Un sommet sans social

 
Lundi 15 février, une réunion sur l’agenda social 2010 s’est tenue à l’Elysée avec les « partenaires sociaux ». Outre l’emploi, les chômeurs en fin de droits et la dépendance, les retraites sont au cœur de l’actualité sociale. Rien de spectaculaire n’est ressorti de la réunion, Sarkozy préférant attendre l’après-élections pour porter un nouveau coup contre les retraites.

Photothèque Rouge/JMB

Tout n’est pas encore tranché sur cette question mais Sarkozy et son gouvernement veulent aller vite. Dès les élections passées, les « discussions » seront ouvertes, et closes pendant l’été. Un projet de loi sera préparé pour « début septembre ». Pour Sarkozy, cette contre-réforme est cruciale car c’est sur cette question qu’il sera jugé par ses pairs.

L’enjeu est donc énorme pour eux comme pour le rapport de forces. Aussi, si nous ne connaissons pas précisément le contenu de cette nouvelle contre-réforme, le gouvernement envisage d’ores et déjà deux hypothèses. La première consiste à repousser l’âge du départ à la retraite à 65 ou 67 ans, prenant ainsi appui sur ce qui se passe dans d’autres pays européens (Allemagne, Espagne, Royaume-Uni…). La seconde possibilité est de transformer totalement le système de répartition à travers une réforme systémique qui passerait par un régime par points ou par comptes notionnels, instaurant ainsi une individualisation des retraites.

Aujourd’hui, toutes les raisons sont bonnes pour que les patrons ne paient plus pour des salariés qui sont devenus inutiles à leurs profits. La question des retraites n’est pas une question démographique mais une question décisive de la répartition des richesses, du partage du travail. Il n’y a pas trop de retraités, mais trop de chômeurs !

L’urgence est de mobiliser le plus largement possible contre cette nouvelle contre-réforme, briser le tabou du consensus national et du diagnostic partagé et non de se situer d’emblée sur le terrain de la droite, comme les récentes déclarations de Martine Aubry ou des responsables de confédérations syndicales acceptant un possible recul de l’âge de la retraite et, au nom de l’égalité public/privé, un alignement pas le bas.

Parmi les réactions aux annonces gouvernementales de ce lundi, on regrettera, sans s’étonner, les propos du porte parole du Parti socialiste rejettant l’offre de réunion de toute la gauche politique et syndicale faire par Olivier Besancenot pour sauver la retraite à 60 ans et revenir aux 37,5 années de cotisations. Si, à la veille des élections, Sarkozy ne souhaite pas paraître précipiter les choses, le PS, quant à lui, refuse de se placer dans une opposition franche à Sarkozy et d’appeler à la mobilisation. La raison en est tout simplement que le PS ne rejette pas l’idée de repousser l’âge du départ à la retraite, comme Martine Aubry l’a d’ailleurs reconnu explicitement il y a quelques semaines. Le NPA maintient cependant sa proposition de réunion unitaire jeudi prochain adressée à tous les partis de gauche (voir communiqué du NPA de lundi 15 février, ci-dessous).

Les élections sont l’occasion de voter pour la retraite à 60 ans et contre l’allongement de la durée du travail (pour celles et ceux qui en ont un !), en votant pour les listes soutenues par le NPA.

Mais ce vote, pour important qu’il soit, ne suffira pas. C’est une véritable épreuve de force qu’il faut préparer, un mouvement d’ensemble et une mobilisation générale.

Les chômeurs en fin de droits sacrifiés

Sur l’emploi et les chômeurs en fin de droits, aucune annonce non plus. La situation se dégrade mais Sarkozy estime que « la situation de l’emploi commence à s’éclaircir ». La vérité est que le chômage et la précarité croissent, et que la misère s’étend. Les organismes publics annoncent l’arrivée en fin de droits de centaines de milliers de chômeurs, 400 000 d’entre eux pouvant se retrouver sans aucun revenu, selon Pôle emploi. Le MEDEF y voit une aubaine pour faire pression sur les salaires, faire accepter n’importe quel boulot mal payé aux jeunes sortant du système scolaire. Comble du cynisme, il réclame de nouvelles exonérations de cotisations sociales pour l’embauche de chômeurs en fin de droits.

Seule la mobilisation de tous – retraités, travailleurs ayant un emploi, travailleurs privés d’emploi – permettra d’en finir avec ce cynisme patronal.


Communiqué du NPA. La mascarade du sommet social.

Le sommet social convoqué par N. Sarkozy s’est terminé par la confirmation que de nouvelles attaques seraient portées contre le système des retraites.

Venant après les déclarations de Madame Parisot, présidente du MEDEF, au JDD et d’autres déclarations antérieures, venant de ministres en exercice ou de dirigeants politiques, l’allongement supplémentaire de la durée de cotisation et le recul de l’âge légal de départ à la retraite au-delà de 60 ans se confirment.

Sans attendre, la mobilisation unitaire réunissant syndicats et partis de gauche doit se construire pour défendre la retraite à 60 ans pour 37,5 ans de cotisations.

C’est pourquoi, après la proposition formulée par Olivier Besancenot dimanche lors du « Grand rendez-vous » sur Europe 1, le Nouveau Parti Anticapitaliste a envoyé, ce jour, une lettre à l’ensemble des partis de gauche les invitant à une réunion unitaire jeudi 18 février, à 18 heures, à son local 27 rue Taine, Paris 12.

Le NPA, par ailleurs, participe aux réunions unitaires à l’initiative de la fondation Copernic et Attac, pour la défense des retraites.

Le 15 février 2010


Publicités

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :