Les « marchés » veulent que les Etats accélèrent les politiques d’austérité

 

Mardi 11 mai, le journal Le Monde titrait  : « la BCE fait le bonheur des Bourses et des banques ».  Des Bourses et des banques qui réclament déjà plus.

Inquiets un jour, euphoriques le lendemain, exigeants sur le surlendemain. Il y a une semaine, les financiers se faisaient du mouron pour les créances d’Etats en difficulté financière qu’ils détiennent dans leur portefeuille. Et si ces Etats faisaient banqueroute, quelles seraient les pertes à subir par les créanciers, c’est-à-dire par eux-mêmes ? Ces financiers sont les Fonds de placement financiers, « hedge funds », gérants d’actifs et fonds de pension (ils détiennent 58 % des titres de la dette grecque) et les banques et compagnies d’assurance (45 % de la dette grecque, dont, en France, la Société Générale, BNP Parisbas, Axa, le Crédit Agricole, etc…).

Les 750 milliards promis par l’Europe et le FMI pour « venir en aide » aux pays en difficulté, si nécessaire, leur ont redonné le moral, d’autant que la BCE promettait de racheter leurs créances « pourries », celles pour lesquelles les remboursements, de la Grèce ou d’autres pays, semblent le plus compromis. Comment résister devant de tels cadeaux ? Les détenteurs de capitaux se sont précipités sur les actions bancaires, faisant exploser le cours des actions (+ 23,9 % en une seule journée pour la Société Générale…), anticipant le versement de dividendes juteux sur le dos des populations des Etats endettés.

Après cette euphorie, il est temps de présenter de nouvelles exigences. Le Monde cite Thorsten Polleit, « chef économiste » (sic) de Barclays Capital en Allemagne : « L’urgence aujourd’hui, pour la zone euro, c’est d’annoncer une stratégie crédible de réduction des déficits. Si la pression des marchés est devenue si forte, si les investisseurs perdent confiance, c’est précisément parce qu’un tel concept n’existe pas. Il est temps de le formuler (…). Les décisions sont du ressort de chaque gouvernement, au niveau national. Il faut voir comment couper dans les dépenses, réduire les déficits le plus rapidement possible, graver ces objectifs dans le marbre comme nous l’avons fait en Allemagne en inscrivant un mécanisme de « frein à la dette » dans notre Constitution… On doit se rappeler qu’à l’origine, si le pacte de stabilité avait été respecté à la lettre, on n’en serait pas là. » Le Monde cite également Hideaki Inoue, économiste à la Mitsubishi UFJ-Trust and Banking Corp, pour qui « les inquiétudes demeurent » :  « La question est de savoir si les gouvernement (des Etats européens qui sont endettés) peuvent faire passer des mesures d’austérité ».

Après le gouvernement Grec, qui vient de faire voter le passage de l’âge de départ à la retraite à 65 ans, après Sarkozy et Fillon, qui ont décrété la « rigueur budgétaire », avec des économies annoncées lors du « sommet social », c’est au tour du gouvernement espagnol d’obtempérer. Il annonce la baisse des salaires de 5% des fonctionnaires, la non revalorisation de certaines retraites et la suppression d’une prime de naissance.

On remarquera que ces gouvernements sont tantôt de droite tantôt de gauche. La social-démocratie européenne est engagée, autant que la droite libérale, dans l’opération de restauration des profits capitalistes, en faisant payer la crise et les déficits des Etats par les populations.

En première ligne dans cette guerre sociale, les travailleurs grecs ripostent en multipliant grèves et manifestations.

En France, le 27 mai doit être l’occasion d’exprimer notre refus de payer la crise.

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