Défendons les droits des handicapés

30 mars 2010

Après la défaite de la droite aux élections régionales, le gouvernement s’en prend aux handicapés, alors que le Président SARKOZY avait annoncé en mars 2008 une augmentation de l’allocation handicapée adulte de 25% d’ici 2012, la portant à 776 euros, largement en dessous du seuil de pauvreté.

Faut-il rappeler que la masse des handicapés en 2010 touche en moyenne 606 euros. Est-ce un privilège?

Depuis quelques mois, les sales coups s’accumulent, c’est l’augmentation du forfait hospitalier (de 16 à 18 euros), ce sont les mesures de dérogations concernant l’accessibilité du bâti neuf ou des transports, c’est le report de l’augmentation des pénalités touchant les patrons qui refusent d’embaucher des handicapés, c’est la fiscalité des indemnités liées aux accidents et maladies professionnelles.

L’objectif, pour l’heure du gouvernement, c’est de diminuer le montant de l’Allocation Handicapé Adulte, en diminuant le budget annuel et le nombre de bénéficiaires.

Les handicapés ont le droit de vivre comme nous tous. Ils doivent avoir le droit à un emploi adapté pour leur insertion sociale et à un revenu décent.

Le gouvernement et le patronat doivent respecter le quota de 6% d’emploi dans le public et le privé,

NON, aux restrictions budgétaires, OUI aux respect des Handicapés.

Vire, le lundi 29 mars 2010

contact presse:

Gérard LEROY

06 79 14 23 26

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23 mars : grosse manifestation à Caen. Ce n’est qu’un début…

23 mars 2010

 

La manifestation de mardi 23 mars a rassemblé 12 000 personnes dans les rues de Caen. Les salariés du privé étaient les plus nombreux. L’emploi, les services publics et les salaires font partie des revendications, mais la « réforme » des retraites que prépare Sarkozy cristallise les mécontentements.

Le gouvernement abandonnerait son projet de taxe carbone, mais il reste accroché à son projet concernant les retraites. Le MEDEF attend une réforme profonde du système des retraites, avec baisse des pensions et ouverture aux assurances privées. Après les attaques de 1993 et 2003, la question est de savoir si la gauche politique et syndicale est prête à assumer un bras de fer avec Sarkozy sur les retraites. Malgré les déceptions de 2009 et le reflux des mouvements sociaux qui a suivi, la mobilisation du 23 mars montre qu’une partie des travailleurs est prête à retrouver le chemin de la grève et des manifestations, pour autant que la direction ne soit pas celle de l’impasse des journées d’action sans lendemain. La déroute électorale de l’UMP, les 14 et 21 mars, ne peut que les conforter dans cette idée que le gouvernement n’a aucune légitimité pour poursuivre les contre-réformes, qu’il n’y a aucune raison de se laisser faire.

Mardi, à Caen, les grosses entreprises de l’agglomération étaient bien représentées dans la manifestation : PSA, Renault-Trucks, Valeo, Bosch, mais les travailleurs des petites et moyennes entreprises étaient venus nombreux aussi. Bien visibles également, les personnels des collectivités (communaux, conseil général), des ministères (Trésor, Impôts, Environnement…), de la Poste, de la SNCF. Les enseignants étaient plus mobilisés que les personnels de santé. Au niveau national, le taux de grève dans l’Education nationale allait de 40% dans les écoles à 50% dans le secondaire.

Salariés du privé ou du public, tous attendent des suites à cette journée de mobilisation.

Côté organisations syndicales, l’heure n’est pas, semble-t-il, à la construction d’un « tous ensemble » durable. Pourtant, selon Chérèque, de la CFDT, le climat social est « explosif », avec « des plans sociaux qui se multiplient et de la souffrance au travail ». Pour autant, pour lui, pas question de « durcir » le mouvement. Quant à Thibault, de la CGT, il réclame seulement de Sarkozy la convocation d’un nouveau « sommet social » ! Comme si les discussions autour du tapis vert pouvaient faire reculer Sarkozy ! C’est un front uni politique et syndical pour mettre en échec la casse des retraites qu’il faut construire. Et préparer, avant cet été, un mouvement « tous ensemble » reconductible.


Après Copenhague. Contribution du NPA à la rencontre « Urgence Climatique Justice Sociale » du 6 février 2010

22 mars 2010

Le 6 février dernier se tenait la première rencontre nationale initiée par le collectif «Urgence Climatique Justice Sociale» (UCJS). Avec plus de 120 participant-e-s, cette rencontre a permis de tirer un premier bilan commun de l’échec du sommet de Copenhague et de tracer les perspectives pour les futures luttes climatiques.

