Égalité des droits : rassembler contre la réaction

9 janvier 2013

Avec Manuel Valls, le gouvernement se met dans les pas des Hortefeux et Guéant. Pour l’égalité des droits homos hétéros, le gouvernement tergiverse. Du coup la droite et l’extrême droite se sentent pousser des ailes. Les partisans de l’égalité seront à leur tour dans la rue, notamment le 27 janvier à Paris. Un bus sera affrété au départ de Caen. Pour le NPA, cette manifestation doit être l’occasion de faire converger les combats pour l’égalité des droits.

Les derniers jours de 2012 laisseront à toutes celles et tous ceux qui luttent depuis des années pour la régularisation de tous les sans-papiers un goût amer. Celui d’un premier flic de France, soi-disant « socialiste », droit dans ses bottes, assumant de livrer aux autorités algériennes deux grévistes de la faim, arrachés à leurs camarades de lutte, expédiés dans un sinistre camp de rétention puis embarqués de force sur un vol Paris-Alger.
Que pouvait-on faire de pire en matière d’affichage de la politique que l’on entend mener en ce qui concerne les plus opprimés, les plus exploités par le patronat que ces expulsions ? Qu’y-a-t-il de différent avec les pratiques révoltantes de la droite que nous n’avons cessé de dénoncer pendant le règne de Nicolas Sarkozy ? Tel un Hortefeux ou un Guéant, Manuel Valls n’est habité que par une obsession, celle de ne pas apparaître comme laxiste par rapport aux exigences de la droite et de l’extrême droite. C’est toute une politique de renoncement qui est en train de se mettre en place, et qui ne concerne pas seulement l’abdication devant la loi du marché, mais aussi l’abandon des promesses timides contenues dans le programme de Hollande.

Concentration homophobe et raciste

Devant un tel profil de capitulation, la droite et l’extrême droite se sentent pousser des ailes, et fortes du succès de leur première manifestation contre le mariage pour touTEs, elles entendent faire du 13 janvier une grande journée de mobilisation qui dépasserait la seule question du mariage. Leurs ambitions sont énormes, et d’ores et déjà cette journée est présentée comme un véritable bras de fer avec le gouvernement. Par trois cortèges convergents, la réaction entend nous faire un remake des manifestations en faveur de l’école « libre » en 1984. Le ban et l’arrière-ban sont convoqués à cette occasion pour participer à une sorte de référendum de rue contre un gouvernement qui représenterait les « valeurs de la gauche ».
L’UMP, pressée de tourner la page du fiasco de l’élection de son président, en fait un élément majeur de sa rentrée politique. Les groupes Nationalité citoyenneté identité, et Égalité réconciliation tentent – seuls pour l’instant – de transformer l’objectif initial de la manifestation pour en faire également un grand raout raciste et xénophobe. Seul le Front national semble aujourd’hui embarrassé par ce qu’il décrit comme un « dérivatif » par rapport à la situation sociale. Peu désireux de se compter face à l’UMP, ses responsables devraient y participer en ordre dispersé.

L’égalité vraiment pour touTEs !

De notre côté, la réussite de la manifestation massive et dynamique du dimanche 16 décembre a sans conteste été un formidable moment de mobilisation qui permet d’envisager la suite avec optimisme, et le grand rassemblement du 27 janvier devrait concrétiser l’exigence de ne pas accepter une loi au rabais, dénaturée par la remise en cause du droit à la procréation médicalement assistée. Mais, pour cette manifestation du 27 janvier, les anticapitalistes ne sauraient limiter leurs revendications en matière d’égalité au seul droit au mariage, même si cette échéance reste un enjeu central dans l’affrontement avec la réaction. Au-delà du droit au mariage pour touTEs, c’est la question générale de l’égalité des droits qui est posée. Elle englobe la question de la régularisation de tous les sans-papiers, travailleurs ou pas, du droit de circulation, et du droit d’installation. Nous n’entendons pas, en tant qu’anticapitalistes, définir des priorités entre les oppressions, et la question du droit de vote pour tous les étrangerEs, à toutes les élections nous paraît une échéance tout aussi centrale que les autres.
Face à la répression des sans-papiers et à la systématisation des expulsions, face à la montée du racisme et de l’islamophobie, face à la montée de l’intolérance et à l’émergence de groupes ouvertement fascistes, c’est à la reconstruction d’un mouvement unitaire et offensif que nous somme confrontés. Il y a urgence, le NPA en fera une de ses priorités dans les semaines à venir.


Pour le bus au départ le 27 janvier, on peut réserver sa place en s’inscrivant sur le site de Melting pomme, l’association des étudiantes et étudiants LGBT de l’Université de Caen : http://www.meltingpomme.fr/27janvier-bus/ (prix : 10 euros).



