Le droit à l’avortement est menacé. Défendons-le !

31 octobre 2010

Depuis maintenant 35 ans, l’avortement, en France, est sorti de la clandestinité : en 1975, après une longue lutte des féministes du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC), une loi sur l’IVG était arrachée au gouvernement sous Giscard. Pour autant, tout n’est pas gagné, nombre de difficultés perdurent et les raisons de se battre pour ce droit fondamental restent toujours nombreuses. La manifestation nationale du 6 novembre est une étape importante pour faire respecter ce droit élémentaire pour toutes les femmes.

Dans les années qui ont suivi 1968, le Mouvement de libération des femmes multiplie les actions. En avril 1971 est publié le « Manifeste des 343 avortées » dans lequel 343 femmes, célèbres ou anonymes, déclarent avoir avorté. Le gouvernement, qui ne pouvait assumer politiquement de les poursuivre en justice, doit reconnaître que les lois répressives de 1920 et 1923 n’étaient de fait plus applicables. Ce manifeste, puis le procès de Marie-Claire à Bobigny en 1972 obligent les médecins à prendre position. Certains, minoritaires, prennent position pour le droit à l’avortement, défendent que la décision appartient à la femme et pas au médecin, et déclarent pratiquer des avortements. Dans ce contexte, la création en 1973 du MLAC, qui regroupe des féministes, des médecins, le Mouvement français pour le planning familial, des organisations syndicales et politiques… va donner une autre ampleur au mouvement et le transformer en véritable mouvement de masse, qui fait le lien entre pratique (avortements sur place et voyages collectifs à l’étranger) et politique (lien avec les luttes sociales de l’époque).

Pour lutter contre toutes ces transgressions publiques de la loi, le gouvernement va être obligé de promulguer une loi… qui a cependant de nombreuses limites : pas de remboursement par la Sécurité sociale (Simone Veil y est fermement opposée), obligation d’un entretien social préalable, limitation à dix semaines de grossesse, autorisation parentale pour les mineures et condition de séjour pour les étrangères…

Il faut attendre 1982 pour que l’avortement soit remboursé, 1993 pour que les commandos anti-IVG soient punis par la loi, et 2001 pour que la loi Aubry dépénalise l’avortement, supprime l’autorisation parentale pour les mineures et porte le délai légal de dix à douze semaines.

Aujourd’hui les opposants les plus efficaces sont au gouvernement

Le gouvernement démonte le système de santé à coups de réformes, et les femmes font partie des premières victimes. Sous prétexte de faire des économies, le premier service qui ferme dans un hôpital est bien souvent le centre d’interruption volontaire de grossesse (CIVG), quand il existe ! Ce qui, par ailleurs, arrange bien des médecins qui ne sont pas formés ou qui ne sont pas favorables à l’avortement. La santé est aujourd’hui devenue une marchandise et les CIVG ne rapportent rien à l’hôpital, au contraire, ils « coûtent », d’autant que la revalorisation des forfaits IVG dans les établissements de soins est très insuffisante.

Il n’y a donc pas, en France, de libre choix, qu’il s’agisse du lieu ou de la méthode ! Dans les régions rurales, c’est le cas depuis longtemps, mais maintenant les grands centres urbains sont aussi touchés. Dans les Yvelines, le centre d’IVG de Poissy Saint-Germain-en-Laye est menacé alors qu’il assure à lui seul 50 % des avortements du département. À Paris, ce sont trois centres qui doivent être fermés, sans bien sûr que les moyens « récupérés » servent à d’autres centres !

La question n’est pas qu’économique, les oppositions idéologiques continuent à exister, même si, en France, on ne voit plus de commandos anti-IVG qui s’enchaînent devant l’entrée des centres pour empêcher les femmes d’y accéder (ce qui sa passe dans d’autres pays en Europe). Les opposants se placent le plus souvent sur le terrain politique, et formulent des propositions de loi qui, si elles étaient adoptées, remettraient en cause le droit à l’avortement. C’est le cas par exemple pour l’inscription sur le livret de famille d’enfant mort-né, ou pour l’introduction d’une phrase sur les droits de l’enfant à naître, dans la loi de bioéthique, à l’occasion de sa révision…

Ce droit on l’a gagné, ce droit on le gardera  !

