Samedi 1er Mai : tous et toutes dans la rue !

29 avril 2010

 

Caen : 10h30 place Saint-Pierre, Lisieux : 10h place Mitterrand, Vire : 10h30 Porte Horloge,
Bayeux : 9h30 place Saint-Patrice

PRENDRE SUR LES PROFITS POUR PROFITER DE NOS RETRAITES !

L’actualité économique est marquée par une Grèce de plus en plus à la dérive dont le gouvernement appelle à l’aide pour sauver le pays de la faillite. En fait, à une cure d’austérité sévère qui a provoqué la colère d’une partie des salariés du public, fera suite … une nouvelle cure d’austérité prônée par le directeur du FMI, le socialiste Dominique Strauss-Kahn (préconisant « une baisse générale des salaires ») et par la chancelière allemande de droite, Angela Merkel (exigeant « un plan d’économies crédibles »). Le pays s’est engagé donc à des « réformes structurelles » douloureuses touchant en particulier le droit du travail et les retraites.

Les retraites en France

Mais la Grèce n’est pas un pays à part. La cure d’amaigrissement que doit supporter le monde du travail grec peut être appliquée très rapidement à d’autres pays. En France le pouvoir Sarkozy n’est pas en reste, sur les retraites en particulier. La dernière trouvaille en date : le gouvernement réfléchirait à « une astuce », dans le cadre de la soi-disant réforme des retraites. Les salariés pourraient, s’ils le souhaitent, continuer de partir à 60 ans, mais leur pension serait amputée, même s’ils ont acquis tous leur trimestres, avec la mise en place d’une décote liée à l ‘âge. L’offensive patronale et gouvernementale se poursuit donc, sans cesse relayée dans les médias par l’idée que les retraites c’est un problème démographique, et qu’il faut travailler plus longtemps, idée partagée par ailleurs par certains dirigeants du PS.

De l’argent, il y en a !

Mais encore une fois il faut l’affirmer haut et fort : les retraites c’est avant tout une question de répartition des richesses et du travail.

Il est inacceptable qu’une écrasante majorité de la population – les salariés d’aujourd’hui comme de demain – soit amenée à travailler plus pour gagner moins à la retraite alors qu’une poignée de grands patrons bénéficient de « retraites chapeaux ». Des prestations faiblement soumises à l’impôt, des millions d’euros versés à des dirigeants qui touchent ainsi, pour certains d’entre eux, 400 fois le minimum vieillesse !

Il est indécent que 40 dirigeants des plus grosses sociétés cotées en bourse, aient pu toucher pour 2009, 79,5 millions d’euros pour 2009 (soit 3 millions d’euros de progression par rapport à 2008, merci la crise), alors que les mêmes exigent pour la majorité de la population de se serrer la ceinture tous les mois.

Premier mai, début de la riposte

La défense du système des retraites et le refus d’un recul social généralisé sont à l’honneur pour ce Premier mai. C’est l’occasion d’exiger, pour tous et toutes, une retraite à taux plein, à 1500 euros net minimum, à 60 ans.

Mais ce n’est que le début d’un affrontement qui sera rude. Partout nous devons multiplier les cadres collectifs de débats et d’action pour sauver nos retraites. Il n’y a pas d’alternatives possibles : il faut combattre et battre ce pouvoir réactionnaire et illégitime.

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Comment Goldman Sachs a arnaqué la Grèce

28 avril 2010

 

Goldman Sach, une des plus grandes banques de Wall Street, dont les dirigeants sont auditionnés par une commission du Sénat américain, et la Grèce, en pleine tourmente financière, font la « une » dans les medias. La banque est accusée d’avoir vendu des produits financiers « pourris » en toute connaissance de cause. Elle est mouillée aussi dans la dégradation des comptes publics de la Grèce. Retour sur une arnaque.

Depuis début 2010, la Grèce fait la une des journaux. Le pays serait en faillite, les grecs doivent faire une cure d’austérité. Travailler plus pour moins de retraite et de services publics.

Mais qu’à donc fait le peuple grec pour mériter cela ? Le peuple, pas grand chose, mais les gouvernements successifs beaucoup. Et avec l’aide de Goldman Sachs et de Wall Street.

