Avec l’austérité, la casse du service public s’accentue. Grève dans l’éducation le 15 décembre

4 décembre 2011

"Austérité" est un mot bien abstrait, mais nous allons bientôt savoir ce qu’il signifie concrètement. L’Etat dépense l’argent des impôts. Mais en attendant qu’il rentre dans ses caisses, il doit emprunter aux banques ou bien sur les marchés financiers. Il fait alors, comme l’Etat italien la semaine dernière, une vente de « bons du trésor », des papiers valant reconnaissance de dette.

L’Etat italien n’a pas bonne réputation : il emprunte à 7 % d’intérêt. C’est-à-dire que pour chaque euro emprunté, il rembourse un euro et 7 centimes d’intérêt par an, c’est-à-dire au bout de dix ans 1,70 euro. Le gouvernement français tient à continuer emprunter à 3%, c’est-à-dire à rembourser 1,30 euro pour un euro emprunté au bout de dix ans. C’est pourquoi il veut garder la confiance des prêteurs : les marchés financiers. C’est pourquoi il envisage, afin de prouver sa capacité à rembourser l’argent emprunté (et garder la fameuse note « AAA » qui le certifie), de réduire ses dépenses. Et c’est là que l’austérité commence.

On pourrait arrêter d’acheter des avions de combat Rafale au milliardaire Dassault (ami de Sarkozy, et ex-ami de Chirac). On pourrait arrêter de subventionner les entreprises privées (22 milliards par an). On pourrait traquer les vrais fraudeurs de la Sécu, pas les salariés en arrêt maladie soi-disant « injustifié » (ça représente quelques dizaines de millions d’euros), mais les entreprises qui ne versent pas leur part de cotisations : 16 milliards par an. Mais non. Le gouvernement avait atteint en septembre son objectif de 100 000 suppressions d’emplois dans l’éducation nationale en 10 ans ; il se dit qu’après tout, il peut bien en trouver 14 000 de plus l’an prochain.

Alors bien sûr, on pourra objecter que l’austérité, ça fait finalement 10 ans que les lycéens y ont droit. Sauf que l’accumulation des suppressions d’emplois produit des effets plus violents à chaque nouveau plan. De la maternelle au lycée, les effectifs par classe ont augmenté tandis que diminuait le nombre d’heures de cours. Cette diminution était, au-delà des justifications bidon sur un meilleur enseignement, le seul objectif de la dernière réforme des lycées. Maintenant : quels cours vont sauter ? Jusqu’à combien va-t-on nous entasser dans les salles de classe ?

Cette dette dont on nous rebat les oreilles n’est pas la nôtre. Si nous nous laissons faire, elle nous entraînera dans une crise sans fin. Les suppressions d’emplois publics, loin de régler le problème, l’aggraveront en provoquant en cascade des licenciements, faute de voir les employés du public acheter les produits du privé. Ces licenciements priveront l’Etat d’impôts, et nécessiteront de nouveaux « sacrifices » de fonctionnaires. La Grèce en donne un bon exemple : depuis que les plans d’austérité ont commencé, sa dette a augmenté, car les recettes de l’Etat se sont effondrées.

Les capitalistes ne contrôlent pas leur système. Ils préfèreront précipiter les peuples dans la mi-sère et la barbarie, plutôt que céder une parcelle de leurs privilèges. Il n’y a que nous, les jeunes, les salariés, les pauvres, qui pouvons les en empêcher.

Le 15 décembre, les profs se mobilisent contre la dégradation de leurs conditions de travail. Que nous rejoignions leur manifestation, avec nos revendications à nous, ou que nous attendions des jours plus favorables, soyons persuadés que seule notre mobilisation dissuadera les politiciens de donner aux banquiers et spéculateurs, les responsables de la crise, l’argent dont a besoin le service public d’éducation.

Le 15 décembre 2011, exprimons notre solidarité avec les personnels de l’éducation.


Le peuple grec au "club med". Mensonges et austérité !

20 novembre 2011

Tract lycéen des jeunes du NPA de Caen. Depuis mars 2010, les plans d’austérité se multiplient contre le peuple grec, dictés par la chancelière allemande Merkel, par Sarkozy, et mis en oeuvre par le "socialiste" Papandréou. Et maintenant par un gouvernement d’union nationale dirigé par l’ex-numéro 2 de la Banque Centrale Europénne.

