Fermeture des blocs opératoires des hôpitaux de proximité : recul du gouvernement

30 juillet 2010

Le gouvernement a décidé de reporter sine die la parution du décret imposant la fermeture des blocs opératoires de petits hôpitaux. Cette reculade est le résultat des mobilisations locales contre la fermeture d’hôpitaux ou de maternité de proximité, comme à Vire, mi-juillet.

Le ministère a fixé la barre à 1500 opérations dans l’année. En deçà, fermeture ! Soi-disant au nom de la sécurité des patients, alors que l’objectif réel est de supprimer des emplois publics et de favoriser le secteur privé.

La fermeture des unités de proximité, chirurgie ou maternité, aurait des conséquences néfastes pour les populations. Les conditions de suivi et d’accouchement se dégraderaient, de nombreuses femmes devant effectuer des kilomètres en plus. Pour les services de chirurgie, ce seraient les cliniques privées qui se retrouveraient en situation de monopoles… pour les malades qu’elles acceptent de prendre. Car les cliniques trient leurs «clients» et réorientent vers les hôpitaux publics les interventions trop lourdes ou les malades ayant des pathologies chroniques. Des hôpitaux publics qui se trouveraient éloignés des lieux d’habitation de ces patients.

Les luttes locales contre les fermetures se sont multipliées. Comme à Vire, où un rassemblement a été organisé en plein mois de juillet et où le collectif local « Touche pas à mon hosto, touche pas à ma santé » s’est étoffé. A Valréas (Vaucluse), le comité de défense de l’hôpital a gagné contre Roselyne Bachelot devant le tribunal administratif l’annulation de la fermeture de la maternité. Le gouvernement a été forcé de tenir compte de cette fronde qui a gagné les élus au travers de l’Association des petites villes de France. Pour autant, il s’est empressé d’affirmer que l’objectif de fermer les petits bocs opératoires n’était pas abandonné. Mercredi 28 juillet, le porte-parole du gouvernement a indiqué que Roselyne Bachelot souhaitait « prendre le temps de l’explication ». Comme si personnels et usagers n’avaient pas compris !

Il faut donc rester vigilants et, comme à Vire, continuer à regrouper toutes les forces politiques, syndicales et associatives, avec les usagers, pour la sauvegarde des maternités et des hôpitaux de proximité.

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EPR : un gouffre financier et une technologie dangereuse

30 juillet 2010

 

EDF a officialisé le retard de deux ans pour la mise en service du nouveau réacteur EPR à Flamanville, dans la Manche. L’estimation du coût total passe de 3,3 milliards à 5 milliards. Il y a quelques mois, des informations internes avaient confirmé les doutes sur la sécurité du futur réacteur.

Comme d’habitude, EDF se veut rassurant. L’EPR de Flamanville serait une « tête de série », et « une tête de série coûte plus cher que les suivantes », selon EDF. Mais le chantier de l’EPR d’Olkiluoto, en Finlande, ne se porte pas mieux. Quatre ans de retard et un coût total de presque 6 milliards d’euros !

L’échec commercial de l’EPR est déjà au rendez-vous, après qu’Abou Dhabi ait renoncé à acheter ces réacteurs nucléaires. Or, toute la stratégie d’EDF et d’Areva repose sur les ventes à l’étranger. Les doutes sur la sécurité n’y sont pas étrangers. En mars dernier, le Réseau Sortir du nucléaire avait rendu publique une note interne à EDF montrant la dangerosité des réacteurs EPR.

La stratégie d’EDF et d’Areva repose sur les ventes à l’étranger. Leur échec coûte cher au contribuable !

EDF encaisse aussi des résultats en retrait aux Etats-Unis. En 2009, EDF y a acquis la moitié des activités nucléaires de Constellation Energy, pour pas moins de 4,5 milliards de dollars ! Un an après, EDF fait face à une rentabilité moins importante qu’attendue de son implantation américaine. Conséquence : une provision pour couvrir les risques de perte de valeur de ses actifs aux Etats-Unis, et une baisse de 47 % du bénéfice du premier semestre 2010 (1,7 milliard d’euros).