Donc en 2000-2001, la Grèce se débat avec ses finances pour pouvoir entrer dans le cercle très fermé des pays adoptant l’euro. Dette hors critère et déficit du budget de l’État aux limites. Mais finalement, la Grèce fera partie des pays de lancement de la monnaie européenne.

Comment y-est-elle parvenu?

Retraçons l’enchainement des faits. Au pouvoir de 1996 à 2004, Kostas Simitis du Pasok négocia durement l’adhésion de la Grèce à l’euro. Inéligible à la création de l’euro en 1999, la Grèce fini par remplir les critères de Maastricht en 2001, faisant donc partie des pays de lancement de la monnaie fiduciaire en 2002. En pratique, la Grèce ne remplissait pas tous les critères, loin de là. Par exemple la dette oscillait entre 95 et 110 % du PIB, bien au-delà des 60 % maastrichtiens. Mais le gouvernement social-libéral parvint à afficher des déficits à moins de 3 % du PIB, limite fixée par les critères de convergence des économies de la future zone euro. Cela suffit à convaincre l’Allemagne d’accepter la Grèce dans le club. Suite à l’arrivée au pouvoir de la droite en 2004, un audit révéla que les déficits de 2000 à 2004 ne passèrent jamais sous les 3 %, oscillant entre 3,7 et 5,3%. L’explication officielle a été que l’État a «omis» de comptabiliser des dépenses d’investissement militaire…

Mais une enquête du journal allemand Der Spiegel, complétée par celle du New York Times, affirme que pour avoir des comptes plus présentables, le gouvernement grec fit appel à la «créativité financière» de la banque d’affaire Goldman Sachs. À l’image des subprimes ou des Credit Default Swaps (CDS), les véhicules financiers à l’origine de la crise de 2008, les têtes pensantes de Goldman Sachs proposèrent au gouvernement de Kostas Simitis un montage sophistiqué.

Au lieu de faire un emprunt traditionnel, qui aurait dû être pris en compte dans les critères de convergence du traité de Maastricht, instituant l’euro, il semblerait que Goldman Sachs ait proposé au gouvernement grec un montage financier astucieux. La banque d’affaire, avec l’aide de sa comparse JP Morgan Chase, aurait servi d’intermédiaire pour trouver des investisseurs prêts à fournir des milliards de dollars de devises sans émission de dette, en contrepartie d’avantages très particuliers. La Grèce se serait ainsi défaussé des revenus du loto, des taxes d’aéroport et des redevances des autoroutes jusqu’en 2019. Au passage la banque de Wall Street aurait encaissé 300 millions d’euros de commissions pour le montage de ces produits dérivés.

Ces produits dérivés, ultra sophistiqués et ultra risqués sont communément utilisés par le monde des multinationales. À leurs risques et périls, comme on l’a vu il y quelques années avec la faillite d’entreprises géantes comme Enron ou plus récemment avec AIG. Dans les années 2000, ils furent aussi utilisés pour couvrir – assurer – le risque sur des emprunts immobiliers d’américains sans le sous (les emprunts « subprime »). Pour les États, il s’agit de la première fois qu’un tel maquillage hors bilan (ou ici hors budget) est mis au jour. Plus précisément, le New York Times révèle deux dispositifs particuliers. Légalement, il s’agirait de vente non déclarée de services publics ou d’entreprises dépendants de l’État. En fait, ce serait plus une « location » sur des durées de 20 ans d’entités générant des revenus réguliers. Un des montages serait un « swap de taux d’intérêt », c’est-à-dire l’échange d’un prêt à taux variables très coûteux contre un prêt à taux fixe très intéressant, ou l’inverse, payé par le versement des revenus des taxes d’aéroport par exemple. Un autre montage serait un « swap de devises » c’est-à-dire la possibilité de s’assurer contre la fluctuation des monnaies. Par exemple, lors de l’augmentation de la valeur de l’euro face au dollar, un swap de devises aurait permis à la Grèce de ne pas trop pénaliser ses exportations, en minimisant l’effet de la baisse du dollar US.