En France, nous avons le droit à l’avortement mais pas le droit de choisir : les délais, les possibilités et l’idéologie choisissent souvent pour nous. C’est pourtant bien aux femmes, et à elles seules, de choisir d’avoir ou non un enfant. C’est pourquoi toute législation dissuasive, restrictive et répressive doit être combattue. Mais pour que ce droit ne soit pas que formel, encore faut-il que les moyens soient donnés pour qu’il puisse être appliqué et que les femmes aient réellement le droit de choisir ! Aujourd’hui la lutte s’organise, de façon unitaire, pour défendre les centres d’IVG menacés. Le combat doit se développer et s’amplifier, non seulement pour défendre ces centres, mais aussi pour l’ouverture de nouveaux centres de proximité, une revalorisation des forfaits IVG, l’accessibilité à toutes, avec ou sans papiers, le libre droit pour les mineures et le maintien de la gynécologie médicale. Cette lutte converge avec le refus de la casse de l’hôpital public.

La manifestation du 6 novembre revêt donc une importance particulière. Appelée par les associations féministes, elle est soutenue par toutes les organisations politiques et syndicales du mouvement ouvrier. Elle se déroulera dans un contexte particulier, en pleine lutte contre la réforme des retraite, l’emblème de la régression sociale voulue par Sarkozy. Les deux manifestations convergeront, symbolisant ainsi l’unité profonde des mouvements pour l’émancipation. Quand les droits sont attaqués, ceux des femmes le sont doublement. Or, comment imaginer l’émancipation humaine sans assurer la libre disposition de leur corps pour les femmes ?

Refuser de payer la crise des capitalistes, refuser la casse du système de santé public, refuser les retours en arrière pour les femmes, sont une seule et même cause.

A Caen, le planning familial affrète un car pour participer à la manifestation qui partira de 14h, place d’Italie.
Le tarif normal est à 10 euros. Le tarif réduit est à 5 euros pour les petits budgets.
Le rendez-vous pour le départ est fixé à 10h samedi matin sur le parking de la piscine de Caen, bd Albert-Sorel (retour à Caen vers 21h30).
Pour s’inscrire, contacter le Planning : mfpf14@yahoo.fr ou 02.31.82.20.50.

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Non aux transports de déchets radioactifs ! Manifestation à Caen vendredi 5 novembre

30 octobre 2010

Les 5 et 6 novembre, onze conteneurs de déchets hautement radioactifs vont quitter La Hague (Manche) pour l’Allemagne, par le train. Ils y seront stockés temporairement dans un hangar sur le site de Gorleben en Basse-Saxe, en attendant une « solution ».

Ces transports sont très dangereux, tant pour les cheminots que pour la population riveraine des voies où le convoi passera.

Au-delà de ce risque immédiat, ces transports montrent que le nucléaire est une impasse. Personne ne sait que faire des déchets radioactifs. Leur « retraitement », à La Hague, est une impasse. Pour une tonne retraitée, 65m3 de déchets sont produits. Ce sont des résidus hautement radioactifs qui s’accumulent au fil des ans et constituent une sérieuse menace pour des centaines d’années.

Leur enfouissement dans une ancienne mine en Allemagne tourne au désastre : on estime que depuis des années 12m3 d’eau s’infiltrent dans la mine. L’enfouissement n’est pas une solution. L’industrie nucléaire nous prépare des catastrophes écologiques.

Sortir du nucléaire, c’est possible, c’est nécessaire

C’est pour cela qu’il faut sortir au plus tôt du nucléaire. Il faut produire de l’énergie renouvelable non polluante, mettre en oeuvre un plan d’économie d’énergie (transports, habitat…) et une refonte de la tarification (gratuité pour la consommation de base, taxation dissuasive contre le gaspillage).

Pour cela, il faut créer un service public de l’énergie incluant les compagnies pétrolières, revenir sur les privatisations, réquisitionner les profits faramineux des Total et autres, stopper la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, à commencer par l’EPR de Flamanville dans la Manche.

Le rassemblement de vendredi 5 novembre est appelé par le Réseau Sortir du nucléaire, le NPA, l’Union syndicale Solidaires et Les Verts-Europe Ecologie.

NON AUX TRANSPORTS DE DÉCHETS NUCLÉAIRES !
NON À L’ENFOUISSEMENT !
SORTONS DU NUCLÉAIRE !