Il est temps d’arrêter le chantier de Flamanville, et de fondre EDF et Areva dans un grand service public de l’énergie sans nucléaire qui rompra avec les stratégies commerciales à courte vue, développera les énergies renouvelables et mettra en place un vaste plan d’économie d’énergie.

30 juillet 2010


Communiqué du NPA. Sarkozy et Hortefeux : diversion politique et tentation xénophobe

30 juillet 2010

 

Comme à chaque fois que Sarkozy et son gouvernement rencontrent des difficultés pour imposer leur politique antisociale, ou lorsqu’il est nécessaire de faire oublier certains dossiers embarrassants comme les affaires Woerth et consorts, ils montent de toutes pièces une opération de diversion sur fond de surenchère sécuritaire et xénophobe.

Démantèlement des campements illégaux, reconduites à la frontière, coopération policière renforcée avec la Roumanie : cette fois-ci, Roms et gens de voyages sont les nouvelles cibles des gesticulations musclées de Nicolas Sarkozy et de son ministre Brice Hortefeux, condamné en première instance – ne l’oublions pas… – pour ses déclarations racistes.

Pour faire bonne mesure, le gouvernement parle aussi de développer les aires de repos pour populations nomades. Mais, à ce jour, il n’a jamais rien fait pour obliger les communes qui refusent de les aménager à se mettre en conformité avec la loi.

Il va également détacher dix inspecteurs du fisc pour contrôler… « la cylindrée de certains véhicules qui traînent les caravanes » ! Autant de fonctionnaires des impôts qui n’iront pas vérifier les opérations bancaires et immobilières des gros fraudeurs, comme Madame Bettencourt et les autres donateurs de l’UMP…

Cette offensive policière frappe non seulement les Roms mais également les squats et campements de sans logis et de mal logés, comme cela vient de se produire à La Courneuve notamment en Seine-Saint-Denis.

Le NPA dénonce cette opération indigne de stigmatisation ethnique de toute une population, et plus largement cette « guerre aux pauvres » engagée au nom de la lutte contre la délinquance, alors que le Gouvernement est incapable d’assurer le respect du droit au logement pour tous.

Le NPA appelle l’ensemble des forces politiques, syndicales et associatives à s’opposer à cette politique et à se mobiliser contre la perspective d’une répression accrue .

Montreuil, le 29 juillet 2010


Woerth, Sarkozy, Parisot : qu’ils s’en aillent tous et leur politique avec !

30 juillet 2010

 

La peur change parfois de camp. Sarkozy craint que son été pourri ne finisse en rentrée brûlante. La colère gronde face au chômage, aux reculs des droits sociaux, aux difficultés de la vie quotidienne, et le rejet de la réforme des retraites est massif.

Sarkozy ne sais plus que faire pour sortir de la situation délicate dans laquelle il se trouve. Les stratèges de l’Élysée se creusent la tête sans vraiment parvenir à trouver la solution. Le mondial de foot ? Une interview avec un journaliste vedette sur France 2 ? Une petite virée au Tour de France ? Raté, raté et encore raté. Les bleus sombrent, l’émission de Pujadas n’a pas permis de convaincre et la petite virée au Tour a tellement mal tourné pour Woerth que Sarkozy a fait preuve d’une grande prudence et d’une grande discrétion, loin de ses habitudes clinquantes.

Ce malaise et ces difficultés révèlent la profondeur de la coupure qui existe entre le peuple et les élites. Un fossé qui n’a cessé de se creuser au fil des annonces indécentes, de parachutes dorés en cigares de luxe, de voyages en jets privés en indemnités juteuses. La consanguinité avec la haute bourgeoisie fait évidence et le mythe de la République juste, équitable, du «travailler plus pour gagner plus» en prend un coup.

Prise de court, affaiblie, déligitimée, la Sarkozie en revient à ses fondamentaux, la politique sécuritaire. Jouer le racisme contre les Roms, tancer la «racaille», tout est bon pour allumer un contre-feu à cette situation explosive.