Les associations d’insertion appellent à manifester

3 décembre 2012

Les associations qui se sont réunies dans un collectif pour une autre politique publique du logement en faveur des sans abri et des mal logés alertent le gouvernement sur la dégradation de la situation. A Caen, elles appellent à manifester mardi 4 décembre.

Le Collectif des associations « s’inquiète du manque d’engagement et de moyens pour faire face à l’augmentation des demandes ». Les associations « tirent la sonnette d’alarme depuis de nombreuses semaines sur l’ampleur des difficultés des personnes sans abri ou mal logées ainsi que la forte augmentation des demandes d’hébergement à laquelle, aujourd’hui, les structures ne peuvent plus faire face. Selon le baromètre 115 d’octobre 2012, 77% des demandes au 115 n’obtiennent pas de prise en charge faute de places disponibles, avec une forte progression de la part des familles avec enfants. De plus en plus de travailleurs sociaux se trouvent alors désemparés face à leur incapacité à répondre à la détresse sociale et ne parviennent plus à assurer la continuité du fonctionnement de certains services d’accueil et de gestion du 115. »

Les associations du Collectif demandent « des réponses rapides aux besoins urgents des personnes sans abri, dès ce début d’hiver ». Selon elles, « la réalité des moyens budgétaires alloués au secteur pour l’année 2013 ne semble pas correspondre avec les ambitions du gouvernement ».

A Caen, la Fédération des associations pour l’accueil et la réinsertion (FNARS) appelle à manifester mardi prochain.


L’appel de la FNARS de Basse-Normandie :

Le Conseil d’Administration FNARS BN du 21 novembre 2012 a décidé de relayer en région la manifestation du Collectif des Associations Unies qui se déroulera à Paris le 5 décembre prochain.

Pourquoi manifester à nouveau ?

Pour le Conseil d’Administration il est indispensable de faire entendre notre voix car il est probable que peu de mesures concrètes et réellement financées sortent de la conférence des 10 et 11 décembre prochain, notamment sur les sujets hébergement/logement/insertion et minima sociaux qui sont lourds en termes de dépenses publiques.

Sans financements complémentaires, devant la montée en charge de la précarité et de l’exclusion, le risque de voir poursuivre la politique aberrante menée en 2011 par les autorités dans notre région est grand, ce qui serait INACCEPTABLE. C’EST POURQUOI NOUS APPELONS À MANIFESTER LE 4 DECEMBRE 2012 de 11h00 à 14h00 :

Rassemblement sur les bords de l’Orne quai de Juillet entre le pont Vendeuvre et le pont Churchill

A l’issue de la conférence de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale qui se tiendra les 10 et 11 décembre prochain, le gouvernement présentera un plan quinquennal de lutte contre l’exclusion.

Le 1er novembre dernier, le premier ministre a pris l’engagement de mettre fin à la politique du « thermomètre » caractérisant la gestion saisonnière de l’urgence. Mais cette promesse risque encore de rester sans lendemain.

La situation est grave. Dans le Calvados, par exemple, les places d’hébergement installées répondront cet hiver à moins de 50% des besoins. Situation d’autant plus préoccupante que nous constatons une forte progression des demandes de la part des familles avec enfants.

Le recours massif à l’hébergement en hôtel n’est pas une solution acceptable, il doit rester une réponse exceptionnelle.

Le principe de continuité de la prise en charge n’est toujours pas respecté. A Caen, de 70 à 80 personnes sont remises à la rue chaque matin.

Nous demandons d’urgence la création de places d’hébergement, le renforcement des équipes mobiles et des équipes de travailleurs sociaux.

Il est indispensable de mettre en place des plans d’action territorialisés et d’engager des réformes structurelles ambitieuses.

Cette politique nécessite un renforcement budgétaire conséquent qui n’a pas été anticipé dans le projet de loi de finance pour 2013. Il faut renoncer à la poursuite de la politique aberrante menée en 2011 sur l’ensemble du territoire et particulièrement en Basse-Normandie. Politique caractérisée par le transfert des moyens dévolus à l’Insertion vers l’hébergement d’urgence qui risque de laisser de plus en plus de personnes installées durablement dans la précarité et l’exclusion.

Au delà de l’engagement à mettre fin à la politique du thermomètre, dont il reste encore à trouver les moyens, il faut définitivement mettre fin à la gestion à court terme de l’exclusion.

Nous appelons à manifester pour la création de places d’hébergement d’insertion en Basse-Normandie tout en maintenant et en renforçant les actions d’Insertion existantes.



