Sarkozy et Fillon préparent d’autres mauvais coups…

 

C’est dans le faste, à Versailles, que Sarkozy s’est adressé aux députés et sénateurs réunis en congrès. Cette mise en scène qui a coûté fort cher (près de 10 000 euros la minute de discours) révèle l’évolution d’un système politique toujours moins démocratique, centré sur le rôle et les pouvoirs exorbitants du président de la République.

Dans une longue litanie démagogique, Sarkozy a fait semblant de s’apitoyer sur le sort des jeunes sans diplômes alors que sa politique détruit l’école de la maternelle à l’université, sur les conditions de détention des prisonniers alors que le pouvoir ne fait que remplir les prisons, sur la situation des salariés licenciés alors que les milliards d’aides publiques vont aux banques et au grand patronat.

Mais toutes les annonces concrètes promettent une aggravation des mesures antisociales et liberticides : allongement de l’âge de départ à la retraite, poursuite de la cure d’amaigrissement des services publics avec le non remplacement d’un départ sur deux, nouvelles mesures fiscales en faveur du patronat et des plus riches (suppression de la taxe professionnelle, emprunt d’Etat), volonté d’imposer la loi Hadopi.

La composition du nouveau gouvernement est en accord avec ce programme. C’est ainsi que Darcos est nommé au Travail après avoir supprimé des dizaines de milliers de postes dans l’éducation ; que l’intime de Sarkozy et spécialiste de la chasse aux immigrés, Hortefeux, se retrouve au poste clé de l’Intérieur ; et que Châtel, le représentant des PME, cumule la fonction de porte-parole du gouvernement avec le ministère de l’Education nationale où il aura pour mission d’imposer la contre-réforme du lycée.

Développer et coordonner les résistances par en bas

La conclusion est claire, Sarkozy et Fillon ne reculeront devant rien… si on les laisse faire. Mais contrairement à une certaine gauche parlementaire, qui ne critique toujours que les formes et ne propose pas une politique différente, les travailleurs victimes des plans de licenciements, eux, ne se laissent pas faire et résistent.

L’impasse des « journées d’action » appelées par les confédérations syndicales n’empêche pas des dizaines de grèves, de manifestations dans lesquelles la population se mobilise au côté des salariés menacés. Ainsi ces derniers jours, parmi d’autres mobilisations, les ouvriers de PTPM et de Continental ont manifesté ensemble à Paris devant le siège de PSA, 1 000 personnes ont défilé avec les Michelin à Montceau-les-Mines, et 800 dans la toute petite ville de L’Isle-sur-le-Doubs contre la fermeture de l’usine GFD.

Loin des salons de Versailles ou de Paris c’est là, dans les entreprises et dans la rue, qu’il sera possible d’imposer des reculs au patronat et au gouvernement, puis de changer les rapports de forces et d’ouvrir la voie à une autre politique. Jusqu’à présent, les luttes qui ont été menées n’y ont pas réussi (même si des concessions ont souvent été arrachées) parce qu’elles sont restées isolées, entreprise par entreprise, secteur par secteur. C’est ce qu’il faut maintenant changer, et c’est à cela que devrait aider toute la gauche politique, syndicale et sociale.

30 juin 2009

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