Pas sûr que cela fonctionne. Car le dossier des «violences urbaines» est avant tout un dossier social. Les riches coûtent cher. Tellement cher que l’on n’a plus rien pour financer les services publics, déployer une politique de rénovation et de développement du parc public de logements à la hauteur, faire vivre concrètement l’espoir d’un avenir digne pour des millions de jeunes. Comme l’énonçait Bertolt Brecht, «On dit d’un fleuve emportant tout qu’il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l’enserrent». La politique du patronat et du gouvernement sont violentes au quotidien pour la majorité de la population. Violents la police dans les quartiers, les contrôles au faciès, la répression du mouvement social. Violentes les mesures des patrons voyous qui licencient à tour de bras, ruinant des familles entières, ou pratiquant le chantage à l’emploi. Violente l’arrogance de ce personnel politique, de ces requins de la finance qui nous demandent de nous serrer la ceinture pendant qu’ils continuent de remplir leurs poches. Violente la loi sur les retraites qui va provoquer un nouvel affaissement des revenus des retraités actuels et futurs.

Cela suffit. Passons à la contre-offensive. La date du 7 septembre est le rendez-vous central de la rentrée, dans la rue et par la grève. C’est la meilleure réponse à ces pitoyables manœuvres et à l’hyper-austérité qui s’annonce. Il faut que cette date marque le coup d’envoi d’un bras de fer prolongé avec le pouvoir. C’est une occasion unique de défaire la droite sans attendre 2012. Partout où cela est possible, dans certains secteurs des services publics comme dans des boîtes du privé, il faut préparer les conditions de la reconduction de la grève.

Woerth, Sarkozy et le gouvernement de l’UMP sentent le moisi. Il faut les chasser, eux et leur politique avec. Ils veulent nous faire payer la crise du capitalisme. À nous d’ouvrir la crise politique.


Droite et pouvoir économique : une histoire vieille comme le capitalisme

27 juillet 2010

 

L’affaire Woerth-Bettencourt est devenue une véritable affaire d’Etat impliquant et compromettant l’ensemble du pouvoir et le parti à sa tête, l’UMP. Eric Woerth, soutenu par le président, contre-attaque et porte plainte pour diffamation. C’est son droit de justiciable. Mais il est évident que certains éléments semblent de plus en plus incontestables dans ce dossier.

C’est Eric Woerth, ex-ministre du budget et trésorier de l’UMP, qui organise en Suisse des soirées de collecte de fonds auprès de contribuables particulièrement fortunés, adeptes de la fraude fiscale…, contre laquelle le même Woerth fait mine, ensuite, de mener bataille. C’est l’embauche, par Liliane Bettencourt, de Florence Woerth, quand son mari est à la tête d’une administration qui, bouclier fiscal oblige, verse à l’employeur de sa femme un chèque de « remboursement » de 30 millions d’euros. C’est la possibilité pour la « troisième fortune de France » de frauder le fisc sans risques puisque, contrairement aux affirmations d’Eric Woerth et de ses soutiens, elle n’a fait l’objet d’aucun contrôle fiscal depuis 1995 ! C’est un couple généreux, les Bettencourt, distribuant des enveloppes à de nombreux politiciens (de droite). Il se dit même que Balladur et Sarkozy figuraient parmi les bénéficiaires attitrés…

Les rebondissements quasi quotidiens, dans cette affaire, illustrent une fois encore les liens troubles entretenus par les plus hauts responsables de l’Etat avec la haute bourgeoisie. En effet, au delà de l’indignation que suscite ce scandale, il révèle avant tout ce qui existe depuis fort longtemps : un personnel politique à droite au service du monde des affaires et des grandes fortunes. Ce n’est pas une nouveauté, depuis la constitution du comité des forges rassemblant en 1864 les patrons de la métallurgie, la classe possédante a toujours lié son sort au pouvoir politique qui la soutient sans faillir. La gauche institutionnelle, elle aussi, au contact du pouvoir, s’est laissée enivrer par les sphères de la finance. Il est monnaie courante également que des membres de cabinets ministériels après avoir servi au sein de ces derniers vendent leurs services aux conseils d’administrations des plus grandes entreprises. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, de cette complicité étroite entre, au fond, des gens du même monde. L’UMP sarkozyste n’a jamais caché ses liens avec Lagardère, Bouygues, Bolloré et bien d’autres. Les membres du gouvernement Fillon, le président de la République partagent les mêmes idées libérales, voire ultra-libérales des milieux d’affaires. Tous sont attachés à défendre le système capitaliste coûte que coûte et à faire payer la crise dudit système à la majorité de la population, en imposant leur plan d’austérité.