Interdisons les licenciements

5 juillet 2012

Les grands groupes de l’industrie, des services et du commerce multiplient les annonces de licenciements. Alors que l’attention s’est focalisée sur PSA, la concurrence entre les grands groupes fait rage dans les télécommunications et les salariés pourraient en faire les frais. Ainsi, SFR et Bouygues Telecom, numéros deux et trois du secteur, ont annoncé des mesures de « réduction des coûts » pour « regagner de la compétitivité » face au nouvel arrivé sur le marché, Free Mobile.

Mi-mai, SFR avait indiqué avoir perdu 274 000 abonnés mobile au premier trimestre 2012. A Bouygues Telecom, le chiffre serait de 380 000 abonnés. Le numéro un, France Télécom est à peine plus rassurant. Son PDG fait valoir que même si la téléphonie mobile ne représente plus que 25 % de l’activité du groupe, il sera nécessaire quand même de « s’adapter » au nouvel environnement créé par l’arrivée de Free Mobile.Pour lui, « ce ne serait pas raisonnable de partir avec l’idée que l’on va garder les mêmes effectifs à l’horizon cinq ans » et « personne ne peut s’engager sur une stabilité des effectifs ».

Au printemps, l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep) avait estimé que l’arrivée de Free pourrait détruire jusqu’à 10 000 emplois chez ses concurrents.

Nulle délocalisation ou baisse du marché dans les services de télécommunication. Seule la concurrence entre grands groupes explique la tension sur les effectifs. Dans le monde merveilleux du capitalisme, réduire les effectifs est le levier principal pour augmenter la productivité et ainsi gagner en compétitivité.

Dans la grande distribution, Boulanger augmente les suppressions d’emplois déjà prévues, qui passent de 400 à 600.

L’industrie n’est donc pas seule concernée par les licenciements, même si les annonces de PSA, de Renault, de Thales, de Sanofi et beaucoup viennent sur le devant de la scène. A PSA, un Comité central d’entreprise est convoqué le 12 juillet. Des milliers d’emplois et plusieurs sites de production sont menacés. Fin 2011, le groupe avait lancé une procédure de départs volontaires mais les partants sont peu nombreux, malgré les pressions exercées sur les salariés. Renault supprime 300 emplois à Flins. Thales envisage de vendre ses activités radiologiques. 800 emplois sont en jeu. Sanofi met en place un plan de réduction des coûts. Le dernier s’était soldé par des pertes de centaines d’emplois. Hewlett-Packard veut supprimer 520 postes de travail en France d’ici 2014 (et 27 000 dans le monde !).

La loi des patrons et celle du ministre

Face à une telle hémorragie d’emplois, que va faire le gouvernement ? Arnaud Montebourg a désigné des « commissaires au redressement productif » dans chaque région. Il veut par ailleurs rencontrer au plus vite les syndicats et les patrons des quatre opérateurs de télécommunication. Le gouvernement demande à PSA de préciser ses intentions, alors que la CGT a déjà rendu publics les documents montrant que la direction veut fermer le site d’Aulnay-sous-Bois. Tout cela est bien loin de correspondre aux nécessités de l’heure.

Michel Sapin, le ministre du travail, a annoncé une loi sur les licenciements avant la fin de l’année. Mais, a-t-il prévenu sur BFM-TV/RMC, mercredi 4 juillet, « il ne s’agit pas de bloquer un plan social ». Il s’agira seulement de rendre « plus cher » le licenciement, pour peut-être éviter des licenciements « pour des raisons qui sont purement boursières ». D’autre part, la loi aura pour objectif de « sécuriser [la procédure de licenciement] pour les salariés comme pour les chefs d’entreprise, pour ceux qui sont dans la difficulté afin de mettre en œuvre malgré tout un plan de licenciement (sic) ». Michel Sapin juge que les procédures devant les tribunaux « sont souvent longues ». La loi fera en sorte « que les magistrats puissent se prononcer plus rapidement et que l’effort fait par l’entreprise pour aider le salarié au reclassement, à retrouver un emploi, soit plus substanciel qu’aujourd’hui ».

Le ministre du travail n’annonce rien de bon. Seule une loi interdisant les licenciements, sous peine de réquisition de l’entreprise, sera à même de protéger l’emploi dans ces grands groupes sans scrupule qui n’ont qu’un objectif : faire le maximum de profits pour les actionnaires.

Cette loi, il faudra l’imposer, contre celle que veut faire voter le ministre du travail.

La coordination des travailleurs des entreprises menacées par des suppressions d’emplois ou des fermetures de sites est nécessaire pour que les salariés fassent entendre ensemble cette exigence.


