Valeo, Panavi : encore des licenciements dans l’agglomération de Caen

 

Après 115 licenciements en 2009, une nouvelle charrette est en préparation sur l’établissement Valeo de mondeville. A Panavi (boulangerie industrielle), c’est la fermeture du site de Mondeville qui est programmée, avec une centaine d’emplois supprimés à la clé.

La restructuration permanente se poursuit chez Valeo. Après 5 000 suppressions d’emplois à travers le monde en 2009 (dont 1 600 en France et 115 à Mondeville), le groupe a annoncé une rallonge de 600 licenciements supplémentaires en 2010, quelques jours seulement après avoir rendu publics les résultats du quatrième trimestre 2009.

Ces résultats indiquaient pourtant le retour triomphal à des taux de profits élévés, conséquence directe des licenciements, c’est-à-dire du coût du travail :

– croissance du chiffre d’affaires de 21% ;

– taux de marge brute à 17,7% du chiffre d’affaires et taux de marge opérationnelle à 5,5% du chiffre d’affaires, taux les plus élevés enregistrés sur les 5 dernières années ;

– résultat net positif de 56 millions d’euros, ce qui ramène le résultat net 2009 part du groupe à une perte de 153 millions d’euros ;

– renforcement au 4ème trimestre de la génération de cash flow libre positif à 153 millions d’euros ;

– baisse de l’endettement financier net de 95 millions d’euros au 4ème trimestre à 722 millions d’euros au 31 décembre 2009.

Mais c’est encore trop peu pour les actionnaires. « L’objectif de Valeo, selon le groupe, est de réaliser, d’ici 2013, une des meilleures performances du secteur en terme de retour sur capitaux employés. Avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 10 milliards d’euro en 2013 et un taux de marge opérationnelle de 6 à 7 %, le ROCE du Groupe devrait ainsi être proche de 30 %. »

Six cent suppressions d’emploi supplémentaires sont donc programmées pour atteindre cet objectif de rentabilité du capital, réparties pour moitié en France et pour moitié dans les autres implantations du groupe. L’usine de Mondeville « paierait » sa contribution : encore 15 emplois supprimés !

Rappelons que Valeo a été l’un des principaux bénéficiaires du Fonds stratégique d’investissement pour la filière automobile mis en place par l’Etat en 2009, en se voyant doté de 19 millions d’euros d’aides publiques. Les aides publiques ne sont rien d’autre que des aides à la restructuration et à la destruction des emplois !

L’établissement de Mondeville de Panavi (un millier de salarié dont une centaine à Mondeville), spécialisé dans la fabrication industrielle de boulangerie surgelée, est quant à lui promis à la fermeture. Panavi a été racheté en juin 2008 par le groupe belge Vandemoortele. En s’appropriant les marchés de Panavi, le groupe belge s’assurait une forte croissance sur les marchés français et européens. Après avoir racheté Panavi, le groupe a lancé un plan de restructuration pour accroître la productivité. D’un côté, liquidation des usines considérées comme les moins rentables (Mondeville…), de l’autre construction d’usines neuves, comme à Arras (construction d’une usine du groupe CroustiFrance, autre filiale de Vandemoortele) : une usine utltra moderne, largement automatisée et employant peu de personnels. Une stratégie sans risque pour les actionnaires, qui considèrent que le marché s’accroît de 5 à 7% par an, mais payée par les salariés à coup de suppressions d’emplois. Pour fermer l’usine de Mondeville (une centaine d’emplois), la direction de Panavi invoque la crise, qui a bon dos, et le coût excessif d’une mise aux normes dans la chaîne du froid. Pourtant, il y a un an, le groupe a bien trouvé 25 millions pour financer la construction de l’usine neuve d’Arras. La vérité est que cette restructuration a pour but d’accroîte la rentabilité globale du groupe, sur le dos des travailleurs. La direction de Panavi promet des « reclassements » dans les autres usines du groupe. Les profits engrangés année après année devraient au contraire servir à assurer la mise aux normes de l’usine de Mondeville et à maintenir l’emploi. Mais seule la lutte des salariés de Mondeville permettra d’atteindre cet objectif.

A Valeo comme chez Panavi, la loi des actionnaires s’applique impitoyablement : restructurer pour faire toutjours plus de profits. Plus que jamais, il faut imposer une autre loi : une loi interdisant les licenciements et autorisant la réquisition des entreprises qui ferment ou qui licencient.

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