Sans faire l’impasse sur les difficultés qu’on rencontrées les collectifs UCJS pendant la campagne pré-Copenhague, force est de constater que le climat, et donc les choix énergétiques, de transports, de productions… s’invite de plus en plus en politique, et que la lutte contre les dérèglements climatiques prend aujourd’hui une importance cruciale dans les projets de transformation radicale de la société. La rencontre de Cochabamba en avril en Bolivie, à l’invitation d’Evo Morales, et le sommet de Bonn en juin (étape entre Copenhague et Cancun en décembre prochain) seront deux moments cruciaux pour la construction des mouvements pour la justice climatique et d’élaboration d’alternatives au productivisme capitaliste. Ci-dessous, la contribution du NPA à cette rencontre du 6 février 2010.

La manifestation du 12 décembre 2009 à Copenhague : "c'est le système qu'il faut changer, pas le climat !"

L’échec de la négociation de Copenhague était prévisible. Seul un mauvais accord pouvait sortir de ce sommet dans le cadre des rapports de force actuels. Y compris l’objectif de limitation de la hausse de température globale à 2°C n’apparait plus correspondre aux nécessités de l’heure.

Copenhague signe la dramatique incapacité des dirigeants des principaux pays de la planète, de prendre les mesures nécessaires pour faire face à la crise climatique dans l’intérêt de grande majorité des habitants du globe. Cet échec renvoie en premier lieu aux faits que ces gouvernants sont les représentants des intérêts des classes dominantes qui dirigent le système capitaliste. Toute mesure sérieuse conduirait à porter atteinte aux secteurs économiques clés du capitalisme contemporain et aux profits qu’ils dégagent pour l’infime minorité qui décide.

La position de l’administration Obama montre qu’aucun changement d’ampleur n’est survenu au sein des classes dirigeantes états-uniennes qu’il représente. Le refus catégorique de fixer des objectifs contraignants et ambitieux de réduction des émissions de GES de la plus grande puissance mondiale donne le la à l’inertie mondiale.

Copenhague marque une nouvelle fois la déroute des bourgeoisies européennes dans leur volonté de rehausser leur rang mondial. Leur prétention à occuper la place de leadership dans un système de négociations climatiques renouvelé s’est fracassée. L’unité de façade tant vendue lors de l’adoption début 2009 du paquet énergie-climat au sein de l’UE n’a guère résisté aux tensions des négociations internationales.

Le G77 et la Chine ont porté jusqu’au bout le refus d’un accord international qui se ferait sur le dos de leurs propres intérêts. Cependant, les « pays du Sud » ne représentent pas un bloc homogène. Entre les Etats Africains qui n’ont eu quasiment aucune marge de manœuvre dans les négociations et le bloc Brésil, Afrique du Sud, Inde et Chine (BASIC) qui représente désormais des puissances économiques incontournables, les intérêts en jeu sont différents.

La seule position alternative au sein des Etats a étéportée par les gouvernements de certains pays de l’ALBA, en particulier Evo Morales pour la Bolivie, avec d’une part un discours de dénonciation systémique assez radical, et d’autre part des propositions faites aux mouvements sociaux et écologistes.

Si on compare avec les négociations ayant abouti au protocole de Kyoto, un net changement de contexte est perceptible. Pour des fractions importantes des populations au Nord comme au Sud l’échec de Copenhague est vécu avec une grande inquiétude : la visibilité des enjeux Nord/Sud est réelle et de nombreuses voix du Sud se sont fait entendre ; par ailleurs, la conscience de l’épuisement d’un modèle productif, corrélée à la crise économique, s’est répandue ; ces deux éléments renforcent la conscience de l’impasse du système capitaliste, mais l’absence d’alternative palpable demeure.

Internationalement, la manifestation du 12 décembre à Copenhague a été une très bonne surprise, réunissant bien plus de manifestant-e-s que prévu, et avec une tonalité anti-système largement partagée.

Le bilan du sommet donne largement raison à l’orientation défendue par « Urgence Climatique Justice Sociale ». Cependant, ce collectif reste un outil encore fragile. D’où l’importance que se construise un outil d’envergure nationale, associant collectifs locaux et organisations membres d’UCJS. Un tel réseau national nous semble nécessaire pour avancer ensemble, partager nos analyses, articuler mobilisations locales (notamment autour des plans climat locaux, l’urbanisme, les transports, la politique du logement, l’agriculture…), nationales et globales, notamment lors des échéances internationales, ce qui passe par le renforcement de nos liens avec la coalition Climate Justice Now !

