Communiqué, déclaration et motions de la 9e Coordination Nationale des Universités (29 avril 2009)

30 avril 2009

 

Communiqué de la 9e CNU

Hier, mardi 28 avril 2009, trois mois après les premières manifestations, 20.000 personnes ont encore exprimé dans la rue leur opposition aux réformes du gouvernement qui découlent de la loi LRU et du pacte sur la recherche.

Face au mépris, aux déclarations mensongères, aux manœuvres en trompe-l’œil et aux choix délibérés de passage en force, les délégués représentant 64 établissements réunis en Coordination Nationale des Universités le 29 avril 2009 en Sorbonne ont voté la poursuite de la grève dans les universités et les laboratoires.

Le mouvement du monde de l’enseignement supérieur et de la recherche n’est ni minoritaire, ni près de s’arrêter. A ce jour, 49 universités retiennent les notes du premier semestre ; 51 universités sont en grève totale ou partielle ; 44 universités sont bloquées ; 14 universités ont appelé au boycott des jurys de baccalauréat.

La CNU se félicite de la convergence des luttes en cours pour la défense des services publics notamment les services de santé.

La communauté universitaire continue avec force et détermination à s’opposer aux réformes du gouvernement.

Déclaration de la 9e CNU

Les délégués de la communauté universitaire et de la recherche représentant 64 établissements, réunis le 29 avril 2009 à la Sorbonne pour la neuvième réunion de la Coordination des Universités née le 22 janvier 2009 réaffirment leur solidarité et leur opposition déterminée aux projets du gouvernement.

Persistant dans son refus de réelles négociations, le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a fait passer en force, pendant les vacances de printemps, les décrets sur le statut des enseignants-chercheurs, le CNU et le contrat doctoral unique. Il a d’ores et déjà annoncé qu’il ferait de même pour la réforme de la formation et du recrutement des enseignants des premier et second degrés. Le ministère s’est même opposé à la demande clairement formulée par la CPU concernant ce dernier point, au mépris des règles qu’il avait lui-même fixées concernant l’évaluation des maquettes par l’AERES. Ce déni des principes démocratiques nous renforce dans notre détermination.

Partout en Europe où ont été mises en place des réformes similaires dans le cadre du processus de Bologne (Italie, Grèce, Royaume-Uni, Allemagne, Autriche, Espagne…), ces dernières ont eu pour conséquence, à très court terme, des hausses massives de frais d’inscription, la précarisation des acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche, la disparition d’emplois techniques et administratifs, ainsi qu’une concurrence délétère entre les individus, les équipes et les établissements.

Nous réaffirmons que la crise actuelle que traversent l’université et la recherche tire son origine du Pacte pour la Recherche, de la loi LRU et de la Révision Générale des Politiques publiques. Pour cette raison, nous restons attachés à la plateforme de revendications dont tous les points sont liés et que nous avons maintes fois rappelée :
– Abrogation de la loi LRU et du pacte pour la Recherche.
– Retrait du projet de réforme de la formation et du recrutement des enseignants des premier et second degrés qui menace à très court terme le système public d’éducation
– Retrait du décret sur le statut des enseignants-chercheurs et le CNU
– Retrait du contrat doctoral unique
– Rétablissement des postes supprimés en 2009, mise en place d’un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires concernant l’ensemble de la communauté universitaire et résorption de la précarité.
– Opposition aux principes de dotation budgétaires (système SYMPA), qui mettent dès à présent en danger les filières technologiques universitaires (IUT, IUP, IUFM, etc…).
– Arrêt du démantèlement des organismes publics de recherche et réaffirmation de leur rôle d’opérateur de recherche
– Opposition aux mesures qui conduisent à la précarisation des étudiants (démantèlement du CROUS, augmentation prévisible des frais d’inscription, etc…).