Le président a confirmé d’ailleurs cette politique le 12 juillet : rien ne changera dans sa politique, c’est la rigueur qui s’impose, sauf pour les plus nantis. Aussi, la stratégie de défense de l’état major UMP, Sarkozy en tête sur France 2 au journal du soir, concernant le ministre du travail et le dossier des retraites, serait risible si elle n’était pas avant tout déplacée : Eric Woerth serait victime d’un complot « médiatico-politique car porteur de la courageuse réforme des retraites » ! Voilà pourquoi il existerait un véritable acharnement sur sa personne !

UNE LARGE UNITÉ DE LA GAUCHE POUR SAUVER LA RETRAITE PAR RÉPARTITION

L’histoire ne nous dit pas encore si elle retiendra le nom d’Eric Woerth, comme celui d’un ministre mouillé dans un scandale illustrant une fois encore l’osmose entre la haute bourgeoisie et les hommes du pouvoir. Ou encore si elle retiendra le nom du ministre de Sarkozy comme celui qui s’est attaqué à une très grande conquête sociale, la retraite par répartition. Mais finalement il y a un rapport entre les deux car lorsqu’il défend les intérêts des grandes fortunes ou quand il s’attaque aux retraites, ce sont toujours les mêmes qui payent, les salariés, les classes populaires. Cela suffit largement pour exiger la démission d’un ministre qui ne peut se targuer que d’une seule légitimité, celle de démissionner au plus vite.

En réalité si elle s’impose, la contre-réforme Woerth-Sarkozy va créer une situation nouvelle pour une large frange de la population qui sera contrainte d’avoir recours aux assureurs privés pour pouvoir espérer compléter ses maigres pensions de retraite. Un cadeau de plus au fond aux amis, aux requins de la finance qui vont enfin pouvoir faire du profit à grande échelle avec l’argent des retraites. En somme, le gouvernement prétend sauver la retraite par répartition alors qu’il s’agit pour lui de la tuer. Cela suffit pour exiger le retrait de ce projet de loi. C’est sur ce point nodal que peut se faire l’unité la plus large de la gauche politique, syndicale et associative. Sur ce point peut se nouer le rapport de force et s’organiser le bras de fer avec le pouvoir. C’est possible car la population rejette majoritairement cette loi.

Il faut répondre massivement à l’appel pour le 7 septembre et faire de cette journée, une grande journée de grève et de mobilisation. Le 7 septembre doit servir de tremplin pour la construction d’un mouvement d’ensemble large et durable. Aussi est-il essentiel dans le cadre de sa préparation, partout où cela est possible, de poser la question de la reconduction de la grève et d’imposer celle-ci comme la seule voie efficace pour obtenir le retrait de ce projet scélérat. Quels que soient les points de vue des uns et des autres, le NPA défend toujours la retraite à 60 ans, à taux plein et le retour à 37,5 annuités pour tous et toutes.

Olivier Besancenot, porte-parole national du NPA, Myriam Martin, membre du comité exécutif du NPA

Article paru dans Le monde du 16 juillet 2010


Personnes âgées : le marché de la dépendance

26 juillet 2010

Après les retraites, de nouvelles attaques sont en préparation. Elles concerneront les personnes âgées dépendantes au profit des organismes privés. Lors de son entretien télévisé du 13 juillet, Sarkozy a annoncé le projet pour la fin de l’année et un rapport de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, présenté par Valérie Rosso-Debord (UMP), vient de sortir. Une raison de plus d’être en grève le 7 septembre.

Le gouvernement prévoit une attaque en profondeur contre les droits des personnes âgées dépendantes d’ici la fin de l’année. Actuellement, l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) dont le but est de payer des heures d’aides à domicile et en établissement est financée par les conseils généraux et les personnes âgées en fonction de leur degré de handicap et de leur revenu. Il y a presque 700 000 bénéficiaires. Le montant moyen restant à la charge des bénéficiaires les plus dépendants, payant le ticket modérateur, était, en juin 2009, de 257 euros pour une APA de 1 009 euros.