Economie politique du «système-euro», par Michel Husson (3 juillet 2012)

2 juillet 2012

Cet article cherche à montrer comment la crise actuelle de la zone euro renvoie aux défauts originels de conception du « système-euro » dont les contradictions, révélées par la crise financière, sont de nature structurelle. Cette démonstration est menée en mobilisant une méthodologie statistique et analytique qui donne à cette étude un caractère « technique ». Mais c’est une étape nécessaire pour déboucher sur un diagnostic plus solide sur les issues possibles de la crise actuelle, ou plutôt de sa dimension spécifiquement européenne. Cette crise a des racines plus profondes que le symptôme dans lequel elle s’incarne, à savoir une crise des dettes souveraines. Dès lors, il n’existe que deux issues apportant une réponse adaptée à la nature structurelle de la crise européenne : soit l’éclatement du système-euro, soit sa refondation radicale.

Lire la suite de l’article de Michel Husson sur le site de nos camarades suisses d’A L’Encontre.


La prometteuse dynamique de l’audit citoyen en France, par Damien Millet (10 mars 2012)

11 mars 2012

Depuis le début des années 1980, les pays du tiers-monde sont confrontés à la crise de la dette et à ses conséquences. Le FMI et leurs créanciers ont imposé des plans d’ajustement structurel qui ont maintenu ces économies dans la soumission, provoqué des ravages sociaux pour les peuples et ouvert la voie aux profits pour les sociétés transnationales qui pouvaient venir sans entraves rafler des parts de marché face aux entreprises locales.

Jusqu’au milieu des années 2000, cette logique a perduré. La hausse des cours des matières premières à partir de 2004-2005 a permis aux pays exportateurs d’engranger des réserves de change qu’ils ont souvent utilisées pour se débarrasser de la tutelle encombrante du FMI : Brésil, Argentine, Uruguay, Philippines, Indonésie, tous l’ont remboursé de manière anticipée. Aucun pays ne s’est engagé en profondeur dans la mise en place d’un modèle économique alternatif au capitalisme actuel qui mène l’humanité dans le mur, tant sur le plan social qu’environnemental, même si l’Argentine et l’Equateur ont donné du fil à retordre aux créanciers. De décembre 2001 à mars 2005, l’Argentine a suspendu le remboursement de 90 milliards de dollars et a tenu tête à ses créanciers privés qui ont dû accepter de perdre 65% de la valeur des créances qu’ils détenaient. En 2008, après un audit commandé par le président Rafael Correa, l’Equateur a refusé de rembourser 70% de sa dette privée jugée illégitime, qu’il a finalement rachetée à 35% de sa valeur : le gouvernement a ainsi économisé 7 milliards de dollars qu’il a pu réinvestir dans les dépenses sociales.

Depuis 2007-2008, la crise frappe au Nord, et l’Europe est le continent le plus touché. Les peuples européens doivent tirer les enseignements des souffrances endurées par ceux du Sud depuis trois décennies. Au Nord comme au Sud, le discours dominant culpabilise les peuples qui vivraient au-dessus de leurs moyens. Partant de ce constat, l’unique solution proposée est terrible : l’austérité généralisée, des sacrifices innombrables, une sévère détérioration des conditions de vie, dans le seul but de garantir le remboursement de la dette aux créanciers.

Pourtant, dans la vie courante, tous nos paiements sont effectués sur présentation d’une facture qui atteste des marchandises achetées ou des services rendus en échange. Dans le cas de la dette publique, où est la facture ? Si dette il y a, elle provient de trois causes : la hausse des taux d’intérêt au début des années 1980, la contre-réforme fiscale qui a permis de réduire de manière importante la fiscalité portant sur les individus les plus riches et les bénéfices des sociétés, et la crise actuelle provoquée par les banques et autres institutions financières privées. Les peuples n’y sont pour rien, ils ne vivent pas au-dessus de leurs moyens puisque les droits humains fondamentaux ne sont souvent pas totalement garantis, et la facture présentée ne correspond pas à des biens ou des services qui leur ont profité. Ce sont les créanciers qui vivent au-dessus de leurs moyens, pas les peuples. Devons-nous rembourser leur dette ?

La seule façon d’apporter une réponse est de questionner en détail l’histoire de cette dette. L’outil adapté est l’audit citoyen : c’est à nous tous de comprendre d’où vient cette dette et de pointer les différentes responsabilités. L’audit permettra de déterminer la part de la dette publique qui est illégitime, que le peuple doit refuser de rembourser et qu’il convient d’abolir. C’est à l’été 2011 que des associations, des syndicats et des partis politiques ont créé en France le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique (CAC, voir http://www.audit-citoyen.org). Un texte de référence a été rédigé et proposé à la signature. Cet appel pour un audit a été signé par plus de 58 000 personnes six mois plus tard.

