Bosch Mondeville : non au chantage aux licenciements, maintien de 100 % des salaires

30 juillet 2009

 Se faisant les porte-parole des dirigeants du groupe Bosch, deux ministres ont fait le déplacement à Caen pour expliquer qu’il vaut mieux être au chômage partiel avec 92 % de son salaire seulement, largement payés par l’Etat, qu’être licencié.

Le NPA leur répond qu’il vaut mieux encore conserver 100 % de son salaire, payé par l’employeur et non sur fonds publics. Et, chez Bosch, avec qui le gouvernement a signé une convention « d’activité partielle de longue durée », c’est possible. Car, malgré la crise, le groupe Bosch a fait près d ’un milliard de profits en 2008, après 3,8 milliards en 2007 et 3,1 milliards en 2006. Le groupe se plaît même à vanter sa « situation financière solide », avec des « liquidités de l’ordre de 8 milliards d’euros fin 2008 » (communiqué du groupe, avril 2009) ! Bosch n’est pas au bord de la faillite, au contraire Bosch a beaucoup d’argent !

Alors pourquoi l’Etat, au travers du chômage partiel imposé par Bosch, doit-il payer une partie des salaires des travailleurs de Bosch à la place de l’entreprise, de plus sans avoir son mot à dire dans la gestion de l’entreprise ?

Bosch fait un véritable chantage aux licenciements pour faire payer la crise aux autres :

-aux travailleurs précaires, CDD et intérimaires, en les virant purement et simplement,
-aux autres travailleurs, en leur imposant de fait une baisse de revenu de 8 %,
-à la population, en se servant dans les fonds publics, avec la complicité du gouvernement.

De plus, subventionné par l’Etat, Bosch licencie quand même : ainsi l’établissement Bosch de Beauvais doit fermer fin 2009 (230 salariés), et les salariés qui n’auront pas été reclassés d’ici là seront licenciés. D’autres sites sont menacés.

Le NPA réclame :

-l’arrêt des conventions « d’activité partielle » financées par l’Etat,
-l’interdiction des licenciements et le maintien des salaires à 100 % à la charge des employeurs,
-l’ouverture des livres de comptes pour que l’ensemble des travailleurs aient une vraie connaissance de la situation des entreprises,
-la mise sous contrôle public et sous contrôle des salariés des groupes qui licencieraient quand même ou baisseraient les salaires d’une manière ou d’une autre.

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NPA Caen Jeunes. Livre vert sur la jeunesse : un alibi à la précarité

30 juillet 2009

 

Le livre vert de la commission sur la jeunesse, présidée par Martin Hirsch, a été rendu public le 7 juillet. Il prétend apporter des solutions à l’insertion des jeunes. En réalité, il va généraliser la précarité dans la jeunesse et l’ensemble du salariat.

Les jeunes figurent parmi les premières victimes de la crise. Depuis un an, le chômage des 18-25 ans a augmenté de 32%, pour atteindre 23,5%. C’est presque trois fois plus que les chiffres touchant les 25-49 ans. Une grande partie des intérimaires licenciés ces derniers mois étaient des salariés de moins de 30 ans. Et, à la rentrée, de nombreux jeunes diplômés vont venir allonger les files d’attente au Pôle emploi.

Face à cette situation désastreuse, la commission Hirsch propose le doublement des contrats d’apprentissage d’ici 2015. Déjà, en mars dernier, le gouvernement annonçait le déblocage de 1,5 milliard d’euros pour l’embauche de 100 000 jeunes en contrat d’alternance pendant deux ans. Autrement dit, l’Etat finance des jobs sous-payés et les entreprises signant le contrat sont exonérées financièrement. Le développement de l’apprentissage est présenté comme le moyen de fournir des ressources aux jeunes durant leur formation. Cela doit être replacé dans le contexte de « professionnalisation » mise en place ces dernières années, visant à rendre les formations professionnelles moins qualifiantes, tout en dévalorisant les diplômes.

Autre proposition de la commission, la création d’une « dotation autonomie » de 4 000 euros maximum, afin d’aider au financement de la recherche du premier emploi. Cette dotation serait partiellement remboursable, mais nul ne sait dans quelle proportion.

