Sur le vaccin H1N1, les soldes ont commencé avant le 6 janvier

Le gouvernement fait triste mine face au fiasco de l’opération vaccination contre la grippe H1N1. Il y a de quoi.

Même à droite, on se ne prive pas de mettre en évidence le naufrage de la politique suivie par le ministère. Ainsi, Bernard Debré, député UMP, a fait le calcul qui tue : le coût cumulé du vaccin et des antiviraux inutilisés pourrait s’élever à près de deux milliards d’ euros, soit plus que tous les déficits des hôpitaux de France ! A part les actionnaires des grands groupes pharmaceutiques, qui pourrait se plaindre de l’annulation pure et simple des contrats passés ?

Les mutuelles montent à leur tour au créneau, car elles aussi devaient mettre la main au porte-monnaie pour financer la campagne de vaccination. Elles devaient verser à l’Etat une participation de 0,94% du montant des cotisations pour financer l’achat aux laboratoires privés des millions de doses du vaccin contre la grippe H1N1. Elles réclament aujourd’hui à l’Etat que leur contribution soit allégée, ce qui est bien normal, mais on ne se souvient pas qu’elles aient critiqué l’inutile plan de vaccination de toute la population quand il l’aurait fallu ! En tout état de cause, par la voix de son président, elles se sont empressées d’expliquer que l’éventuelle remise consentie par l’Etat ne se traduira pas par une moindre hausse des cotisations qu’elles s’apprêtent à appliquer aux cotisations des mutualistes, hausse annoncée à 5 %.

La Mutualité française dénonce à juste titre la responsabilité du gouvernement dans cette augmentation : en raison des déremboursements, franchises et forfaits imposés à la Sécu, une part croissante des dépenses est transférée vers les régimes complémentaires, dont sont déjà privés cinq millions de personnes. Au lieu de se porter candidate pour remplacer la Sécu, par exemple pour la prise en charge des ALD, la Mutualité française devrait être au premier rang dans la lutte contre les déremboursements, contre les forfaits et autres franchises.

Une lutte à mener tous ensemble, mutuelles, partis et syndicats.

Une lutte dont l’objectif devrait être l’accès aux soins gratuits pour tous, financé par la suppression des exonérations de cotisations.

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