Après le succès du 23 septembre, amplifier et durcir le mouvement ! Dans la rue samedi 2 octobre !

30 septembre 2010

 

Après le 24 juin et le 7 septembre, la journée de grève et de manifestations du 23 septembre a été un nouveau succès. Trois millions de manifestants sont une nouvelle fois allés battre le pavé pour exiger le retrait de ce projet de loi injuste pour l’ensemble des salariés et en particulier pour les femmes. Projet qui correspond point par point aux exigences du Medef. La mobilisation, n’en déplaise à Sarkozy et à son gouvernement, s’amplifie et se radicalise.

Les taux de grève restent forts dans de nombreux secteurs et désormais la jeunesse et les travailleurs du privé rejoignent massivement la mobilisation. Ainsi, dans le privé, le nombre de grévistes a été important voire très important, par exemple dans la chimie où plus de 80 % des salariés de Total étaient en grève. Le succès de cette journée est un signe supplémentaire du rejet profond du projet de loi sur les retraites mais plus généralement de la politique antisociale, raciste et sécuritaire de Sarkozy et de son gouvernement.

Face à ce succès, le gouvernement, la droite, malgré leurs divisions, restent unis pour défendre ce projet de loi injuste. Et ont même affiché, une nouvelle fois, tout leur mépris et leur cynisme envers la colère sociale en affirmant le 23 au soir, que « même s’il y avait 5 millions de personnes dans la rue », ils feraient passer cette loi. Mais ce cynisme n’arrive pas à cacher la fragilité d’un gouvernement aux abois qui utilise toutes les ficelles pour durer : la politique de la peur avec les menaces terroristes ou encore celle de la division avec la chasse aux étrangers, en particulier les Roms. Ils oublient aussi qu’on nous a déjà fait le coup du mépris en décembre1995 et au moment du contrat première embauche, en 2006, où face à la détermination des salariés et de la jeunesse, face aux mobilisations, Juppé comme Villepin ont dû faire marche arrière.

Nous savons tous que, pour gagner, c’est une véritable confrontation sociale et politique avec le gouvernement qu’il faut engager ! Et cela passe par la grève générale reconductible pour faire céder Sarkozy ! Et non par des promesses électorales pour 2012 auxquelles personne ne croit, ou en déportant la mobilisation sur le terrain institutionnel en proposant par exemple un référendum. C’est dans la rue et maintenant que ça se joue.

L’intersyndicale propose comme perspective après le 23 septembre, une journée de manifestations le samedi 2 octobre et une autre journée de grève le mardi 12. Pour nous, ce calendrier est tardif, il aurait dû être plus resserré, plus offensif ! Toutefois, il faut se saisir de ces temps forts pour entraîner dans la mobilisation tous ceux qui doutent, hésitent.

La réussite du 2 octobre est une étape indispensable pour franchir un cap dans la mobilisation et nous pouvons entraîner tous ceux et celles qui soutiennent la contestation mais ne peuvent se mettre en grève ! Et, sans attendre le 12 octobre, partout où c’est possible, la reconduction de la grève doit être mise en discussion et décidée si les conditions en sont réunies. Les actions de blocage, comme ce fut le cas il y a quelques jours au Havre, à la raffinerie de Savoie et dans de nombreux endroits doivent se développer pour montrer notre détermination. Pourquoi par exemple ne pas être en grève dès ce mardi 5 octobre, premier jour de débat du projet de loi au Sénat, ou encore organiser des manifestations femmes sur la question spécifique de la discrimination qui sera aggravée si cette loi était votée ?

Contrairement à ce que dit le gouvernement le dossier des retraites n’est pas clos. Nous pouvons gagner. Le mouvement a de la réserve et se radicalise de jour en jour. Partout la reconduction est discutée, des appels à la grève reconductible voient le jour comme c’est le cas à Marseille à partir du 4 octobre, ou à la SNCF et dans la chimie à partir du 12 octobre. La détermination est bel et bien là pour faire reculer ce gouvernement. Obtenir le retrait c’est possible, alors on ne lâche rien, on amplifie et on durcit le mouvement dans les semaines qui viennent, pour montrer à Sarkozy que la rue a du pouvoir dans ce pays !