Une éventuelle extension du RSA aux jeunes salariés de moins de 25 ans est également à l’étude. Selon Martin Hirsch, ce « RSA jeunes » ne serait pas un véritable RSA, il aurait des applications différentes dans son contenu et son montant. Mais là n’est pas la question. Le RSA fait passer de petits contrats (dix heures par mois) pour de véritables emplois. Au-delà de deux refus d’offre d’emploi, le RSA est supprimé et l’allocataire se retrouve sans revenu. Bien que les moins de 25 ans n’aient pas accès aux allocations chômage, l’extension du RSA aux jeunes salariés serait un facteur de développement de la précarité, en généralisant le salariat pauvre et les contrats précaires.

Le livre vert propose également la mise en place d’un livret d’orientation, afin de « valoriser les compétences » acquises par les jeunes durant leur apprentissage : acquisition d’une langue étrangère dans le cadre familial, stages, rencontres… Les annotations du livret de compétences risquent fort de constituer un outil de classification des salariés pour assurer un suivi par l’employeur. Là encore, il s’agit de dévaloriser les diplômes reconnus par les conventions collectives, en contournant celles-ci.

Le gouvernement veut aller vite. Une loi de programmation et d’orientation pour la jeunesse mettant en application les recommandations du livre vert est prévue pour l’automne. Ce que propose Martin Hirsch, c’est un développement généralisé de la précarité, sous couvert de solidarité envers les jeunes victimes de la crise. Face à cela, il faudra construire des mobilisations à la hauteur des enjeux et apporter nos propres réponses. Nous exigeons l’interdiction de tous les contrats précaires, y compris le RSA, et nous voulons l’indemnisation de toutes les formes de précarité, par un revenu égal au Smic (porté à 1500 euros). Nous exigeons l’instauration d’une allocation d’autonomie pour tous les jeunes de 16 à 25 ans permettant de vivre et de se former librement. Non à la « professionnalisation » dévalorisant les diplômes ! Nous voulons des formations reconnues nationalement dans les conventions collectives.


Appel à soutien des salariés de Valeo en lutte

20 juillet 2009

Depuis mercredi 15 juillet 2009 à 9h30, les salariés de l’usine Valeo de Mondeville sont en grève pour dénoncer les agissements de la direction du site dans le cadre d’un plan social mis en place sur le site de Mondeville. 116 postes seront supprimés sur les 480 postes existant soit presque 1/4 des salariés. Dans le cadre de ce plan social, la Direction propose des primes de départs volontaires allant de 30.000 à 45.000 € uniquement aux salariés justifiant de l’obtention d’un CDI dans une autre société. Pour les autres salariés qui seront licenciés, la Direction ne donnera que des miettes pouvant monter jusqu’à 12.000 € et, de plus, se retrouveront au chômage. Les salariés refusent en masse ce principe de la double peine. Les salariés ne veulent pas être licenciés, se retrouver au chômage et quitter la société sans le sou. Les salariés réclament que ceux qui seront licenciés partent avec les mêmes indemnités que les salariés volontaires, ainsi que ceux qui partiront à la retraite ou pour un projet de vie. Les salariés, déjà victimes de la crise, impactés par du chômage partiel, sous le coup d’un plan social, ne veulent pas, dans un avenir proche, se retrouver au chômage dans le dénuement le plus total. De plus, la Direction du site a mis au tribunal 44 salariés grévistes pour leur participation au mouvement de blocage du site. Nous donnons donc RDV à la population pour nous soutenir mercredi 22 juillet à 10h devant le tribunal de CAEN place Fontette. Nous sommes tous impactés par la crise économique, mais si vous souhaitez soutenir les salariés de Valeo à Mondeville, n’hésitez pas à passer pour apporter votre soutien moral aux salariés qui réclament ce qu’ils estiment être un dû pour les années passées à servir leur entreprise.

CGT et CFDT VALEO, le 20/07/2009


La Poste de Lisieux en grève

12 juillet 2009

Communiqué commun de tous les facteurs en grève ce matin, 8 juillet 2009.

Sous prétexte de baisse du trafic et de crise économique, la direction de La Poste de Lisieux voudrait convaincre les facteurs d’accepter des conditions de travail inacceptables. On nous demande de faire 20 minutes de travail supplémentaire (appelé : tournée sécable) chaque jour cet été sans aucune rémunération ! Oui, vous avez bien lu, la direction de La Poste de Lisieux demande de faire du bénévolat. Ces 20 minutes représentent une tournée bien définie partagée entre plusieurs facteurs. Bien sûr, c’est 20 minutes d’après la direction, mais les facteurs le disent : cela représente au total 30 à 35 minutes de plus.

