Retraites. La campagne unitaire continue

 

C’est le 15 juin que le gouvernement devrait dévoiler l’essentiel du projet de loi promis sur les retraites. Mais c’est jour après jour qu’il distille des informations, tantôt confirmées, tantôt démenties. Parmi les orientations confirmées, le recul de l’âge de départ à la retraite (assorti du recul de l’âge du bénéfice du taux plein, pour celles et ceux, de plus en plus nombreux, qui ne justifient pas du nombre d’années de cotisation requis). Selon certains journaux bien introduits auprès du pouvoir, la taxation des revenus au-delà de 11 000 euros serait abandonnée. Si la discussion avec les syndicats est au point mort, les marchandages au sein de la classe dirigeante continuent : les mesures d’affichage pour faire croire à une « juste répartition des efforts » en feront-elles les frais ?

Lors du congrès de la CFDT, François Chérèque n’a pas caché (pour une fois !) l’inanité de la « concertation » avec le gouvernement. Interrogé par la presse, il a affirmé que la CFDT n’est pas « dans une posture de négociation de contreparties à une retraite qu’elle combat ». Une déclaration qui vient un peu tardivement, après que les journées d’action passées aient été placées sous le signe de la « pression » à mettre en oeuvre dans les discussions avec ce gouvernement ! Pourquoi avoir participé au « sommet social » et avoir contribué à laisser croire que de la discussion autour du tapis vert pouvait sortir des solutions favorables aux travailleurs ?

Aujourd’hui, il est clair que le gouvernement ne bougera que s’il est contraint par la grève et les manifestations. Il n’est pas trop tard pour organiser ce vaste mouvement social qui forcera Sarkozy à reculer.

Après avoir affirmé que la CFDT n’a « plus confiance » dans le gouvernement (sic), François Chérèque a précisé que, selon lui, « ce n’est pas la CFDT qui se radicalise, c’est le monde ». C’est probablement une façon de dire que la CFDT accompagne le rejet de la réforme, très majoritaire chez les ouvriers et les employés.

La CFDT prend-elle également en compte les doutes des travailleurs et de ses propres militants quant à l’efficacité de la stratégie syndicale ? Selon un sondage de BVA réalisé pour Canal +, les trois quarts des salariés pensent qu’une grève générale serait plus efficace que des manifestations à répétition pour faire céder le pouvoir. Moins de 20 % des salariés approuvent le scénario écrits de concert par Chérèque et Thibault. Voilà un sondage qui confirme bien ce que l’on entend de plus en plus dans les entreprises, auprès des travailleurs comme des équipes syndicales !

Avoir pleinement conscience que l’affrontement est inévitable si l’on veut échapper à un recul social considérable impose de réunir dès à présent les forces pour construite un mouvement social à la hauteur.

Pour cela, le NPA soutient la construction de comité unitaires pour la mobilisation, et participe à la tournée nationale de meeting sous l’égide de la Fondation Copernic et d’ATTAC qui ont réuni plusieurs organisations dans in front commun contre la réforme.

En menant cette campagne, il s’agit d’éviter le découragement, et de tracer une perspective de lutte claire : celle de la grève générale, tous secteurs d’activité confondus, jusqu’à faire reculer le pouvoir.

La semaine dernière, deux grands meetings étaient organisés, l’un à Marseille, le 7 juin, et l’autre à Lyon, le 10 juin. Compte rendus par l’AFP et le Progrès de Lyon.

Meeting unitaire de la gauche à Marseille pour défendre la retraite à 60 ans (AFP)

MARSEILLE — La gauche a tenu lundi soir à Marseille son deuxième « meeting unitaire », en présence notamment d’Olivier Besancenot (NPA) et de Marie-George Buffet (PG), pour défendre la retraite à soixante ans coûte que coûte quitte à « bloquer le pays ».

Une quinzaine de personnes, issues de partis politiques (PCF, Verts, NPA, PG), d’organisations syndicales (CGT, CFDT, FSU, Solidaires, Unsa, Unef) et d’associations citoyennes, se sont succédé à la tribune devant une salle comble rassemblant plusieurs centaines de militants (1.200, selon les organisateurs).

Déjà le 6 mai, les grands leaders de la gauche s’étaient réunis à Paris à l’initiative de la Fondation Copernic et de l’association Attac qui ont lancé début avril un appel actuellement signé par plus de 100.000 citoyens, selon le président de Copernic, Willy Pelletier.

« En faisant ces tribunes communes, on envoie deux messages », a lancé M. Besancenot. « Pour la gauche: maintenant les conneries, ça suffit, on y va ensemble pour défendre ce droit précieux de la retraite à 60 ans à taux plein. Et contre la droite: quand la gauche, toute la gauche, sociale et politique, parle d’une seule et même voix sans trembler, en parlant clairement, évidemment à droite on parle différemment ».

« C’est un mouvement d’ensemble dont on a besoin. Ensemble on peut faire des miracles, comme au moment du Contrat première embauche (CPE) », a martelé le porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste, en annonçant d’autres meetings à Lyon et Rouen.

La secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, a aussi appelé à « se mobiliser contre cette réforme idéologique », tout en tendant la main aux socialistes, représentés par l’ancienne ministre Marie-Noëlle Lienemann, qui anime le club Gauche Avenir au sein du PS.

Après la journée d’action prévue le 24 juin, « il faudra continuer le combat à la rentrée », a-t-elle prévenu, à l’unisson de plusieurs intervenants qui ont menacé d' »un mouvement de grève générale ».

« Nous avons le devoir d’être en colère, nous allons imposer à Sarkozy d’être entendus, et s’il faut pour bloquer la réforme, bloquer le pays, nous le bloquerons et nous irons jusqu’au bout », a assuré M. Pelletier.

Maintien de la retraite à soixante ans : du monde hier soir à la Mutualité (Le Progrès)

Le grand meeting unitaire organisé hier soir au palais de la Mutualité, sur la base de l’appel lancé par Attac et la Fondation Copernic, pour le maintien de la retraite à soixante ans, a attiré du monde, beaucoup de monde. Suffisamment, en tout cas, pour remplir la salle et pour que les organisateurs soient dans l’obligation d’en refuser l’accès aux retardataires, faute de place et pour d’évidentes raisons de sécurité.

Un succès, donc. De ceux qui ne peuvent que renforcer la détermination de la plupart des organisations présentes qu’elles soient syndicales (FSU, Solidaires, Unef) ou politiques (PS, PCF, Verts, NPA, Parti de gauche, etc.) à s’opposer aux projets du gouvernement en usant de la mobilisation populaire. Ce qui a été rappelé par la plupart des orateurs présents, Alain Lipietz (Verts) ou Pierre Laurent (PCF), notamment. « Cette campagne est en train de prendre », a d’ailleurs constaté à la tribune Olivier Besancenot (NPA), avant d’ajouter : « Pour la gauche il est nécessaire de se rassembler, au-delà des désaccords, sur cette question de la retraite qui fait partie de l’héritage du mouvement ouvrier. Elle doit parler d’une seule voix et sans tergiversations ». Et le jeune leader du NPA – excellent en chauffeur de salle – de souhaiter que ce mouvement prenne l’ampleur de « la mobilisation qui avait fait échec au CPE ».

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