La faute à une dette publique colossale qui serait due, nous dit-on, aux trop grands avantages sociaux des grecs, qui n’auraient pas assez bossé pour pouvoir les financer. Angela Merkel a résumé cette idée en par-lant de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal comme les pays du… "Club Med" ! Pour les capitalistes et leurs représentants, la source du problème est donc identifiée : des retraites, des services publics, des congés payés, des salaires trop généreux… Le remède logique, selon eux, serait donc de tailler en pièce tous ces droits sociaux.

Faignants, les grecs ? Selon l’OCDE, en 2009, la durée annuelle du travail était, en moyenne, de 1390 heures en Allemagne, 1554 heures en France et… 2119 heures en Grèce. Le nombre de congés payés des salariés grecs est un des plus bas d’Europe : 23 jours par an en moyenne contre 25 en France et 30 en Allemagne.

Trop élevés, leurs budgets sociaux ? Non, ce sont la corruption, et surtout les achats d’armes, qui ont creusé la dette grecque. La Grèce a aujourd’hui, en proportion, le plus important budget militaire de l’Europe ! Pourtant, selon Merkel, la baisse de ce budget n’est "pas une priorité". Pas étonnant quand on sait que l’Allemagne et la France sont parmi les plus gros fournisseurs d’armes de la Grèce ! Mais, depuis la crise financière de 2008, c’est la spéculation des banques, notamment françaises et allemandes, sur la dette grecque qui l’a fait exploser. Sarkozy prétend aujourd’hui que les banques ont annulé 50% de la dette grecque… Il oublie de préciser qu’en contrepartie, les intérêts de la dette vont être revus à la hausse. Les banquiers n’ont donc aucun souci à se faire : ils seront payés !

Mais qui paiera ? Les armateurs grecs, les plus gros capitalistes du pays, ne paient pratiquement pas d’impôts, tout comme l’Eglise orthodoxe, le plus grand propriétaire terrien de Grèce. Non, c’est aux travailleurs grecs qu’on va faire les poches. Le dernier plan d’austérité, c’est : une augmentation de la TVA et de l’âge légal de départ à la retraite, de nouvelles privatisations de services publics, une baisse du salaire minimum de 20 % pour les nouveaux embauchés et les chômeurs retrouvant du travail. Les plans d’austérité se succèdent, toujours plus violents, sans rien résoudre ! Ce n’est pas au peuple grec de payer cette dette !

Aujourd’hui, c’est le peuple grec qui trinque. Mais on sait déjà que demain, ce sera au tour des italiens, des espagnols… et au nôtre : les mesures d’austérité annoncées par François Fillon en sont un avant-goût. Et François Hollande ne nous promet guère mieux ! En Grèce comme partout, seule une riposte des exploités pourra renverser la vapeur.


Contre l’austérité, le combat commence

9 octobre 2011

Durant le mandat de Sarkozy, plus de 80 000 postes ont été supprimés dans L’éducation nationale. Côté Université, les réformes continuent, avec la réforme de la Licence, et l’intrusion grandissante du patronat sous couvert "d’autonomie". La journée de mobilisation du 27 septembre dans les écoles, les collèges et les lycées est un premier point d’appui pour résister, construire et amplifier les luttes face à la politique de casse de l’Éducation.

Les attaques continuent
Le mot d’ordre du gouvernement est clair : il va falloir vous serrer la ceinture ! Cela fait des dizaines d’années que c’est le cas ! Les salaires stagnent ou baissent. Les licenciement augmentent, la précarité se généralise et les services publics sont de moins en moins financés. La pauvreté s’étend : 8,2 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France, dont de nombreux étudiants.
Pourtant il n’y a jamais eu autant d’argent en France. Toute cette richesse est accaparée par une minorité de privilégiés ! Les impôts baissent pour les plus grandes fortunes et des entreprises comme Total, qui ne paie pas d’impôts sur ses bénéfices. Cette baisse d’impôts a creusé la dette de l’État. Cette dette a explosé avec les cadeaux aux banques en 2008 et 2009.
C’est maintenant à nous qu’on demande de payer la facture avec la baisse des dépenses publiques, avec des augmentations de taxes notamment sur l’alcool, le tabac et les sodas. Pourquoi ne pas plutôt taxer les achats de villas et de yachts ? Cet argent pourrait financer les écoles, l’université, les hôpitaux, les transports… Plutôt que de rembourser une dette que les jeunes et les salariés n’ont jamais contractée !