Lancée au niveau national, cette revendication de l’audit a donc très vite été portée par de nombreux citoyens sur l’ensemble du territoire. Des dizaines de comités locaux se sont spontanément mis en place sans qu’il s’agisse d’une démarche « venue d’en haut ». La volonté de lancer cet audit a rencontré les inquiétudes des citoyens français et leur besoin d’agir au moment où l’Union européenne subit des rafales d’austérité justifiées par la dette. Si on décide de payer, on veut savoir pour quoi. Nous voulons décider ce que nous acceptons de rembourser et ce qu’il n’est pas acceptable de payer. L’audit est le passage obligé dans ce but.

En décembre 2011, la double émission « Là-bas si j’y suis » de Daniel Mermet, sur France Inter, intitulée « La dette ou la vie » autour des activités du CADTM, a connu un succès très important. Dans les semaines qui ont suivi, les demandes d’informations et les prises de contacts ont été très nombreuses. L’écho rencontré par la revendication de l’audit et l’illégitimité de la dette se confirmait de manière éclatante.

Le 14 janvier 2012, le CAC a organisé sa première journée d’activités à Paris, à destination des comités locaux qui étaient très demandeurs d’informations et de pistes d’actions. Une cinquantaine de personnes étaient attendues, elles furent plus de 120. C’était la confirmation que quelque chose de prometteur se passait. Les sollicitations d’intervenants pour venir lancer tel comité local ou apporter telle expertise ont augmenté de manière exponentielle. Le lendemain, à l’initiative d’Attac et de Médiapart, à l’Espace Reuilly à Paris, plus de 1100 personnes sont venues réfléchir sur le thème « Leur dette, notre démocratie ». Une conférence a même été improvisée sur le trottoir devant l’Espace Reuilly car la salle ne contenait que 700 places… Une nouvelle étape était franchie.

Début mars 2012, plus de 110 collectifs locaux sont créés. Souvent, des sous-groupes de travail permettent de développer l’information sur l’analyse globale ou de commencer les travaux pour un audit local des dettes détenues par les collectivités territoriales, les hôpitaux et les organismes de logement social. D’autres préparent des actions de rue ou analysent l’impact des politiques d’austérité à l’échelle locale. Les énergies sont mobilisées, la structure se met en place, l’offensive a commencé. Elle est essentielle pour se réapproprier démocratiquement le pouvoir de décision confisqué par les créanciers et les marchés financiers. Pour rompre enfin le tabou sur la question du remboursement de la dette publique.

Damien Millet

Damien Millet est porte-parole du CADTM France, membre du CAC national et auteur, avec Eric Toussaint, du livre AAA. Audit Annulation Autre politique, Seuil, 2012.


Le CADTM dénonce la campagne de désinformation sur la dette grecque et le plan de sauvetage des créanciers privés (10 mars 2012)

11 mars 2012

Plus de 85% des créanciers privés (banques, assurances, fonds de pension…) ont accepté jeudi soir de participer à la restructuration de la dette grecque en effaçant 107 milliards d’euros. Sur le papier, ces créanciers renoncent ainsi à 53,5% de leurs créances. Mais contrairement aux apparences, le CADTM affirme que cette opération est surtout une bonne nouvelle pour les banques grecques et européennes (principalement françaises et allemandes), pas pour le peuple grec à qui on promet de nouvelles détériorations de ses conditions de vie.

En effet, les créanciers et le gouvernement grec ont mis en place un montage complexe : les créanciers privés échangent leurs titres grecs contre de nouveaux d’une valeur (faciale) inférieure. Ainsi, pour une obligation échangée d’un montant initial de 100 euros, les créanciers vont recevoir un nouveau titre d’une valeur faciale de 46,5 euros. Loin de perdre à ce petit jeu, les créanciers privés troquent des titres qui se vendaient entre 15 et 30 euros sur le marché secondaire pour des titres bien plus sûrs.

De surcroît, la Troïka octroie un nouveau prêt de 130 milliards à la condition que le montant soit utilisé pour payer la dette et soutenir les banques. Alors que tous les grands médias reprennent le refrain officiel selon lequel la dette grecque est réduite de 107 milliards d’euros, ils oublient d’intégrer les 130 milliards de nouveaux crédits octroyés par la Troïka qui viennent l’augmenter. En bout de course, les créanciers privés s’en sortent très bien et sont remplacés par des créanciers publics internationaux (BCE, Etats de la zone euro, FMI) qui vont exercer une pression constante sur les autorités grecques afin d’aggraver les mesures antisociales.

De plus, alors qu’en cas de litige 85% des anciens titres dépendaient de la législation grecque, l’entièreté des nouveaux titres dépendra de la justice de Londres. L’objectif des créanciers est de limiter la possibilité de la Grèce de décréter un défaut de paiement ou une annulation.

