Conseil régional de Basse-Normandie : un air de déjà vu

 

Sans surprise, Laurent Beauvais a été réélu président du conseil régional de Basse-Normandie. L’équipe de direction de la Région a été reconduite.

Les élections passées, les alliances se renouent. « L’union de la gauche » régionale, du PS, du PCF, des Verts et du PRG s’impose à nouveau. Côté PCF, la ligne était claire : reconduire les élus et la participation à la gestion régionale. Mission accomplie pour les responsables régionaux du PCF, qui n’avaient pas crû devoir passer par la case « front de gauche ». Des responsables cependant fortement contestés par les militants qui ont du mal à accepter l’effacement de leur parti devant le PS. Côté Verts, le premier tour des élections n’aura été qu’une parenthèse. Retour aux choses sérieuses, la gestion avec le PS. Les partisans du nucléaire peuvent être satisfaits : dans l’équipe régionale, les élu-e-s Verts ne constituent pas un frein à la transformation de la Région en poubelle nucléaire. Droite et gauche prônent même ensemble un développement régional largement fondé sur la filière nucléaire, avec le soutien tacite des Verts. Il manquera aussi au Conseil régional des élu-e-s capables de s’opposer fermement au projet de Ligne à grande vitesse, projet budgétivore et énergétivore inutile. Solidarité de gestion oblige, Verts et PCF s’engagent donc avec Laurent Beauvais à mettre en oeuvre une politique régionale dans la stricte continuité des années 2004-2010 : subventions aux patronat, développement de l’apprentissage contre l’éducation nationale, distribution des aides européennes dans la logique de compétition entre territoires, subventions aux « pôles de compétitivité ».

Le plus souvent séparées au premier tour, les trois composantes de la nouvelle union de la gauche en formation se sont retrouvées dans presque toutes les régions dès le second tour, à l’image de la Basse-Normandie. Le « troisième tour », celui où se nouent les accords de gestion pour quatre ans, est plus discret. Pour le PCF et les Verts, après l’indépendance feinte du premier tour, c’est le retour au bercail de la gestion avec le PS, sous la direction du PS. C’est aussi la préparation de 2012, avec la distribution des places en perspective. Dans cette mécanique, un grain de sable : la non-participation de la plupart des élu-e-s du Parti de gauche aux gouvernements des régions constitués par le PS, le PCF et les Verts. A peine élus, ils se séparent ainsi de leurs partenaires du PCF dans le Front de gauche. Soutien sans participation, ou véritable opposition aux gestions social-écolo-libérales reconduites ? L’avenir le dira.

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