Après les élections, défaire la droite dans la rue

 

Les élections régionales ne sont pas terminées que l’on peut déjà en tirer quelques enseignements importants pour les mobilisations à construire.

Le premier tour des élections régionales a été marqué par l’abstention massive de millions de personnes. Cette abstention signifie en grande partie le désaveu des catégories les plus populaires, celles qui payent le plus durement la crise, vis-à-vis des partis qui se succèdent au pouvoir.

Il faut se réjouir du rejet de la droite et de Sarkozy, complices des grands actionnaires et des riches, qui font payer la facture à la majorité de la population, qui détruisent les services publics et les acquis sociaux. C’est avant tout ce rejet qui a nourri la poussée du Parti Socialiste et d’Europe Ecologie, rejet qui a permis au PS et à ses alliés qui gouvernent 20 régions depuis 2004 de ne pas être sanctionnés sur leur bilan.

Par ailleurs, la campagne a été pourrie par le déferlement d’un racisme inquiétant – débat sur l’identité nationale, contexte islamophobe – dont le Front National a largement bénéficié.

Globalement les scores de la gauche radicale sont en repli, voire décevants, même si certaines listes obtiennent un score encourageant. L’absence de luttes sociales d’ampleur a sans aucun doute pesé, de même que la volonté d’infliger le plus massivement possible une claque aux ami-e-s de Sarkozy. Dimanche prochain, il faut confirmer et amplifier les résultats du premier tour en infligeant la défaite la plus importante possible aux listes soutenues par Sarkozy et l’UMP. Sanctionner cette droite est une nécessité, même si nous pensons que les futures majorités de gauche dans les régions ne seront pas plus un rempart contre la politique de Sarkozy qu’elles ne l’étaient ces dernières années.

Il est l’heure de construire une riposte d’ensemble

Le vote ne sera pas suffisant pour bloquer sa politique. Ces dernières semaines, les résistances, les luttes, reviennent haut et fort sur le devant de la scène, s’invitant même dans le débat électoral. Ainsi, au cours de la semaine dernière, plusieurs grèves ont eu lieu dans les hôpitaux publics, les crèches municipales, l’éducation nationale et la justice, contre les suppressions d’emplois, le manque d’effectifs et les réorganisations en tout genre mettant à mal les derniers services publics.

La colère est aussi présente dans de nombreuses entreprises privées où les travailleurs se mettent en grève pour leurs salaires comme chez Ikea ou chez Danone, contre les licenciements ou fermetures de boîtes, comme à Total où les salariés refusent la fermeture de la raffinerie de Dunkerque alors que ce groupe pollueur vient d’annoncer 9 milliards de profits…

Toutes ces luttes montrent que les salariés du privé comme du public ne sont pas résignés. Mais ces luttes sont souvent isolées, mêmes si elles recueillent la plupart du temps un large soutien de l’opinion. Il y a urgence à aider, à soutenir, à développer de façon la plus unitaire possible ces résistances et à les faire converger.

Le mardi 23 mars, journée de grève et de manifestations contre les licenciements, la réforme des retraites et pour les salaires, doit être la première étape pour la construction d’un mouvement d’ensemble. Aucune défaite de la droite dans les élections n’arrêtera les attaques contre nos droits et acquis. Comme pour le Contrat Premier Embauche (CPE), il y a quelques années, seule une large mobilisation dans la rue peut obliger la droite à remballer sa politique.

Toutes et tous ensemble !

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