Pour le CADTM, ce nouveau plan est une supercherie car, sous prétexte de venir en aide à la Grèce, il sauve la mise aux créanciers privés qui portent pourtant une lourde responsabilité dans l’endettement de la nation hellène. Les banques ont utilisé une partie de l’argent public injecté afin de les sauver de la faillite en 2008-2009 pour spéculer sur la dette grecque et ont pu réaliser d’énormes profits avant de pousser la Grèce vers la grave crise qu’elle connaît.

Selon le CADTM, tous les prêts de la Troïka à la Grèce octroyés depuis mai 2010 sont odieux, ils sont frappés de nullité car ils constituent une violation permanente des droits économiques, sociaux, civils et politiques des citoyens grecs.

Le CADTM tient une nouvelle fois à saluer le courage et la détermination du peuple grec qui lutte contre les politiques d’austérité inhumaines imposées par la Troïka. Le AAA des créanciers (Austérité Austérité Austérité) doit laisser la place au AAA des peuples : Audit Annulation Autre politique.

Pour le CADTM, la solution passe nécessairement par la mise en place d’une politique radicalement différente. En Grèce comme dans les autres pays soumis à la Troïka, il faut mettre fin au remboursement de la dette et abandonner les mesures antisociales. Afin de lutter contre la campagne mensongère sur la crise grecque, il faut renforcer l’audit citoyen de la dette publique qui doit aboutir à la répudiation de la part illégitime ou odieuse. Le CADTM soutient pleinement la Campagne d’audit de la dette grecque et les comités d’audit qui se mettent en place dans plusieurs autres pays européens. Le CADTM appelle à multiplier les actions de solidarité avec le peuple grec et à constituer un large front social européen contre les politiques d’austérité.

Contacts :
CADTM (www.cadtm.org ) :
CADTM Belgique
Renaud Vivien, juriste
Eric Toussaint, président
CADTM France
Damien Millet, porte-parole du CADTM France
Comité Grec contre la Dette – CADTM
Sonia Mitralias, animatrice du Comité grec contre la dette – CADTM
Yorgos Mitralias, animateur du Comité grec contre la dette – CADTM


Victoire à la maternité de Vire

30 janvier 2012

Communiqué du NPA du Bocage Virois. Le comité NPA du Bocage Virois se félicite de l’arrivée de 2 gynécologues obstétriciens à la maternité de l’hôpital de Vire en attente de confirmation par l’ARS et/ou le directeur de l’hôpital de Vire. C’est une victoire de la population et du personnel qui se sont mobilisés depuis 18 mois pour le maintien de la maternité.

Les décideurs, que ce soient ceux qui ont voté la loi HPST (dit loi Bachelot) ou ceux qui la mettent en application, ne sont pas arrivés à leur fin puisqu’ils avaient décidé la fermeture de la maternité pour août 2011.

Le comité du Bocage Virois du NPA appelle à rester vigilant avec tout ceux et celles qui ont su résister à une décision unilatérale de l’ARS. D’autres combats pour la santé publique sont à mener notamment sur le projet de révision de la convention entre l’hôpital public et la clinique privée. Que cette convention ne se fasse pas au détriment du public.

La santé n’est pas une marchandise et elle doit rester dans un service public de qualité avec les moyens en personnel suffisants. Pour cela une autre politique de santé doit être menée, c’est à cela qu’oeuvre le NPA.

Le 30 janvier 2012


TVA antisociale : hold up sur les salaires

23 janvier 2012

Expression politique de Patrick ARZ, Conseiller Municipale NPA, Journal d’Informations Municipales « Hérouville en Clair » N° 51 – janvier-février 2012

Une nouvelle fois, lors de ses vœux, N. Sarkozy ‘’annonce’’ une hausse de la TVA pour financer la protection sociale et ‘’soulager’’ le coût du travail. Il exauce ainsi les vœux du MEDEF. Il y a quelques semaines celui-ci demandait cette mesure à hauteur de 30 à 80 milliards d’euros.

Le patronat en veut toujours plus, voir celui de Shering-Plough qui réclame 25% de réduction des coûts du travail avec le menace de plusieurs centaines de licenciements à la clé. Pourtant l’industrie pharmaceutique est florissante mais les actionnaires réclament toujours plus de profits.

Quelque soit l’emballage utilisé «TVA anti délocalisation» «TVA sociale», l’arnaque consiste à faire payer par un impôt sur la consommation des salariés, des chômeurs, des retraités, ce que le patronat verse actuellement sous forme de cotisations sociales.