En ce sens, la conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les Droits de la Mère Terre, à Cochabamba, prend une importance particulière, de par son orientation alternative au système capitaliste et productiviste.

Pour l’Europe, le sommet de Bonn doit être l’occasion de remobiliser les franges militantes larges, à un moment où on peut supposer que les promesses des grandes puissances iront bon train pendant que les négociations en coulisses viseront à remettre à l’ordre du jour les solutions marchandes à la crise climatique.

6 février 2010


Pour les retraites : en grève et dans la rue le 23 mars

22 mars 2010

 

Pas de moratoire sur les retraites, a annoncé le gouvernement. Pour s’opposer à la destruction du système par répartition, les syndicats appellent à une journée de mobilisation le 23 mars. Faisons en sorte qu’elle soit massive.

Sarkozy et Fillon l’ont dit et redit : le résultat des élections régionales n’influencera pas les décisions gouvernementales prévues. C’est en premier lieu le dossier des retraites qui va être mis sur la table avec un projet de loi présenté au gouvernement cet été, et un vote au Parlement en septembre.

Notre système de retraite est fondé sur la répartition, c’est-à-dire la solidarité entre générations, la prolongation du salaire, hors de toute capitalisation. En 1983, la gauche applique certaines de ses promesses : retraite à 60 ans, taux de pension passant de 40 à 50% du salaire et calculée sur les dix meilleures années. C’est le Livre Blanc de Rocard en 1985, mettant en avant le péril démographique et le déficit croissant, qui va fonder les contre-réformes réalisées jusqu’à aujourd’hui. Dès lors, l’entreprise de démolition s’accélère : passage à 40 annuités pour le privé, prise en compte des 25 meilleures années, indexation des pensions sur les prix (Balladur 1993), création de la CRDS puis CSG, alignement du public sur le privé. Seule la grande mobilisation de 1995 retarde la liquidation des régimes spéciaux.

Ce sont les mêmes arguments qui reviennent aujourd’hui : catastrophisme démographique et déficit insupportable. Mais l’insupportable, c’est le million de retraités sous le seuil de pauvreté et la moitié qui survit avec une pension inférieure à 1000 euros. L’insupportable ce sont les trois quarts des femmes qui ne touchent que le minimum vieillesse (678 euros), avec des pensions inférieures de 40% à celles des hommes. Les mesures envisagées par le gouvernement ne s’attaqueront pas à ces scandales. Au contraire ! Reporter l’âge de départ légal en retraite, augmenter le nombre d’années de cotisation nécessaires alors que les deux tiers des salariés ne sont plus au travail à 60 ans et avec 5 millions de chômeurs, sont des escroqueries.

Mais l’objectif n’est pas là. Ils veulent faire payer aux retraités «leur crise» en diminuant encore les pensions tout en s’attaquant aux fondements du système, la répartition. Par l’introduction dans le régime obligatoire d’un mécanisme par «points» ou «notionnel» dans lesquels la pension dépend de la situation économique et de l’espérance de vie. Et en favorisant la capitalisation : les salariés qui en ont les moyens pourront prendre des assurances pour éviter la misère des retraites de base. La déferlante de publicité pour les assurances vieillesse privées montre l’intérêt des assureurs pour l’affaiblissement de notre système de retraite.

Pourtant, les moyens pour financer les retraites existent, mais il s’agit d’un choix de société. Inutile de convoquer des dizaines d’experts en démographie, sociologie ou économie. Face au déficit de la branche vieillesse de la Sécu (8 milliards d’euros), délibérément organisé par les gouvernements de droite et de gauche depuis trente ans, il y a des solutions car dans le même temps, la part des salaires dans la répartition des richesses a diminué de 10%. Voilà ce qu’il faut changer. Une augmentation de 300 euros pour tous les salariés représente 31 milliards d’euros pour les retraites, 100000 chômeurs de moins c’est 1,3 milliard de cotisations et 1% de cotisation patronale sur l’ensemble du salaire rapporterait 4,9 milliards. Avec l’augmentation des salaires directs et socialisés et la création d’emplois, nos revendications concernant les retraites peuvent être satisfaites. Face à de tels enjeux, la mobilisation de tous est indispensable.

Pourtant, tout en étant incomplète (CGT-CFDT-UNSA-FSU-CGC-Solidaires), l’alliance des organisations syndicales est des plus discrète sur les revendications et peu offensive sur les modalités d’actions. La première mobilisation du 23 mars doit être l’occasion pour toutes et tous de montrer notre volonté de faire reculer le gouvernement. Il faut s’en saisir. Mais cette première journée ne doit pas rester sans lendemain. Partout dans les quartiers, dans les entreprises, il faut susciter des initiatives regroupant organisations syndicales, politiques, associations, toutes celles et tous ceux qui, sur cette question, ne veulent rien lâcher.