Le 27 septembre, un début
A travers toute la planète, la résistance est en marche. Du Chili à la Syrie en passant par le Portugal ou l’État espagnol, les peuples s’indignent et se mobilisent. En France, la journée de mobilisation du 27 septembre dans l’Éducation était une réussite : plus de 50% de grévistes, enseignants et personnels de l’Éducation nationale, parents d’élèves, ont décidé d’envoyer un message clair de rejet de la politique de Sarkozy. Beaucoup d’écoles privées étaient au rendez-vous, sans oublier 200 lycées mobilisés ou bloqués par des lycéens. 160 000 personnes ont manifesté dans toute la France, de nombreux cortèges étudiants et lycéens ont fleuri dans les manifs.

Nous voulons en finir radicalement avec cette politique pour les riches ! Il faut aujourd’hui préparer les suites : une mobilisation est déjà prévue le 11 octobre contre l’austérité. Il faut la préparer ensemble dès main-tenant, pour que nous soyons le plus nombreux possible à résister.
Le samedi 15 octobre, c’est à travers toute la planète que des rassemblements des indignés auront lieu pour défendre les droits des populations. Démocratie, justice sociale, écologie… Nous avons des intérêts communs avec les peuples du monde entier. Nous devons donc être solidaires de tous ceux qui luttent, particulièrement les Grecs qui paient très cher la facture du FMI et de l’Union européenne.
Contre les dirigeants de la planète, nous manifesterons aussi à Nice, le 1er novembre, à l’occasion de la tenue du G20. Ce rendez-vous des vingt chefs d’États les plus puissants ne doit pas se dérouler sans encombre !
Pour nous battre, il ne faut pas attendre des élections qui ne changeront pas la réponse à la question fondamentale : qui doit payer la crise, les jeunes et les tra-vailleurs ou les capitalistes et les banquiers?

Nous devons réfléchir et construire ensemble une société juste, où la survie et les droits des individus ne sont pas soumis aux intérêts économiques. Localement, nous devons nous regrouper, préparer ensemble les prochaines manifestations.

(Tract des étudiants du NPA de Caen. Contact : npacaenjeunes@gmail.com)


Rencontres Internationales de Jeunes (RIJ) 2011

9 août 2011

Comme chaque année, depuis 28 ans, la Quatrième Internationale organise les Rencontres Internationales de Jeunes (RIJ). Après la Grèce en 2009, l’Italie en 2010, cette année c’était au tour de la France d’organiser ces RIJ à Fumel (Lot-et-Garonne) la semaine dernière, du 23 au 30 Juillet. Ce fût alors l’occasion pour pas moins de 480 révolutionnaires de se retrouver durant une semaine d’échanges et de débats. Ces jeunes sont principalement venus d’Europe (Grèce, Espagne, Portugal, Autriche, Allemagne, Danemark, …) mais aussi de Tunisie, du Mexique ou encore d’Irak.

Si le camp est un véritable succès sur le plan des effectifs, il l’est encore plus sur la qualité des débats et des échanges qui ont pu y avoir. Face à la situation internationale brûlante (révolutions dans le monde arabe, mouvements des indignés en Grèce et en Espagne, …), un programme avait spécialement été élaboré pour répondre aux enjeux de la période et permettre aux participants d’y voir un peu plus clair et de ressortir déterminés comme jamais. Ainsi, les trois premiers jours étaient des journées thématiques tournant autour de grands thèmes comme l’économie, l’écologie ou encore les discriminations de genre. Enfin, les trois derniers jours étaient centrés autour du triptyque « Luttes/Stratégie/Parti » permettant aux participants de développer toute une série de sujets brûlants d’actualité comme la révolution permanente, le rôle de l’Etat, ou encore la situation en Tunisie et plus généralement dans les pays arabes.

Le camp a aussi été l’occasion confirmer que les attaques de la bourgeoisie sont bien présentes partout et que pour les contrer il est nécessaire de s’organiser à une échelle la plus large possible (voir ci-dessous l’appel de la commission permanente internationale du rassemblement de Fumel).

Pour ce qui est de la délégation française, le camp a été l’occasion de préparer la rentrée sur les différents lieux d’intervention lycées, facs, jeunes travailleurs mais aussi de préparer la campagne présidentielle de 2012 avec le premier meeting du candidat NPA Philippe Poutou.

La prochaine échéance internationale sera le contre-sommet du G20 à Nice qui se déroulera début Novembre. Pour ce qui est des RIJ de 2012, elles auront lieu en Espagne, fin Juillet comme d’habitude.