Nous appelons à continuer la grève, à intensifier le mouvement et à :
– Ne faire remonter aucune maquette de master de formation des enseignants actant la réforme actuelle et refuser de les appliquer si elles sont imposées par le ministère
– Appeler au refus du vote des compétences élargies par les conseils d’administration des universités
– Faire voter par les conseils centraux des motions contre l’application de la modulation de service et refuser le cas échéant les évaluations personnelles prévues dans ce cadre.
– Refuser la mise en place des entretiens professionnels d’évaluation des personnels BIATOSS.
– Mettre un terme aux processus d’externalisation et de précarisation des personnels, notamment BIATOSS.
– Refuser les chaires d’excellence

En défendant les universités et les organismes de recherche, nous ne défendons pas seulement les universitaires mais un idéal démocratique et laïc opposé à celui du gouvernement (droit à la connaissance pour tous, droit de choisir sa filière sans discrimination financière ni territoriale, droit de s’engager dans des études qui n’ont aucune rentabilité immédiate mais qui sont d’une valeur essentielle pour la société, liberté de la recherche et de l’enseignement). Nous refusons la logique de mise en concurrence des universités et des membres de la communauté universitaire, scientifique et éducative, implicite dans ces décrets, et nous réaffirmons les valeurs de coopération et de solidarité dont la recherche et l’enseignement se nourrissent.

Face à la menace que ce gouvernement fait peser sur ces principes fondateurs, nous appelons l’ensemble de la communauté universitaire, scientifique et éducative, ainsi que tous les citoyens, à défendre ces valeurs sans concession et à les promouvoir.

L’université française doit continuer à être le cadre de la démocratisation du savoir pour la formation de citoyens libres et responsables.

La CNU se félicite de l’unité réalisée dans la rue le 28 avec les collègues de la santé et des convergences à venir le 1er mai avec l’ensemble des secteurs
L’université et la recherche sont en lutte depuis trois mois ; aujourd’hui elles sont plus que jamais en résistance.

Motion de la 9e CNU sur les examens

Nous ne tiendrons pas les examens !

Face à la situation de blocage actuelle dont le gouvernement porte l’entière responsabilité, et qui a entraîné une suspension des cours depuis trois mois dans la plupart des universités :
1. Nous refusons d’évaluer les enseignements qui soit n’ont pas été dispensés (dans 30 universités en piquet de grève aucun cours ne s’est tenu au second semestre), ou bien qui ont été dispensés dans des conditions de grève ne permettant pas un accès équitable des étudiants à ces contenus.
2. Nous appelons les enseignant-chercheurs et le personnel BIATOSS à ne pas organiser les examens et ce jusqu’à satisfaction de nos revendications.

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L’extrême gauche et Besancenot, cibles des syndicats à la veille du 1er mai (AFP)

30 avril 2009

PARIS, 30 avril 2009 (AFP) – Déjà traités de « rapaces » par François Chérèque (CFDT) en mars, l’extrême gauche et particulièrement le NPA d’Olivier Besancenot sont, à la veille d’un 1er mai « historique », accusés de se prendre pour des « simili-syndicats » (CGT) et de « mélanger les genres » (FO).

Depuis plusieurs semaines, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et Lutte ouvrière (LO) dont la grande majorité des militants est syndiquée à la CGT, prônent la « grève générale », estimant notamment que les manifestations à l’appel des syndicats sont trop espacées (29 janvier, 19 mars, 1er mai). Mais confrontées à une radicalisation des mouvements sociaux régulièrement imputée à l’extrême gauche, les centrales syndicales entendent bien protéger leur rayon d’action.

« Quand des partis veulent penser à la place de l’intersyndicale et nous dire ce que nous devrions faire, ils se trompent de mission », a déclaré jeudi Bernard Thibault (CGT), sans citer explicitement l’extrême gauche mais évoquant des « partis de gauche ». « Qu’ils réfléchissent (…) aux conditions dans lesquelles ils prétendent un jour parvenir au pouvoir plutôt que de se prendre pour des simili-syndicats », a-t-il poursuivi, qualifiant d’historique la mobilisation du 1er mai.

Jean-Claude Mailly (FO) qui appelle à « 24 heures de grève » après le 1er mai, s’en est, lui, pris directement au facteur de Neuilly: « s’il considère qu’un parti politique, c’est pas suffisant, qu’il fasse du syndicalisme ». « Il y a toujours un danger quand on mélange les genres ». Mi-mars, François Chérèque (CFDT) avait qualifié de « rapaces » les militants NPA qui « font le tour des entreprises en difficulté ».

Face à ces accusations syndicales nourries, le NPA juge que « tout ce qui va dans le sens de la division est nul et non avenu ». Il faut « arrêter ce petit climat anti-NPA. Quand ça vient de la droite et du patronat, on comprend mais quand ça vient des organisations syndicales, c’est assez lamentable », a déclaré à l’AFP Pierre-François Grond (NPA). « Qu’est-ce qui serait mieux? Que nos militants déguisés derrière leur couverture syndicale disent des choses alors que nous, on ne dirait rien sur le plan politique? », a-t-il lancé, soulignant que le pays avait « besoin d’un grand rassemblement », « politique, social, associatif, syndical, sans aucune exclusive » type LKP guadeloupéen, face à la politique de Nicolas Sarkozy.