Régionales 2010. Retour sur la campagne avec le NPA en Basse Normandie

19 mars 2010

 

En Basse-Normandie, la liste unitaire NPA-PG a obtenu 4,99% des suffrages exprimés. 40 voix seulement manquent pour atteindre les 5%. Ce résultat est la conséquence d’une campagne de terrain dynamique et d’une réelle implantation aujourd’hui du NPA sur certaines villes de la région (Alençon, Caen, Cherbourg, Lisieux…).

Nous avons bénéficié d’une couverture médiatique sans précédent, où nous avons pu développer nos propositions d’urgence sociale et écologiste. Nos candidat-e-s, notamment Christine Coulon, la tête de liste régionale, ont été invités dans plusieurs débats organisés par les télévisions, radios et journaux. L’équipe de campagne a répondu à des dizaines de questions locales, du port de Granville au désensablement du Mont-Saint-Michel.

Dans tous les débats, revenaient les questions essentielles de nos préoccupations : sur les transports gratuits, que nous sommes les seuls à réclamer, le TGV Paris-Cherbourg, notre refus du nucléaire, de l’EPR et de la ligne THT (400 000 volts), contre les subventions aux entreprises privées qui ont licencié ou n’ont créé aucun emploi, sur l’apprentissage… Sur toutes ces questions, la liste NPA et PG a su afficher sa différence, comme sur la réunification de la Normandie, qui n’est pas la préoccupation majeure de la population mais qui a suscité des envolées lyriques de toutes les autres listes, pour vanter cette « unité » au nom de la concurrence avec les autres régions et pour ne pas être oublié quand le Grand Paris se réaliserait.

Des réunions publiques ont été organisées dans une vingtaine de villes, nous avons été présents sur les marchés, les quartiers et les entreprises, et plusieurs actions « transports gratuits » devant les gares ont rencontré un accueil très chaleureux.

Dans le Calvados, notre score se situe à 5,30% avec des pourcentages intéressants dans plusieurs communes (Caen 5,49%, Lisieux 6,12%, Hérouville Saint-Clair 6,09%, Vire 5,27%). Dans l’Orne et la Manche, nous avons obtenu 6,12% à Cherbourg et 7,40% à Alençon, où Christine est conseillère municipale.

Celles et ceux qui se sont retrouvés dans les villes pour partager cette soirée électorale se sont déclarés enchantés de cette campagne et du résultat obtenu sur un programme de mesures anticapitalistes et un positionnement sans ambiguïté d’indépendance avec le PS. Il nous faudra tirer un bilan plus précis entre militants NPA et PG, qui ont fait cette campagne unitaire contre l’avis du bureau national du PG et d’une partie des militant-e-s de la Manche. Il nous faudra également maintenir des liens pour impulser des luttes contre le projet LGV par exemple, dans la continuité des régionales.


Action à Caen pour le droit des peuples en Afrique

19 mars 2010

 

Depuis vendredi 12 mars, Mathieu Cichocki, militant anticolonialiste et adversaire irréductible de la Françafrique, est en grève de la faim pour protester contre la participation de la France au trucage des élection au Togo. Nous lui avons demandé de nous expliquer son combat.

Que s’est-il passé au Togo ?

Mathieu Cichocki, à Caen, 12 mars 2010 - photothèque NPA

Mathieu : Le 4 mars 2010, lors du dépouillement des votes, le régime dictatorial au pouvoir depuis bientôt 50 ans a usé de subterfuges par l’intermédiaire de la CENI (commission électorale nationale) mais dépendante de la dictature. La réception du VSAT, système satellitaire permettant la détection des tricheries, a été stoppé ! A partir de cet instant, les résultats collectés étaient erronés par rapport aux sorties des urnes dans les centres de votes. Le peuple togolais souverain a voté majoritairement pour le candidat du changement, de l’alternance : l’opposant Jean-Pierre FABRE ! Mais, une nouvelle fois, la dictature a volé les élections financées par l’Union Européenne à hauteur de 20 millions d’euros au frais du contribuable que nous sommes ! En pleine crise mondiale, c’est scandaleux ! Ou bien l’UE organise des élections justes et équitables en notre nom ! Ou bien elle s’en dispense, au moins la communauté des hommes saura à quoi s’en tenir… A la dernière élection en 2005, le régime de Faure Gnassingbé a assassiné plus de 1 000 personnes, des blessés et des réfugiés par dizaines de milliers ! Moi-même je pose une question simple : est-ce-que le peuple souverain va voter pour son bourreau ? Ici, en occident, nous avons la chance de pouvoir voter pacifiquement et que l’Etat respecte l’expression populaire, même si, ces derniers temps, l’abstention est importante, voir les élections régionales. Là-bas, les gens votent en grand nombre, bravant le danger, mais le régime de manière redondante assassine sa volonté ! Assez !

