Retraites : continuons le combat

 

Au lendemain des manifestations du 27 mai, le gouvernement a confirmé son intention de liquider la retraite à 60 ans. Les journées d’action pour faire pression sur le gouvernement ne suffiront pas pour le faire changer d’avis.

Il y avait plus de monde dans la rue le 27 mai que le 23 mars. Les sondages d’opinion confirment aussi que la campagne d’affolement pilotée par le gouvernement ne modifie pas l’état d’esprit de l’opinion, largement opposée à l’allongement de la durée de cotisation et au report de l’âge légal du départ en retraite. Mais ce rejet, très majoritaire chez les employés et les ouvriers, a du mal à se transformer en mobilisation dans la rue. C’est que la stratégie des directions syndicales ne convainc pas. Comment espérer encore « faire pression » sur les choix du gouvernement – comme l’espèrent CFDT et CGT réunies – alors que celui-ci, lorsqu’il dévoile – avec une certaine prudence – le contenu du futur projet de loi, confirme au contraire ce que toutes les organisations syndicales rejettent : le report de l’âge légal du départ de 60 ans à 61, 62 ou 63 ans ? Eric Woerth a annoncé par ailleurs le recul de l’âge légal pour bénéficier de la retraite à temps plein (65 ans aujourd’hui, combien demain ?), ce qui pénalisera tous les retraités qui n’auront pas le nombre d’annuités requis au moment de leur départ à la retraite. L’évidence est que l’affrontement avec ce gouvernement est inévitable pour peu que l’on veuille vraiment conserver les acquis, et a fortiori, revenir sur les contre-réformes de 1993 et de 2003 qui ont constitué la première étape de la liquidation dans les faits du système des retraites par répartition.

Ce choc inévitable avec les classes possédantes est une donnée générale de la situation en Europe. Partout, l’aggravation des politiques d’austérité place le mouvement ouvrier devant une alternative : soit relever le défi, préparer des grèves générales pour mettre en cause les pouvoirs eux-mêmes, soit être écrasé peut-être pour longtemps.

Pour construire cette mobilisation, la convergence de toutes les forces disponibles est indispensable. Constituer de réels comités de mobilisation, avec les organisations réunis dans un soutien commun à l’appel ATTAC-Copernic, avec les militants qui n’acceptent pas l’attentisme des confédérations syndicales, devient une urgence.

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