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La machine infernale de la réforme des retraites

28 septembre 2010

 

La réforme des retraites entraînerait des dépenses supplémentaires côté indemnisation du chômage. C’est ce qu’a calculé l’Unedic. La raison : des chômeurs âgés à indemniser plus longtemps, en raison du recul des âges de départ en retraite. Selon l’Unedic, ces dépenses supplémentaires seraient supérieures aux rentrées de cotisations attendues de l’allongement de la vie au travail. La réforme Sarkozy-Woerth, censée boucher le « trou » financier des caisses de retraite à les entendre, creuse celui de l’Unedic. Une raison de plus pour rejeter la réforme.

Le manque-à-gagner que subirait l’Unedic, même en prenant en compte les rentrées de cotisations supplémentaires, culminerait à 530 millions, voire 650 millions d’euros par an à partir de 2017 ou 2018 selon les scénarios. Les nouvelles rentrées de cotisations seraient donc bien inférieures aux indemnisations chômage supplémentaires à financer. On peut imaginer ce que le gouvernement d’alors pourrait suggérer : l’augmentation des cotisations pour boucher ce nouveau trou, ou alors la baisse des prestations chômage !

Les savants calculs de l’Unedic ont le grand mérite de montrer qu’avec la réforme de Woerth-Sarkozy, on marche sur la tête. Quand le gouvernement jure qu’il veut sauver les retraites par répartition, il ment. En réalité, cette réforme promet une aggravation des conditions de vie des retraités et notamment des femmes (des retraites en baisse), des difficultés d’insertion supplémentaires pour les jeunes, déjà touchés massivement par le chômage et la précarité et même, on le sait maintenant, des déséquilibres supplémentaires pour l’Unedic. Seuls les banques et les assurances qui vendent des contrats d’épargne retraite y trouveront leur compte.

L’écrasante majorité de la population a intérêt à voir le gouvernement échouer. Seule une petite partie de la population tremble encore devant les « arguments » catastrophiques énoncés par Woerth, c’est-à-dire la faillite des caisses de retraite. Ce gouvernement compte sur la peur – la peur de la faillite des caisses de retraite, la peur des Roms, la part des « étrangers délinquants », la peur de la « jeunesse dangereuse »… – pour continuer sa sale besogne. Mais cela marche de moins en moins.

Une grand mouvement social est en train de se construire.

De plus en plus nombreux sont celles et ceux qui ont compris que le « problème » des retraites se résume à la question de la répartition des richesses. Moins pour les actionnaires, plus pour les salaires et l’emploi : voilà comment résoudre le « problème ».

Continuons les efforts pour élargir la mobilisation, mettre dans la rue tous ceux et toutes celles qui rejettent le gouvernement de la peur et du mensonge.

Toutes et tous dans la rue samedi prochain !


Déclaration du NPA. Après le succès du 23, frapper plus fort encore !

24 septembre 2010

 

Malgré les tentatives d’enfumage du gouvernement, la journée de grèves et de manifestations du 23 septembre a été un franc succès. 3 millions de manifestants, des défilés dans plus de villes et de localités que le 7, le mouvement est loin de s’essouffler. C’est un signe supplémentaire de la profondeur du mécontentement, de l’ampleur du rejet du projet de loi sur les retraites, du discrédit qui frappe le gouvernement et encore plus particulièrement le ministre Woerth.

La tonalité des manifestations était plus combative encore que le 7 septembre et la question de la reconduction se pose dans de nombreux endroits. Des AG sont prévues notamment dans la Chimie en ce sens. Des opérations de blocage de rocades ont eu lieu ce matin, vendredi 24.

L’intersyndicale nationale vient de se réunir et a décidé d’appeler à une nouvelle journée de manifestations le samedi 2 octobre afin de permettre l’expression conjointe du mouvement gréviste et de la majorité de la population qui soutient le mouvement. Elle appelle également à une nouvelle journée de grèves et de manifs le mardi 12 octobre.