Appel issu de la Commission permanente sur les processus révolutionnaires et contre la guerre impérialiste

Aux quatre coins du monde, la jeunesse ne paiera pas la crise !

De Tunis à Athènes, du Caire à Barcelone, la jeunesse a été cette année encore l’étincelle des soulèvements populaires. Les capitalistes font face à la plus grave crise de leur système depuis 1929 et se sont promis de la faire payer aux jeunes, aux travailleu–r–se–s, aux classes populaires et aux peuples opprimés.

Leurs offensives économiques, sociales et militaires sont sans limites ? Nos résistances aussi !

Nous avons encore tout notre avenir à construire, mais le capitalisme n’offre aucun futur à la jeunesse du monde entier.

Annulation de la dette, au nord comme au sud ! Que celle-ci ait été contractée par des dictatures afin de s’acheter des palais et de réprimer leur population ou par les régimes « démocratiques » pour offrir des cadeaux aux capitalistes, nous savons bien que nous n’avons jamais vu la couleur de cet argent et que nous sommes une majorité à être bien loin de vivre « au dessus de nos moyens » comme le répètent les médias à la solde des exploiteurs ! Nationalisation des banques et de l’économie sous le contrôle des travailleurs et de la population !

Contre l’impérialisme, qu’il se manifeste par des bombardements, des occupations militaires ou une mise sous tutelle économique par l’intermédiaire de la dette par les institutions internationales comme l’UE ou le FMI ! Non à l’intervention militaire en Libye et aux tentatives de reprendre le contrôle des processus révolutionnaires dans le monde arabe ! De l’Afghanistan à l’Irak, de la Côte d’Ivoire à la Palestine, autodétermination des peuples !

Contre les plans d’austérité, les privatisations, les coupes budgétaires, les licenciements dans le public comme dans le privé ! Les travailleurs et les jeunes ne sont pas responsables de la crise et ne doivent la payer ni en tant que salariés, ni en tant qu’usagers des services publics et contribuables. Nous devons aller vers la convergence des luttes pour refuser ensemble un avenir de misère, de chômage et de précarité !

Contre la chasse aux immigrés, régularisation de tous les sans papiers !

Contre la destruction de la planète par le capitalisme ! Contre l’utilisation des pays du Sud comme poubelle du Nord !

Face aux offensives impérialistes et racistes, qui n’ont pour but que de nous faire payer la crise, les jeunes répondent : résistance internationale !


Les nouveaux étudiants s’inscrivent à la fac tandis que le gouvernement prépare une nouvelle réforme de la Licence

5 juillet 2011

Les nouveaux bacheliers seront à la fac dès mercredi 6 juillet pour s’inscrire. Après le bac, pour des dizaines de milliers de jeunes, la fac signifie des difficultés nouvelles pour se loger (voir l’article "Logement des jeunes : la Basse-Normandie au service des bailleurs privés") et l’obligation de bosser pour financer ses études, c’est-à-dire au bout du compte d’énormes problèmes pour étudier correctement. C’est aussi l’incertitude des débouchés. La nouvelle réforme de la Licence que prépare le gouvernement accroît l’inquiétude.

En 2007, le gouvernement avait déjà inventé le Plan Licence, dans la foulée de la Loi relative aux libertés et responsabilités des Universités (LRU). Aujourd’hui, il se prépare à mettre en œuvre une nouvelle série de mesures, en redéfinissant l’arrété qui définit l’organisation des enseignements du premier cycle universitaire, les modalités d’examen et les conditions de validation du diplôme. Les dizaines de milliers de nouveaux étudiant.e.s sont directement concernés. Pour le gouvernement, il s’agit de graver dans le marbre certaines des expérimentations menées depuis trois ans dans les universités, que le Plan Licence les avait encouragées à mettre en oeuvre :

La réécriture de l’arrêté Licence

Les orientations du gouvernement sont connues :

- généraliser la « professionnalisation » notamment au travers des stages et des modules de pré-professionnalisation. Cette orientation vise à faire coller de plus en plus la formation supérieure aux besoins immédiats des entreprises. Des cours seraient remplacés par des éléments de « professionnalisation », notamment en deuxième année, tandis que la première année verrait son côté pluridisciplinaire maintenu et développé.

