Caen. Chômage, précarité, Stop !

18 août 2009

Un tract de la commission chômage-précarité du NPA de Caen :

CHÔMAGE – PRÉCARITÉ : STOP ! EXIGEONS NOTRE DÛ !

C’est une véritable explosion du chômage que provoque la crise du capitalisme. Le gouvernement se moque de nous lorsqu’il annonce la « sortie du tunnel » et la reprise économique. Pôle emploi se moque de nous en faisant croire qu’il y a des offres d’emplois, en multipliant les pressions et les radiations.

La réalité, c’est : entre fin aout 2008 et fin juin 2009, le nombre d’inscrits à Pôle emploi dans toute la France a crû de 560 000. Il y a plus de 3 600 000 chômeurs. Les offres d’emploi sont toujours plus rares, la plupart sont des petits boulots sous-payés, des offres d’emplois « bidons ». La majorité des chômeurs n’ont que des miettes pour vivre.

Les grandes entreprises continuent de se restructurer, avec l’aide des pouvoirs publics qui leur distribuent des milliards et donnent leur feu vert aux licenciements. L’emploi diminue pour accroître la rentabilité, maintenir les profits qu’amasse une minorité d’actionnaires. Les charrettes de licenciements aggravent chaque jour la situation, et dans les agences de Pôle emploi, l’accueil des chômeurs ne suit pas, faute de moyens, faute de personnel, faute de véritables offres d’emploi.

Nous ne sommes pas seuls ! Nous sommes nombreux !

Pour s’en sortir, il n’y a pas d’autres solutions que lutter TOUS ENSEMBLE !

– Le NPA réclame 1 500 euros par mois, au minimum, pour tous et pour toutes, avec un emploi ou pas.

Ce n’est pas avec le RSA et des allocations de misère qu’on peut vivre correctement.

– Le NPA réclame l’interdiction des licenciements, le maintien des emplois financé par les profits réalisés dans les grands groupes. Le NPA soutient les luttes des salariés contre les fermetures d’entreprises, et pour faire payer le plus cher possible les licenciements, comme à Continental, où les travailleurs ont arraché une prime de licenciement de 50 000 euros.

– Le NPA réclame la baisse du temps de travail : travailler moins pour travailler tous !

Devant la faillite du « Titanic » Pôle emploi, des offres d’emplois « bidons », du boom des licenciements, venez résister avec nous !

Ensemble, avec les salariés mis en chômage partiel ou menacés de licenciement (dans l’agglo de Caen : RVI, VALEO, BOSCH, PSA, ST ERICSSON, SCHNEIDER…), avec les syndicats, partis et associations unis pour faire respecter nos droits, préparons des marches contre le chômage, contre la précarité, contre les licenciements. Créons partout des comités de mobilisation !

Août 2009


Télécharger le tract au format pdf… ici


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Caen Jeunes. Faut-il défendre l’Université ? – Entre contraintes marchandes et utopie académique, par Daniel Bensaïd

18 août 2009

 

Après l’adoption durant l’été 2007 de la loi LRU, dite d’autonomie des universités, nombre d’universitaires, choisissant d’ignorer le caractère orwellien de la rhétorique sarkozyste, ont complaisamment confondu le mot et la chose : en Sarkozie, l’autonomie, c’est l’hétéronomie ; et la loi Pécresse, l’autonomie contre l’autonomie : moins de pouvoir pédagogique aux enseignants, plus de pouvoir bureaucratique et administratif, plus de dépendance envers les financements privés et les diktats du marché. Il y a plus de dix ans, l’Areser (Association de réflexion sur les enseignements supérieurs et la recherche) dénonçait déjà la confusion entre autonomie concurrentielle et liberté académique : « L’invocation de l’autonomie des universités est devenue aujourd’hui une arme administrative pour justifier le désengagement global de l’Etat et pour diviser les établissements concurrents entre eux du point de vue de la distribution des moyens financiers ».