Un swap de devises pour une soif de monnaie, autant en emporte le vent…

«Ariane», le premier montage daterait de 2000, mais aurait été réitéré en 2001 sous le nom d’ «Éole» puis les années suivantes. En novembre 2009, Gary D. Cohn, le président de Goldman Sachs, se serait rendu lui-même en Grèce pour proposer un nouveau crédit revolving pour États, destiné – comme souvent les crédits revolving personnels – à rembourser les anciennes dettes, cette fois celles du système de santé grec. Mais le gouvernement Papandréou nouvellement élu aurait refusé ce nouveau swap, qui lui aurait pourtant permis de repousser à plus tard le règlement de la montagne de dettes. En effet, ces montages étaient interdits par les règles européennes depuis 2004.

Comme par hasard, le 8 décembre 2009, l’agence de notation Fitch Ibca dégrade la note de crédit du pays de AA– à BBB+. S’ensuit une spéculation sur la dette de la Grèce, corollaire d’une augmentation des taux d’intérêt demandés au gouvernement pour emprunter de l’argent sur les marchés internationaux : 6 à 7 %, le double des taux allemands à 10 ans (Bund à 3,1%). Il s’agit de l’équivalent des Bons du Trésor en France (c’est-à-dire des titres d’émissions d’obligations pour les connaisseurs). Les grecs voient ainsi s’alourdir le poids de la dette qu’ils devront rembourser à l’oligarchie, en plus des emprunts auparavant camouflés.

Il semblerait là aussi que Goldman Sachs ne soit pas étrangère à la spéculation contre les titres de dette souveraine de la Grèce. « Depuis des semaines, Goldman joue la dette grecque à la baisse. C’est scandaleux. Elle est clairement initiée, puisqu’elle est depuis longtemps, la banque conseil du gouvernement. Elle connaît autant sinon mieux que le nouveau gouvernement la réalité de la situation financière du pays. Et il ne se prive d’aucune arme. Même les fausses rumeurs. Elle est à l’origine de celle qui donne l’État grecque aux abois allant mendier 25 milliards d’euros à la Chine…», s’énerve un important banquier d’affaires français. Les 300 millions d’euros annuels de commissions ne lui ont donc pas suffit, elle a en plus spéculé à la baisse sur les titres classiques de l’Etat grecs, empochant sur le marché des plus-values que les acteurs financiers de base ne pouvaient espérer il y a quelques semaines, avant les révélations.

Banque conseil des États d’un côté, banque d’affaire spéculatrice de l’autre, le mélange des genres rapporte gros. Le capitalisme financier s’attaque aujourd’hui sans vergogne aux pays industrialisés, les plumant un à un.

Quel pays est la prochaine cible des vautours de Goldman Sachs? À qui le tour ? Au Portugal ? A l’Italie ?

Quand les peuples arrêteront-ils ses banksters ?


Grève générale en Grèce, contre-sommet des peuples à Madrid

28 avril 2010

 

La crise n’est pas finie. Les spéculateurs spéculent, les bourses s’affolent, les peuples trinquent. La résistance s’organise.

Les spéculateurs enfoncent la Grèce dans la crise. En augmentant les taux d’intérêt en contrepartie des crédits permettant à l’Etat d’éviter la banqueroute, ils étouffent chaque jour un peu plus le pays. Pour les capitalistes du monde entier, la Grèce, et demain le Portugal et d’autres Etats, sont les citrons à presser au maximum, à charge pour les gouvernements de mettre en oeuvre des plans d’austérité pour faire payer les travailleurs : baisse des salaires, suppressions d’emplois publics, coupes sombres pour les budgets sociaux, recul de la protection sociale. En Grèce, le gouvernement « socialiste » du PASOK met en oeuvre ce plan d’austérité avec la servilité qui caractérise la social-démocratie européenne.

L’effet domino n’est pas à exclure : un défaut de paiement de la Grèce mettant en difficulté ses créanciers (banques privées, Etats…) se répercuterait sur « l’économie réelle », avec, à la clé, une aggravation des effets de la crise actuelle sur les peuples.
En Grèce, la résistance est à l’ordre du jour. Tous les syndicats, pour une fois unis, appellent à la grève générale le 5 mai prochain. La Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE), forte d’un million d’adhérents, appelle la population à « repousser les chantages néo-libéraux et les exigences de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international pour niveler les droits sociaux et économiques des travailleurs ». Elle rejette tout projet de réforme des retraites « qui diminuerait le montant des pensions et repousserait les seuils de départ à la retraite ». La Fédération des fonctionnaires grecs (Adedy, 375 000 adhérents), ainsi que le Front de lutte syndicale (PAME), proche du Parti communiste grec (KKE) se joignent à l’appel à la grève. Cette convergence fait suite aux multiples actions dans plusieurs secteurs ces dernières semaines (grèves répétées dans la Fonction publique, grève dans les transports publics…).

