Victimes, par Michel Warchawski

 

Alors que le monde entier est encore sous le choc des (rares) images de l’arraisonnage sanglant du Marmara, le peuple israélien, dans sa grande majorité, se sent une fois de plus victime. Victime de l’antisémitisme mondial, victime de la haine d’Israël, victime des circonstances, victime de la malchance.

Victime et donc aussi brutal et agressif envers les quelques milliers de Juifs israéliens qui refusent de se joindre à l’hystérie collective et au sentiment victimaire : sur la plage d’Ashdod, où nous attendions les navires capturés par l’héroïque marine israélienne, nous avons dû nous replier devant la violence des habitants et, quelques heures plus tard, à Jerusalem où les passants ont tenté, à plusieurs occasions, de s’en prendre aux quelque quatre cents manifestants venus exprimer leur rage contre ce qu’on peut légitimement appeler un massacre prémédité. À Tel Aviv, par contre, un millier de manifestants ont pu protester dans le calme.

Comme c’est le cas chaque fois que l’État hébreu se piège et provoque l’ire internationale, la population fait front et s’aligne derrière ses dirigeants : comme le dit la chanson, « le monde entier est contre nous, c’est pas grave, on fera front ». Si les médias expriment des critiques, celles-ci sont essentiellement opérationnelles : le manque de préparation des soldats, l’équipement mal adapté à la mission etc. D’autant plus qu’il s’agit de l’unité d’élite numéro un de l’armée israélienne qu’Ehud Barak – toujours lui – envoie contre quelques centaines de civils non armés. Et les Rambos de Barak de se faire proprement rosser, en particulier par les nombreux Turcs qui se trouvent sur le pont.

Sur le fond, très peu de critiques : Israël, disent-ils en substance, avait le droit, voire le devoir d’empêcher cette violation de sa souveraineté, feignant d’oublier que Gaza n’est pas sous souveraineté israélienne, mais un territoire à la fois occupé et sous blocus. C’est d’ailleurs un des effets positifs de l’opération Free Gaza et de son dénouement tragique que de rappeler au monde entier que le million et demi d’habitants de Gaza sont les victimes innocentes d’un blocus qui dure maintenant depuis quatre ans, ce que n’a pas manqué de rappeler Catherine Ashton au nom de l’Union européenne.

Il reste à voir ce que l’Union européenne est prête à faire pour traduire ses positions de principe en actes et en pressions sur le gouvernement israélien.

La récente entrée d’Israël dans l’OCDE semble indiquer que dans le monde des actes, c’est plutôt le soutien à l’État criminel israélien qui est de mise, d’où l’importance accrue de la campagne civile internationale pour le boycott, le désinvestissement et des sanctions envers Israël (BDS).

Le dénouement sanglant de l’opération porte le sceau du ministre de la Défense, tueur en série de la classe politique israélienne, celui-là même qui, comme Premier ministre, avait été responsable du massacre d’octobre 2000. Ehud Barak doit être persona non grata sur le continent européen, et dans les pays où la compétence universelle est appliquée, traduit en justice dès qu’il met ses pieds sur le sol national. Cet abject personnage doit être mis au ban de tout ce qui se prétend être civilisé, parce qu’il représente un danger public au niveau planétaire.

De jérusalem, le 2 juin 2010

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