Pour le retrait de la réforme des retraites, les femmes et les jeunes en première ligne

 

L’application de la réforme des retraites du gouvernement frapperait le plus durement les catégories aujourd’hui les plus exploitées, comme les femmes. Elle menace de priver de véritables retraites les jeunes d’aujourd’hui. Aussi, la mobilisation du groupe des Fichues mémés dans les rues de Caen, lors des dernières manifestations, et la création récente d’un collectif jeunes de défense des retraites sont les bienvenues.

Elles étaient encore dans la rue, le 7 septembre dernier, les Fichues mémés, pour rappeler que les femmes sont les premières concernées par la réforme des retraites, et pour réclamer, très applaudies, « la retraite avant l’arthrite et la pause avant l’arthrose ». Pour les femmes encore plus que pour les hommes, les précédentes réformes ont eu un effet catastrophique. Victimes des carrières discontinues, du chômage, de la précarité et du temps partiel imposé, seules 43% des femmes parviennent à valider 40 années de cotisations. La proportion est de 86% chez les hommes. En 2008, trois femmes sur dix ont dû attendre 65 ans pour partir en retraite pour ne pas subir la décote, faute d’une nombre d’annuités suffisant.

Au final, les carrières discontinues et des salaires inférieurs aux hommes tout au long de la vie expliquent que les pensions versées aux femmes soient en moyenne de 40% inférieures à celles versées aux hommes (825 euros contre 1426 euros).

Les travaux du Conseil d’orientation des retraites ont montré que pour la génération des personnes nées de 1963 à 1975, il y a, à l’âge de 30 ans, déjà deux trimestres de différence dans la durée d’activité entre les femmes et les hommes en défaveur des femmes. Décaler les âges légaux, de 60 ans à 62 ans pour l’âge de départ et de 65 ans à 67 ans pour la retraite sans décote, aurait comme effet mécanique d’aggraver la situation de tous et de toutes, mais aussi de creuser encore plus les inégalités entre hommes et femmes.

Quant aux jeunes, massivement frappés par le chômage, souvent condamnés aux petits boulots avant de trouver un emploi stable, quand pourront-ils partir en retraite ? La réforme de Sarkozy-Fillon signifie, pour eux, un retour au XIXe siècle, quand le choix était de travailler jusqu’à la veille de la mort, ou de survivre dans la misère ! La création d’un collectif unitaire de jeunes contre la réforme (avec le NPA et beaucoup d’autres organisations) est un atout pour faire franchir un cap à la mobilisation. C’est aussi un outil pour gagner sur une revendication phare qui unifie toute la jeunesse, celle qui étudie et celle qui travaille : la validation des périodes d’études, de stages, et d’inactivité forcée (chômage, précarité) pour le calcul des pensions.

En se mobilisant aux côtés des travailleurs, les jeunes entendent ne pas être la génération sacrifiée sur l’autel de la crise capitaliste. Leur combativité a parfois été déterminante pour gagner face aux gouvernements. Rappelons-nous les mobilisations contre le CPE. En 2010, comptons à nouveau sur les jeunes pour bousculer les plans des Woerth et Sarkozy !

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