Quelques jours plus tard, se tiendra à Madrid un contre-sommet des peuples, en opposition à la réunion des chefs d’Etat de l’Union européenne, des Caraïbes et de l’Amérique latine, du 14 au 18 mai. Lors de cette réunion, les Etats veulent aggraver les politiques de régression imposées aux peuples (privatisations, contre réforme dans les domaines de la protection sociale, de l’Education, etc…). L’Union européenne veut jouer son rôle de pôle impérialiste à l’égard du cône sud américain, en le soumettant encore un peu plus à ses intérêts de grande puissance. Mais à Madrid aussi, la résistance se construit au travers du contre-sommet des peuples. Le NPA est actif dans la préparation du contre-sommet en France. Le NPA organise des transports collectifs pour rejoindre le contre-sommet (cars au départ de Paris, notamment). Pour plus d’infos, lire le tract du comité jeunes du NPA de Caen Agglomération.

Après le 1er Mai en France, la construction d’un mouvement reconductible contre la réforme des retraites de Sarkozy sera à l’ordre du jour. Comme en Grèce, c’est une grève générale qu’il faut organiser au plus vite, et qu’il faut reconduire jusqu’au retrait des projets actuels du gouvernement.


Samedi 1er Mai 2010 Tous et Toutes à la manifestation 10h30 Porte Horloge à VIRE

27 avril 2010

Pour un 1er mai de lutte! Pour la défense de nos retraites.

Ne battons pas en retraite devant ce projet qui tente d’allonger le temps de cotisation et de ce fait, nous faire partir le plus tard possible. Nous voulons vivre une pleine retraite et amplement méritée.

Lors du rendez-vous social du 15 février, Sarkozy sous couvert de propos lénifiants, a bien laissé comprendre que la retraite à 60 ans serait la prochaine victime de sa politique de destruction des droits sociaux dont bénéficient les salariés et la population.

La réforme du système de retraite annoncée pour septembre prochain fait partie du noyau dur des contre-réformes de Sarkozy. Elle n’aura pas le sort réservé à la taxe Carbone, à savoir la poubelle. Ce qui veut dire que l’épreuve de force est inévitable si on veut défendre un type de société où les salariés ne soient pas obligés de travailler jusqu’à 70 ans, voire plus, faute de pension suffisante.

Actuellement, plus d’un million de retraités vivent sous le seuil de pauvreté et 50% de l’ensemble des retraités touchent moins de 1000€ par mois. Les différentes réformes du système de retraite, depuis 1993, ont eu comme conséquence une baisse significative du montant des pensions versées aux retraités, notamment pour les femmes.

L’argument démographique et le problème du financement ne sont utilisés que pour justifier une augmentation de la durée de cotisations, et un report de l’âge légal de départ en retraite. Les fonds de pension sont à l’affut. Ils font tous pour que la capitalisation individuelle, et le chacun pour soi se substituent à la répartition fondée sur la solidarité intergénérationnelle.

La question fondamentale c’est celle de la répartition des richesses.

Le MEDEF et la droite ont réussi en plus de 20 ans à faire chuter de 10% la part des salaires dans la richesse créée et ainsi accroître d’autant la part des profits. Du travail pour les 5 millions de chômeurs et 300 € d’augmentation de salaire, c’est 30 milliards d’euros pour les retraites. C’est pourquoi il est possible de maintenir la retraite à 60 ans, avec un taux de remplacement de 75% pour 37,5 annuités pour toutes et tous.

Le 23 mars a été une première riposte. L’appel « Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites » à l’initiative de la Fondation Copernic et Attac qui, tout comme nous au NPA, refusent cette nouvelle contre-réforme, a été signé par près de 400 personnalités politiques, syndicales, associatives, des économistes, des intellectuels.

Il est plus que temps de mettre sur pied un plan de mobilisation générale sur la durée pour défendre la retraite par répartition, de refuser le report de l’âge légal de départ en retraite et l’allongement de la durée de cotisation.