Rassemblement devant la gare SNCF de Caen
Vendredi 5 novembre – 14h00


L’automne chaud français

29 octobre 2010

L’Octobre 2010 en France : un mouvement qui se poursuit, et déjà prometteur… Comment marque-t-il déjà la situation ? Des réflexions s’échangent, se croisent. En voici quelques-unes, rassemblées notamment sur le site Europe solidaires sans frontières et sur le site du NPA. Il y en aura beaucoup d’autres. A lire, tout en continuant le combat, car, comme le dit Olivier Besancenot, porte-parole du NPA : « Le mouvement ne s’essouffle pas, il reprend son souffle avant la rentrée ».

On parle beaucoup du « Mai rampant » italien. Pour se replonger dans les luttes populaires en Italie de 1968 à 1970, on peut lire un article de Claude Rioux : « Contrastant avec la nature rapide et explosive des mouvements de 1968 en France, l’Italie connaît une agitation dans la longue durée. Les événements auront également une tournure plus violente et plus dramatique, car au « mai rampant » succédera bientôt l’« automne chaud » de 1969 avec son cortège de morts violentes dans les affrontements et les attentats, pour mener aux sombres « années de plomb » de la décennie 1970, avec l’émergence du terrorisme ». Lire la suite

Philippe Corcuff réfléchit quant à lui sur « des pistes pour un mouvement durable, multiforme et convergent… ». Lire son article

Sandra Demarcq décrit un « mouvement inédit, loin d’être terminé » : « Depuis mai dernier, la situation en France est marquée par la mobilisation contre le projet de loi sur les retraites. Journée de mobilisation après journée de mobilisation, le mouvement contre la réforme des retraites continue de se développer, de s’enraciner. C’est la confirmation d’un mouvement profond, rejetant massivement non seulement la réforme des retraites mais plus largement l’ensemble de la politique antisociale, raciste et sécuritaire de Sarkozy. Mais aussi des injustices accumulées et accentuées par la crise, tant chez les jeunes que dans le salariat ». Lire la suite

Christine Poupin insiste elle-aussi sur le caractère « inédit » du mouvement, véritable « expérience fondatrice ». « La mobilisation contre la réforme des retraites remet sur le devant de la scène la grève comme outil à la disposition des salariés. Manifestations et blocages font reculer les divisions entre travailleurs ». Lire la suite

Edwy Plenel pose la question « Où va la France ? » et tente d’y voir clair : « Où va la France ? Nul ne le sait, et les journalistes pas plus que les acteurs de l’actuel mouvement social. C’est une histoire non écrite qui s’invente au jour le jour, de rendez-vous en rendez-vous, de manifestations en grèves. Le pays se sent confusément au seuil de l’imprévu et de l’inattendu, pour le meilleur ou pour le pire, entre extension et reflux, surprise, accident ou épuisement. Depuis les premiers défilés du 4 et du 7 septembre, chacun sent bien que nous vivons l’un de ces moments où le peuple, dans sa diversité d’âge et de condition, entend faire valoir ses droits légitimes contre une légalité illusoire ». Lire la suite

Pour Fred Borras, le mouvement incite à « préparer l’alternative anticapitaliste » : « Face à la mobilisation la réponse du pouvoir n’est que répression, réquisition et mépris. Il nous parle de démocratie, mais il est complètement illégitime. Contre ce président des riches, toujours là pour ses amis et sa famille, il devient nécessaire et urgent de construire une alternative à ce système ».Lire la suite


25 000 dans les rues de Caen

28 octobre 2010

Après le vote de la loi sur les retraites par l’Assemblée nationale et le Sénat, Fillon nous a invité à « accepter la loi de la République ». Ce matin, à Caen, 25000 manifestants ont répondu que la légitimité est dans la rue, et que le combat contre la loi injuste de Sarkozy-Woerth continue. Même votée, cette loi reste injuste et rejetée par la grande majorité de la population. Elle doit être abrogée.

Le gouvernement veut croire que le conflit sur les retraites est terminé. Mais nous sommes nombreux à ne vouloir rien lâcher, nombreux à vouloir à continuer. Pour preuve, les 25000 manifestants dans les rues de Caen, toujours aussi déterminés à ne rien lâcher. Pour preuve les manifestations dans toute la France : elles ont réuni près de deux millions de personnes. Pour Woerth et Fillon la loi de la majorité doit s’appliquer. Mais quelle est cette majorité ?

Les urnes ou la rue

Pour la droite, c’est clair : la majorité, c’est celle des urnes. Les manifestants doivent s’y soumettre. Pourtant, toutes celles et tous ceux qui ont fait grève, manifesté, savent que la majorité de la population soutient le mouvement de contestation. La croissance de l’affluence aux manifestations jusqu’à mi-octobre, au fur et à mesure que l’intransigeance du gouvernement s’affirmait, l’atteste. De même que tous les sondages d’opinion parus depuis des semaines. Les actions de soutien aux grévistes, les collectes financières faites par les étudiants de Caen ces derniers jours confirment s’il en était besoin une sympathie et un soutien très majoritaires. Le maintien d’une forte mobilisation, ce jeudi 28 octobre s’explique aussi par l’étendue du mécontentement, son ancrage au plus profond dans la société « d’en-bas ».

Ce gouvernement s’appuie sur une assemblée nationale et un sénat aux ordres. Tous, de ce côté de la barricade, assument le fait qu’ils gouvernement pour une minorité, leur classe, celle du grand patronat qui a exigé cette réforme. La « démocratie parlementaire » n’est qu’un rideau de fumée censé cacher cette réalité. Mais le mouvement de révolte actuel a l’immense mérite de démonter les rouages de ce système d’exploitation et d’oppression qui nous étouffe et, dans la rue, nous sommes de plus en plus nombreux à refuser cette fausse démocratie. « La légitimité est de notre côté » : voilà une conviction partagée par les manifestants.

La société pourrait fonctionner autrement. En prenant sur les profits, accaparés par une toute petite minorité, on pourrait financer le droit à partir dès 60 ans, à taux plein. Ce serait s’attaquer au pouvoir économique de cette petite minorité ? Faisons-le ! Mais il faudra aussi balayer le pouvoir de ses représentants politiques au gouvernement, à l’Assemblée nationale, au Sénat. Il faudra instaurer le droit pour la majorité de la population de prendre les décisions qui la concerne, de contrôler leur mise en oeuvre. Il faudra que s’impose un gouvernement qui s’appuie sur les mobilisations et travaille pour le seul bien être de la majorité de la population.

Pour gagner, il faut viser juste : la grève générale

Il y avait certes moins de manifestants dans les rues aujourd’hui. Comment pourrait-il en être autrement, alors que cette manifestation est la huitième du genre et que certaines directions syndicales continuent d’entretenir l’illusion que nous pourrions être entendus du pouvoir et nous passer de la grève générale et du blocage du pays ? Les manifestations à répétition ont permis l’élargissement du mouvement mais il est clair pour de nombreux travailleurs que l’étape suivante, pour gagner, ne peut être que la grève généralisée et reconduite. Comment créer autrement le rapport de forces suffisant en notre faveur ? Le refus de certaines directions syndicales de s’y engager risque d’entraîner le découragement d’une partie des manifestants. Faire croire qu’une négociation sur l’emploi des jeunes peut compenser les effets désastreux de la réforme est une autre impasse.

La semaine prochaine, les actions de blocage vont se poursuivre. Le NPA appelle celles et ceux qui ne veulent rien lâcher à se rendre sur les piquets, à imposer leur droit de résister aux politiques de casse sociale, face aux forces de police promptes à arrêter les manifestants, comme ces deux militants caennais, l’un de Solidaires, l’autre de la CNT, gardés à vue mercredi pour avoir ralenti la circulation sur le périphérique de Caen, et libérés seulement jeudi après-midi !

Soutien aux grévistes, non à la répression

Nous apportons notre soutien aux jeunes et aux syndicalistes victimes de la répression policière. Nous exigeons l’abandon des poursuites contre les militants arrêtés !

Une soirée de soutien aux grévistes, contre la répression, aura lieu vendredi 5 novembre, au Cargö, à Caen, à partir de 19h. Cette soirée est organisée par la Coordination des professionnels du spectacle, du cinéma et de l’audiovisuel, avec l’aide et le soutien du collectif « retraites » de Caen.

Réservons dès maintenant notre soirée. Tous et toutes au Cargö vendredi 5 novembre, …. juste après le rassemblement, devant la gare SNCF de Caen, contre les transports de déchets nucléaires.

Le gouvernement n’en a pas fini avec nous !