L’autonomie sauce bolognaise

Au lendemain de Mai 68, les ministères Faure et Guichard détournaient l’aspiration du mouvement contestataire au profit d’une « adaptation de l’université aux besoins de l’économie capitaliste : « Les mots clefs de cette reconversion sont l’autonomie et l’autogestion. Il s’agit de réduire le “corps dans l’Etat”, qu’était l’Université traditionnelle nantie de ses franchises, à une série d’unités associées aux économies régionales et de ramener le mouvement étudiant à un corporatisme provincialisée. » L’autonomie proclamée par les rénovateurs était déjà un prétexte pour « mettre fin à l’autonomie périmée de l’université libérale et pour ouvrir l’université à ses usages patronaux » [2]. C’est ce que signifiait en clair la formule alléchante « d’ouverture aux forces vives de la nation ». De réforme avortée, en réforme abrogée, il aura fallu quarante ans pour y parvenir. L’Europe libérale et le processus de Bologne aidant, nous y sommes.

Lire la suite sur le site d’Europe Solidaire Sans Frontières


Rentrée sociale : quels plans d’actions ?, par Dominique Mezzi

3 août 2009

Pas de répit cet été : chaque jour apporte son lot de destructions sociales. La rentrée appelle une stratégie de lutte préparée.

Ls menaces d’explosions sont-elles des actions de désespoir ou l’annonce d’une révolte qui pourrait s’étendre ? Peut-être les deux. En l’absence de perspectives des confédérations syndicales, dont le front commun lézardé se refusait de toute façon à soutenir les luttes locales (même quand elles avaient un écho national), les salariés ripostent comme ils peuvent. Mais la question est posée : quel plan d’actions pour une rentrée sociale dure ?

La menace de licenciements et de dégradations graves des revenus et des salaires est quasi générale, qu’il s’agisse de sous-traitants ou de grands groupes, d’intérimaires ou de salariés en CDI. Près de 50% des entrées au chômage proviennent d’emplois détruits. Le mouvement difficile des chômeurs des années 1990 touchait surtout les chômeurs âgés et de longue durée. Aujourd’hui, c’est toute l’assise du salariat qui s’affaisse. C’est pourquoi les Etats généraux du chômage et de la précarité, qui se sont tenus le 17 mai dernier, se sont adressés à tous les salariés (des syndicalistes de Caterpillar et de l’équipementier Tyco étaient présents) pour « contester la légitimité » même des licenciements et bâtir une « législation pour rendre le droit à l’emploi effectif » fondée sur la « continuité des droits : contrat de travail, obligation de reclassement », avec financement par un « fonds patronal mutualisé ». La déclaration appelle à reprendre le combat pour la réduction du temps de travail et pour les services publics. Elle propose des « marches régionales » unissant tout le monde, culminant le 5 décembre. Ce projet fédérateur pourrait-il redonner un début de perspective aux combats éparpillés ? Cela supposerait une forte unité syndicale, qui retrouverait un sens national, après les journées calamiteuses du 26 mai et 13 juin. Mais on ne peut exclure que la résistance sociale se fraye une autre voie. Plusieurs tentatives de rapprochements dans l’action entre salariés victimes de licenciements montrent l’attente de coordination, qui devrait être l’objectif urgent de l’intersyndicale nationale. Les Continental ont manifesté avec Goodyear, un « collectif de résistance » se met en place dans la Meuse. Les New Fabris appellent les entreprises à se rassembler à Châtellerault le 30 juillet.

Primes ou emplois ? Dans un communiqué prenant ses distances avec New Fabris, la confédération CGT met la priorité sur la « sauvegarde de l’emploi », plutôt que l’obtention d’« indemnités ». Certes, la bataille de l’emploi paraît bifurquer vers la recherche de primes de départ dans la dignité, quand les salariés sont sans alternatives. Mais le mot de « prime » recèle des sens sociaux différents. Les 50 000 euros des Conti ont marqué les esprits, mais ils ont surtout obtenu un quasi maintien de leurs salaires pendant plusieurs années (jusqu’en 2012). Ne faut-il pas agir pour généraliser ce fonds salarial arraché à la multinationale, pour toutes les situations d’emplois menacés ? Faire payer les dividendes par une cotisation assurant les salaires : voilà un objectif clair. Il permettrait aussi de tracer un pont entre l’emploi et la question salariale, sans les opposer. Car le thème du « partage de la valeur ajoutée », dont Sarkozy s’est emparé avec démagogie, va revenir sur le devant de la scène.
Enfin, dès septembre, la défense des services publics sera au cœur d’une bataille unitaire, sous l’égide d’un large front (syndicats, partis, associations), qui organise un référendum contre la privatisation de La Poste le 3 octobre.

Dominique Mezzi, 1er août 2009