Qu’exiges-tu du gouvernement Français, de l’Union européenne ?

Le minimum est d’invalider cette mascarade électorale et de demander le remboursement par la dictature togolaise des 20 millions d’euros financés à perte, pour les utiliser pour des créations d’emplois par exemple. Au-delà, ce qui serait juste, c’est de reconnaitre l’élection de Jean-Pierre Fabre comme nouveau Président du Togo, cette année de la célébration du cinquantenaire de l’Indépendance de ce pays ! Quel symbole !

Tu connais bien l’Afrique pour y avoir vécu, et aussi pour y avoir lutté pour son émancipation. A ton avis, comment ce continent peut-il s’en sortir et comment nous, militants anticapitalistes internationalistes, pouvons-nous l’aider ?

En effet, j’ai vécu plusieurs années en Afrique de l’Ouest, notamment au Togo. Tout d’abord, il faut savoir que dans cette région c’est le seul pays où il n’y a pas eu d’alternance élective, en fait c’est « l’Albanie » de l’Afrique au temps de la chute du mur de Berlin ! Je vais être clair, à tous ceux qui disent ici en Europe : « que les africains rentrent chez eux ! », je leur dirai : « eh bien faites en sorte que nos gouvernements permettent l’émergence de la démocratie pour que s’installe dans ces pays un équilibre qui permette le retour des diasporas qui redonneront un « souffle nouveau » aux pays concernés ». Deuxièmement, que ces nouveaux états libres et démocratiques reprennent le contrôle sur leur patrimoine géologique, si vous voyez ce que je veux dire : je peux alors vous affirmer que les filles et fils du Continent Mère de l’Humanité retourneront enrichir leur pays de leur savoir faire ! Enfin, le sens de l’immigration changera car, les richesses de la terre étant sous l’équateur, ce sera à notre tour de demander des visas pour aller travailler en Afrique !

Sais-tu quel écho a rencontré ton action ?

Elle a permis de mettre un éclairage sur la situation inadmissible de ce pays du Golfe de Guinée, où, sous le mandat usurpé du fils du dictateur qui a repris la relève dans le sang, ce monsieur roule dans une voiture luxueuse de marque « Maybach » au coût d’environ 2 millions d’euros alors que 75 % de la population vit sous le seuil de pauvreté selon les indices de l’ONU !


L’enjeu des retraites (par Bernard Friot, Carré rouge)

18 mars 2010

J’apprécie la possibilité de parler ici du livre que je publie en mars. L’enjeu central des retraites est l’émancipation du travail de la valeur travail. Toutes les institutions nécessaires à cette émancipation existent déjà. Elles sont le fruit d’une construction pragmatique. Il faut leur donner aujourd’hui une densité théorique afin d’en faire le fondement d’un discours alternatif à l’argumentaire dominant. En matière de retraites, l’affaire semble entendue et ne pas souffrir de débat: il y a un problème des retraites. Un problème démographique, d’abord. Avec le passage d’un actif pour un retraité à un pour deux d’ici 50 ans, la question selon la présidente du Medef (organisation patronale française), ne serait «ni de droite ni de gauche, mais arithmétique».

Un problème comptable, ensuite: les déficits actuels et surtout prévus seraient tels qu’il faudrait dans l’urgence «sauver le régime par répartition» en réduisant ses prestations, à «compléter» par de la capitalisation.

Un problème moral, enfin: il faudrait rétablir la «solidarité intergénérationnelle» car nous serions en train de nous constituer des droits qui obligeront nos enfants à nous payer dans l’avenir des pensions d’un trop fort niveau compte tenu de ce qu’ils pourront produire. Et Madame Parisot (présidente du Medef) n’est pas la seule à nous le dire: les gouvernements successifs de droite et de gauche nous le disent depuis vingt ans, les experts nous le répètent de rapports en rapports, et le consensus est partagé. Il faut combattre pour briser ce consensus. C’est le sens de ce livre. Le résultat de mes recherches et de mes réflexions peut se résumer dans les propositions suivantes.

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