M. Besancenot ne défilera d’ailleurs pas dans le cortège parisien vendredi, mais avec le collectif LKP en Guadeloupe, « l’endroit le plus unitaire, le plus combatif, qui a remporté des victoires ». Selon M. Grond, « les syndicats peuvent investir le terrain politique et ils le font. Réciproquement, les partis politiques comme nous interviennent dans les luttes. On va continuer à le faire, tout en respectant l’indépendance syndicale ».

« On veut nous mettre dans des cases et nous interdire quoi? De défendre une opinion? », demande Nathalie Arthaud, interrogée par l’AFP. Pour la porte-parole de LO, qui dit ne « pas comprendre ces subtils distinguos » entre partis politiques et syndicats tout en trouvant « tout à fait légitime » que les syndicats « organisent les manifestations », « les intérêts des travailleurs ne se découpent pas en tranches ». « Mai 68, c’était politique ou c’était syndical? Quand on manifeste contre le gouvernement, c’est pas politique ? », lance-t-elle.


Communiqué du NPA. Poursuivre la mobilisation pour le retrait de la loi Bachelot

28 avril 2009

 

L’ensemble des personnels hospitaliers sont aujourd’hui dans la rue, du chef de service aux infirmières et aide-soignants pour dénoncer la loi Bachelot (loi « Hôpital, patients, santé, territoire ») qui, au lieu de donner plus de moyens pour développer l’hôpital public, prépare la marchandisation de la santé.

 

A l’unisson, l’ensemble des personnels rejettent la transformation de l’hôpital en une entreprise soucieuse d’effectuer des actes médicaux qui rapporteront dans le cadre de la tarification à l’activité, au détriment des pathologies lourdes peu rémunératrices, de la qualité des soins, du suivi des malades. La loi Bachelot, si elle est votée, va remettre tout le pouvoir au directeur des Agences régionales de santé nommé par le gouvernement et au directeur de l’hôpital avec comme objectif, la rentabilité et la privatisation rampante des activités liées à la santé. Bien évidemment, la variable d’ajustement sera l’emploi : 900 suppressions de postes sont prévues en 2009 sur l’AP-HP et 20 000 emplois sont menacés au niveau national. La suppression des hôpitaux de proximité est à l’oeuvre, sous différents prétextes, au mépris des besoins sanitaires des populations des zones rurales, notamment.

 

Le NPA soutient et participe activement aux mobilisations pour le retait du projet de loi Bachelot et Laurence de Bouard, cadre de santé à l’hôpital de Carhaix, ayant pris une part active pour la défense de cet hôpital, et tête de liste NPA aux élections européennes pour la région Grand Ouest est présente dans la manifestation aujourd’hui à Paris.

 

Le 28 avril 2009


EDF-GDF-SUEZ : des salariés montrent la voie

28 avril 2009

Alors que les luttes, sans attendre la journée interprofessionnelle du 1er Mai, se multiplient, les salariés d’EDF et de GDF-Suez ont entamé un véritable bras de fer avec leurs directions sur la question des salaires.

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Il faut remonter très loin en arrière pour se souvenir d’un tel mouvement à EDF-GDF-Suez, et encore, celui-là est, à bien des égards, inédit. Dans un secteur où, traditionnellement, les fédérations syndicales donnent le « la » de mouvements particulièrement cadrés, le plus souvent sous la forme de grèves de 24 heures, c’est, cette fois, à la base des entreprises que la révolte a sonné, sous la forme d’une grève reconductible.

C’est une révolte profonde contre l’entreprise néolibérale imposée à tous depuis des années, malgré l’opposition de l’écrasante majorité des salariés. Elle marque la fin de l’abattement, voire de la résignation devant le rouleau compresseur de la privatisation. Et cette révolte est partagée par tous les secteurs des industries électriques et gazières. Avec, partout, le même rejet des pratiques d’individualisation des salaires et d’accroissement des inégalités, d’éclatement des collectifs de travail, de fixation d’objectifs délirants et bureaucratiques, de la perte de sens au travail liée à l’abandon des valeurs de service public et au chaos engendré par l’éclatement de l’entreprise en filiales et sous-filiales.
Ce rejet de la politique d’EDF et de GDF-Suez s’exprime aujourd’hui par les revendications suivantes : augmentations salariales pour rattraper les pertes de pouvoir d’achat, arrêt de l’externalisation des activités (sous-traitance), plans d’embauches. Rappelons que ces entreprises ont réalisé des bénéfices substantiels, très largement reversés aux actionnaires et à leurs dirigeants.