80 milliards de TVA en plus, c’est près de 80 milliards de pouvoir d’achat en moins pour les salariés.

80 milliards d’exonération de cotisations patronales c’est 80 milliards de profits en plus pour les actionnaires : tel est le but fondamental de la TVA antisociale

La TVA c’est, de plus, l’impôt le plus injuste puisque qu’en proportion, moins on est riche, plus on le paye!

Ce pouvoir, toujours prêt à dénoncer l’impôt pour les plus riches, n’hésite pas une seconde à l’augmenter quand il s’agit de faire payer les salariés et les classes populaires.

Depuis 30 ans, les gouvernements « de droite » ou « de gauche » ont prétendu favoriser l’emploi en « baissant le coût du travail », avec le résultat que l’on connaît.

Accepter la baisse des salaires directs (le salaire net) ou indirects (les cotisations sociales) est un marché de dupes ou les salariés sont toujours perdants.

Quant à l’effet anti délocalisation, si les baisses de cotisations sociales avaient permis de sauver ou de créer des emplois, cela ce saurait depuis 30 ans que les gouvernements de droite comme de gauche appliquent cette mesure, sans aucune efficacité.

Avec la TVA antisociale, N.Sarkozy, continue son combat pour «autre répartition des richesses»…. en faveur de ses amis du "Fouquet’s".

C’est bien l’inverse qu’il s’agit de leur imposer en refusant toute augmentation de la TVA pour financer la protection sociale et en exigeant le financement de la sécurité sociale exclusivement par des cotisations (patronales).

Le NPA appelle « Toutes les forces de la gauche sociale et politique à se rencontrer au plus tôt pour définir ensemble les modalités immédiates d’une riposte afin d’empêcher ce mauvais coup supplémentaire du quinquennat Sarkozy. »

Patrick ARZ

Contact : 06.28.68.69.33


Face à un gouvernement xénophobe, défendons les droits des étrangers

1 décembre 2011

Le gouvernement accentue la pression contre les immigrés. Par la voix du ministre de l’Intérieur, il déclare que la France accueille trop d’étrangers. Au congrès des maires, Sarkozy part en guerre contre le droit de vote des résidants étrangers. Sur le terrain, les conditions d’accueil se dégradent, du droit au logement à l’obtention des titres de séjour. Le collectif du Calvados pour le Respect des Droits des étrangers rencontrait le préfet lundi dernier. A l’issue de cette entrevue, le collectif appelle à continuer l’action pour les droits des personnes et contre la politique xénophobe du gouvernement.

Ne se contentant plus de la dénonciation de "l’immigration illégale", le ministre de l’Intérieur Claude Guéant fustige désormais l’immigration légale. La France accueillerait 200 000 étrangers en situation régulière chaque année, et ce serait "trop", estime le ministre. Sans surprise, Marine Le Pen l’a félicité pour ces propos, comme à chaque fois que la droite tient des discours caressant dans le sens du poil les sentiments racistes et xénophobes sur lesquels prospère l’extrême droite. Le même Guéant a franchi un pas de plus dans l’ignominie en annonçant le croisement du fichier des étrangers résidant en France et celui de la Sécurité sociale pour traquer les fraudes "spécifiques" des étrangers.

La déclaration de Sarkozy constitue une nouvelle volte face de cette girouette politique pour qui ses intérêts électoraux tiennent lieu de conviction. En 2005, il s’était prononcé pour qu’« un étranger en situation régulière, qui travaille, paye des impôts et réside depuis au moins dix ans en France, puisse voter lors des élections municipales ».

Les déclarations à répétition de Guéant sont de plus en plus insupportables. C’est avec plaisir que nous le ferons dégager en 2012, et son mentor Sarkozy avec ! Ces personnages malfaisants doivent partir, et laisser la place pour une autre politique : pour l’arrêt des expulsions, pour la régularisation de tous les sans-papiers, pour le droit au travail pour les étudiants étrangers, pour l’égalité des droits dans tous les domaines y compris le droit de vote à toutes les élections (lire le communiqué du NPA). Un sondage récent indique une évolution de l’opinion en faveur du droit de vote des résidants non communautaires aux élections locales. C’est une bonne nouvelle ! Elle nous renforcera dans notre détermination à lutter contre toute forme de racisme et de xénophobie.

Les droits des étrangers sont mis à mal au quotidien

Guéant a annoncé qu’il se fixait un nouveau objectif : diminuer l’immigration légale de 10%. Sont dans le collimateur : le regroupement familial, le recrutement des étrangers, dont les étudiants en fin de cycle, et même le droit d’asile car le ministre estime qu’il « est détourné par des migrants économiques ». Cet objectif, le ministre le fixe aussi bien sûr à chaque préfet, ce qui ne manquera pas d’aggraver la situation des étrangers sur le terrain.

