Communiqué du NPA de Caen. Combattre l’extrême droite partout et quelque soit son visage ! A propos de la venue de Dieudonné à Hérouville-Saint-Clair.

16 novembre 2011

Le 16 novembre prochain, aura lieu un spectacle de Dieudonné à Hérouville-Saint-Clair.

Cet « humoriste » n’est pas un humoriste comme les autres. Il est proche du groupe d’extrême-droite « Egalité et Réconciliation » dont le principal dirigeant est Alain Soral (ancien cadre du Front National).

Autour de Dieudonné, gravitent des négationnistes, des intégristes chiites, des complotistes, des catholiques traditionalistes, des « rouges-bruns »…

La liste conduite par Dieudonné aux élections européennes de 2009, dans la circonscription d’Ile-de-France, a participé à la diffusion des clichés et thèmes traditionnels d’un antisémitisme masqué par une profession de foi «antisioniste».

Il contribue ainsi à semer la confusion entre la lutte légitime contre l’oppression des Palestiniens par l’Etat d’Israël, et l’antisémitisme de l’extrême droite traditionnelle qui doit être combattu sans relâche.

Bien qu’il s’en défende, Dieudonné poursuit un travail de sape dont seule la « locomotive » de l’extrême droite, le Front national, tirera profit.

C’est pour cela que le NPA de Caen tient à dénoncer sa venue à Hérouville-Saint-Clair.

La lutte contre l’extrême droite, sur tous les terrains et quel que soit son visage, est une nécessité !

Le NPA de Caen

14 novembre 2011


Soutien à Yohan Leforestier. Non à l’outrage à la liberté d’expression et de création

28 septembre 2011

Yo du Milieu, slameur-comédien, pourrait être condamné à verser jusqu’à 1500 euros d’amende à L’État Français pour outrage au « drapeau sacré » de la Nation.

Son crime ? Avoir porté une burqa bleu-blanc-rouge lors d’une intervention théâtrale organisée en ouverture d’une manifestation contre les baisses des financements aux associations œuvrant en faveur des quartiers en difficulté.

Interpellé à l’issue de cette manifestation, il est convoqué au tribunal de police de Caen le 30 septembre prochain pour « avoir volontairement utilisé de manière dégradante le drapeau tricolore dans un lieu public, ouvert au public et de nature à troubler l’ordre public ».

Oui, aujourd’hui en France, un artiste peut être poursuivi pour avoir librement intégré les couleurs nationales, au sein d’une création !

Si Yohan Leforestier venait à être effectivement condamné, nous serions confrontés, une fois de plus, à une dangereuse dérive au détriment de nos libertés individuelles et collectives.

Ce gouvernement s’est fait une spécialité des lois liberticides.

Par un décret du 21 juillet 2010, la loi du 18 mars 2003 relative à l’outrage à l’hymne national et au drapeau tricolore, s’étend désormais aux œuvres de l’esprit ! Ainsi la création artistique se trouve soumise à une censure politique proprement insupportable !

Aujourd’hui, ce texte sarkozyste, qui voudrait interdire cette liberté, est contredit par le Conseil d’État. Ce dernier indique qu’il faut nécessairement que cet « outrage » soit commis « dans des conditions de nature à troubler l’ordre public et dans l’intention d’outrager le drapeau tricolore ».

En effet, selon le Conseil d’État : « le pouvoir réglementaire a entendu n’incriminer que les dégradations physiques ou symboliques du drapeau susceptibles d’entraîner des troubles graves la tranquillité et à la sécurité publiques et commises dans la seule intention de détruire, abîmer ou avilir le drapeau ; qu’ainsi ce texte n’a pas pour objet de réprimer les actes de cette nature qui reposeraient sur la volonté de communiquer, par cet acte, des idées politiques ou philosophiques ou feraient œuvre de création artistique.

Or, Yo du Milieu n’a pas, par son acte, troublé gravement l’ordre public, une des conditions cumulatives avec l’intention d’outrager le drapeau tricolore.

Les poursuites contre Yo n’ont donc plus d’objet et sa condamnation relèverait d’une décision arbitraire infondée.