Les jeunes sont sortis de la torpeur les premiers. Ils n’ont pas été désemparés par la perte du service public qu’ils ont peu connu mais ils ont, en revanche, bien compris que leur avenir s’assombrissait. En particulier à cause de l’externalisation des métiers pour lesquels ils ont été embauchés. Se retrouver à laver les voitures bleues avec des salaires proches du Smic au lieu d’intervenir auprès de la clientèle, il n’y a là rien de passionnant.

Avec l’aide d’équipes syndicales déterminées, ils ont poussé aux initiatives les plus dynamiques. Ils sont parfois entrés spontanément en grève reconductible, entraînant les autres salariés dans les assemblées générales et se retrouvant à la tête du mouvement dans leurs agences. Ils ont redonné la pêche aux plus anciens. Cela s’est traduit, partout, par la recherche permanente de l’efficacité dans la construction du rapport de forces. Agir avec sérénité et détermination en intervenant de façon très ciblée sur l’outil de travail, en vidant des sites bloqués les huissiers aux ordres de l’encadrement, en n’oubliant pas de faire participer des secteurs particulièrement muselés par le management (comme les plateaux téléphoniques), en organisant l’entraide entre métiers afin de rendre efficace la grève. En organisant des rencontres avec d’autres secteurs en lutte, comme les salariés de Valeo ou les étudiants.

Les électriciens et gaziers ont engagé une véritable contre-offensive sociale : il ne s’agit plus de se défendre au coup par coup contre des mesures régressives, ils veulent maintenant regagner du terrain, inverser la tendance. Leur grève, par sa ténacité, ses actions et ses pratiques, dépasse largement les stratégies des appareils syndicaux. Elle montre la voie d’une offensive générale de l’ensemble des salariés. Face à toutes les tentatives d’intimidation du patronat de la branche et du gouvernement contre cette grève, c’est l’ensemble du mouvement ouvrier qui doit se lever.

Branche énergie du NPA


Européennes 2009 : coup d’envoi à Caen

28 avril 2009

Le NPA présentera ses candidats et ses axes de campagnes, résumés en un slogan «pas question de payer leur crise» lors du meeting avec Christine Poupin et les autres candidats, mardi 19 mai, 20h30, au Centre de congrès (avenue Albert Sorel) à Caen.

christine-poupinCôté candidats, Christine Poupin, tête de liste, 51 ans, technicienne dans l’industrie chimique, conseillère municipale à Sotteville-les-Rouen en Seine-Martime. Du Calvados : Stéphane Royer, 37 ans, maraîcher à Torteval-Quesnay et Philippe Aubry, 49 ans, ouvrier dans l’industrie automobile à Vire. Etait là aussi, venue de Cherbourg, Nathalie Ménard, 37 ans, assistance socio-éducative. « Pas de politicien professionnel sur la liste du NPA », résume Stéphane Royer, mais des candidats à l’image de l’immense majorité de la population qui produit les richesses et qui subit la crise : ouvriers, personnels de santé, enseignants, agriculteurs, retraités… « Des candidats qui sont au cœur des luttes sociales, qui agissent pour que la révolte sociale se transforme en grève générale pour faire plier le patronat et Sarkozy », continue Christine Poupin.

Philippe AUBRY

Philippe AUBRY

Car ces élections auront lieu dans un contexte particulier : en pleine crise du capitalisme. Pas un jour sans annonce de fermetures d’entreprises. « Pour la majorité de la population, boucler les fins de mois devient la préoccupation première. Les jeunes ne trouvent pas de boulot », expliquent Philippe Aubry et Nathalie Ménard. Pourtant, une minorité de privilégiés, grands patrons, financiers, les amis de Sarkozy, continuent de s’en mettre plein les poches. Pour le NPA, le 7 juin sera l’occasion de dire NON à la droite, NON à Sarkozy et à ses « réformes » destructrices des droits sociaux. Ce sera l’occasion de s’exprimer pour un changement radical de cap, sans faire confiance à ceux qui, à gauche, n’ont pas fait mieux quand ils étaient au pouvoir.