C’est pour porter plusieurs exigences pour faire respecter les droits des étrangers que le collectif unitaire du Calvados rencontrait le préfet lundi dernier, soutenu par un rassemblement à l’extérieur.

Ces dernières semaines, associations et militants ont constaté en effet une dégradation des conditions d’accueil des étrangers au bureau des étrangers de la préfecture (voir notre article). La question du logement des personnes est aussi cruciale.

Contrairement à ce que prétend un article de Ouest France, la délégation du collectif, composée de membres des nombreuses organisations soutenant ce collectif (dont la NPA), n’est pas sortie satisfaite de l’entrevue. Le préfet n’a pas caché qu’il ne faisait qu’appliquer la politique du gouvernement…

Nous resterons donc vigilants pour obtenir les améliorations concrètes pour l’accueil des étrangers. Les rendez-vous devant le bureau des étrangers sont maintenus (les prochains : jeudi 8 décembre et vendredi 16 décembre).

Lire ci-dessous le communiqué du collectif unitaire.


Collectif 14 pour le respect des droits des étrangers

Communiqué de presse

Suite à l’article paru dans Ouest-France du mardi 29 novembre sur le compte-rendu de l’entrevue avec le préfet, le Collectif tient à apporter les précisions suivantes :

Contrairement à ce qui est écrit les membres de la délégation ne sont pas sortis satisfaits de cet entretien qu’ils n’ont trouvé ni conciliant ni constructif.

Sur le droit au logement et à l’hébergement, le préfet a justifié sa décision de mettre fin à l’hébergement de ménages en pleine période de trêve hivernale en expliquant qu’il appliquait la politique du gouvernement. Selon lui, certaines personnes n’ayant pas vocation à rester sur le territoire français, n’ont pas à être logées par l’Etat. Elles seront éventuellement logées dans les hébergements d’urgence si elles en font la demande comme pour toute personne SDF.

Sur les conditions d’accueil au bureau des étrangers, il nous a fait remarquer que les files d’attente avaient diminué. Certes, mais, pour nous, le fonctionnement du bureau des étrangers est loin d’être satisfaisant : des personnes continuent d’attendre des heures, la nuit, dehors, sans dormir, parfois accompagnées d’enfants, pour obtenir le droit d’accès au service public.

Enfin le préfet ne s’est absolument pas engagé à mettre les différents formulaires sur le site de la préfecture. Il a seulement dit qu’à priori il n’y était pas opposé mais qu’il allait voir la faisabilité avec les services de la préfecture.

En conclusion le collectif n’est pas ressorti satisfait de cet entretien et entend bien continuer son action pour le respect des droits des étrangers et contre la politique xénophobe du gouvernement Sarkozy.

Caen le 30 novembre 2011

Communiqué approuvé par tous les membres de la délégation reçue par le Préfet et par le bureau du Collectif 14 pour le Respect des Droits des Etrangers.



Communiqué du NPA du Bocage virois. Le NPA exige le retrait de la loi visant à taxer les semences de ferme

26 novembre 2011

La loi qui vise à taxer les semences de ferme sera examinée au parlement le 24 Novembre. Le comité du bocage virois du NPA rejette la proposition de loi des multinationales d’interdire aux paysans de ressemer librement leur propre récolte et d’échanger leurs semences, à moins de payer des royalties.

Depuis toujours la sélection variétale était faite de manière locale, collective entre paysans libres et se basant sur leur savoir-faire.

Taxer les semences de ferme c’est autoriser la marchandisation et l’industrialisation du vivant au profit de ces multinationales qui n’ont jamais rien payé pour se servir dans les semences sélectionnées par les paysans.

Si ce choix politique était confirmé alors les conséquences seraient destructrices pour la biodiversité agricole, la sécurité alimentaire et la liberté dans le métier de paysan.

Le comité du bocage virois du NPA se range du côté de ceux qui permettent aux peuples de se nourrir, du côté de tous ceux qui agissent avec la nature et non pas contre elle.

Les crises économiques qui se succèdent, nous montrent l’irresponsabilité des industriels. Leur modèle économique montre ses limites de manière de plus en plus évidente.

Le monde du vivant et notamment celui des semences ne peut et ne doit JAMAIS être une marchandise accaparée par quelques multinationales. Dèjà, ces entreprises provoquent dans les pays les plus pauvres des famines, dans les pays les plus riches des augmentations qui empêchent plus de 8 millions de Français de se nourrir suffisamment et correctement.

La biodiversité doit rester plus important que les profits des agro-industriels !

Notre bouffe et nos vies valent plus que leurs profits.

Le 21 novembre 2011


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