A Caen, une rentrée universitaire sous le signe des luttes

La rentrée universitaire, étalée sur plusieurs semaines, est placée sous le signe des luttes. Chômage et précarisation de la jeunesse, réduction des budgets de l’Education, et bien sûr retraites : les étudiants font les frais des politiques d’austérité qui visent à faire payer le prix de la crise aux populations. Les étudiants du NPA et la Fédération syndicale étudiante ont distribué un tract commun pour préparer l’assemblée générale de rentrée, mardi 5 octobre. Les personnels de l’Education, du primaire au supérieur, sont pour leur part invités par leurs organisations syndicales à une assemblée générale mercredi 6 octobre.

Le tract de la FSE et du NPA :

Encore précarisé, au chômage… et sans retraite !!

Dans toute l’Europe, les populations se mobilisent contre les plans d’austérité qui partout visent à nous faire payer la crise…Le 7 et 23 septembre, en France, les mobilisations contre le projet de réforme des retraites ont rassemblé respectivement jusqu’à 2,5 et 3 millions de personnes, qui ont exprimé leur refus de voir leurs acquis sociaux une nouvelle fois reculer ! Une fois de plus, le gouvernement reste indifférent face aux grèves et aux manifestations ponctuelles. Le gouvernement et le patronat veulent que les usines tournent, que les transports fonctionnent… C’est donc en bloquant le pays grâce à la reconduction des grèves qu’on les fera céder. Cette réforme est une véritable attaque contre les salarié-e-s, mais aussi contre les chômeur-e-s, précaires et les étudiant-e-s. C’est pourquoi nous devons nous approprier cette lutte tout autant que les salarié-e-s.

Des attaques anti-sociales à répétition… Passons à la contre-attaque !

Les moins de 25 ans, les plus de 55 ans, et les femmes sont les premières victimes de la crise en subissant de plein fouet l’explosion du chômage. Les gouvernements européens, après avoir « sauvés » les systèmes bancaires, appliquent des plans de rigueur. Pour la France : gel des salaires des fonctionnaires pour 2011 (au minimum), baisse de l’allocation prévue pour les adultes handicapées, durcissement des conditions d’accès à l’AME (Aide médicale d’Etat) pour les sans-papiers etc.

Les étudiant-e-s sont également touché-e-s : augmentation de 2,4 % des frais d’inscription et de 3,4% du prix du ticket de resto U, alors que l’inflation serait de l’ordre de 1,9% pour l’année 2010. De plus, la moitié des étudiant-e-s doivent travailler pour financer leurs études et dépenser des fortunes pour se loger, parfois dans des conditions insalubres. Or, seul-e-s 44% des étudiant-e-s salarié-e-s réussissent leur Licence, contre 81% des étudiant-e-s non salarié-e-s. Par l’application du processus de Bologne (niveau européen) et de la loi LRU (niveau français), les frais d’inscription augmentent de manière continue (parfois illégalement !) dans des universités de plus en plus en concurrence, accompagné d’un développement corollaire des prêts étudiants. Les nouvelles générations vont devoir s’endetter de plus en plus, voire ne plus du tout s’inscrire à l’université. Sans parler des suppressions de postes dans l’Education nationale (91200 de 2007 à 2012), de la réforme des concours de l’enseignement (sélection sociale et pédagogique augmentée) etc. Constituant une attaque de plus, la réforme des retraites nous pénalisera doublement : la durée des études s’allonge, et l’âge moyen d’entrée dans un emploi stable (27 ans) recule à cause de la précarisation actuelle : il faut multiplier les stages, les missions d’intérim, les temps partiels et les CDD avant de décrocher « enfin » un emploi stable. En conséquence, les jeunes/précaires ont de moins en moins de trimestres de cotisation validés, et donc de possibilités d’atteindre la durée exigée pour la retraite. Dans les faits, plutôt qu’une augmentation de la durée de cotisations, il s’agira pour nous de (sur)vivre avec des pensions de retraites amoindries et très faibles.

De l’argent pour les retraites, il y en a !

Avant la fin du travail des enfants, avant la journée de 8 heures, avant les 40 heures, avant les 35 heures, avant la retraite à 65 ans, avant la retraite à 60 ans, les patrons expliquaient « ce n’est pas supportable économiquement, on ne peut pas ! ». Aujourd’hui, c’est pareil ! Mais le rapport de forces entre classes sociales étant ce qu’il est, gouvernement et patrons ne luttent plus contre la réduction du temps de travail mais pour le rallonger.

Or, les ressources existent, le «problème» des retraites étant celui d’un choix politique. Une part croissante des richesses produites est accaparée par une minorité de privilégiés. Depuis 25 ans, le patronat et les gouvernements de droite comme de gauche ont réussit à faire chuter de 9,3% la part des salaires dans la richesse créée, et ainsi a augmenté d’autant la part des profits. Ces 9,3% représentent chaque année entre 120 et 170 milliards d’euros. 120 milliards d’euros, c’est 5 fois le trou de la sécu (22 milliards d’euros), et 20 fois le « déficit » des caisses de retraites (7,7 milliards d’euros ) !

De plus, le gouvernement veut augmenter sur dix ans les cotisations salariales des fonctionnaires liées aux retraites de 7,85 % à 10,55 %, alors que les cotisations patronales liées aux retraites n’ont pas augmentées depuis 1996…

Il faut prendre sur les profits pour financer les retraites, pour garantir a minima la retraite à 60 ans à taux plein, revenir au 37,5 annuités, valider les périodes d’études et de stages des jeunes précaires, et aligner les retraites des femmes sur les hommes.

Rappelons-nous : le mouvement dit « anti-CPE » avait permis de faire abroger le Contrat Première Embauche, préalablement adoptée par le Parlement. L’urgence, aujourd’hui, est de construire un mouvement d’ampleur. D’ores et déjà, de nombreux appels à la grève reconductible ont été lancés dans plusieurs secteurs (cheminot-e-s, travailleur-euse-s de l’Education, raffinerie, universités, etc,) répartis sur toute la France.

Seule une grève générale peut faire basculer le rapport de force !

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