Le scénario 45-63-68

 

45 années de cotisation, 63 ans pour l’age du départ à la retraite, 68 ans pour bénéficier du taux plein quand on n’a pas travaillé pendant 45 ans : c’est le scénario 45-63-68 testé par le Conseil d’orientation des retraites (COR). Verdict rendu mardi 11 mai.

Le jeu du chat et la souris continue. « Sommet social », réunions et chiffrages du COR, campagne médiatique alimentent le faux débat sur le financement des retraites. Après la publication de chiffres qui se voulaient catastrophiques, il y a quelque semaines, c’est le scénario 45-63-68 qui a retenu l’attention du COR. Selon cet organisme censé « expertiser » le dossier des retraites en toute indépendance, la combinaison du recul de l’âge du départ à la retraite et de l’augmentation des annuités de cotisation ne règlerait que la moitié du « problème » puisqu’il ne diminuerait que par deux les besoins de financement sur la période 2030 à 2050.

Le COR cherche désespérément des solutions à un « problème » dont l’énoncé n’est pas mis en cause. Comment en effet financer les retraites sans remettre en cause la répartition des richesses éhontée où une minorité de privilégiés accaparent une part croissante au détriment des travailleurs, privant du même coup les organismes de protection sociale des ressources nécessaires puisque les cotisations sont assises sur les salaires ? Que l’on teste l’augmentation des salaires de 300 euros, la création de millions d’emplois nouveaux, grâce à la réduction du temps de travail, l’augmentation du taux de cotisation patronale : on s’apercevra que le financement des retraites est assuré, avec un départ à 60 ans à taux plein (55 ans pour les métiers les plus pénibles), avec au maximum 37,5 années de cotisation et, au minimum, 75% du salaire brut d’activité et 1500 euros.

La démonstration du COR sur le 45-63-68 prépare peut-être une deuxième étape dans la campagne du MEDEF et du gouvernement. Après avoir tenté d’affoler la population avec les soi-disant déficits colossaux des retraites, il restait à démontrer qu’il n’y a pas de solution… hors d’un changement total de logique, c’est-à-dire sans le passage à un régime fondé sur la capitalisation et les fonds de pension.

Notre conclusion est inverse : il n’y a pas de solution sans une nouvelle répartition des richesses, sans prendre sur les profits. Seule notre mobilisation peut imposer cette solution.

Malgré le pilonnage médiatique, l’instrumentalisation des difficultés en Grèce et de la crise financière en Europe, l’opinion n’est pas résignée. Selon le sondage réalisé par l’institut Viavoice paru dans Libération, 63% des sondés se disent toujours attachés à un maintien de l’âge légal de la retraite à 60 ans. La moitié approuve « l’augmentation des prélèvements sur les revenus du capital». Une moitié également pense possible un grand mouvement social comme celui de novembre et décembre 1995. Sarkozy n’est pas au bout de ses peines…

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