Nous refusons la soumission à l’arbitraire du pouvoir et sa logique d’intimidation qui a aussi conduit à l’interpellation récente d’un militant associatif local pour un supposé « délit d’intention », la même qui s’étend, surveille, contrôle nos vies et tend à s’immiscer jusque dans notre vie privée.

Ne nous y trompons pas, ce qui est en jeu dans cette affaire, c’est notre droit le plus élémentaire à la liberté d’expression et de création au sein de l’espace public.

Nous dénonçons l’inacceptable outrage à la liberté d’expression dont cette interdiction est synonyme !

Nous appelons celles et ceux, attaché(e)s à la liberté d’expression et de création à rejoindre le comité de soutien à Yohan Leforestier et à participer aux actions à venir !

Coordination des professionnels du spectacle du cinéma et de l’audiovisuel de Basse-Normandie (CPSCA-BN).


Le CPSCA organise un concert de soutien à Yo du Milieu vendredi 30 septembre, place de la République à Caen.
A partir de midi : cantine, tables infos, presse, prises de parole…
Concerts et interventions avec : l’Oreille Arrachée, Fanfare Salade de bruits, Triste Tropique, Le Mazel Combo, Le Théâtre de marionnette de Gepete, Le Milieu, Fresh Caen Camp / Coefficient, scène ouverte aux outrageurs.euses…


Le NPA est membre de comité de soutien avec de très nombreuses organisations politiques, syndicales, associations.



Liberté d’expression

24 juin 2011

Mercredi 15 juin, un artiste a été interpellé à l’issue d’une manifestation, à Caen, parce qu’il portait une burqa bleu blanc rouge. Il est convoqué devant le tribunal de police le 30 septembre prochain et encourt jusqu’à 1500 euros d’amende. Une pétition pour la liberté d’expression circule, soutenue par le NPA.

Yohan Leforestier avait revêtu ce costume dans le cadre d’une intervention théâtrale donnée juste avant la manifestation contre la baisse des crédits de la politique de la ville. Yohan est en effet comédien, et aussi auteur-slameur. Son intervention représente une critique de la stigmatisation des musulmans. Yohan y incarne un personnage, Nadine Hamouk. Les forces de police y ont vu une « dégradation du drapeau tricolore de nature à troubler l’ordre public » !

Une pétition de soutien à Yohan Leforestier circule pour réclamer l’abandon des poursuites. Il y va de la liberté d’expression et de la liberté de création des artistes.

La pétition dénonce aussi à juste titre « une politique de la haine », « dirigée en priorité vers des boucs émissaires présumés musulmans ».

Le NPA du Calvados s’associe à cette pétition et apporte son soutien à Yohan Leforestier.


Communiqué du NPA du Calvados. Non à la répression de la liberté d’expression

Le Mercredi 15 Juin dernier, Yohan Leforestier, auteur-slameur-comédien du groupe « Le Milieu » a été arrêté en marge de la manifestation contre la baisse des subventions allouées aux associations de cohésion sociale car il portait une burqa bleu blanc rouge dans le cadre d’un sketch. Il encourt alors 1500 euros d’amendes. Cette arrestation est une atteinte grave à la liberté d’expression et à la création artistique. Le NPA du Calvados exprime tout son soutien à Yohan Leforestier et exige l’arrêt des poursuites à son encontre.

Caen, le 22 juin 2011.


Pour signer la pétition : http://lemilieu.free.fr/.



Un intermittent du spectacle condamné à payer 35 000 euros à Pôle emploi

10 février 2011

Pôle emploi vient de faire condamner Christophe, un intermittent du spectacle de Caen, à rembourser ce que l’organisme estime constituer un "trop perçu" d’indemnisation du chômage. En fait, en niant la qualité d’intermittent du spectacle à cette personne, Pôle emploi ignore la spécificité de ce métier.

Pôle emploi considère qu’un certain nombre d’heures de travail déclarées sur la période 2001 à 2004 par Christophe ne relevait pas du statut de l’intermittence du spectacle, et donc des modes spécifiques d’indemnisation du chômage qui lui sont liées.

A l’époque, Christophe travaillait pourtant dans une compagnie de théâtre. Mais Pôle emploi considère que ses interventions auprès de divers publics, en tant qu’artiste, relève de "l’enseignement" et non pas de l’activité artistique.