Le mouvement étudiant se construit

27 octobre 2010

Coordination nationale samedi et dimanche dernier, assemblées générales dans les universités lundi, notamment à Caen. Le mouvement étudiant se construit, dans le sillage de celui des travailleurs contre la réforme des retraites. A Caen, sur le campus 1, les étudiants ont voté à nouveau le blocage. Au campus 2, une assemblée générale s’est également tenue.

Lundi, la délégation de Caen ayant participé à la première coordination nationale étudiante a rendu compte des débats fournis de samedi et dimanche. 140 délégués représentaient 40 facs en lutte et la diversité du mouvement. Le mouvement se construit autour de l’exigence commune du retrait de la loi qui aggrave la situation pour les jeunes comme pour les travailleurs. Complétant l’exigence du droit au départ dès 60 ans à taux plein, l’appel de la coordination met en avant une revendication essentielle pour le monde étudiant, et, au-delà, pour toute la jeunesse en formation : la validation des périodes d’études et de stages. La coordination a adopté un calendrier de mobilisation, avec des temps forts pour la jeunesse, mardi 26 octobre et surtout jeudi 4 novembre (lendemain de la rentrée scolaire), qui s’articulent avec les journées nationales interprofessionnelles déjà fixées, jeudi 28 octobre et samedi 6 novembre. La coordination appelle l’ensemble des étudiants à se mobiliser, pour élargir la protestation contre la réforme de Woerth et de Sarkozy, en faisant, de tous ces temps forts des succès. Elle appelle aussi à s’associer aux nombreuses actions interprofessionnelles (rassemblements, blocages…) organisés sur tout le territoire.

A l’issue de ses débats, l’assemblée générale du campus 1 a une nouvelle fois voté le blocage du campus à une très large majorité. Immédiatement, la présidence de l’université a décidé la suspension des cours, officiellement par mesure de sécurité. L’arrêté de suspension des cours incite les étudiants à rester chez eux, tandis que le blocage, dans l’optique des étudiants, n’a d’autre fonction que permettre aux étudiants de participer aux actions sans être sanctionnés pour avoir raté des cours. De plus, le comité de lutte a, dès le soir même, mis en place une « commission animation », pour que le blocage devienne un lieu d’échange avec la mise en place de projection de films et de débat (notamment sur la lutte contre le patriarcat,….).

La mobilisation démarre aussi sur le campus 2. L’assemblée générale s’y est prononcée aussi pour le retrait de la loi sur les retraites. Les étudiants doivent maintenant réunir leurs forces pour lutter ensemble contre la réforme, élargir encore le mouvement de contestation.

Lundi et mardi, les étudiants en lutte sont descendus dans la rue pour organiser des collectes de soutien aux grévistes, ceux des raffineries, des transports, des autres secteurs où les grèves sont reconduites depuis plusieurs jours : une initiative bienvenue, qui marque clairement la jonction des luttes de la jeunesse et des travailleurs. Les passants et les automobilistes ont été sollicités et plusieurs centaines d’euros ont été collectés, l’accueil ayant été généralement très favorable. Ceci confirme bien le soutien et la sympathie dont bénéficient ceux et celles qui, en grève, se trouvent en première ligne dans la lutte contre la réforme.

Décidément, le gouvernement n’en a pas fini avec la contestation de sa loi !