Cela permet à La Poste de ne pas embaucher de saisonniers pour le remplacement des facteurs en vacances, donc de faire des économies sur le dos des facteurs.
Mercredi 8 juillet les facteurs de Lisieux et Cambremer était appelé à manifester devant le centre de tri de Lisieux.Il y a eu une participation historique :95% de postier en grève pour Lisieux et 100% pour Cambremer;tous réuni devant le centre de tri.
Nous sommes arrivés à 6h30 devant le centre de tri pour faire un piquet de grève dans l’espoir de pouvoir discuter avec le directeur d’établissement de Lisieux et un représentant de la DOTC de Caen(qui par ailleurs n’ai ps venu).
Nous avons invité le directeur d’établissement de Lisieux à ce joindre à nous autour d’un café et d’un croissant(amené par nos soins) pour pouvoir discuté de la solution à envisagé pour ne pas pénaliser les usagers .Celui ci n’est venu qu’ à 8h00 accompagné d’un huissier de justice.La Poste nous dit qu’il faut faire des économies mais celle ci dépense 200 euros pour un huissier de justice !!!!!La poste a de drole de facon de faire des économies!!!!
Notre but n’est pas de pénaliser les usagers mit en cause par cette sécabilité imposé, mais bien de trouver une solution au plus vite.Nous avons fait la proposition d’une embauche de 4 CDD,mais cette proposition a essuyé un refus.
Après de longues discutions le résultat est toujours nul.
Les facteurs grévistes ont décidé et prévenu le directeur d’établissement qu’ils reprendraient le travail demain (le 9 juillet )mais qu’ils  n’ amèneraient pas  la partie supplémentaire (sécable).

Les facteurs de Lisieux et Cambremer

grève cengtre de tri lisieux 080709


Rencontres unitaires : bilan d’étape

10 juillet 2009

Le NPA vient de rencontrer les forces de la gauche radicale et anticapitaliste. Premier tour d’horizon.

C’est la crise économique, les licenciements massifs, un taux de chômage sans précédent et qui va s’aggraver, la politique brutale de la droite néfaste à l’ensemble du monde du travail, pour sauvegarder les profits et les privilèges d’une minorité dans un système capitaliste en crise, qui conduisent notre politique unitaire. Elle vise à l’unité la plus large et sans exclusive dans les mobilisations; elle veut regrouper sur le plan politique les forces anticapitalistes, les forces combatives, qui seront déterminantes pour les luttes.

Dans cette perspective de mouvement d’ensemble, il s’agit de construire les leviers unitaires de mobilisation qui ont tant manqué, le semestre passé, face aux directions confédérales.

Le rôle du NPA est d’impulser, d’aider à forger ces cadres unitaires. A nous seuls, nous ne pouvons construire l’opposition sociale et politique dont la carence est l’une des clés de la situation actuelle.

Nous avons donc proposé aux forces politiques que nous avons vues de prendre ensemble nos responsabilités. Les Alternatifs, le Parti de gauche, la Fédération et, en partie, le PCF ont répondu positivement. A nous tous de mettre en œuvre les outils de la riposte sociale. Localement aussi, des rencontres seront nécessaires entre ces forces politiques pour ne pas en rester à des déclarations d’intention mais pour agir sur le terrain.

En ce qui concerne les régionales, le NPA a proposé, comme lors des européennes, un accord durable sur un programme écologiste, anticapitaliste, social et démocratique de rupture. Ce qui implique un rassemblement indépendant politiquement du PS et la volonté de battre la droite au pouvoir sans passer des accords de gestion avec des formations dont nous ne partageons pas le programme.

Ces rencontres diverses et les déclarations communes qui émanent permettent d’acter les points de convergences et les désaccords avec les forces politiques concernées. On voit bien que c’est la relation au PS qui pose problème. C’est particulièrement clair avec le PCF, qui n’a pas renoncé à des majorités de gestion avec les socialistes. Cela le conduit à accepter, dans les conseils régionaux, des politiques contraires à ce que défendent ses militants, comme subventionner des entreprises privées…qui licencient !

Contrairement à ce que racontent certains médias décidément « bien intentionnés » à notre égard, rien n’est fait. Rien n’est acté, avec personne. Les différentes déclarations qui font le point sur ces réunions sont accessibles sur ce site Internet ou sur le site national du NPA.

A notre université d’été, aura lieu un débat sur la question : toutes ces forces politiques sont invitées. Les militantes et les militants, nos lecteurs et nos sympathisants, ont toutes les cartes en main pour débattre. Après d’indispensables discussions sur l’ensemble des problèmes posés, nous trancherons.

