Retraites : le gouvernement prépare sa réforme, préparons la mobilisation pour le mettre en échec

 

Le gouvernement lance la « concertation » sur la « réforme » des retraites le 12 avril. Le 14 avril, le Conseil d’orientation sur des retraites produira un rapport. Les échéances se rapprochent. Après la mobilisation réussie du 23 mars, c’est à une épreuve de force qu’il faut se préparer.

Pas très rassuré, le gouvernement. Après la débâcle électorale de la droite, il est loin d’être acquis que la réforme promise passera sans difficulté pour ses promoteurs, c’est-à-dire le gouvernement Sarkozy-Fillon.

Eric Woerth, le nouveau ministre du travail et de la fonction publique à qui Sarkozy a confié la mission de mener à bien la casse du système de retraites par répartition, marche sur des oeufs. Il propose de commencer la « concertation » par des rencontres bilatérales avec les syndicats. En douceur…

Les derniers débats au sein du Conseil d’orientation des retraites, censés permettre d’aller vers un « consensus social », laissent entrevoir l’ampleur des reculs en préparation. Selon certains medias, les experts du COR travailleraient en effet sur diverses hypothèses, dont celle du relèvement à 65 ans de l’âge d’ouverture des droits et le passage à 70 ans du seuil ouvrant droit à une retraite à taux plein. Une véritable provocation, le MEDEF s’étant par ailleurs empressé d’affirmer qu’il n’y était pour rien ! Côté fonctionnaires, les medias rapportent aussi que plusieurs hypothèses sont examinées au gouvernement : passage des six derniers mois aux dix (ou vingt) meilleures années pour la période du traitement de référence pour le calcul de la pension, augmentation de la cotisation salariale (ce qui équivaut à la baisse du salaire net des fonctionnaires). Certaines de ces informations sont sans doute distillées pour habituer l’opinion à l’idée d’un recul « inévitable » des droits.

Or, selon les derniers sondages (IFOP pour Ouest-France…), l’attachement au régime actuel reste fort. 93% des personnes sondées se déclarent défavorables à une diminution du niveau des retraites. 67% sont opposés au recul de l’âge de la retraite au-delà de 60 ans. 62% sont contre l’allongement de la durée de cotisation. Face à la question du financement, 74% sont opposés à l’augmentation des cotisations, 52% rejettent les fonds de pension. Bref, il existe la possibilité de construire un fort mouvement de rejet de la réforme du gouvernement, largement majoritaire. Il est possible aussi de faire partager les vraies solutions, conformes aux intérêts de l’écrasante majorité de la population. Il faut donc rappeler sans relâche qu’une augmentation de 300 euros pour tous les salariés représenterait 31 milliards d’euros pour les retraites, 100 000 chômeurs de moins ce serait 1,3 milliard de cotisations en supplément et 1 % de cotisation patronale sur l’ensemble du salaire rapporterait 4,9 milliards. Les richesses existent, il faut les répartir autrement : moins pour les profits, et plus pour les salaires, et donc plus pour les caisses de retraite.

Réunies fin mars, CGT, CFDT, UNSA, FSU et Solidaires se sont contentées d’annoncer qu’elles « interpelleraient » le gouvernement le 20 avril par un texte commun et qu’elles organiseraient ce jour-là des initiatives locales, avant un « grand 1er Mai revendicatif ». Un remake de 2009, ou après les manifestations de janvier et mars, les syndicats nous avaient promenés de journée d’action en journée d’action ? Non, merci ! C’est un « tous ensemble » prolongé qu’il faut préparer, pour obtenir le retrait des projets actuels, le maintien des 60 ans et le retour aux 37,5 annuités, et une nouvelle répartition des richesses pour assurer le financement. Les actions locales et la préparation du 1er Mai doivent conduire à rassembler les travailleurs, les équipes syndicales, le largement possible, pour préparer ce mouvement reconductible.

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