Provocation patronale

A le demande du MEDEF, le COR (conseil d’orientation des retraites) a intégré dans son rapport:

– le relèvement de la durée de cotisation de 40,5 annuités à 45.

– la hausse de l’âge légal de départ en retraite jusqu’à 70 ans.

Contre ces provocations, c’est une véritable opposition unitaire qu’il faut mettre en place avec les organisations syndicales, les associations et les partis politiques.

C’est tous ensemble qu’il faut organiser la riposte. C’est le seul moyen pour faire reculer les prétentions du MEDEF, du gouvernement et de l’UMP.




le sarkozysme à l’oeuvre

22 avril 2010

 

Après la claque électorale de mars dernier, Sarkozy se lance dans la reconquête des électeurs perdus. Un seul mot d’ordre : à droite toute !

Les vieux thèmes éculés sont les meilleurs. Voici le retour de celui de la « sécurité ». Le déplacement de Sarkozy à Tremblay a été l’occasion de refaire toujours les mêmes promesses et de montrer les muscles face aux « bandes ». On n’a pas échappé aux discours habituels contre les jeunes délinquants qu’il faut détenir dans des établissements spécialisés. Sarkozy annonce la suspension des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire répétitif d’un élève, en réclamant une application « systématique ». Or la possibilité de suspension existe déjà, le président du conseil général en ayant la responsabilité, mais cette disposition n’est pas appliquée. C’est pourquoi Sarkozy songe à confier cette responsabilité au représentant de l’Etat, le préfet.

Deuxième acte : l’interdiction totale de la burqa. Une décision éminemment politique, Fillon ayant même dit que le gouvernement est prêt à assumer le « risque juridique » d’une telle proposition de loi. Pour la droite, il s’agit de surfer sur le sentiment raciste et islamophobe diffus. On a pourtant vu à qui a profité le « débat » sur l’identité nationale dans les urnes…

Dernier acte : l’intransigeance face aux grévistes de la SNCF. Ne rien lâcher, même pas engager des négociations. Faute de réaliser son rêve (faire disparaître toute grève dans ce pays…), Sarkozy veut faire passer l’idée que faire grève ne sert à rien. La direction de la SNCF se vante de n’avoir rien cédé. L’homme de main Estrosi en rajoute une couche en désignant SUD à la vindicte de la droite : « C’est un peu comme si SUD en Haïti avait refusé de faire les déblaiements, de continuer à faire la grève du déblaiement. Moi je dis, dans ce cas-là, on ne peut pas l’accepter ».

Voilà quelques jours de sarkozysme en France.

Mais l’occasion existe de faire trébucher cette droite : la réforme des retraites. L’opinion publique est très majoritairement opposée  aux projets de Sarkozy : la majorité ne veut ni remise en cause des 60 ans ni augmentations du nombre d’années de cotisations. Un large front se constitue, à gauche, partis et syndicats, pour refuser ce retour en arrière. Gagner contre la droite exigera d’assumer l’épreuve de force. Préparons cette mobilisation.


SNCF : grève reconduite au dépôt de Caen jusqu’à lundi 19 avril

16 avril 2010

  

Le bras de fer pour défendre le service public continue. À l’appel de la CGT et Sud-Rail, les cheminots ont repris un mouvement de grève pour s’opposer au démantèlement de la SNCF et aux suppressions de postes.

La direction de la SNCF réorganise l’ensemble de l’entreprise en différentes entités cloisonnées, dédiées à un seul  type d’activité (marchandises, grandes lignes, TER, etc…) et mises en concurrence entre elles. Dans chacune de ces entités, la direction mène une politique de suppressions de postes massives (moins 22000 depuis 2002) et impose un blocage des salaires. Partout, l’objectif imposé est de faire travailler plus avec de moins en moins de cheminots. Pour cela, la direction cherche à imposer une dégradation des conditions de travail, notamment en contournant la réglementation du travail. Le PDG de la SNCF, Guillaume Pépy, n’a pas caché son intention de vouloir imposer à environ 25000 cheminots dédiés à l’activité de transport régional de voyageurs (TER) une réglementation à la baisse pour être encore plus compétitif face à la «concurrence».