Il n’y a aucune urgence. Le conseil politique national du NPA fera le point en septembre et nous rendrons compte, notamment dans les colonnes de « Tout est à nous », notre hebdomadaire, de l’état d’avancement des discussions.


Explosion du chômage : préparer la mobilisation

9 juillet 2009

 

C’est une véritable explosion du chômage que provoque la crise du capitalisme. Entre fin août 2008 et fin juin 2009, le nombre d’inscrits à Pôle emploi a crû de 562 000 pour atteindre 3 634 800 (1). Le Medef s’y prépare à sa manière. La mobilisation est à l’ordre du jour.

Après François Chérèque, de la CFDT, qui avait dit craindre 1 million de chômeurs de plus en 2009, c’est Xavier Darcos, nouveau ministre du travail, qui pronostique une croissance de 800 000 chômeurs. En mai, Pôle emploi tablait sur une augmentation de 639 000 chômeurs de plus en 2009 (catégories A, B et C et dispensés de recherche d’emploi).

Pour le Medef, cette situation est une aubaine : il veut en profiter pour accélérer la déréglementation du travail et faire accepter de nouveaux reculs sociaux. Première étape : un projet « d’accord » pour la facilitation du chômage partiel et l’ouverture du droit au « prêt » de salariés, présenté mercredi 8 juillet. Le projet du Medef permettrait de porter le contingent de chômage partiel autorisé de 800 à 1000 heures, et, surtout, d’étendre aux salariés du commerce et des services le « temps partiel par roulement », les entreprises continuant leur activité. C’est en quelque sorte l’introduction d’une « flexibilité interne » financée par l’Etat. Le projet du Medef entérine aussi le « prêt » de salariés entre entreprises, jusqu’à présent interdit, ou plus exactement réglementé dans le cadre de l’intérim. Un projet d’accord qui semble être accepté par certaines organisations syndicales, qui ne manqueront pas de nous expliquer que mieux vaut du chômage partiel (largement pris en charge par la collectivité) qu’une rupture du contrat de travail et qu’un licenciement, une argumentation en cohérence avec leur démission dans la lutte contre les licenciements. Pour le Medef, une deuxième étape serait de déréglementer totalement le recours à l’intérim, pour « faciliter la reprise ».

Réunis les 16 et 17 mai derniers, les Etats généraux du chômage et de la précarité réclamaient pour leurt part « le droit à un emploi de qualité pour tous et pour toutes ». Dans une déclaration finale, les Etats Généraux « [exigent] une nouvelle législation sociale qui rende le droit à l’emploi effectif et soit fondée sur la continuité des droits : contrat de travail, obligation de reclassement, et financée par un fonds patronal mutualisé ». Bref, une loi interdisant les licenciements et faisant supporter par le patronat les coûts du maintien des emplois et des reclassements.

Les Etats généraux appellent chômeurs, salariés ayant un emploi, travailleurs précaires à s’unir et à se mobiliser pour organiser des « marches régionales contre le chômage » devant aboutir dans les grandes villes le 5 décembre prochain.

Le NPA, partie prenante des Etats généraux, s’adresse à l’ensemble des organisations syndicales, politiques et asociatives de gauche pour soutenir ensemble l’appel des Etats généraux et prendre des initiatives de mobilisation.

(1) Catégories A, B et C, en données corrigées des variations saisonnières. Le nombre total d’inscrits à Pôle emploi – catégories A, B, C, D et E – en données brutes non corrigées des variations saisonnières s’élève à 4 154 500. A noter que la « baisse du chômage » en juin annoncée par le gouvernement (-0,7%, -18 000 chômeurs) est purement fictive. En effet, le chiffre de -0,7% ne concerne qu’une catégorie, la catégorie A. Si l’on considère les trois catégories A, B et C, la hausse est de +0,3%. D’autre part, comme par hasard, les « sorties » des statistiques de Pôle emploi correspondant aux « cessations d’inscription pour défaut d’actualisation » ont bondi en un mois de 19%, ce qui correspond à plus de 200 000 radiations en juin pour ce motif, 33 000 de plus qu’en mai ! Comme quoi ce gouvernement est expert dans la manipulation des chiffres !   


Lire la déclaration des Etats généraux du chômage et de la précarité.

Lire les arguments du NPA pour l’interdiction des licenciements.



Après le bac : le chomage et la précarité ?