- généraliser les diplômes individualisés et « à plusieurs niveaux ». Cela vise à créer des parcours « d’élite », baptisés « parcours renforcés » dans certaines facs. L’accès aux parcours d’élite est possible sur dossier ou sur concours. Aux côtés des « parcours renforcés », subsisterait le parcours normal, forcément dévalué par rapport aux précédents, et les parcours « de soutien » pour les étuidiants jugés en difficulté, en fait des parcours « poubelle » de réorientation. C’est l’accroissement massif des inégalités, la course vers le diplôme « à la carte » et la fin des diplômes comme garanties collectives, avec, à très court terme, une individualisation renforcée du salarié face à l’employeur.

- systématiser le contrôle continu, avec suppression de l’évaluation en fin de semestre. Cela conduirait à marginaliser des étudiants.e.s salarié.e.s, de plus en plus nombreux.euses, et à accroître la sélection sociale.

Casser les diplômes

Au travers de la nouvelle réforme de la Licence, le principal objectif du gouvernement est d’en finir avec les diplômes nationaux. En s’attaquant aux diplômes reconnus nationalement et « monnayables » grâce aux conventions collectives, il cherche à briser la capacité des salariés à faire valoir des droits collectifs sur le marché du travail. Cela vaut pour les salaires comme pour les conditions de travail. La réécriture de l’arrêté Licence serait donc un recul très important, un pas de plus dans le démantèlement du droit du travail. Ce serait la promesse d’un dégradation brutale des conditions d’emploi de la génération qui arrive à l’Université et des suivantes.

C’est pour cela que la mobilisation est à l’ordre du jour.

Pour la préparer, les étudiants et les étudiantes du NPA seront aux côtés des nouveaux bacheliers qui viennent s’inscrire en fac dès mercredi, pour faire l’information, expliquer les enjeux de la réforme à venir.

Ils et elles ne seront pas pas seul.e.s.

Avec les étudiant.e.s de Sud étudiant, de la FSE, avec des militant.e.s de l’UNEF et ceux et celles d’Alternative Libertaire, ils et elles distribueront un tract unitaire pour « préparer une rentrée de résistance aux projets de sélection sociale et de soumission aux besoins des entreprises ».


Lire le tract unitaire de Sud étudiant, de la FSE, des militant.e.s de l’UNEF, d’AL et du NPA



Logement des jeunes : la région Basse-Normandie au service des bailleurs privés

4 juillet 2011

Dans un communiqué de presse daté du 24 Juin 2011, la région Basse-Normandie se félicite d’être la première région de France à prendre en charge la Garantie des Risques Locatifs (GRL), assurance non obligatoire des bailleurs privés. Officiellement pour aider les jeunes à se loger. Quelle hypocrisie !

A la base, la GRL est une assurance, non obligatoire, souscrite par les bailleurs privés pour couvrir les « risques » d’impayés des locataires, durant la durée du bail, présentant un taux d’effort inférieur ou égal à 50% (1). Cependant, en cas d’impayés, le locataire doit quand même reprendre le paiement de son loyer le plus rapidement possible, au risque de se retrouver, si ce n’est pas le cas, avec un traitement judiciaire des impayés… De fait, la GRL est seulement une garantie pour les bailleurs privés et non une protection pour les locataires aussi….

Dans le cas où le locataire est un jeune de moins de trente ans et sous certaines conditions, la région Basse-Normandie se propose de prendre en charge la GRL, pour la durée du bail, pour soi-disant, « faciliter l’accès des jeunes au logement ». Mais cela sonne en fait comme un nouveau cadeau aux plus riches, à l’instar des aides aux entreprises pour sauvegarder l’emploi. Ainsi, à la collectivité « les risques », aux spéculateurs et bailleurs privés, les profits !

Pour la mise en œuvre de cette mesure, la Région a passé une convention l’Association Pour l’Accès aux Garanties Locatives (APAGL) (2) et Logiliance Ouest (3).

Aides aux entreprises, prise en charge de la GRL par la région, aides du CROUS envers les bailleurs privés, … même combat !