Les Établissements d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes (Ehpad) manquent cruellement de places et de personnels qualifiés et, pour des revenus modestes, leurs tarifs sont prohibitifs. Au motif que l’Etat n’a pas de moyens de financement, le projet gouvernemental est d’accentuer la participation financière des usagers, directement ou par le biais d’assurances privées ou encore par la reprise sur héritage à la mort du bénéficiaire, et de développer le marché concurrentiel privé des établissements et services. Le gouvernement envisage donc de rendre obligatoire, dès 50 ans, un contrat d’assurance privé contre le risque de dépendance. Par ailleurs, la CSG des retraités serait augmentée. Aujourd’hui, les petites retraites sont exonérées de CSG et pour les autres, le taux est réduit. Seuls les cas les plus lourds et les moins solvables resteraient à la « solidarité nationale ».

Le marché de la dépendance entre les mains du privé

Avec plus de 2 millions de contrats d’assurances dépendance, la France est déjà le deuxième marché derrière les États-Unis. En matière d’hébergement, Orpea, un groupe à dimension européenne coté en Bourse, en pointe avec Korian, une société d’établissements de soins, prévoit d’ouvrir 8 500 nouveaux lits dans les quatre ou cinq ans à venir. Selon un rapport patronal, la situation « offre de nombreuses opportunités : tirer profit de la distorsion entre l’offre et la demande, présenter une gamme complète de structures d’accueil en développant les services de maintien à domicile afin de générer des recettes supplémentaires, croissance externe en profitant de la fragilité financière des petites structures ». Pour celles-ci, les conseils généraux ne veulent plus payer les déficits, « leur productivité étant insuffisante ». Orpea a augmenté son chiffre d’affaires de 31,3% en 2007, 29% en 2008 et prévoyait, pour 2009, un bond en avant. Le groupe Malakoff Médéric Assurances vient de prendre une participation de 10% dans le capital social de Korian. On peut imaginer des contrats entre les assurances et «leur» entreprise d’hébergement. La boucle est bouclée, au détriment des personnes âgées dépendantes. Avec le vieillissement, le nombre de personnes dépendantes va aller croissant. Il y a donc là un marché juteux pour le privé.

Pour un service public en faveur des personnes âgées

Contre cette politique, le NPA propose un grand service public prenant en compte aussi bien le maintien à domicile lorsqu’il est compatible avec l’état de santé, que des foyers ou des Ehpad, en éliminant entièrement le secteur privé. Les aides seraient réalisées et coordonnées en fonction des besoins par un service public municipal. D’autres services, qui existent déjà dans certaines municipalités, devraient être généralisés : portage des repas, transports adaptés, télé-alarme gratuite… Ce secteur public prendrait en charge le recrutement des personnels avec une bonne qualification initiale et continue, bénéficiant de conditions de travail décentes, à commencer par des CDI à temps plein, prenant en compte les temps de déplacement pour les personnels intervenant à domicile, les dépenses d’investissement et de fonctionnement. Un plan d’urgence de construction de nouveaux établissements serait lancé.

Non à l’assurance privée, oui à la sécurité sociale !

Les aides doivent être prise en charge par la Sécurité sociale étendue, financée par les cotisations sociales payées par les seules entreprises et non par l’impôt national ou local. La Sécu, c’est une avancée vers le salaire socialisé qu’il faut défendre et étendre. On n’imagine pas que les familles ou les individus paient pour le traitement d’un cancer selon leur revenu. Pourquoi le feraient-ils pour la dépendance ?

Avec la réforme des retraites et celle du financement de la dépendance, Sarkozy s’acharne à détruire la protection sociale solidaire, pour le seul profit des requins du privé. L’affaire Woerth-Bettencourt nous rappelle combien la droite et les milieux des affaires sont imbriqués. Le personnel politique de droite est complètement dévoué aux intérêts des grandes fortunes et du privé, et, avec l’arrivée au pouvoir de Sarkozy, c’est Neuilly-sur-Seine qui est entrée à l’Elysée.

Nos papis et nos mamies valent mieux que leur profit. Tous et toutes en grève le 7 septembre pour faire reculer Sarkozy !


Roms : non à la stigmatisation !

