Sécurité, immigration : la stratégie nauséabonde du gouvernement

En tenant des propos que étaient jusqu’à présent l’apanage de l’extrême-droite, le pouvoir, face à sa déroute dans l’opinion, tente une opération de diversion en remettant l’insécurité et l’immigration au centre des polémiques.

Après le discours de Sarkozy liant immigration et insécurité, Marine Le Pen, vice-présidente du Front National, a affirmé que « les propos du président de la République (…) n’ont qu’un mérite, celui de confirmer officiellement le caractère criminogène de certaines immigrations, vérité pour laquelle le Front national est persécuté depuis trois décennies ». Ainsi, selon elle, Sarkozy donnerait raison au FN. Mais cela n’a rien d’un dérapage.

La rentrée sera chaude

La rentrée s’annonce difficile pour le pouvoir. La réforme des retraites ne passe pas et l’ampleur des manifestations, le 24 juin dernier, a sonné comme un sérieux avertissement. L’opinion n’est pas résignée. Journée d’action après journée d’action, les cortèges ne s’effilochent pas, ils grossissent. La résistance demeure bien là, et elle pourrait croître encore.

D’autant que l’affaire Woerth-Bettencourt a accru le discrédit du gouvernement. Il est apparu aux yeux du plus grand nombre que les hautes sphères du pouvoir abritent une caste peu scrupuleuse au service des riches. C’est Neuilly au pouvoir, alors que la masse de la population souffre des bas salaires, des privations, des licenciements, de la précarirté et du chômage.

Les révélations alimentant la rubrique « affaires » se succédant dans les medias, aggravant un peu plus chaque jour l’isolement du pouvoir, Sarkozy a choisi de lancer son offensive sécuritaire. Pour le pouvoir, mieux vaudrait que le feuilleton de l’été mette en scène les opérations de police et les gesticulations d’Hortefeux, la guerre contre les voyous de banlieue et d’ailleurs, plutôt que les soupçons pesant sur des ministres et leurs proches. Rien ne vaudrait une bonne polémique avec le Parti socialiste, qualifié par la droite « d’angélique » face à la criminalité montante dans les quartiers, au moment où les mesures prises emportent toutes l’hostilité de la population (autorisation de commercialisation d’OGM, hausse du prix de l’électricité quelques jours seulement après l’annonce des milliards dépensés sur le chantier de l’EPR…).

L’offensive sécuritaire est celle d’un gouvernement aux abois qui craint la mobilisation sociale et mesure son isolement.

La réponse par la mobilisation sociale

Cette tentative sarkozienne de « détournement d’attention » serait dérisoire si elle ne s’appuyait pas sur un discours sécuritaire qui cultive sciemment les amalgames racistes. Sarkozy ne dérape pas mais joue volontairement sur les peurs en pensant faire oublier les retraites et l’affaire Woerth-Bettencourt. Du coup, les idées du FN rentrent en force au gouvernement… sans besoin de remaniement pour ça. Pire, Sarkozy ne compte pas en rester aux discours, mais nous promet, dès septembre, des mesures allant dans le sens de l’aggravation des discriminations. La date choisie pour leur présensation est un symbole : ce sera le 7 septembre, date du début du débat sur les retraites dans l’hémicycle, et jour de grève et de manifestations contre le projet de loi.

La prochaine rentrée se fera donc sous le signe d’une double violence : celle du patronat, qui, à l’image de General Motors, impose des conditions de travail de plus en plus difficile, et celle du gouvernement, qui développe une politique de haine, un poison pour diviser, évacuer les vraies questions et parmi elles la question numéro un : celle de l’insécurité sociale qu’engendre la crise économique.

Notre réponse sera celle de la mobilisation sociale : tous ensemble, d’abord samedi 4 septembre, contre la politique sécuritaire du gouvernement (1), puis mardi 7 septembre, pour le retrait du projet de loi sur les retraites.

Notre force, c’est notre nombre, et notre unité : français ou étrangers, mais tous travailleurs exploités par quelques privilégiés à qui il faut retirer au plus vite leur pouvoir de nuisance.

(1) Quarante organisations, dont le NPA, appellent à manifester samedi 4 septembre, partout en France. Le NPA appelle à manifester contre la politique de discrimination, contre le racisme et la xénophobie, pour l’égalité des droits. Lire l’appel unitaire…

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