Personnes âgées : le marché de la dépendance

Après les retraites, de nouvelles attaques sont en préparation. Elles concerneront les personnes âgées dépendantes au profit des organismes privés. Lors de son entretien télévisé du 13 juillet, Sarkozy a annoncé le projet pour la fin de l’année et un rapport de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, présenté par Valérie Rosso-Debord (UMP), vient de sortir. Une raison de plus d’être en grève le 7 septembre.

Le gouvernement prévoit une attaque en profondeur contre les droits des personnes âgées dépendantes d’ici la fin de l’année. Actuellement, l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) dont le but est de payer des heures d’aides à domicile et en établissement est financée par les conseils généraux et les personnes âgées en fonction de leur degré de handicap et de leur revenu. Il y a presque 700 000 bénéficiaires. Le montant moyen restant à la charge des bénéficiaires les plus dépendants, payant le ticket modérateur, était, en juin 2009, de 257 euros pour une APA de 1 009 euros.

Les Établissements d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes (Ehpad) manquent cruellement de places et de personnels qualifiés et, pour des revenus modestes, leurs tarifs sont prohibitifs. Au motif que l’Etat n’a pas de moyens de financement, le projet gouvernemental est d’accentuer la participation financière des usagers, directement ou par le biais d’assurances privées ou encore par la reprise sur héritage à la mort du bénéficiaire, et de développer le marché concurrentiel privé des établissements et services. Le gouvernement envisage donc de rendre obligatoire, dès 50 ans, un contrat d’assurance privé contre le risque de dépendance. Par ailleurs, la CSG des retraités serait augmentée. Aujourd’hui, les petites retraites sont exonérées de CSG et pour les autres, le taux est réduit. Seuls les cas les plus lourds et les moins solvables resteraient à la « solidarité nationale ».

Le marché de la dépendance entre les mains du privé

Avec plus de 2 millions de contrats d’assurances dépendance, la France est déjà le deuxième marché derrière les États-Unis. En matière d’hébergement, Orpea, un groupe à dimension européenne coté en Bourse, en pointe avec Korian, une société d’établissements de soins, prévoit d’ouvrir 8 500 nouveaux lits dans les quatre ou cinq ans à venir. Selon un rapport patronal, la situation « offre de nombreuses opportunités : tirer profit de la distorsion entre l’offre et la demande, présenter une gamme complète de structures d’accueil en développant les services de maintien à domicile afin de générer des recettes supplémentaires, croissance externe en profitant de la fragilité financière des petites structures ». Pour celles-ci, les conseils généraux ne veulent plus payer les déficits, « leur productivité étant insuffisante ». Orpea a augmenté son chiffre d’affaires de 31,3% en 2007, 29% en 2008 et prévoyait, pour 2009, un bond en avant. Le groupe Malakoff Médéric Assurances vient de prendre une participation de 10% dans le capital social de Korian. On peut imaginer des contrats entre les assurances et «leur» entreprise d’hébergement. La boucle est bouclée, au détriment des personnes âgées dépendantes. Avec le vieillissement, le nombre de personnes dépendantes va aller croissant. Il y a donc là un marché juteux pour le privé.

Pour un service public en faveur des personnes âgées

Contre cette politique, le NPA propose un grand service public prenant en compte aussi bien le maintien à domicile lorsqu’il est compatible avec l’état de santé, que des foyers ou des Ehpad, en éliminant entièrement le secteur privé. Les aides seraient réalisées et coordonnées en fonction des besoins par un service public municipal. D’autres services, qui existent déjà dans certaines municipalités, devraient être généralisés : portage des repas, transports adaptés, télé-alarme gratuite… Ce secteur public prendrait en charge le recrutement des personnels avec une bonne qualification initiale et continue, bénéficiant de conditions de travail décentes, à commencer par des CDI à temps plein, prenant en compte les temps de déplacement pour les personnels intervenant à domicile, les dépenses d’investissement et de fonctionnement. Un plan d’urgence de construction de nouveaux établissements serait lancé.

Non à l’assurance privée, oui à la sécurité sociale !

Les aides doivent être prise en charge par la Sécurité sociale étendue, financée par les cotisations sociales payées par les seules entreprises et non par l’impôt national ou local. La Sécu, c’est une avancée vers le salaire socialisé qu’il faut défendre et étendre. On n’imagine pas que les familles ou les individus paient pour le traitement d’un cancer selon leur revenu. Pourquoi le feraient-ils pour la dépendance ?

Avec la réforme des retraites et celle du financement de la dépendance, Sarkozy s’acharne à détruire la protection sociale solidaire, pour le seul profit des requins du privé. L’affaire Woerth-Bettencourt nous rappelle combien la droite et les milieux des affaires sont imbriqués. Le personnel politique de droite est complètement dévoué aux intérêts des grandes fortunes et du privé, et, avec l’arrivée au pouvoir de Sarkozy, c’est Neuilly-sur-Seine qui est entrée à l’Elysée.

Nos papis et nos mamies valent mieux que leur profit. Tous et toutes en grève le 7 septembre pour faire reculer Sarkozy !

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