Pourtant, comme le soulignent les organisations professionnelles d’artistes, "les artistes et les structures qui les emploient – de la plus modeste des compagnies indépendantes à la plus prestigieuse des institutions – interviennent de plus en plus pour initier différents publics aux pratiques artistiques" (communiqué du Syndicat national des arts vivants de Basse-Normandie). Et c’est très bien comme cela ! Ces artistes contribuent ainsi à la démocratisation culturelle. En aucun cas ils ne prétendent remplacer les enseignants, les éducateurs et les animateurs. Ils sont artistes et rien d’autre, et aucun enseignant, éducateur ou animateur ne prétendra être en retour ce qu’il n’est pas : artiste !

En niant la qualité d’artiste à une personne qui l’est bien, Pôle emploi lui nie les droits attachés à ce statut. De fait, l’organisme s’attaque à ce qui reste du statut des intermittents du spectacle, statut particulier indispensable pour faire vivre la profession et diffuser la culture dans toutes les sphères de la société.

C’est l’acharnement de Pôle emploi qui doit être condamné et Christophe doit être rétabli dans ces droits.

Le NPA apporte son soutien total à Christophe et appuie les organisations syndicales qui appellent la profession à se mobiliser.


La réforme Chatel à la poubelle !

10 décembre 2009

Plusieurs milliers de manifestants à Paris, Toulouse, Bayonne, Lille et dans d’autres villes : la résistance à la réforme des lycées de Chatel prend de l’ampleur.

Manifestation lycéenne en décembre 2008 dans les rues de Caen

Le texte du gouvernement était examiné jeudi après-midi au Conseil supérieur de l’éducation, une instance qui réunit des représentants d’enseignants, de personnels non-enseignants, d’élèves, de parents d’élève et de collectivités locales. Cette instance n’a qu’un rôle consultatif et son avis importe peu au gouvernement, décidé à appliquer la réforme qu’il avait dû repousser d’un an à cause des manifestations lycéennes de décembre 2008. Pour accélérer les suppressions de postes, la réforme des enseignements est programmée. La spécialisation en terminale est accentuée (histoire-géo…). Le développement de « l’autonomie » des lycées générera encore plus d’inégalités entre établissements.

Riposte

A Paris, ce sont les lycéens qui ont fait le gros du cortège de protestation, les profs étant peu nombreux. Les enseignants du Snes-FSU et de la Cgt Educ’action étaient représentés. Les slogans visent autant Chatel ("A la poubelle, les réformes Chatel") que l’injustice sociale en général ("Assez de cette société qui n’offre que le chômage et la précarité"). Le matin, entre 200 et 300 lycéens avaient défilé à Toulouse, où une coordination des lycées s’est mise en place.

En Pays Basque, la mobilisation bat son plein. 1 500 lycéens s’étaient donné rendez-vous à Bayonne, venant de deux grands lycées professionnels de Bayonne et de Anglet, mais aussi d’établissement de Biarritz et de Saint Jean-de-Luz.

A vire, 150 lycéens de Marie-Curie ont manifesté jeudi avant de rejoindre leur lycée l’après-midi.

Nouvelle mobilisation mardi

Mardi 15 décembre, grève dans les IUFM (Instituts de formation des maîtres) contre la réforme de la formation. Toute la communauté éducative, les enseignants et les élèves doivent se retrouver au coude-à-coude pour lutter contre le massacre du système éducation.

A Caen, la manifestation partira de l’IUFM (rue de la Délivrande) à 14h30, passera devant l’université, puis se dirigera au centre ville, vers rassemblement devant la Préfecture à 17h.


Le machisme c’est la violence au quotidien

3 octobre 2009

L’égalité n’est toujours pas gagnée

Droits des femmes

Salaires, tâches domestiques, violences, sexisme…
Les femmes continuent d’être opprimées. Cette oppression est encore plus insupportable lorsqu’elle se conjugue avec d’autres discriminations comme le racisme ou l’homophobie.
Nous refusons la hiérarchisation des oppressions, qu’elles soient de classe, de race ou de genre.
Le NPA s’est doté d’une commission intervention féministe dont l’objectif est de sensibiliser, informer, réfléchir et agir, à l’intérieur comme à l’extérieur du parti, sur tout ce qui concerne la lutte contre l’oppression des femmes.