Dans la branche du transport de marchandises (fret), la direction cherche par tous les moyens à se débarrasser des transports estimés économiquement non rentables, quitte à mettre des centaines de milliers de camions supplémentaires sur les routes. Elle cherche à supprimer des milliers de postes, à fermer des triages et des gares de marchandises. Dans cette branche, où la direction organise une baisse brutale de l’activité, des journées de chômage technique, dites «inutilisées», sont imposées à bon nombre d’agents, ceux de la conduite en particulier, ce qui se traduit par des pertes de salaires. Ceci, alors que d’autres services sont en sous-effectif au point de ne pouvoir assurer tout le service prévu.

Bon nombre de cheminots comprennent que la nouvelle organisation (un démantèlement pour les syndicats) préfigure une possible séparation de certaines activités de la SNCF, leur transformation en filiales, voire leur privatisation à terme. La SNCF recentre ses activités sur ce qui lui semble être le plus rentable à court terme, sans se soucier de l’intérêt de la collectivité à long terme. Cela se traduit aussi par une augmentation continue du prix des billets pour les usagers.

L’État se désengage en investissant de moins en moins dans le secteur ferroviaire. Pour l’Europe, comme pour le gouvernement français, c’est un secteur qu’il faut libéraliser en le confiant à la concurrence et au secteur privé.

Face à cette politique contraire aux intérêts des usagers et des cheminots, seule peut répondre une mobilisation importante. Les cheminots, comme l’ensemble des travailleurs, n’ont aucune raison d’accepter un recul de leurs conditions de travail et de salaires. C’est pourquoi ils ont engagé une lutte déterminée. Le NPA leur apporte son soutien total.

 


Retraites : des chiffres effrayants ?

15 avril 2010

 

Le Comité d’orientation des retraites a chiffré le besoin de financement des caisses de retraites. Des prévisions aléatoires que le gouvernement veut utiliser pour effrayer et faire passer les mesures impopulaires qu’il prépare.

Certains medias se sont relayés pour faire passer un message en boucle : rien ne va plus, les retraites ne sont pas financées, il faut une réforme, et « il faudra bien travailler plus ». La ficelle est grosse ! En effet, le COR évalue le besoin de financement à 115 milliards au plus en 2050, soit 3 % du PIB de 2050 (avec une hypothèse d’un taux de chômage à 7 %), voire à 100 ou 70 milliards avec des hypothèses plus favorables. Le nombre de retraités augmente et la durée de versement d’une pension aussi. Il est donc logique que la masse des pensions augmente aussi. La question est de savoir où trouver les ressources supplémentaires nécessaires, si l’on pense qu’il faut maintenir la retraite à 60 ans et le niveau des pensions, voire revenir sur les contre-réformes de 1993 et de 2003, comme le NPA le demande. Or, le COR fait l’hypothèse que le PIB (la richesse totale produite) aura doublé d’ici 2050, passant de 1 900 milliards aujourd’hui à 3 800 milliards en 2050, grâce à une augmentation de la productivité de 1,5 % par an. Pourquoi serait-il impossible de prélever 115 milliards (moins en cas de suppression du chômage) sur les 1 900 milliards de richesses supplémentaires ? Cela le COR ne l’explique pas, encore moins les faux experts et les ministres !

La vérité est que les richesses produites par les actifs (qui, en nombre, resteront stables) permettent largement de financer des retraites à taux plein à partir de 60 ans, égales au moins à 1500 euros par mois et à 75 % du salaire brut d’activité, à la condition expresse que le surplus annuel de richesse ne soit pas accaparé par une minorité de privilégié, les actionnaires des grands groupes capitalistes.

En trente ans, le poids des dividendes versés à ces actionnaires a explosé : il est passé de 3,2 % en 1982 à 8,5 % aujourd’hui. La part des salaires dans le PIB a fondu. En faisant le chemin inverse, en récupérant pour les retraites la richesse confisquée par les actionnaires, on trouve sans problème les ressources supplémentaires pour financer les retraites.

C’est ce qu’il faut obtenir, par notre mobilisation.

Les moyens sont multiples : augmenter les salaires directes et les cotisations patronales, augmenter le nombre de personnes en emploi pour augmenter les cotisants (il y a cinq millions de personnes privées d’emploi ou en sous-emploi) en interdisant les licenciements, réduisant la durée du travail, créant des emplois publics utiles.