Cette mesure va dans le même sens que l’annonce de Valérie Pécresse (ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche de l’époque, remplacée depuis par Laurent Wauquiez), où elle annonçait, en avril dernier, trois grandes mesures concernant le logement étudiant :

- Le CROUS pourra se porter caution auprès des bailleurs privés pour « aider les étudiants », autrement dit, le CROUS donnera de l’argent au privé…

- 10% des studios du parc immobilier devront être réservés aux étudiants, alors qu’il y a pénurie de logement et que le délai d’attente pour obtenir un logement social est bien souvent de 10 ans…

- La construction de logement étudiant « alternatifs », c’est à dire des logements à bas coûts dans des préfabriqués ou dans des anciens conteneurs comme c’est le cas aujourd’hui au Havre…

Le problème du logement étudiant n’est pas nouveau. Plus d’un tiers des 2,2 millions d’étudiants sont obligés de vivre sous le toit de leurs parents. Seuls 10 % d’entre eux habitent dans des résidences universitaires gérées par le Crous, c’est-à-dire avec des loyers raisonnables. Pour ceux qui sont logés dans le privé, les loyers exorbitants les contraignent à se salarier en plus de leurs études et à vivre dans la précarité : plus de 100 000 étudiants sont sous le seuil de pauvreté. Les difficultés des autres jeunes en formation (apprentis…) et des jeunes travailleurs (notamment des saisonniers, mais pas seulement…) ne sont pas moins grandes.

Pour des mesures d’urgences !

De fait, la région, tout comme le gouvernement, ne facilite en rien l’accès au logement, que cela soit de la population, des étudiants ou des autres jeunes en formation…. La situation du logement en France est désatreuse : plus de 10 millions de personnes sont touchés par la crise du logement (4). Les jeunes pâtissent particulièrement des difficultés à se loger. Or, la seule réponse de l’Etat est de faire encore plus de cadeaux aux bailleurs privés… Ce qu’il faut, c’est un véritable plan d’urgence concernant le logement ! Cela passe par :

- La construction de 150.000 à 200.000 logements sociaux par an ainsi que la construction de logement étudiant par le CROUS et de Foyers de Jeunes Travailleurs sous gestion publique.

- L’arrêt des 300.000 démolitions prévues par l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) qui supprime, au nom d’une prétendue mixité sociale des logements pour en reconstruire à des prix plus élevés et plus petits.

- La réquisition de tous les logements vides.

- L’arrêt des expulsions.

- La re-nationalisation des sociétés d’HLM et l’arrêt des ventes de logement HLM.

- Le blocage des loyers, aucun loyers ne doit dépasser 20% du revenu.

- L’augmentation du budget, renforcée le rôle de l’Etat et remettre en cause des décentralisations passées et à venir.

- Le contrôle par la population des besoins, des constructions, des attributions de logements.

- L’augmentation des aides aux logements (APL et ALS) qui n’ont pas bougé depuis 1994.

- Pas un revenu en dessous de 1 600 euros, augmentation des salaires de 300 euros net.

- Allocation d’autonomie pour les jeunes à hauteur du SMIC.

Pour cela, il faut aller chercher l’argent où il est, c’est à dire dans les poches du patronat ! Faut-il rappeler que le CAC 40 a encore fait plus de 80 milliards de bénéfices en 2010…

Tout est à nous, même le logement !

(1) Le taux d’effort désigne ce que représente la part du loyer (charges et taxes locatives incluses) par rapport aux ressources mensuelles.

(2) L’APAGL est une association fonctionnant en collège « paritaire » avec 10 élus pour le patronat (Medef/CGPEM) et 10 pour les salariés (CGT, CGT-FO, CFTC, CFDT, CFE-CGC). Cette association doit organiser la mise en place de la GRL.

(3) LOGILIANCE Ouest est membre d’Action Logement. Cette dernière correspond à la dénomination courante de la Participation des Employeurs à l’Effort de Construction instituée en 1953 qui est un organisme géré « paritairement » tout comme l’APAGL, et est financée par les entreprises de plus de 20 salariés à hauteur de 0,45% de leur masse salariale (1% jusqu’en 1992…). Elle a pour but de « venir en aide » aux salariés dans leur accès au logement en leur proposant des crédits ou des aides telles que la GRL…. Le président actuel du directoire d’Action Logement, Antoine Dubout, n’est autre que l’ancien PDG de Keops, une société spécialisée dans l’immobilier d’entreprise et filiale de Nexity, un des plus gros spéculateurs immobilier…. Que des gens fréquentables !

(4) Chiffres du dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre sur le mal logement (2011). De plus, 56% des français pensent qu’ils pourraient un jour se retrouver sans logement.


Refusons le G8 des Universités !

20 avril 2011

Les G8 et G20 (Deauville en mai, Cannes en novembre) ont leur volet éducation et recherche. Comme ses versions purement économiques, ce G8, hypocritement rebaptisé pour sa 4ème édition « Sommet mondial des Universités », sera l’occasion pour les puissants de décider à huis clos de l’avenir de l’Université.

