Luttes pour les salaires

 

Les conducteurs de trains de la ligne A du RER réclament une prime mensuelle de 120 à 150 euros. Les routiers réclament 4 % d’augmentation des salaires et menacent de bloquer les entrepôts de la grande distribution. Dans un contexte où la grande majorité des salariés sont mécontents de leur salaire.

Une enquête par sondage réalisée par l’Insee auprès de 30 000 salariés l’affirme : les salariés sont mécontents de leur salaire (à lire sur le site de l’Insee, insee.fr, « Insee Première » n°1270, décembre 2009). Certes, ce n’est pas un scoop ! Pourtant, cette enquête n’est pas dénuée d’intérêt, bien au contraire. Son intérêt principal se situe dans le chiffrage, par les personnes interrogées, de l’écart entre le salaire réellement perçu et le salaire qui serait considéré par elles comme « normal ». Cet écart est, en moyenne, de 426 euros par mois. Autrement dit : un salarié estime qu’il devrait gagner en moyenne 426 euros de plus par mois, étant donné son expérience, sa qualification, la pénibilité du travail, etc… La moitié des salariés place ce « déficit » de salaire à 330 euros par mois ou moins, l’autre moitié à 330 euros voire plus. C’est dire combien les travailleurs estiment être mal payés !

La crise économique, avec ses cortèges de licenciements, peut restreindre la combativité des travailleurs pour exiger l’augmentation des salaires. Mais le répit, pour le patronat, peut n’être qu’à durée limitée, surtout quand les grands groupes, notamment les banques, annoncent le retour des profits et des stock-options. Les luttes actuelles pour les salaires sont donc de bonne augure.

Elles montrent une fois encore l’arrogance de la droite et du Medef qui s’insurgent contre les grèves dans les transports collectifs et exigent un « renforcement du service minimum », c’est-à-dire de nouvelles restrictions sur le droit de grève.

Elles montrent le cynisme du patronat du transport routier, responsable d’une véritable surexploitation des salariés, qui n’hésite pas à demander à l’Etat de mettre la main à la poche pour payer les augmentations de salaires à sa place.

Elles montrent enfin l’hypocrisie de ce gouvernement prêt à réduire de 100 millions d’euros la facture « taxe carbone » des entreprises de transport, comme le ministre Bussereau l’a annoncé mercredi 9 décembre. Les salariés sous-payés qui doivent prendre leur automobile pour rejoindre leur lieu de travail peuvent bien payer, eux !

Le cycle infernal de la baisse de la masse salariale

Alors que les salaires stagnent, l’emploi baisse. Encore 81 000 emplois en moins dans le secteur « concurrentiel » au troisième trimestre 2009. Ce qui fait 410 000 emplois détruits en un an. Du coup, depuis le début de cette année, la masse salariale totale baisse, une première depuis 1949 selon les statistiques de l’Insee, à l’exception du 2ème trimestre 1968 marqué par la grève de plus de six millions de personnes et l’arrêt du versement des salaires ! La baisse de la masse salariale frôle les 2 % au troisième trimestre 2009 par rapport au troisième trimestre 2008.

La conséquence immédiate est le ralentissement des recettes de la Sécurité sociale, la baisse d’un point de pourcentage de la masse salariale équivalant à deux milliards d’euros de recettes perdues par la Sécu. Bref, pour la grande majorité de la population, la crise est toujours là, et même elle s’aggrave.

Pour s’en sortir, une seule solution : les luttes, pour l’augmentation des salaires et pour l’arrêt des licenciements.

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