Projet de loi sur les retraites : un projet pour favoriser l’épargne retraite individuelle

La discussion du projet de loi en commission à l’Assemblée nationale est passée au second plan derrière l’affaire Woerth-Bettencourt. Les députés UMP en ont profité pour ajouter des amendements pour affaiblir les retraites solidaires au profit de la capitalisation individuelle.

Les principaux amendements adoptés fin juillet en commission à l’Assemblée nationale aggravent le projet de loi. Le gouvernement a laissé des députés UMP insérer des amendement en faveur de l’épargne retraite individuelle, ne souhaitant sans doute pas s’afficher comme partisan de la capitalisation, lui qui prétend légiférer pour défendre notre système de retraites, un système par répartition où les actifs cotisent pour les retraités du moment ! Mais la réalité est l’inverse, et, petit à petit, l’un des enjeux essentiels de la réforme apparaît : faire de la place aux assureurs et aux plans de retraite individuels.

Les amendements en question prévoient que la moitié de la « participation » versée à un salarié, en fonction des bénéfices de l’entreprise, sera basculée sur le « Plan d’épargne pour la retraite collectif » (dit Perco) de l’entreprise. Le dispositif des « Perco » d’entreprise a été créé par Fillon en 2003, en complément des produits d’assurance individuelle (PERP, Prefon pour les fonctionnaires…). Les versements des salariés à un Perco, investis en actions et obligations, sont débloqués au moment du départ en retraite, et une rente – égale aux intérêts des produits financiers composant le Perco – est alors versée au nouveau retraité, comme « complément » de la retraite versée par le régime général. C’est tout bénéfice pour le patronat, qui distribue moins de salaire en en retenant une partie dans le Perco, pour financer l’investissement de l’entreprise.

Mais seulement 560 000 salariés auraient fait un versement à un Perco, selon un associations d’assureurs. Trop peu pour le Medef et le gouvernement, qui veulent profiter de la prochaine réforme pour donner un coup d’accélérateur au système, l’objectif étant de grignoter le système par répartition qu’ils veulent condamner à verser des retraites de plus en plus faibles, en lui adjoignant un système par capitalisation en expansion. Des assureurs privés militent d’ailleurs pour rendre obligatoire les Perco dans une entreprise.

La capitalisation a montré sa fragilité, la crise boursière de 2008 ayant fait fondre les fonds de pensions américains et condamné des retraités à la misère, mais qu’importe pour les requins de l’assurance et leur alliés de l’UMP !

Plus que jamais, le maintien des retraites par répartition et le refus des fonds de pension et des autres système par capitalisation passent par le retrait du projet de loi du gouvernement.

Rendez-vous dans la rue le 7 septembre pour montrer notre nombre !

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