 La première partie à Besançon, du 28 au 30 avril, verra se réunir les « délégués » étudiants, choisis par les président-e-s et recteurs d’universités présents à Dijon la semaine suivante. « Nos » représentants auront pour tâche de rédiger une déclaration au nom de la « communauté universitaire ». A Dijon ensuite, du 5 au 7 mai, les président-e-s d’universités planifieront dans la plus grande illégitimité l’ouverture aux marchés de l’éducation et de la recherche.

Vers « l’économie de la connaissance »

L’objectif affiché de ce sommet est donc de poursuivre la marchandisation des services de l’éducation et de la recherche initiée en 1995 par l’OMC et inscrit dans la constitution européenne par le « processus de Bologne », ce que résume très bien un des lobbies patronaux à Bruxelles: « La responsabilité de la formation doit, en définitive, être assumée par l’industrie. […] L’éducation doit être considérée comme un service rendu au monde économique ».

 Au niveau de l’éducation, cela s’est traduit par la loi LRU marquant le désinvestissement financier de l’État et l’entrée de fonds privés à l’Université. Les Universités rentrent donc peu à peu en concurrence, leur financement étant conditionné par les exigences de rentabilité des formations proposées. Le rôle des études n’est donc plus de développer des savoirs et des savoirs-faire (permettant de comprendre et donc d’agir de manière autonome) mais d’acquérir des compétences (permettant d’exécuter mécaniquement les taches demandées) à finalité purement économique. Ces réformes visent en fait à offrir aux patrons des travailleurs plus dociles. En effet, le système de compétences forme à un travail précis, dans une entreprise précise, ce qui limitera la possibilité de trouver un emploi et donc augmentera le pouvoir de l’employeur dans la « négociation » du contrat de travail. A cela s’ajoutera l’individualisation des diplômes qui laissera les travailleurs à la merci de l’employeur en matière de rémunération ou de type de contrat, sans la protection des conventions collectives.

 Du côté de la production de la connaissance, c’est le même refrain. Les labos ne se voient plus attribuer de financement récurrent permettant des recherches libres et sur le long terme. A la place, il sont désormais soumis à un financement par projet, c’est-à-dire cloisonné, à durée limitée et avec obligation de résultat. Ce système est d’autant plus absurde qu’il est inefficace, la plupart des découvertes, et surtout les plus grandes, étant le fruit du hasard, de la curiosité et de l’expérimentation. En fait, il rentre dans une logique capitaliste : il permet à l’État et aux financiers de contrôler la recherche, de l’orienter vers ce qui est rentable à court terme, comme le nucléaire et les nanotechnologies.

 Pour une université émancipatrice

 Le but de l’éducation devrait être de permettre à chacun de se saisir des connaissances afin de comprendre le monde dans lequel nous vivons et de participer à la production matérielle, de connaissances et de service, et à la vie publique, aux décisions politiques. Cette université que nous voulons serait donc réellement accessible et de même qualité pour tous, sans distinction de classe, de sexe ou d’origine géographique. Elle serait l’objet d’un financement à la hauteur de ses enjeux qui serait contrôlé par l’ensemble des acteurs mais aussi par toute la société. Ainsi, la priorité serait donnée aux formations et aux recherches répondant à des besoins sociaux définis démocratiquement. C’est à la société toute entière d’évaluer ses besoins en médecins, en enseignants, en techniciens, en musiciens, en sociologues.

Réunion d’organisation de la résistance au G8 des universités organisée par les syndicats FSE et SUD-Université  : mardi 26 Avril, à 18h, Amphi Tocqueville

Manifestation contre le G8 des universités à Dijon. Covoiturage au départ de Caen.

Pour y participer, contacter le NPA – npacaenjeunes@gmail.com


Université de Caen : la police sur le campus

9 novembre 2010

Dès six heures mardi matin, police et gendarmerie sont intervenues sur le campus 1 de l’Université de Caen pour évacuer… des bâtiments presque vides.

Lundi, une assemblée générale ayant réuni peu d’étudiants et plutôt partagée s’était prononcée pour le blocage du campus 1. Mais dès le soir, le comité de lutte renonçait à occuper les bâtiments Sciences et Lettres, dont le blocage dans la durée s’avérait difficile. Et aussi pour éviter tout débordement et des violences inutiles qu’aurait pu entraîner l’agressivité des partisans de la réforme de Sarkozy.