La commission est mixte, de fait ce combat doit être porté par l’ensemble de l’organisation. Nous sommes impliqué-e-s dans le mouvement féministe (cadre unitaire, associatif, etc.).
Ce cadre est un acquis précieux des luttes précédentes. Nous oeuvrons avec d’autres pour renforcer le mouvement féministe, pour le rendre plus visible, puissant et capable d’entraîner les féministes de toutes générations.


Nous sommes solidaires des femmes du monde entier.

Machisme et violence au quotidien
Le capitalisme utilise l’oppression des femmes en faisant par exemple assumer au sein de la famille des tâches qui pourraient être allégées par des services publics de qualité, gratuits et mixtes (gardes d’enfants, soin aux personnes âgées, tâches domestiques…).
Lutter au quotidien contre toutes les manifestations de l’oppression des femmes, matérielles comme idéologiques, fait partie du combat contre le capitalisme pour une autre société:

« Pas de libération des femmes sans socialisme ! Pas de socialisme sans libération des femmes ! »

Aujourd’hui, plus que jamais, il est temps de descendre dans la rue pour résister aux attaques et défendre les droits des femmes !

TOUTES ET TOUS, le 17 OCTOBRE, 14 H 30, PLACE DE LA BASTILLE, PARIS

Ce n’est pas aux femmes de payer leur crise !

Lire le dossier complet du NPA

Lire l’appel du collectif unitaire


Vendredi 11, samedi 12 et dimanche 13 septembre : rendez-vous avec le NPA à la Fête de l’Humanité

11 juin 2009

 

Le NPA sera présent pour la première fois à la fête de l’Humanité. Ce sera l’occasion pour le NPA de débattre avec tous ceux et celles qui le souhaitent de l’ensemble des questions sociales et politiques. Des débats et des signatures de livres sont organisés sur le stand.

Des militants et militantes du NPA sont invités à des débats sur d’autres stands organisés soit par des collectifs unitaires, c’est le cas pour les Marches contre la précarité et le chômage ou par d’autres forces politiques comme la Fédération ou le Parti de gauche.

Nous serons également présents au débat central « Quel rassemblement pour battre la droite », organisé par la direction de la fête de l’Humanité à l’Agora de 15h30 à 17h30 en présence de responsables politiques, syndicaux et associatifs.

Venez toutes et tous nous rencontrer à cette grande fête populaire.

Le stand du NPA se trouve avenue Louise Michel et ouvrira à 14 h le vendredi 11 septembre .

Signatures de livre :

- samedi 12 septembre de 14h30 à 15h30, Philippe PIGNARRE "Être anticapitaliste aujourd’hui"
– samedi 12 septembre de 17h à 18h30, François COUSTAL "L’incroyable histoire du Nouveau parti anticapitaliste"

Débats organisés sur le stand :

- samedi 12 septembre de 16h à 18h : Interdiction des licenciements, les propositions du NPA
– dimanche 13 septembre de 11h30 à 13h : Répression antisyndicale en Kanaky avec des représentants de l’ USTKE, du PT, de Rheebu Nuu et de l’union calédonienne.
– dimanche 13 septembre 15 h à 16h30 : Ecologie et anticapitalisme

Boissons et un plat unique à 5 euros sur le stand.


Communiqué du NPA. Hadopi : nouveau revers pour Sarkozy

11 juin 2009

Le Conseil constitutionnel vient de repousser le coeur du dispositif de la loi Hadopi, à savoir la riposte graduée.

Pour sa part, le NPA s’est toujours opposé à cette loi inadaptée aux moyens modernes de production et de diffusion culturelle, à la défense des intérêts des artistes et créateurs et qui tournait le dos à la défense des libertés.

Le financement de la juste rémunération des créateurs et des artistes passent, pour le NPA, par la mise ne place d’une taxe sur le chiffre d’affaires des principaux bénéficiaires de la production culturelle : fabricants de matériel informatique, fournisseurs d’accès, majors du disque et du cinéma.