Stéphane ROYER

Stéphane ROYER

Les uns nous disent qu’ils veulent moraliser le capitalisme. Les autres prétendent le « réguler ». Mais dans la réalité, les droits exorbitants des grands patrons, dont celui de licencier, ne sont pas remis en cause. Le gouvernement donne même de l’argent aux patrons pour qu’ils embauchent des jeunes… en contrat précaire. « On prend en pleine figure les limites du système capitaliste, c’est en finir avec le capitalisme qui est nécessaire » affirme Christine Poupin.

Enfin, les quatre candidats de la liste «Pas question de payer leur crise» résument le programme soumis aux électeurs : pour une Europe sociale et démocratique, où les licenciements seront interdits, où les législations sociales et environnementales seront alignées par le haut et pas par le bas, avec un salaire minimum européen, où l’égalité entre hommes et femmes sera respectée partout, une Europe qui rompt avec le militarisme et avec l’OTAN et qui se place aux côtés des peuples dominés. Un programme détaillé sur le site de campagne :

www.npa-européenne2009.org.

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Déclaration unitaire : pour un grand 1er mai de convergence des luttes !

25 avril 2009

 

Après les mobilisations des 29 janvier et 19 mars, c’est un 1er mai exceptionnel qui se prépare dans toute la France. Pour la première fois depuis longtemps, en effet, toutes les organisations syndicales y appellent ensemble et prévoient plus de manifestations qu’il n’y en a eu le 19 mars.

 

Cela fait maintenant plusieurs mois que la colère sociale grandit dans le pays, multipliant les actions les plus diverses. La défense de l’emploi et le refus des licenciements sont à l’origine de conflits de plus en plus nombreux. Des secteurs comme l’université et l’éducation, la santé ou la Poste sont mobilisés depuis des mois. D’autres comme EDF-GDF intensifient leurs actions. Le 1er Mai peut constituer une étape supplémentaire dans la convergence et la généralisation de mobilisations sociales dont le mouvement des Antilles, notamment, a montré l’efficacité.

 

Bien que les choix politiques du gouvernement soient de plus en plus largement mis en cause, celui-ci refuse d’entendre les exigences sociales qui se sont exprimées, entre autres, au travers de la plate forme intersyndicale du 5 janvier et dans les journées des 29 janvier et 19 mars. Le gouvernement loin d’apporter une quelconque réponse aux urgences sociales du pays, une quelconque réponse efficace à la crise, laisse faire les plans de licenciement, continue de mettre en œuvre des choix qui font payer aux populations l’addition de la crise et s’enfonce à tous les niveaux dans un autoritarisme et un mépris insupportables. Tous les clignotants de la situation sociale et économique du pays restent au rouge. Il faut mettre un coup d’arrêt à la politique de Nicolas Sarkozy et du Medef et contribuer à faire grandir l’exigence d’autres choix de justice et de solidarité.

 

Cela concerne notamment l’opposition aux suppressions d’emplois et à la précarisation, dans le privé comme dans le secteur public, l’augmentation des salaires, du SMIC, des minimas sociaux et des retraites; la défense et le développement des services et de l’emploi publics ; l’annulation des lois Bachelot et Pécresse, la réorientation des richesses vers le développement de productions et de services susceptibles d’engager notre pays dans un tout autre mode de développement fondé sur la satisfaction des besoins sociaux dans le respect des équilibres écologiques.

 

La réunion du G20 présentée par Nicolas Sarkozy comme un grand succès n’a fait que conforter les choix qui sont à l’origine même de la crise. Aucun des mécanismes d’accumulation financière à l’origine de celle-ci n’est mis en cause, l’essentiel pour N. Sarkozy comme pour les dirigeants des grandes puissances étant la sauvegarde même de ces mécanismes.

 

De plus en plus en difficulté, le gouvernement semble aujourd’hui tenté par une stratégie de la tension dans laquelle il agite à nouveau le thème de l’insécurité. Il renforce sa volonté de criminaliser l’action sociale et collective, tente d’instrumentaliser les « séquestrations de patrons » que soutient une majorité de la population et lance une nouvelle loi sécuritaire stigmatisant les jeunes. Les enquêtes d’opinion ont montré que l’exaspération sociale était largement partagée. Nous refusons toutes atteintes aux libertés qui visent à museler la contestation sociale et politique.

