750 milliards d’euros

 

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne, avec le FMI, ont promis de mettre 750 milliards d’euros sur la table pour aider les membres de l’UE les plus endettés à faire face au paiement de leur dette. De quoi rendre euphoriques les marchés financiers.

Avec le désastre financier de la Grèce, les banques commençaient à s’inquiéter : les pays endettés allaient-ils continuer à rembourser leur dette ? En d’autres termes : pourraient-elles continuer à encaisser les intérêts de la dette, au prix d’une austérité renforcée à faire supporter aux populations ?

Le plan de garantie de l’Union européenne veut les rassurer. Les Etats, avec le concours de la Banque centrale européenne et du FMI, mettront ce qu’il faut sur la table. D’une part la Commission pourra emprunter jusqu’à 60 milliards pour les prêter aux Etats non membres de la zone euro. D’autre part, un fonds intergouvernemental, garanti à hauteur de 440 milliards d’euros, pourra lui aussi prêter aux Etats dans le besoin, en échange de la mise en œuvre de politiques internes d’austérité. Le FMI rajoutera 250 milliards. Des milliards empruntés aux banques, avec une garantie étatique de remboursement. Enfin, la BCE pourra racheter aux banques les obligations qu’elles détiennent d’Etats « fragilisés » (les banques françaises détiennent 80 % de la dette grecque). C’est comme si les Etats se proposaient de débarrasser les banques privées de leurs créances douteuses. Du coup, devant tant de promesses de profits sans risque, la cote des banques explose dans toutes les bourses du monde, avec la perspective de dividendes en croissance pour les détenteurs d’actions bancaires.

Tout ce montage n’a de sens que s’il s’accompagne d’une politique d’austérité pour les populations. C’est en fait à un vaste transfert de richesse des travailleurs vers les banques, les actionnaires et les profiteurs de tout poil que l’on assiste. Les revenus financiers « garantis » pour les uns, c’est des licenciements en plus, des salaires et des budgets sociaux en baisse. Le plan de l’union européenne est un vaste hold-up contre les peuples.

C’est aussi une voie sans issue : en accentuant l’austérité, les gouvernement accumulent les risques de dépression économique et de baisse des rentrées fiscales, principale source des déficits publics.

Décidément, le capitalisme, c’est la crise sans fin.

Publicités

Commentaires fermés

%d blogueurs aiment cette page :