Le 10 juin 2009

Lire aussi l’article "Hadopi : les enjeux"


HADOPI, loi liberticide

18 mai 2009

Prétendant défendre les droits d’auteurs, la loi "Hadopi" cache une orientation profondément rétrograde.

La loi "Hadopi" (haute autorité pour la diffusion et la protection des droits sur Internet) ne s’attaquera pas aux pirates qu’elle prétend traquer, mais aux possesseurs de la ligne Internet, dont la responsabilité est engagée, et qui est mis en devoir de devenir le propre flic de sa connexion. La responsabilité juridique "pour le fait d’autrui" (dans les cas de piratage d’une connexion wifi, ou de plusieurs utilisateurs d’une même connexion), voilà une grande première juridique!

Bien sûr, la solution proposée est l’installation quasi obligatoire d’un logiciel espion, payant. On comprend mieux pourquoi les fabricants de logiciels informatiques y sont favorables…

Ensuite, loin de protéger les plus fragiles parmi les artistes (déjà passablement mis à mal par les "réformes" de l’intermittence…), les poursuites se feront sur la base des enquêtes menées par des cabinets privés représentants les ayants droits, ceux qui en ont les moyens, majors du disque et du cinéma, et tant pis pour les petits indépendants! On comprend mieux pourquoi les majors y sont favorables…

De plus, loin de réellement protéger les droits d’auteurs, la loi "Hadopi" s’y attaque, notamment en ce qui concerne les journalistes. Jusqu’à présent rémunérés à chaque publication sur tout nouveau support, ceux-ci pourront voir leurs articles libres d’êtres utilisés à l’envi par les groupes de presses pour une seule et unique rémunération. On comprend mieux pourquoi les patrons de presse y sont favorables…

Enfin, le coût estimé de la mise en place de la loi s’élève à plus de 35 millions d’euros par an (fichage, traçage des adresses IP, avertissement envoyés, etc.). Offrir un tel chèque annuellement à des services privés de police du Net, on comprend mieux pourquoi le gouvernement y est favorable…

De nombreuses solutions existent

Pour assurer une juste protection et rémunération des artistes:

- La fin de la transmission patrimoniale des droits d’auteurs, refondus, après la mort des auteurs, en une enveloppe globale d’aide à la création culturelle.

- Une taxe sur le chiffre d’affaires des principaux bénéficièrent de la manne culturelle (les fabricants de matériel informatique, fournisseurs d’accès et autres), qui viendrait financer l’emploi et les salaires des travailleurs de la culture.


– Le développement  de médiathèque publiques, physiques ou numériques, permettant une réelle démocratisation culturelle.

- Des licences ouvertes, sur les nombreux modèles existant d’ores et déjà ("Creative Commons", "GPL", GNU").

Bref, un véritable service public de l’Internet et de la culturre… Et là, on comprend mieux pourquoi ni les majors du disque ou du cinéma, ni le Medef, ni les patrons de presse, ni le gouvernement, n’y sont favorables.

(article de Yvan GUIMBERT, paru dans TEAN n°8)

TOUT est à nous

TOUT est à nous! Abonnez-vous

*


Lutter contre le négationisme

19 avril 2009

 

S’il est négationniste, Mgr Williamson n’est pas fou. Aussi peut-on expliquer historiquement pourquoi il tient de tels propos.

L’intégrisme catholique contemporain, représenté surtout par la Fraternité Saint-Pie X, est un résidu de l’intransigeance catholique, développée dès le début du XIXe siècle et dominante dans le catholicisme à partir des années 1850-1860.

Ce refus du libéralisme philosophique, religieux, politique et économique prend une connotation apocalyptique entre 1850 et 1930. Il tend à comprendre la modernité comme un instrument de destruction de l’Eglise civilisatrice, animé par une contre-Eglise satanique où complotent et s’activent libres-penseurs, francs-maçons, juifs et autres. Cette intransigeance apocalyptique, qui fut majoritaire, se constitue en branche distincte entre 1920 et 1980, en réaction à la complexe transaction pratique et théorique partiellement réalisée par le catholicisme avec la modernité, dont Vatican II est la capitalisation.