Si pour notre part nous souhaiterions que les appels à la mobilisation soient plus radicaux, en terme d’appel à la reconduction des grève, nous appelons à faire des temps forts de mobilisations à l’appel de l’intersyndicale des réussites qui montrent que le mouvement ne faiblit pas, qu’au contraire il s’enracine et progresse. Mais ces temps forts seront d’autant plus forts que la reconduction de la grève sera devenue une réalité dans un maximum d’endroits où cela s’avère possible, d’autant plus fort que les opérations de blocage s’organiseront partout.

Le gouvernement la joue ‘ »droit dans les bottes » mais on a déjà vu des gouvernements adoptant cette attitude contraints à capituler en rase campagne le lendemain. Ce fut le cas en décembre 1995 contre le plan Juppé et en 2006 contre la loi Villepin instaurant un CPE et pourtant votée par le Parlement.

Le dossier des retraites n’est pas clos. Nous pouvons gagner. Les fissures apparaissent à droite car un député, ça cherche d’abord à être réélu et ces gens savent ce qu’il va leur arriver aux prochaines élections si ça continue comme ça. Le mouvement a de la réserve : toutes celles et ceux qui sont contre la politique du gouvernement ne sont pas encore venus battre le pavé. On a vu apparaitre des jeunes dans les manifs du 23 et ce phénomène peut et doit s’amplifier.

Contrairement à ce que dit Woerth, la « pédagogie » du gouvernement est moins efficace que celle des opposants au projet de loi. De plus en plus de monde comprend bien que sous couvert de sauver le système par répartition, il s’agit en fait de le tuer, de forcer à cotiser dans des assurances privées ou des fonds de pension. Personne n’a envie de mourir au boulot. L’argent existe pour conserver la retraites à 60 ans sans augmenter le nombre d’annuités et même en retournant à la situation d’avant 1993, les 37, 5 annuité pour une retraite à taux plein dans le privé comme dans le public. Il suffirait d’y consacrer 3 points du PIB comme le dit Conseil d’orientation des retraites qui n’est pas un organisme infesté de dangereux gauchistes. C’est une question de répartition des richesses : il faut prendre sur les profits pour que nous puissions profiter de nos retraites. Moins d’argent pour les amis de Sarkozy, les Bolloré, les Bouygues, les Bettencourt et leurs collègues du CAC 40, c’est plus d’argent pour nos retraites, la sécu et nos salaires.

Alors on ne lâche rien ! On continue en frappant de plus en plus fort !

Vendredi 24 septembre 2010


A Vire, le comité NPA appelle à faire grève et à manifester jusqu’au retrait de la loi sur les retraites

23 septembre 2010

Le comité de Vire du NPA s’active pour amplifier la mobilisation contre la loi de réforme des retraites. Jeudi 23 septembre, il a distribué un tract expliquant que gagner c’est possible.

Retraites : grèves, manifestations jusqu’au retrait de la loi !

Avec le vote de la loi sur les retraites le 15 septembre à l’Assemblée Nationale, l’UMP a montré ce dont elle est capable : le pire !
Sans surprise le texte reporte l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans, relève de 65 à 67 ans l’âge permettant d’avoir une retraite sans décote et allonge la durée de cotisation. Il pénalise les femmes. En plus, il en profite pour détruire toute indépendance de la médecine du travail, pour donner encore plus de place à la retraite par capitalisation. Et, pour celles et ceux qui ont un travail pénible, il veut en finir avec des départs anticipés dans le cadre d’accords de branche ou d’entreprise.

