Luttes sociales : pour un « tous ensemble » le 23 mars

 

Les luttes sont nombreuses aux quatre coins du pays. Pour l’emploi, pour les salaires, pour défendre les conditions d’emplois. Elles expriment le maintien d’une résistances multiforme à l’offensive patronale. Leur convergence est nécessaire.

Manifestation des personnels de crèches, Paris, 11 mars 2010 - Photothèque Rouge/DA

Jeudi 11 mars, les salariés de Système U ont commencé le blocage de quatre entrepôts du groupe de distribution dans l’Est. Les revendications : l’augmentation des salaires de 150 euros par mois, au lieu des 1 % royalement accordés par le groupe, et la garantie de l’emploi. La direction procède à des constats d’huissiers et ne veut pas négocier.

A Lisieux, les salariés de Plysorol ont entamé une procédure auprès du juge de référé pour obliger le patron à ouvrir ses livres de comptes. L’entreprise affiche un trou de 7 million d’euros et elle ne paye plus ses cotisations sociales. L’avocat de l’entreprise s’est plaint de l’excès de zèle de la direction départementale du travail ! En fait, selon la CGT, le patron qui a repris Plysorol voudrait seulement faire main basse sur les 600 000 hectares de forêt au Gabon dont Plysorol est propriétaire tout en liquidant les activités en France.

A Strasbourg, la distribution du courrier en centre ville est interrompue depuis quatre jours en raison d’une grève des postiers en lutte contre la réorganisation des tournées qui s’accompagne de vingt suppressions de postes.

La grève reprend demain sur le RER B, à l’appel de l’intersyndicale CGT, SUD et FO, la direction de la RATP n’ayant pas respecté les clauses de l’accord de sortie de grève de novembre dernier.
Une centaine d’agents de l’Assistance publique et des Hôpitaux de paris occupent le siège de l’AP-HP à Paris, à l’appel de l’intersyndicale CGT, CFDT, FO, SUD, CFTC, pour protester contre la restructuration de l’AP-AH. Cette restructuration – regroupement des 37 hôpitaux parisiens et franciliens en 12 centres hospitaliers, avec 3000 à 4000 suppressions de postes à la clé, soit une économie de 300 millions d’euros d’ici 2012 – équivaut à une casse généralisée de l’offre hospitalière à Paris et en Ile-de-France, sur le dos des patients.

L’équipementier automobile Valeo vient d’annoncer la suppression de 600 emplois supplémentaires (dont 300 en France), en plus des licenciements déjà mis en œuvre en 2009 (5200 « départs volontaires » en Europe et en Amérique du Nord, dont 140 dans l’usine de Mondeville). Toujours moins d’emplois, pour toujours plus de « productivité » et de profits pour les actionnaires…

Le conseil d’administration de la CNAF (Caisse nationale d’allocations familiales) s’alarme du manque de personnel dans les CAF. Selon son président (CFTC), « l’ensemble de l’institution est au bord de l’implosion » face à la forte demande sociale, à l’afflux des demandes d’allocations : c’est l’effet de la crise, de l’explosion du chômage et de la précarité et des arrivées en fin de droits.

Beaucoup de crèches étaient fermées aujourd’hui. Les personnels sont en lutte contre un projet de décret du gouvernement sur l’accueil de la petite enfance. Le décret diminuerait la part de personnel qualifié nécessaire au fonctionnement d’une crèche, menaçant les recrutements ces prochaines années. Les « jardins d’enfants » fonctionneraient avec un adulte pour 12 enfants de 2 à 3 ans., contre actuellement, un adulte pour six enfants, les plus grands, et un adulte pour quatre enfants, pour les plus petits. Les personnels se mobilisent pour mettre ce projet en échec, car, comme ils et elles le disent, « les bébés ne sont pas des sardines », et « les crèches ne sont pas des usines ».

Dans plusieurs grandes villes (Lyon, Dijon, Rouen, Bordeaux, Lille, Rennes…), les travailleurs des transports urbains de voyageurs mènent des actions pour le maintien de la gestion en direct par les municipalités. Les salariés réclament aux élus de reprendre la gestion en régie directe et refusent la privatisation déguisée que constitue la délégation aux entreprises privées. Dans certaines villes, avec le passage au privé, les salariés ont perdu le bénéfice d’accords d’entreprises négociés précédemment. Pour les usagers, le passage au privé c’est toujours une augmentation des tarifs, car il faut bien rémunérer les actionnaires !

Voici quelques exemples des conflits sociaux très nombreux à la veille des élections régionales. Sans attendre, c’est à leur converge qu’il faut travailler, pour réunir tous les travailleurs dans un front uni contre le MEDEF et le gouvernement, secteur public et secteur privé au coude-à-coude pour arracher des augmentations de salaires pour tous et toutes, interdire les licenciements, imposer la création massive d’emplois dans les services publics.

Le 23 mars, journée de grève et de manifestations, doit être une étape vers ce « tous ensemble ».

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