Iran : manifestations contre la dictature

 

Les manifestations contre la dictature à Téhéran et dans d’autres villes du pays ont réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes. La répression a été très dure.

Les infos et les images qui nous parviennent montrent la violence de la répression mais aussi la détermination des manifestants. Le « Guide suprême », Ali Khamenei, n’est pas épargné et les manifestants appellent à son renversement, à l’égal d’Ahmadinejad. Selon des témoignages recueillis par la presse internationale, la peur commence à changer de camp : les milices bassidji, fer de lance de la répression, commencent à craindre ce mouvement massif, populaire et déterminé.

Nous sommes aux côtés de ceux et celles qui luttent en Iran contre la dictature, femmes, jeunes, travailleurs. Eux tous, elles toutes, doivent pouvoir compter sur le soutien des peuples du monde entier. 

On lira ci-dessous l’article paru dans « Tout est à nous », l’hebdo du NPA, le 17 décembre dernier. Pour mieux comprendre la situation en Iran, rendez-vous sur le site Europe solidaire sans frontières http://www.europe-solidaire.org/spip.php?rubrique407

Iran : la résistance ne désarme pas…

Six mois après le coup d’État électoral du président Ahmadinejad, malgré une féroce répression, la contestation continue. Arrestations, tortures, viols de prisonniers, disparitions et meurtres.

Le régime tente par tous les moyens de mettre fin à l’agitation. Les simulacres de procès se sont soldés par cinq condamnations à mort et neuf à vie. Certains prisonniers condamnés à de longues peines voient leur jugement révisé en condamnation à mort. Selon les organisations humanitaires, 19 détenus d’opinion, dont 14 Kurdes, attendent leur pendaison.

À la pointe du mouvement, les étudiants saisissent toutes les occasions pour exprimer leur rejet des deux personnages principaux de la République islamique, le président Ahmadinejad et le Guide de la révolution Ali Khamenei. Ils détournent les commémorations officielles, comme celle du 7 décembre, en mémoire des trois étudiants tués, en 1953, lors d’une manifestation après le coup d’État organisé par la CIA contre Mossadegh. Ce 7 décembre, les étudiants ont massivement manifesté dans tout le pays et toutes les universités. Les slogans ont pris pour cible Ali Khamenei et, pour la première fois, ses portraits ont été brûlés. Depuis, la télévision montre en boucle des manifestants brûlant une photo de l’ayatollah Khomeyni, le fondateur disparu de la République islamique. Pour les étudiants, ces images ont été fabriquées pour justifier la répression.

Les Gardiens de la révolution (Pasdaran), branche paramilitaire dépendant directement du Guide de la révolution, multiplient les déclarations menaçantes. Elles s’adressent à tous ceux qui veulent en finir avec la République islamique ainsi qu’aux dirigeants de l’opposition réformatrice « verte », l’ancien président du Parlement, Medhi Karoubi, et l’ancien Premier ministre, Mir Hossein Moussavi. Les rumeurs sur l’arrestation proche de Moussavi ne font qu’enfler. Les Pasdaran tentent de confiner les manifestations dans les enceintes universitaires.Ainsi, dimanche 13 décembre, ils ont encerclé le campus de l’Université de Téhéran, prenant au piège des centaines d’étudiants. Aux manifestations étudiantes s’ajoutent les rassemblements réguliers des mères endeuillées qui ne cessent de manifester courageusement leur opposition au régime et bénéficient d’une grande sympathie de la population.

Tout cela dans un climat social et économique particulièrement dégradé avec de nombreuses grèves, dispersées du fait de la répression et de l’absence d’organisations syndicales indépendantes. Karoubi et Moussavi viennent de demander l’autorisation d’organiser une grande manifestation pour dénoncer la destruction des photos de Khomeyni mais aussi le rôle joué par les médias officiels. Si elle se tient, cette manifestation sera une nouvelle épreuve de force. Face à cette crise multiforme, la brèche ouverte au sein du pouvoir est de plus en plus profonde. Les Pasdaran et le clergé qui soutient encore Ahmadinejad et le Guide se divisent sur la stratégie à suivre.

Le bras de fer imposé par la population provoque des remous, y compris au sein de l’armée régulière. Dans ce contexte, ceux qui, au sein du régime et du camp « conservateur », veulent instaurer la loi martiale et écraser la contestation veulent aller vite. Plus que jamais celles et ceux qui luttent pour la liberté, l’égalité et la justice sociale doivent pouvoir compter sur la solidarité internationale.

Babak Kia, « Tout est à nous », 17 décembre 2009

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