Le bras de fer est entamé

Ce gouvernement est chaque jour un peu plus illégitime pour nous imposer cette terrible régression.
La mobilisation contre cette réforme ne cesse de grandir depuis des mois, avec des manifestations et des grèves de plus en plus massives et de plus en plus populaires. Après le 24 juin, le succès historique du 7 septembre, avec près de 3 millions de manifestants, avec des grèves réussies dans le privé comme dans le public, a marqué un tournant.
Il y a désormais, face à face, d’un côté un gouvernement totalement discrédité, miné par les affaires et les scandales et de l’autre, la volonté majoritaire qui s’exprime dans la rue et par la grève.
Ce que le vote de quelques dizaines de députés au sein d’une assemblée aux ordres de Sarkozy a fait. La mobilisation de millions d’hommes et de femmes peut le défaire. Une loi votée peut être retirée par le rapport de force, par la rue : ce fut le cas en 2006 avec le Contrat Première Embauche (CPE).
Les salariés ne peuvent pas remettre le sort de leur retraite au Sénat qui planchera sur la loi à partir du 5 octobre.
Ce projet n’est pas amendable, il doit être purement et simplement mis à la poubelle.

Demain on continue…

Cette nouvelle journée du 23 septembre est décisive. Elle doit, par la reconduction de la grève, par des démonstrations de force, par des actions de blocage être le point de départ d’un mouvement d’ensemble généralisé qui bloque le pays sur la durée. De nombreuses instances syndicales appellent à la reconduction.
L’heure n’est pas à s’attendre les uns les autres, mais à reconduire la grève partout où c’est possible, se coordonner et étendre le mouvement.
Gagner, c’est possible et ça se joue maintenant !


Solidaires, CGT, CFDT : ils ont dit, ce soir, 23 septembre…

23 septembre 2010

Solidaires

Plus de 3 millions de manifestants, la mobilisation touche de nouveaux secteurs, notamment dans le privé, le projet de loi sur les retraites doit être retiré. Les manifestations confirment les sondages : une majorité des salariés du privé et du public, des jeunes, des chômeurs et des retraités, rejettent le cœur même de la réforme de Sarkozy et ne sont pas dupes de ses aménagements à la marge.

L’intoxication gouvernementale sur l’inéluctabilité du report à 62 ans de l’âge légal du droit au départ et à 67 ans pour une retraite sans décote ne fonctionne plus (…).

Contrairement à ce qu’affirme le gouvernement, l’idée qu’il existe des alternatives crédibles grandit de jour en jour notamment celles appuyées sur une nouvelle répartition des richesses pour maintenir et améliorer le système de retraites par répartition.

Pour imposer d’autres choix à ce gouvernement et au MEDEF, l’Union syndicale Solidaires appelle tous les salariés et salariées, chômeurs, jeunes, retraités, à mettre toutes leurs forces dans la bataille, à débattre partout de la nécessité d’un mouvement de grève prolongé (…).

C’est maintenant qu’il faut frapper fort pour inscrire une nouvelle page de conquêtes sociales.

CGT

La CGT se félicite de l’ampleur de la participation des salariés à la journée de grèves et de manifestations du 23 septembre 2010.

L’Elysée croit pouvoir s’appuyer sur les taux de grévistes officiels dans le secteur public pour considérer le mouvement de colère provoqué par la réforme des retraites en repli.

La réalité est toute autre.

La CGT recense aujourd’hui près de 3 millions de manifestants dans 232 manifestations, un engagement dans la lutte de nouveaux salariés du privé dont ceux issus de PME, des décisions d’arrêts de travail plus nombreuses que le 7 septembre, une présence plus marquée des jeunes et des femmes. Parallèlement, une forte majorité de français exprime un soutien à la mobilisation et aux initiatives de l’intersyndicale.

Il ne sert à rien de tergiverser. Le Président de la République et les parlementaires doivent prendre l’exacte mesure de l’exaspération provoquée par une loi inspirée exclusivement par les positions du Medef.

Ils doivent accepter d’ouvrir une réelle négociation sur les propositions alternatives susceptibles de garantir le financement des retraites et le maintien du droit au départ à 60 ans.

Toute autre attitude serait désormais susceptible de provoquer une crise sociale de grande ampleur. En s’appuyant sur une mobilisation largement ancrée dans le pays, la CGT sera à l’initiative de débats conduisant les salariés du public et du privé, les retraités comme les plus jeunes à poursuivre la mobilisation unitaire par des actions dans les entreprises et les localités. (…)

CFDT

Pari gagné pour la mobilisation du 23 !