7 juillet 2009

 

Mardi 7 juillet, 620 000 lycéens auront leur résultat du bac. Les trois quarts, en enseignement général, et les deux tiers, en filières technologiques, auront le diplôme. Beaucoup iront en fac. Mais quel avenir après le bac ?

Le chômage des jeunes a augmenté de plus de 32% depuis un an. Les jeunes sont les premiers touchés par les emplois précaires, obligés souvent de passer par la case CDD ou intérim avant de trouver un véritable emploi correspondant à leur qualification. Ils sont aussi les premiers virés quand les entreprises, touchées ou non par la crise, licencient à tour de bras.

Les universités attaquées

Plus on est diplômé, moins on est touché par le chômage sur la longue durée. Un diplôme apporte un certain nombre de garanties, concernant le niveau de salaire, les conditions de travail et les droits. Pour combattre le chômage des jeunes, il faudrait donc un meilleur accès aux études, plus de moyens pour se former.

Le gouvernement fait exactement le contraire : ses réformes vident les diplômes de leurs contenus. Les licences « professionnalisantes » se multiplient. Ce sont des diplômes directement financés par une entreprise, pour ses besoins « à court terme »… Des diplômes pas reconnus par les autres entreprises, y compris du même secteur. Si les licences « professionnalisantes » permettent souvent de trouver un premier emploi dans les entreprises qui financent la formation, elles fragilisent les salariés sur le moyen terme.

Depuis 2003, les facs ont connu trois mouvements de grève étudiantes contre ces attaques. Cette année, trois mois de grève ne sont pas venus à bout des attaques, faute de liaison avec les travailleurs mobilisés de leur côté, les confédérations syndicales étant occupées à organiser les sempiternelles journées d’action sans lendemain. Dès la rentrée, les étudiants devront à nouveau s’organiser avec les enseignants et les personnels pour empêcher le gouvernement de détruire l’université publique, et avec tous les autres salariés, pour en finir avec ce gouvernement au service d’une infime minorité de la population.

Les jeunes travailleurs sacrifiés

Beaucoup d’étudiants échouent ou abandonnent en première année, notamment ceux qui sont obligés de travailler pour payer leurs études. Ils vont rejoindre tous ceux qui sont sortis du système scolaire, avec ou sans diplôme, et galèrent de boulot précaire en stage non rémunéré… Le gouvernement profite de cette situation pour accentuer le recul du droit à une formation de qualité pour tous, et faire plus de cadeaux à ses amis du patronat.

En effet, quatre décrets ont été publiés le 16 juin, prétendument contre le chômage des jeunes. Le premier exonère de cotisations sociales les entreprises embauchant des apprentis. Or, ces « charges » sont en fait une partie de nos salaires : c’est ce que l’employeur verse à la Sécu pour financer l’assurance maladie et les retraites. On fait des cadeaux aux riches, et ce sont les travailleurs qui devront trimer jusqu’à 65 ou 70 ans pour payer le déficit de la Sécu creusé par le gouvernement lui-même !

Les trois autres décrets accordent des primes pour les entreprises qui recrutent des jeunes de moins de 26 ans en contrat de professionnalisation, notamment s’ils n’ont pas le bac ou s’ils sont embauchés après leur stage. Or, en contrat de professionnalisation, les jeunes n’ont droit qu’à une formation- maison au rabais.

Le gouvernement estime que ça coûtera 446 millions d’euros… Et pendant ce temps, on nous dit qu’il n’y a plus d’argent ! 446 millions d’euros de cadeaux pour les employeurs d’un côté, et 13 000 suppressions de postes dans l’Education nationale de l’aiutre : voilà la politique du gouvernement.

Un apprenti ne touche pas le SMIC (25% pour un apprenti de moins de 18 ans en 1ère année, maximum 78% pour un apprenti de plus de 21 ans en troisième année). Son salaire est exonéré de « charges ». L’employeur peut le virer très facilement et donc lui mettre la pression pour lui faire faire ce qu’il veut (heures sup’ non payées, tâches qu’il n’est pas censé faire…). Si on ajoute les cadeaux faits cette année, on se demande bien pourquoi une entreprise irait embaucher un salarié à des conditions normales !

Le NPA demande au contraire :

-Des moyens pour l’Éducation, des diplômes de qualité et égaux sur tout le territoire !

-Une allocation d’autonomie pour tous les jeunes !

-La rémunération des apprentis à 100% du SMIC et l’arrêt des cadeaux aux entreprises !