22 juillet 2010

Après des incidents dans plusieurs villes, Sarkozy a annoncé la tenue d’une réunion sur les gens du voyage. Or, les Roms sont victimes d’une politique discriminatoire. Retour sur le 6 juillet, quand la police a fait irruption à 6 heures du matin dans le quartier du Hanul à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour expulser des habitants.

Ce mardi 6 juillet, la police a expulsé les habitants et leurs soutiens par la force et a immédiatement détruit le camp à l’aide de trois bulldozers. Les familles n’avaient jamais reçu de notification d’une décision judiciaire.

Le Hanul existait depuis dix ans et avait fait l’objet d’une convention avec la mairie, signée en 2003. La plupart des enfants étaient scolarisés dans les écoles du quartier. Les Dyonisiens du Hanul ont donc dû quitter précipitamment leurs habitations, n’ayant plus le temps de prendre leurs affaires. Mais faire disparaître les bidonvilles ne fait pas disparaître leurs habitants, condamnés à errer et à vivre dans une précarité encore plus grande. Depuis le mardi 6 juillet, les familles avec le collectif de soutien, dont le NPA fait partie, revendiquent un relogement immédiat auprès de la mairie de Saint-Denis, de Plaine Commune et de l’État.

L’État répond par le harcèlement policier et les opérations coup de poing : jeudi 8, treize fourgons de CRS et dix voitures de police ont été mobilisés pour déloger le « camp de réfugiés » que les familles et les soutiens avaient installé en centre-ville, soit une centaine de personnes. 24 soutiens ont été interpellés, dont un frappé, mis en garde à vue et inculpé, simplement parce qu’il prenait des photos de l’intervention policière.

La mairie a refusé tout soutien, sous prétexte de ne pas vouloir pérenniser les bidonvilles et de mettre l’État face à ses responsabilités. Elle cherche à établir un rapport de forces avec l’État pour qu’il prenne en charge l’accueil des Roms, mette fin au statut provisoire, en demandant une table ronde !

En expulsant le camp du Hanul, Lambert, le préfet du Raid de Seine-Saint-Denis, s’attaque à un symbole et envoie un signe fort pour l’été et les mois à venir : les Roms ne sont pas les bienvenus en France, ils sont bien les nouveaux parias et il faut les chasser. Le ministre Hortefeux s’est d’ailleurs félicité le 24 juin dernier à Bobigny de la destruction de 37 camps sur les 59 existant en Seine-Saint-Denis. Et il peut se le permettre puisque les autorités locales, sous prétexte de la non-intervention de l’État pour les soutenir, acceptent tacitement ces expulsions, voire les soutiennent activement.

Dans des logiques électoralistes, des maires surfent même sur la vague du racisme anti-Roms et ne se soucient pas du devenir de ces populations expulsées. Ils préfèrent qu’elles soient « gérées » par leurs collègues voisins. Et s’ils s’en soucient, c’est pour parquer les « bons » Roms dans des villages d’insertion. Ainsi, à Montreuil, l’un des terrains gérés par la municipalité est un camp sous surveillance : impossible d’entrer sans laissez-passer, seules les associations en charge officiellement de l’accompagnement peuvent entrer, les habitants du camp sont pointés du doigt par les Montreuillois, etc. Face à cette absence de mobilisation politique, le préfet peut poursuivre sa mission d’expulsion massive des campements, d’autant plus que Sarkozy rencontre souvent le président roumain Basescu, pour renforcer la répression anti-Roms : la levée du statut provisoire n’interviendra peut-être pas fin 2013.

Le NPA revendique :

– l’arrêt des expulsions de camps et des reconduites à la frontière ;

– la fin du statut provisoire des Roms (sur l’accès au droit au travail ;

– la scolarisation des enfants et l’accès aux soins ;

– l’entretien des terrains sur lesquels les Roms s’installent, en fournissant poubelles, eau et sanitaires.

Face à la multiplication des expulsions, une commission s’est créée avec des militants de la Seine-Saint-Denis. L’objectif est de créer un réseau d’alerte, d’information, et de contribuer à politiser la question de la situation des Roms, souvent traitée de façon humanitaire. Si vous souhaitez rejoindre le groupe, vous pouvez vous inscrire auprès de npa_romsenlutte@yahoo.fr.