« Pari gagné ! », a déclaré François Chérèque, en tête du cortège parisien, rassemblé derrière une banderole « Retraites, emplois, salaires, un enjeu de société ». L’ampleur de la mobilisation a témoigné, une fois de plus, du soutien de la population à la démarche de l’intersyndicale. Si le nombre de grévistes était légèrement en baisse – les tensions sur le pouvoir d’achat rendent difficiles deux journées de salaire en moins dans un même mois –, le nombre de manifestants était à la hausse. 2,9 millions de personnes ont foulé les rues de quelque 230 villes pour dire leur refus des injustices portées par le projet gouvernemental de réforme des retraites : les carrières longues, la pénibilité, les polypensionnés, les carrières précaires et la situation spécifique des femmes (…).

Pour François Chérèque , le message de cette nouvelle mobilisation est clair : « Le pari du gouvernement d’un affaiblissement du mouvement est perdu. » Gageons que les sénateurs ne pourront avoir été sourds aux échos de la manifestation parisienne, dont le cortège est passé devant le jardin du Luxembourg, qui abrite le Sénat, déployant une banderole : « Mesdames et Messieurs les sénateurs, ne votez pas cette réforme injuste ». Parce que la balle est désormais dans leur camp, l’intersyndicale compte bien maintenir la pression. Une réunion est prévue ce 24 septembre pour décider des suites à donner à la mobilisation (…).


Encore plus de monde à la manif à Caen, autant à Lisieux !

23 septembre 2010

 

Un cortège qui n’en finit pas ! A Caen, les derniers partent de la place Saint-Pierre plus tard que le 7 septembre. De l’avis de tous, nous étions plus nombreux. A Lisieux, presque autant. La mobilisation se maintient et même s’étend. Dans plusieurs secteurs très sollicités depuis des mois, le nombre de grévistes a baissé. C’est le cas dans l’Education nationale. Mais d’autres sont là, surtout le privé, et des jeunes aussi. Au final, la contestation de la réforme des retraites s’amplifie.

Encore plus nombreuse que le 7 septembre, la manifestation de Caen était aussi plus combative. Dans les cortèges de Solidaires, de la CGT et de la FSU, s’exprime la colère populaire. Les slogans sont repris et les actionnaires, le grand patronat, le pouvoir (le gang du Fouquet’s…) mis en cause. Pas question de travailler plus, alors que le taux de chômage des jeunes explose, pour que les plus riches continuent de s’empiffrer. Dans les cortèges syndicaux, on entend aussi que c’est Sarko qu’il faut virer, « pas les Roms, pas les sans-papiers ». On ne veut pas d’une société qui laisse « les jeunes dans la galère et les vieux dans la misère ». A Lisieux aussi, l’ambiance est plus combative, avec pétards, fumigène, chants… : chacun a conscience du bras de fer qui se joue.

A Caen, les « Fichues mémés » sont encore là, pour rappeler que les femmes sont particulièrement frappées par la réforme Sarkozy. Leurs slogans sont repris dans les cortèges syndicaux, comme « la retraite avant l’arthrite, la pause avant l’arthrose ».

A noter aussi un cortège « jeunes », encore peu nombreux, mais dynamique. La rentrée vient d’avoir lieu, et la mobilisation va aller croissante. L’unité des organisations de jeunes, comme l’auto-organisation des lycéens, en bonne voie dans plusieurs établissements de l’agglomération de Caen, permet d’être optimiste. Les jeunes se sont données plusieurs rendez-vous pour continuer, et pas dans quinze jours…

Soutien populaire

Ceux qui ne sont pas en grève et ne viennent pas à la manifestation soutiennent le mouvement, et de plus en plus nombreux. Les deux tiers de la population, si l’on croit les derniers sondages.

Dès la mi-journée, l’Elysée a tenté de décrire une réalité différente : moins de grévistes, moins de manifestants, et cela serait le signe que peut-être l’adhésion à la réforme augmenterait. De la part de ce gouvernement de menteurs, on ne doit pas s’attendre à autre chose qu’à la manipulation des chiffres de grévistes et de manifestants. Il s’agit pour le pouvoir de démontrer que le reflux a commencé et qu’il a eu raison de ne pas céder.

