La grève pour gagner, c’est maintenant !

 

Les appels à la grève reconductible se succèdent. Après le métro parisien, c’est le tour des transports urbains, de la SNCF et des marins. Des grèves éclatent dans plusieurs secteurs : les ports, les cantines et crèches à Marseille… Pendant ce temps, Fillon et Copé distribuent bons et mauvais points. Pour le premier, « la direction des grandes organisations syndicales [serait] responsable pour le moment » tandis que pour le second, « des grèves reconductibles contre la réforme seraient dramatiques pour notre économie ».

C’est clair que Fillon et Copé surveillent d’un oeil attentif l’évolution de la situation. Derrière les postures, on sent l’inquiétude. Ni l’un ni l’autre n’ignore combien la réforme Woerth-Sarkozy est impopulaire. L’un comme l’autre mesure parfaitement l’impopularité de ce gouvernement. La forte résistance sociale qui s’est exprimée par plusieurs manifestations énormes drainant des millions de personnes commence à lézarder le camp de la droite. Au-delà du rejet de la réforme, progresse dans l’opinion la conviction qu’en partageant les richesses accaparées par la toute petite minorité de privilégiés protégée par le pouvoir, on assurerait le financement des régimes de retraite et la retraite au plus tard à 60 ans et à taux plein.

Les dernières manifestations ont renforcé la confiance du côté des travailleurs. La détermination a monté d’un cran et beaucoup se disent maintenant qu’il serait inacceptable d’arrêter le mouvement sans avoir tout fait pour remporter la victoire. Des grèves éclatent aussi pour faire aboutir des revendications de longue date (Ministère de la culture, cantines et crèches à Marseille…) ou mettre en échec des projets de casse sociale (réforme portuaire…). Les ingrédients d’un soulèvement populaire sont là et les premières annonces de grèves reconductibles sont un signal. Si Copé redoute les grèves reconductibles, c’est parce qu’il sait que ces grèves frapperont le patronat là où çà fait mal. Des usines bloquées, des transports paralysés, c’est du fric qui ne rentre pas dans leurs caisses. « Dramatique » en effet, pas pour « notre économie », dramatique pour leur profit.

Les agences de presse rapportent que Fillon aurait déclaré devant le groupe UMP à l’Assemblée, qu’avec le débat au Sénat, « on entre dans la dernière ligne droite ». « Le débat au Sénat va être long, on est dans une course contre la montre ». En effet, il reste quelques jours pour démultiplier les actions contre la réforme, installer la grève reconductible sans tarder là où c’est possible pour qu’elle fasse tâche d’huile ensuite.

Dans cette course contre la montre, la responsabilité des directions des grandes organisations syndicales est d’appuyer ces grèves reconductibles, de les encourager de toutes leurs forces, de les organiser. Après leur réunion de lundi 4 octobre, « les organisations syndicales [CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FSU, Solidaires, UNSA]  considèrent qu’il faudra donner des suites au mardi 12 octobre et décident à cette fin de se revoir vendredi 8 octobre 2010 » (lire l’intégralité du communiqué des organisations syndicales). Quelle autre suite possible que la grève reconductible ? Après avoir réuni les organisations de la CGT, Bernard Thibault déclare mardi soir que « le principe d’arrêts de travail doit être discuté partout », le conflit étant entré « dans une nouvelle phase ». Oui, mais des arrêts de travail à reconduire jusqu’à la victoire, à portée de main.

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