Construire une mobilisation populaire exceptionnelle

 

Le passage de la loi à l’Assemblée nationale a focalisé l’attention sur les échanges entre le gouvernement et le Parti socialiste. Mais l’important est de créer les conditions d’un déferlement populaire pour le retrait de la loi, le 23 septembre prochain, pour continuer ensuite jusqu’au retrait de la loi.

Abrogera ? N’abrogera pas ? Ce que ferait le Parti socialiste en 2012, s’il revenait au pouvoir, est un sujet d’interrogation et de débat… pour certains. Après que Ségolène Royal ait promis de revenir à la retraite à 60 ans, Fillon a parié que le PS ne le fera pas… Ce débat sur 2012 n’est vraiment pas le bon ! C’est aujourd’hui qu’il est possible et vital d’affaiblir la droite en lui infligeant une défaite cinglante, en l’obligeant à retirer sa loi, comme, en son temps, nous avons obligé Chirac et Villepin à retirer le CPE.

Prendre sur les profits

Le gouvernement reprend les arguments éculés de la « démographie qui ne laisse pas le choix ». Mais il « oublie » de dire que les actifs moins nombreux aujourd’hui produisent autant de richesses que les actifs plus nombreux qu’hier, et qu’il en sera encore ainsi demain. Toujours selon le gouvernement, puisque tous les autres pays ont déjà reculé l’âge du départ en retraite, pourquoi la France n’emboîterait pas le pas ? Comme si nous étions obligés d’adopter le modèle du recul social !

La seule chose dont ne parle pas le gouvernement, c’est du partage des richesses. Le Comité d’orientation des retraites (COR) a calculé que les besoins de financement des retraites s’élevaient à 3% du PIB. Sont-ils impossibles à trouver, alors que les profits, qui ont explosé ces vingt dernières années au détriment des salaires, en représentent 17% ? Non, bien sûr ! Prendre sur les profits, pour créer des emplois supplémentaires et pour augmenter les salaires (ce qui augmente mécaniquement la rentrée de cotisations), ou pour augmenter le taux de la cotisation vieillesse patronale, c’est tout à fait possible, et c’est assurer le financement des retraites, et même le financement des mesures nouvelles pour supprimer les inégalités inacceptables d’aujourd’hui, notamment entre les hommes et les femmes. Si le gouvernement veut nous imposer de travailler plus, c’est parce qu’il n’envisage pas une seconde le partage des richesses concentrées entre les mains d’une toute petite minorité de privilégiés, et ceci pour la simple raison qu’il est le représentant politique de cette petite minorité..

On peut gagner maintenant

Qui peut croire aux promesses du Parti socialiste, s’il revient au pouvoir ? Entre 1997 et 2002, Jospin et sa « majorité plurielle », incluant les Verts et le PCF, n’ont pas trouvé le temps d’abroger la réforme Balladur, celle qui est responsable de la baisse de 20% du niveau des pensions en moins de vingt ans. Alors 2012… !

Parce que nous n’avons pas la mémoire courte, nous savons bien que c’est maintenant qu’il faut obtenir le retrait de la loi Sarkozy-Woerth.

Après la grosse mobilisation du 7 septembre, de très nombreuses équipes syndicales étaient partantes pour une nouvelle grève très rapprochée, pour installer un climat de mobilisation ne laissant aucun répit au gouvernement, conscients qu’ils sont que seule la croissance de cette mobilisation, dans les entreprises comme dans les quartiers populaires, peut faire céder Sarkozy. Reconduire les grèves : voilà l’objectif de plus en plus partagé par celles et ceux qui veulent se donner les moyens de gagner. Ce n’est pas tous les jours que trois millions de personnes descendent dans la rue, avec le soutien de 60% de la population ! Alors, quand le fer est chaud, battons-le !

Beaucoup de militants pensent que les directions confédérales ne sont pas à la hauteur. Ensemble, sur le terrain, quelque soit leur étiquette syndicale ou politique, ils auront à coeur de construire cette mobilisation, de l’élargir aux secteurs qui restent encore spectateurs, d’entraîner la majorité de la population dans un vaste mouvement social qui bousculera ce gouvernement qui fait semblant d’être sûr de lui mais qui craint la mobilisation.

Les initiatives nombreuses des collectifs unitaires pour le retrait de la loi vont dans ce sens. La mobilisation appelée par l’intersyndicale, mercredi 15 septembre, doit aussi servir de tremplin. D’autres actions doivent être programmées. Avec un objectif : des millions dans la rue le 23 septembre, pour la grève reconductible.

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