L’appel de la coordination nationale étudiante

Nous, étudiants de 40 universités réunis en coordination nationale au Mans les 23 et 24 octobre 2010, appelons à amplifier la mobilisation contre la réforme des retraites sur les universités par la grève reconductible des étudiants.
La réforme des retraites que cherchent à nous imposer à marche forcée le gouvernement et le patronat constitue le pilier central d’un vaste plan d’austérité visant à faire payer la facture de la crise économique aux jeunes et aux travailleurs, avec ou sans emploi, ainsi qu’aux retraités.
Pour les jeunes, la réforme des retraites sonne comme une double peine. L’allongement de la durée de cotisation et le report de l’âge légal de départ de 60 à 62 ans, et de 65 à 67 ans pour une retraite à taux plein, constituent des attaques majeures contre notre droit à un avenir. En plus de galérer maintenant, nous n’aurons même plus de retraite décente ! L’âge moyen d’insertion des jeunes de manière stable sur le marché du travail est aux alentours de 27 ans. Alors, pour cotiser les nouvelles annuités requises, il faudra travailler jusqu’à 67 ans. Nous refusons cette réforme qui vise à faire de nous des précaires toute notre vie. Alors que le taux de chômage des jeunes dépasse déjà les 20%, ce sont un million d’emplois qui ne se libèreront pas. Nous ne sommes ni irresponsables, ni manipulés. Les jeunes ont compris les conséquences de cette réforme pour leur avenir. Cette réforme, c’est à court terme du chômage en plus, et à long terme le recul de nos droits. Nous refusons d’être contraints de partir à la retraite à 67 ans, pour des pensions moins importantes. Nous défendons une retraite solidaire à 60 ans à taux plein pour tous, qui permette à chacun d’avoir accès à ce droit fondamental, à ce temps de la vie consacré au repos.
L’immense majorité de la population s’oppose à cette réforme. Malgré six journées de grève et de manifestations massives (plus de 3 millions de personnes), le gouvernement s’obstine à la faire passer en imposant même un vote unique au Sénat. Le pouvoir ne gouverne plus que pour une minorité. En passant en force, il perd chaque jour un peu plus de légitimité et la France s’enfonce dans une crise politique et démocratique sans précédent. Pourtant la contestation ne faiblit pas, au contraire. Partout, des secteurs se mettent en grève reconductible (cheminots, raffineries, enseignants, éboueurs…). La pression augmente sur le gouvernement. Il cherche toutes les solutions pour s’en sortir, en utilisant notamment la répression pour tenter de briser la mobilisation. Il cherche à nous diviser et à faire diversion avec le racisme. Ne tombons pas dans le piège qui vise à affaiblir notre capacité à résister ! Nous nous battons pour l’arrêt des expulsions et de la répression, et exigeons l’arrêt de l’ensemble des poursuites contre les jeunes mobilisés.
Nous ne devons pas relâcher la pression ! La possibilité de faire céder le gouvernement et d’obtenir le retrait de la loi devient réellement crédible. Pour cela, il faut encore amplifier le mouvement et aller vers un blocage total du pays, par la grève d’une majorité de jeunes et de salariés. Le mouvement contre le CPE a prouvé qu’il était possible d’obtenir le retrait d’une loi même après son vote.
Nous appelons l’ensemble des jeunes à rejoindre la grève. La mobilisation de la jeunesse fait peur au gouvernement. Ce sont maintenant plus de 40 universités qui sont mobilisées, dont une vingtaine en grève et une dizaine bloquées. Nous appelons l’ensemble des universités à les rejoindre en se réunissant en Assemblées Générales et en votant la grève. Faire des Assemblées Générales sur les universités et les lycées est la garantie que les jeunes prennent en main leur mobilisation.
L’unité des salariés et de la jeunesse est une des clés du succès. C’est pourquoi, nous appelons l’ensemble des étudiants à développer les liens entre les secteurs mobilisés en participant aux AG interprofessionnelles, en organisant des cortèges communs dans les manifestations et en participant à des actions communes.
Quoiqu’en dise le gouvernement, les vacances sur certaines universités n’entament en rien notre détermination. Pour ne pas relâcher la pression, nous appelons à une nouvelle journée de grève, d’actions et de manifestation mardi 26 octobre. Nous invitons les jeunes à participer aux journées du jeudi 28 octobre et samedi 6 novembre tout en liant cette journée avec la mobilisation initialement prévue sur le droit à l’IVG. Nous appelons dès maintenant à une journée de grève et de manifestation le jour de la rentrée des lycéens, le jeudi 4 novembre. Parce qu’aujourd’hui plus que jamais la victoire est possible, nous sommes déterminés à ne rien lâcher avant d’avoir obtenu satisfaction sur nos revendications.
Nous appelons à une nouvelle coordination nationale étudiante le week-end des 6 et 7 novembre à Paris-13-Villetaneuse.
Nous exigeons :
* le retrait de la réforme des retraites
* la prise en compte des années d’étude, de formation, de stage et d’inactivité forcée dans le calcul des annuités ouvrant droit à une retraite pleine
* la retraite à soixante ans à taux plein
* un pré-salaire d’autonomie


Déclaration d’Olivier Besancenot. Contre la réforme des retraites, la lutte continue.

24 octobre 2010

Comme par hasard, le vote du Sénat en faveur de la réforme des retraites a eu lieu juste au moment des journaux télévisés de 20h.

