ST Ericsson : 600 suppression d’emplois en plus. La lutte pour la sauvegarde du site de Colombelles continue.

 

ST Ericsson, coentreprise de ST Microelectronics (dont l’Etat français est actionnaire) et de Ericsson, entreprise suédoise, vient d’annoncer la suppression de 600 emplois, en plus des 1200 déjà prévus. Le site de Colombelles est menacé de fermeture.

L’annonce de la suppression de 600 emplois supplémentaires s’inscrit dans une restructuration en cours visant à « améliorer la performance financière et la compétitivité sur les marchés », comme l’écrit ST Ericsson dans un communiqué. Comme toujours dans les plans d’amélioration de la compétitivité, ce sont les salariés qui trinquent. La direction de ST Ericsson estime cyniquement l’économie réalisable à 115 millions de dollars.

Avec d’autres travailleurs du groupe à travers le monde, les 114 salariés du site de Colombelles sont sur la sellette depuis plusieurs mois. Le groupe voudrait fermer l’établissement mais les salariés, en majorité des ingénieurs, refusent la liquidation. Le 10 novembre, ils manifestaient à Paris avec les autres salariés de la filière électronique (NXP, Freescale, Amtel, Altis Semiconductors…). Après avoir réclamé l’intervention des pouvoirs publics, les salariés se sont tournés vers la justice. Le 26 novembre, ils étaient au TGI de Caen, où ils avaient assigné la direction de l’entreprise, demandant la suspension du plan social. Les salariés ont montré à plusieurs reprises que rien ne justifie la fermeture d’un site qui marche bien, sinon la volonté, en délocalisant, d’accroître les profits pour les actionnaires. Le jugement sera rendu le 14 janvier 2010.

Force est de constater que les légitimes demandes d’intervention des pouvoirs publics n’ont pas abouti. Comment s’en étonner ? Ce gouvernement est celui des intérêts des possédants qui multiplient les licenciements pour sauvegarder leurs profits. Le ministère apportant un soutien de fait à ST Ericsson et aux autres patrons de la filière électronique, la Région doit maintenant intervenir. Dans le débat électoral qui s’annonce, le NPA proposera que le Conseil régional arrête de subventionner les entreprises privées et consacrent des moyens au maintien des emplois et des sites abandonnés par leurs actionnaires, sous contrôle public et sous contrôle des salariés. Le Conseil régional doit aussi réclamer l’expropriation des actionnaires.

Les travailleurs n’auront pas de répit tant qu’ils n’auront pas imposé l’interdiction des licenciements. Cette avancée ne pourra voir le jour qu’à la suite d’un grand mouvement « tous ensemble ». La manifestation des travailleurs de l’électronique, le 10 novembre dernier, est une première étape pour cette branche. Dans l’agglomération caennaise, la convergence des luttes des ST Ericsson, Renault Trucks, Valéo, PSA, Schneider est aussi une nécessité. Ensemble, les travailleurs peuvent faire reculer les patrons. Seuls dans leur coin, ils risquent de passer chacun à leur tour dans la moulinette des plans « d’amélioration de la compétivivité ».

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