Echec commercial pour l’EPR

 

Abou Dhabi ne veut pas du nucléaire français. Trop cher, peu sûr. Soutenus par l’Etat et Sarkozy lui-même, les groupes français investis dans le nucléaire – EDF, GDF Suez, Areva, Total, Alstom et Vinci – subissent un revers important. Sur le chantier de Flamanville, dans la Manche, pour rattraper le retard dans la construction du réacteur EPR, l’heure est à l’intensification du travail. Mais les interrogations sur les défauts techniques demeurent.

L’Etat est majoritaire dans Areva et EDF et est l’actionnaire de référence de GDF-Suez. Il est en grande partie responsable de l’acharnement des grands groupes dans le développement des nouveaux types de réacteurs nucléaires. Il a imposé la décision de l’implantation d’un deuxième réacteur EPR à Penly, en Seine-Maritime, malheureusement avec le soutien majoritaire des élus locaux, de droite comme de gauche. Il y a cinq ans, la toute nouvelle majorité de gauche du Conseil régional de Basse-Normandie apportait elle-aussi son soutien à la construction de l’EPR à Flamanville, dans la Manche.

Mais faire des prototypes en construction – à Flamanville, ou en Finlande, voire demain à Penly – n’est pas simple ! Les retards s’accumulent, les coûts explosent, et la technologie elle-même est mise en doute. Ainsi, le chantier finlandais a pris trois ans de retard. Vendu trois milliards d’euros aux finlandais, la construction va coûter sans doute au moins 6 milliards. Le chantier de Flamanville accumule pour sa part un an de retard et un milliard de surcoût. De leur côté, les autorités de sûreté nucléaire française, britannique et finlandaise ont émis elles-aussi des réserves sur le système de pilotage des EPR.

Quand nucléaire rime avec dégradation des conditions de travail…

Dans la guerre commerciale que se livrent les grands groupes du nucléaire sur la planète, les entreprises françaises choisissent la fuite en avant. Il faut rattraper les retards ? Du coup, l’heure est à l’intensification maximale du travail à Flamanville : passage aux 3×8 6 jours sur 7 pour 200 ouvriers sur les 2500 du chantier, semaines portées à 48 heures, horaires de plus en plus flexibles et compensations financières proches de zéro pour les salariés. Ainsi, EPR rime avec dégradation des conditions de travail. Le directeur du chantier envisage même d’augmenter de cinq cents les effectifs sur le chantier, alors que « 600 travailleurs déjà sont parqués aux Pieux, indique un délégué CGT du chantier, sans que personne ne s’en préoccupe ».

La direction du chantier profite de la crise pour faire accepter n’importe quoi. Dans un reportage sur place, une journaliste de l’AFP cite le témoignage d’un ferrailleur qui vient de Besançon : « Ici c’est boulot dodo pour 10,50 euros de l’heure. Les 3×8, c’est du volontariat, mais en fait, vu la crise, on n’a pas le choix« , dit-il. Selon ce reportage, « le taux d’accident du travail par rapport au nombre d’heures travaillées est deux fois supérieur à l’objectif fixé par la direction d’EDF, avec un niveau toutefois plus ambitieux qu’habituellement dans le bâtiment ».

Les élections régionales doivent être une nouvelle occasion pour mettre l’EPR et les forces politiques qui le soutiennent en accusation !

Il est temps d’arrêter ce chantier, d’investir massivement dans les énergies renouvelables et de sortir du nucléaire !

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