Histoire de bien faire comprendre que la loi étant votée ce n’était plus la peine de protester.

En quelque sorte de la communication s’ajoutant à la répression policière qui s’abat sur les lycéens, les grévistes pour mettre la tête sous l’eau de tous les travailleurs, de tous les jeunes qui résistent et rejettent ce projet qui va enterrer la retraite par répartition.

Mais n’en déplaise à E. Woerth qui prétend dicter aux organisations syndicales ce qu’elles doivent faire, les grèves, les blocages, les manifestations dans de nombreuses régions continuent et continueront.

A la raffinerie de Grandpuits, le gouvernement a essuyé une défaite avec l’annulation de la réquisition prononcée vendredi matin par le préfet de Seine-et-Marne. Mais le pouvoir s’entête. Il veut briser le droit de grève : une seconde réquisition a été communiquée aux grévistes. Raison de plus pour intensifier notre solidarité active à l’égard des grévistes de Grandpuits comme je l’ai proposé à l’ensemble des responsables politiques, associatifs, syndicaux, engagés dans le combat contre cette réforme.

La loi a été votée par le Sénat, mais le combat continue pour son retrait, son abrogation.

Ce gouvernement n’a aucune légitimité politique pour faire adopter cette réforme libérale.

D’ores et déjà, des manifestations sont annoncées à l’appel des organisations étudiantes le 26 octobre, de l’intersyndicale les 28 octobre et 6 novembre.

L’heure est à la poursuite du mouvement de grève, aux blocages, à la solidarité financière avec les grévistes.*

Il faut que les manifestations annoncées soient des succès.

Sarkozy, Fillon, Woerth dehors !

Le 23 octobre 2010


A Lisieux, Caen, Vire : grèves, blocages, occupations…

22 octobre 2010

Les grèves et les blocages économiques se poursuivent partout en France. Vendredi, à Lisieux, une centaine de militants syndicaux de Sud PTT, de Sud Santé, de la CGT, de la CNT, de la FSU et des lycéens ont bloqué totalement dès 6 heures du matin la centrale d’achats du groupe Leclerc. Aucune marchandise n’est entrée ou n’est sortie. Ce même vendredi, à Caen, 300 grévistes avec l’intersyndicale départementale CGT-CFDT-FSU-UNSA-CFE/CGC,CFTC-Solidaires ont bloqué la plate forme de produits frais de Super U dans la zone d’activités Objectifs Sud à Ifs. A Vire, l’intersyndicale avait organisé mardi dernier une journée ville morte de blocage total.

Sarkozy bombe de torse, réquisitionne, menace, mais le bon droit est du côté des opposants à sa réforme. La grande majorité de la population soutient le mouvement de lutte contre la réforme, et même, selon les derniers sondages, souhaite que ce mouvement continue.

Sarkozy veut briser la grève des raffinerie

Après avoir perdu dans l’opinion, face à une mobilisation qui ne fléchit pas, la seule arme de Sarkozy, c’est la répression et la peur. D’un côté, il attaque les grévistes. Ainsi, le Préfet de Seine-et-Marne a réquisitionné les grévistes de la raffinerie de Grandpuits. Au nom de la Défense nationale ! C’est une véritable agression contre le droit de grève. La raffinerie est désormais occupée par des gardes mobiles. L‘intervention policière a été brutale et trois personnes dans le rassemblement de soutien aux grévistes ont été blessés. Le NPA appelle à soutenir les grévistes et à défendre le droit de grève. Lire la déclaration d’Olivier Besancenot.
De l’autre côté, il agite la peur de la jeunesse. Les provocations policières se multiplient, pour que les journaux télévisés puissent diffuser en boucle des images « d’émeutiers » et de « casseurs ». Le syndicat affilié à la FSU de la Protection judiciaire de la jeunesse s’élève contre l’instrumentalisation des jeunes par le pouvoir (lire le communiqué).

Les casseurs sont au gouvernement. Que fait la police ?

Ils cassent nos retraites, ils cassent l’éducation nationale, ils cassent l’hôpital public, ils cassent tous les acquis sociaux concédés depuis 1936, la Libération, Mai 68. Ils cassent car ils veulent leur revanche, réimposer des conditions d‘exploitation dignes du XIXe siècle.
Mais nous ne les laisserons pas faire.

Nous ne lâcherons rien, nous continuons jusqu’à la victoire.