur nos revendications.
Nous appelons à une nouvelle coordination nationale étudiante le week-end des 6 et 7 novembre à Paris-13-Villetaneuse.
Nous exigeons :
* le retrait de la réforme des retraites
* la prise en compte des années d’étude, de formation, de stage et d’inactivité forcée dans le calcul des annuités ouvrant droit à une retraite pleine
* la retraite à soixante ans à taux plein
* un pré-salaire d’autonomie

Publicités

Commentaires fermés

%d blogueurs aiment cette page :