Obama : discours d’ouverture, réalité guerrière


« Les Etats-Unis ne sont pas en guerre avec l’Islam » a déclaré Obama devant la Grande Assemblée nationale de Turquie, point d’orgue de sa tournée en Europe.

Il signifie la fin des années Bush tout en réaffirmant les liens privilégiés des Etats-Unis avec la Turquie, membre de l’Otan, mais qui, en 2003, avait refusé de laisser l’armée américaine utiliser son territoire pour la deuxième guerre contre l’Irak. Il a aussi apporté son soutien à l’intégration de la Turquie à l’Union européenne : « L’Europe a toujours gagné par la diversité de ses peuples, de ses traditions, de ses croyances ; sa diversité ne l’a jamais affaiblie. L’intégration de la Turquie élargirait et renforcerait les fondations de l’Europe une fois de plus. » La Turquie tient, dans l’offensive qu’engagent les Etats-Unis, une place déterminante, à la frontière entre Orient et Occident, au carrefour des conflits et guerres en Palestine, en Afghanistan, au Pakistan, et même en Iran.

Car si le discours se veut ouvert au dialogue, soucieux de paix, dégagé de l’agressivité de Bush, s’il prétend négocier avec la Russie, rétablir des relations avec l’Iran, tracer le projet d’une nouvelle ère, la politique demeure bel et bien militariste, impérialiste. La guerre en Afghanistan reste la pièce maîtresse alors qu’Obama a confirmé l’objectif du retrait des troupes américaines d’Irak, d’ici 2011, sans pour autant en définir les conditions politiques. « Nous ne sommes pas en Afghanistan pour contrôler ce pays et décider de leur avenir à leur place » a-t-il affirmé en pleine contradiction avec la pression qu’il exerce sur ses alliés dans l’Otan pour envoyer 5000 hommes supplémentaires en complément des 17000 renforts américains. De retour à Washington, Obama a adressé à la Chambre des représentants « une requête supplémentaire […] pour un total de 83,4 milliards de dollars pour financer nos opérations militaires, diplomatiques et de renseignement » pour faire face à la dégradation de la situation en Afghanistan. « Nous sommes confrontés à une situation sécuritaire en Afghanistan et au Pakistan qui exige une attention urgente. Les talibans se renforcent et Al-Qaida menace l’Amérique depuis ses refuges le long de la frontière afghano-pakistanaise », écrit-il.

L’offensive pour dégager la diplomatie américaine des échecs de l’après 11 septembre 2001 n’a pour but que de défendre le leadership américain et les intérêts de la « famille occidentale » réunie dans l’Otan. L’exacerbation des tensions internationales produite par la crise mondiale ne peut qu’accentuer le militarisme.

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