Cette journée décisive montre au contraire que le potentiel de mobilisation est intact, alors que le gouvernement insiste sur le fait que la loi est voté et que tout est plié. Il n’est pas question de replier les banderoles et d’hésiter sur les suites à donner : on continue, on reconduit la grève partout où c’est possible, on agit pour que cette grève fasse tâche d’huile, on élargit la mobilisation aux catégories de la population encore peu impliquées (jeunes, précaires, retraités…). On entre dans une période de mobilisation intense avec l’objectif de bloquer le pays, pénaliser le grand patronat.

Toutes les forces syndicales et politiques de gauche doivent maintenant revendiquer et préparer la grève générale, montrer qu’elles ne tremblent pas face à Sarkozy, donner confiance aux travailleurs, encore très nombreux, qui hésitent à s’engager dans ce combat décisif.


Pour le retrait de la réforme des retraites, les femmes et les jeunes en première ligne

17 septembre 2010

 

L’application de la réforme des retraites du gouvernement frapperait le plus durement les catégories aujourd’hui les plus exploitées, comme les femmes. Elle menace de priver de véritables retraites les jeunes d’aujourd’hui. Aussi, la mobilisation du groupe des Fichues mémés dans les rues de Caen, lors des dernières manifestations, et la création récente d’un collectif jeunes de défense des retraites sont les bienvenues.

Elles étaient encore dans la rue, le 7 septembre dernier, les Fichues mémés, pour rappeler que les femmes sont les premières concernées par la réforme des retraites, et pour réclamer, très applaudies, « la retraite avant l’arthrite et la pause avant l’arthrose ». Pour les femmes encore plus que pour les hommes, les précédentes réformes ont eu un effet catastrophique. Victimes des carrières discontinues, du chômage, de la précarité et du temps partiel imposé, seules 43% des femmes parviennent à valider 40 années de cotisations. La proportion est de 86% chez les hommes. En 2008, trois femmes sur dix ont dû attendre 65 ans pour partir en retraite pour ne pas subir la décote, faute d’une nombre d’annuités suffisant.

Au final, les carrières discontinues et des salaires inférieurs aux hommes tout au long de la vie expliquent que les pensions versées aux femmes soient en moyenne de 40% inférieures à celles versées aux hommes (825 euros contre 1426 euros).

Les travaux du Conseil d’orientation des retraites ont montré que pour la génération des personnes nées de 1963 à 1975, il y a, à l’âge de 30 ans, déjà deux trimestres de différence dans la durée d’activité entre les femmes et les hommes en défaveur des femmes. Décaler les âges légaux, de 60 ans à 62 ans pour l’âge de départ et de 65 ans à 67 ans pour la retraite sans décote, aurait comme effet mécanique d’aggraver la situation de tous et de toutes, mais aussi de creuser encore plus les inégalités entre hommes et femmes.

Quant aux jeunes, massivement frappés par le chômage, souvent condamnés aux petits boulots avant de trouver un emploi stable, quand pourront-ils partir en retraite ? La réforme de Sarkozy-Fillon signifie, pour eux, un retour au XIXe siècle, quand le choix était de travailler jusqu’à la veille de la mort, ou de survivre dans la misère ! La création d’un collectif unitaire de jeunes contre la réforme (avec le NPA et beaucoup d’autres organisations) est un atout pour faire franchir un cap à la mobilisation. C’est aussi un outil pour gagner sur une revendication phare qui unifie toute la jeunesse, celle qui étudie et celle qui travaille : la validation des périodes d’études, de stages, et d’inactivité forcée (chômage, précarité) pour le calcul des pensions.

En se mobilisant aux côtés des travailleurs, les jeunes entendent ne pas être la génération sacrifiée sur l’autel de la crise capitaliste. Leur combativité a parfois été déterminante pour gagner face aux gouvernements. Rappelons-nous les mobilisations contre le CPE. En 2010, comptons à nouveau sur les jeunes pour bousculer les plans des Woerth et Sarkozy !