 

La question de l’emploi devient cruciale. Face à des groupes qui sacrifient leurs salariés au profit de la rémunération des actionnaires et des plus hauts dirigeants patronaux, il est temps de stopper au plus vite les licenciements et d’éliminer toute conséquence du chômage partiel pour les salarié-e-s. Nous agirons dans ce sens aux côtés de celles et ceux qui sont concerné-e-s.

 

Nos organisations, comme elles l’ont fait lors des précédents rendez-vous de mobilisation sociale, appellent à la réussite d’un 1er mai 2009 historique. Elles seront aux côtés des salarié-e-s, de tous les travailleurs, de toute la population pour amplifier la mobilisation populaire afin d’obtenir les changements de cap politiques nécessaires.

Samedi 25 avril 2009

 

Signataires : Les Alternatifs, le NPA, le PCF, le PS, La Gauche Unitaire, Le PG, Le MRC, Le PCOF, La Fédération, ADS, Alter-Ekolos-Ecologie Solidaire, La CNCU.


Chernobyl-Day

25 avril 2009

Le réacteur nucléaire n°4 de Tchernobyl a explosé le 26 avril 1986, et reste la plus grande catastrophe technologique et industrielle de tous les temps. Tchernobyl n’a pas fini de faire des victimes : ses conséquences inouïes et irréversibles sur la santé (cancers, pathologies multiples, effets mutagènes…) affecteront profondément les prochaines générations.

Refusons absolument d’oublier Tchernobyl !

Nous ne pouvons permettre que soit oublié le sacrifice des quelques 800 000 liquidateurs qui ont lutté pour contenir l’ampleur du désastre et construire le sarcophage. Des centaines de milliers d’entre eux (selon les ambassades d’Ukraine et de Russie) l’ont déjà payé de leur santé ou de leur vie.

Sortons du nucléaire avant la catastrophe.

Un nouvel accident comparable à Tchernobyl peut survenir n’importe quand, dans tous les pays exploitant le nucléaire, y compris en Europe. D’autres réacteurs auraient pu devenir funestement célèbres, en 1999 à la centrale du Blayais (Gironde), en 2006 à Forsmark (Suède), ou encore en 2007 à Kashiwasaki (Japon).

De nombreux risques minimisés par les partisans du nucléaire.

Sur les 58 réacteurs actuellement en fonctionnement en France, 42 ne sont pas adaptés au risque sismique, et 50 d’entre eux sont menacés par un risque d’inondation. Les installations sont de plus en plus vétustes, et les incidents se multiplient : 72 de niveau 1 en 2008, contre 56 en 2007.

Des risques supplémentaires avec l‘EPR

Dans un courrier d’EDF adressé à l’ASN et classé confidentiel défense, l’EPR ne résisterait pas à la chute d’un avion de ligne. Le chantier rencontre de nombreux problèmes de construction : béton et ferraillage de mauvaise qualité, soudures du liner non conformes… Les combustibles usés seront 7 fois plus dangereux que ceux produits par les réacteurs actuellement en fonctionnement.

Areva en Finlande et EDF à Flamanville rencontrent de nombreuses déconvenues, et on peut s’attendre à de nouvelles réévaluations du coût de l’électricité qui sera produite par l’EPR… s’il fonctionne un jour.
L’étude « Un courant alternatif pour le Grand-ouest « montre qu’avec le budget prévu pour la construction l’EPR, on pourrait produire et économiser deux fois plus d’électricité qu’avec l’EPR, tout en créant quinze fois plus d’emplois.

Nous pouvons  sortir de l’impasse du nucléaire et de créer un véritable service public de l’energie géré démocratiquement par les travailleurs et les usagers. Un service public qui instaurerait des quotas gratuits pour tou-te-s. Au dela de ces quotas, un bareme progressif et dissuasif favoriserait la sobriété énergétique.

A 800 mètres du chantier de l’EPR de Flamanville et des 2 réacteurs en activité, face à la Hague et à l’usine de retraitement-extraction du plutonium d’AREVA NC, du centre de stockage de déchets radio-actifs de l’ANDRA (CSM), nous érigerons et inaugurerons un monument de granit en hommage aux irradiés inconnus, d’ici et d’ailleurs.

Rassemblement à Caen (Quai Vendeuvre) 26 Avril à 12h

Covoiturage de Caen (Quai Vendeuvre) pour Flamanville 26 Avril à 12h30