Courant autonomisé voulant ramener le catholicisme à la forme apocalyptique de sa matrice intransigeante, l’intégrisme en conserve les strates judéophobes. Vers 1800, l’antijudaïsme catholique accusait les juifs d’être infidèles à Dieu, d’avoir crucifié Jésus et d’être devenus un groupe ethno-religieux à la morale asociale et antichrétienne. Entre 1850 et 1880, une polémique socioéconomique s’adjoint à la polémique religieuse, le tout s’intégrant à l’intransigeance apocalyptique.

Vers 1900, nombre de catholiques acceptent le mot et l’idée d’antisémitisme, compris comme une lutte sociale, économique, politique et religieuse contre les juifs. Le racisme est souvent frôlé, sans jamais pouvoir être assumé. Car le Dieu bon du Nouveau Testament est celui de l’Ancien Testament. De plus, c’est le péché, acte de la liberté individuelle, qui condamne, et non l’origine raciale.

Ainsi peut se manifester une paradoxale et ambiguë dimension philosémite : la conversion au christianisme des juifs participerait au salut du monde.

Après la première guerre mondiale, les troupes de la judéophobie catholique diffusent les Protocoles des sages de Sion, mais s’éclaircissent. La lente décomposition de l’intransigeance apocalyptique produit ses effets. L’interrogation théologique sur le judaïsme, engagée discrètement dès la fin du XIXe siècle, se fait plus nette dans les années 1920-1960. Le Saint-Office condamne l’antisémitisme racial (1928), Pie XI revendique la filiation juive du christianisme (1938). La judéophobie socio-économique régresse lentement, puis disparaît après la seconde guerre mondiale. Finalement, la déclaration conciliaire Nostra Ætate (1965) rejette l’antijudaïsme et la théologie qui le sous-tendait.

Entretenant l’intransigeance apocalyptique, l’intégrisme catholique ignore nombre de ces évolutions. Une minuscule minorité de ses adeptes y intègre le négationnisme, à partir d’un tropisme complotiste et judéophobe, fruit d’une marginalité intellectuelle s’autoalimentant aux marges disponibles. Pour le Saint-Siège, c’est une marginalité cumulative, une aberration intellectuelle et un point annexe de ses rapports avec l’intégrisme.

Cependant, le négationnisme est aussi autre chose. Niant la signification objective des traces du génocide des juifs, il se fait complice du nazisme qui effaça les traces de ce qu’il commit au nom d’une idéologie selon laquelle certains ne peuvent participer à la Cité du simple fait d’être nés. Ainsi forme de l’antisémitisme, il s’oppose radicalement aux sociétés occidentales qui présupposent que la vie de chaque individu né vaut par elle-même.

Refus absolu des règles non écrites de la Cité, le négationnisme devient la faute morale absolue. Pour une partie des catholiques et les responsables politiques, cette norme implicite doit être celle de l’Eglise, la refuser doit empêcher toute communion avec le pape. Le Saint-Siège et Mgr Fellay l’ont prise en compte sous la pression des réactions. Peuvent-ils le faire aussi sur des bases propres ?

L’historien, même spectateur engagé, ne peut répondre à leur place. Il peut au moins avancer trois voies possibles : le rejet du négationnisme transcrit des affirmations catholiques (la bonté et la dignité intrinsèques de toute vie, l’unité du genre humain, antérieures à toute société politique et s’imposant comme telle) ; le choix du refus de l’antisémitisme et de l’abandon de la judéophobie, qui peuvent s’étendre au négationnisme ; la mise sur le même plan par Mgr Williamson du refus d’un concile par lequel se définit aujourd’hui le catholicisme, et du négationnisme, lequel empêche par ricochet la communion.

Ainsi, quoique microscopique, le négationnisme de certains intégristes peut être un enjeu central, car il noue deux logiques de la recomposition identitaire du catholicisme : la détermination du rapport souhaitable à un passé d’intransigeance apocalyptique, dont le complotisme judéophobe est un élément ; l’acceptation ou non, et dans quelle mesure, de normes métapolitiques extérieures.

Paul Airiau

Article paru dans le Monde, édition du 11.04.09.

Paul Airiau est agrégé et docteur en histoire, maître de conférences à Sciences Po, auteur de « L’Antisémitisme catholique aux XIXe et XXe siècles » (Berg International, 2002).


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.