Retraites : des chiffres effrayants ?

 

Le Comité d’orientation des retraites a chiffré le besoin de financement des caisses de retraites. Des prévisions aléatoires que le gouvernement veut utiliser pour effrayer et faire passer les mesures impopulaires qu’il prépare.

Certains medias se sont relayés pour faire passer un message en boucle : rien ne va plus, les retraites ne sont pas financées, il faut une réforme, et « il faudra bien travailler plus ». La ficelle est grosse ! En effet, le COR évalue le besoin de financement à 115 milliards au plus en 2050, soit 3 % du PIB de 2050 (avec une hypothèse d’un taux de chômage à 7 %), voire à 100 ou 70 milliards avec des hypothèses plus favorables. Le nombre de retraités augmente et la durée de versement d’une pension aussi. Il est donc logique que la masse des pensions augmente aussi. La question est de savoir où trouver les ressources supplémentaires nécessaires, si l’on pense qu’il faut maintenir la retraite à 60 ans et le niveau des pensions, voire revenir sur les contre-réformes de 1993 et de 2003, comme le NPA le demande. Or, le COR fait l’hypothèse que le PIB (la richesse totale produite) aura doublé d’ici 2050, passant de 1 900 milliards aujourd’hui à 3 800 milliards en 2050, grâce à une augmentation de la productivité de 1,5 % par an. Pourquoi serait-il impossible de prélever 115 milliards (moins en cas de suppression du chômage) sur les 1 900 milliards de richesses supplémentaires ? Cela le COR ne l’explique pas, encore moins les faux experts et les ministres !

La vérité est que les richesses produites par les actifs (qui, en nombre, resteront stables) permettent largement de financer des retraites à taux plein à partir de 60 ans, égales au moins à 1500 euros par mois et à 75 % du salaire brut d’activité, à la condition expresse que le surplus annuel de richesse ne soit pas accaparé par une minorité de privilégié, les actionnaires des grands groupes capitalistes.

En trente ans, le poids des dividendes versés à ces actionnaires a explosé : il est passé de 3,2 % en 1982 à 8,5 % aujourd’hui. La part des salaires dans le PIB a fondu. En faisant le chemin inverse, en récupérant pour les retraites la richesse confisquée par les actionnaires, on trouve sans problème les ressources supplémentaires pour financer les retraites.

C’est ce qu’il faut obtenir, par notre mobilisation.

Les moyens sont multiples : augmenter les salaires directes et les cotisations patronales, augmenter le nombre de personnes en emploi pour augmenter les cotisants (il y a cinq millions de personnes privées d’emploi ou en sous-emploi) en interdisant les licenciements, réduisant la durée du travail, créant des emplois publics utiles.

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