23 mars : grosse manifestation à Caen. Ce n’est qu’un début…

 

La manifestation de mardi 23 mars a rassemblé 12 000 personnes dans les rues de Caen. Les salariés du privé étaient les plus nombreux. L’emploi, les services publics et les salaires font partie des revendications, mais la « réforme » des retraites que prépare Sarkozy cristallise les mécontentements.

Le gouvernement abandonnerait son projet de taxe carbone, mais il reste accroché à son projet concernant les retraites. Le MEDEF attend une réforme profonde du système des retraites, avec baisse des pensions et ouverture aux assurances privées. Après les attaques de 1993 et 2003, la question est de savoir si la gauche politique et syndicale est prête à assumer un bras de fer avec Sarkozy sur les retraites. Malgré les déceptions de 2009 et le reflux des mouvements sociaux qui a suivi, la mobilisation du 23 mars montre qu’une partie des travailleurs est prête à retrouver le chemin de la grève et des manifestations, pour autant que la direction ne soit pas celle de l’impasse des journées d’action sans lendemain. La déroute électorale de l’UMP, les 14 et 21 mars, ne peut que les conforter dans cette idée que le gouvernement n’a aucune légitimité pour poursuivre les contre-réformes, qu’il n’y a aucune raison de se laisser faire.

Mardi, à Caen, les grosses entreprises de l’agglomération étaient bien représentées dans la manifestation : PSA, Renault-Trucks, Valeo, Bosch, mais les travailleurs des petites et moyennes entreprises étaient venus nombreux aussi. Bien visibles également, les personnels des collectivités (communaux, conseil général), des ministères (Trésor, Impôts, Environnement…), de la Poste, de la SNCF. Les enseignants étaient plus mobilisés que les personnels de santé. Au niveau national, le taux de grève dans l’Education nationale allait de 40% dans les écoles à 50% dans le secondaire.

Salariés du privé ou du public, tous attendent des suites à cette journée de mobilisation.

Côté organisations syndicales, l’heure n’est pas, semble-t-il, à la construction d’un « tous ensemble » durable. Pourtant, selon Chérèque, de la CFDT, le climat social est « explosif », avec « des plans sociaux qui se multiplient et de la souffrance au travail ». Pour autant, pour lui, pas question de « durcir » le mouvement. Quant à Thibault, de la CGT, il réclame seulement de Sarkozy la convocation d’un nouveau « sommet social » ! Comme si les discussions autour du tapis vert pouvaient faire reculer Sarkozy ! C’est un front uni politique et syndical pour mettre en échec la casse des retraites qu’il faut construire. Et préparer, avant cet été, un mouvement « tous ensemble » reconductible.

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