Les femmes ne paieront pas la crise

 

La manifestation pour les droits des femmes a rassemblé 15 000 personnes à Paris samedi 17 octobre. Avec le soutien d’une centaine d’organisations, les manifestant-e-s ont crié leur refus de voir les femmes, les plus exploitées et les plus opprimées, faire les frais de la crise du capitalisme.

Le cortège était organisé selon les thèmes de la manifestation : autonomie, égalité, dignité, solidarité, laïcité et libertés. Tout au long du cortège, de nombreux collectifs militants, surtout des associations féministes, ont rappelé les exigences des femmes, thème par thème.

La dénonciation de l’inégalité entre sexes était particulièrement présente. En effet, l’exploitation capitaliste s’articule avec l’oppression patriarcale pour mettre en place la division sexuelle et sociale de l’humanité, qui, en assignant les femmes prioritairement à la famille, permet au patronat de bénéficier d’une main-d’œuvre toujours moins chère.

Certes, aujourd’hui, les classes dominantes et les gouvernements de droite ne se donnent pas pour objectif de renvoyer au foyer le plus grand nombre de femmes possible, comme cela pouvait être encore le cas il y a une quinzaine d’années. L’objectif de la « Stratégie européenne de l’emploi », mise en avant par la Commission européenne, est au contraire de contribuer à augmenter le taux d’activité des femmes. Mais cet objectif est explicitement lié à celui de l’extension maximale de la précarité et du temps partiel. Il est aussi inséparable de toutes les politiques de « travail forcé » qui dans tous les pays « incitent » les chômeurs à prendre n’importe quel boulot précaire et mal payé. En France, la mise en place du RSA est un élément clé de cette politique. Cet objectif d’intégration des femmes dans le marché du travail sur des emplois précaires et sous-payés s’accompagne aussi de la tentative de reculer l’âge de la retraite.

Le combat pour l’égalité et pour les droits des femmes, contre l’oppression patriarcale, est donc inséparable du combat pour abattre le capitalisme.

Grâce au Planning familial, qui avait organisé un départ collectif en car, une quarantaine de manifestant-e-s du Calvados ont rejoint la manifestation parisienne. En tête de manifestation, les dirigeant-e-s des principales organisations politiques de gauche et des syndicats ont fait eux-aussi le déplacement. Cependant, derrière les associations féministes, les cortèges de ces organisations étaient bien maigres, à l’exception de celui du NPA, de loin le plus important. Comme si, au-delà des déclarations d’intention, aller un samedi après-midi à une manifestation pour les droits des femmes ne va pas encore de soi…

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