La Présidente de l’Université n’en a pas moins jugé utile de faire intervenir massivement les forces de l’ordre. Inconséquence, ou volonté de montrer que le pouvoir, même un pouvoir illégitime et discrédité, a finalement toujours raison ? Toujours est-il que le campus avait drôle d’allure ce mardi matin, avec ce déploiement policier sans objet, avec des contrôles d’identité parfaitement déplacés, surtout quand ils visaient des étudiants bien pacifiques en train de distribuer des tracts !

La répression n’empêchera pas que la jeunesse lutte pour ses revendications

Le pouvoir pense peut-être en finir avec la mobilisation étudiante en faisant intervenir les forces de police. Quel espoir dérisoire ! Samedi et dimanche dernier, la deuxième coordination nationale étudiante a réaffirmé des objectifs qui resteront ceux de la grande majorité des étudiants, quelles que soient les péripéties des longs débats sur les « blocages ». Ces objectifs restent, en premier lieu, le retrait de la réforme, le vote par le Parlement et la validation du Conseil constitutionnel n’y changeant rien ; mais aussi : la prise en compte des années d’étude, de stage et d’inactivité forcée pour le calcul des annuités ainsi que le refus de l’augmentation de ces annuités, pour pouvoir bénéficier d’une retraite à 60 ans à taux plein (lire l’appel de la coordination, ci-dessous)

La deuxième coordination étudiante avait aussi pleinement conscience que la mobilisation de la jeunesse s’effectue dans un contexte de dégradation générale du marché du travail qui la condamne massivement au chômage et à la précarité. C’est pour cela qu’elle inclut dans la plate forme de lutte la revendication d’un « pré-salaire d’autonomie ». Cette revendication concerne toute la jeunesse qui refuse l’avenir de misère que le capital lui réserve. Toutes les forces du mouvement étudiant devraient maintenant s’unir pour une lutte résolue et de longue haleine pour gagner sur cette revendication. Pour leur part, les militants et les militantes du NPA en seront !

Même si elle a réuni seulement 20 universités en lutte, la coordination étudiante trace la voie pour continuer la lutte, en lien avec les échéances de mobilisation concernant le monde du travail. Un programme prometteur !


APPEL DE LA COORDINATION NATIONALE ÉTUDIANTE DE VILLETANEUSE DES 6 ET 7 NOVEMBRE

Nous, étudiants de 20 universités réunis en coordination nationale à Villetaneuse les 6 et 7 novembre 2010, appelons les étudiants à poursuivre la mobilisation contre la réforme des retraites sur les universités.

La réforme des retraites portée par Nicolas Sarkozy constitue une régression sociale sans précédent. Non seulement elle ne garantit pas l’avenir des retraites, mais elle fait reposer l’essentiel des efforts sur les salariés. Cette réforme va maintenir les salariés plus longtemps en activité, sans rien régler au chômage des seniors et va contribuer à fermer un peu plus les portes de l’emploi aux jeunes. Nous refusons cette vie de précaire dans laquelle le gouvernement veut nous maintenir.

Par ailleurs cette réforme ouvre encore un peu plus la voie à la privatisation du système des retraites. Par le relèvement de l’âge légal de départ à la retraite et l’allongement de la durée de cotisation, c’est bien la baisse des pensions et la capitalisation que souhaite mettre en place le gouvernement.

Par la mobilisation étudiante, les jeunes démontrent qu’ils refusent de servir d’alibi au gouvernement. Cette réforme sonne pour les jeunes comme une double peine : plus de chômage en début de carrière et moins de retraites demain. C’est pour cela que 74% des moins de 25 ans s’opposent aujourd’hui au recul de l’âge légal de retraite de 60 à 62 ans et que les étudiants dans leur grande majorité soutiennent la mobilisation actuelle. Par sa mobilisation, la jeunesse a joué un rôle central dans ce mouvement. Donnant confiance aux salariés en grève, elle a participé à donner un profil combatif et de masse à la mobilisation. Au delà de la réforme des retraites, la colère de la jeunesse n’est pas manipulée. Elle exprime un ras le bol de cette société et de l’avenir de misère qu’on lui réserve.

Le gouvernement a fait le choix de passer en force au parlement pour faire adopter son texte, au mépris de la puissante mobilisation des jeunes et des salariés l’amenant à faire le choix de la répression, y compris envers les mineurs, à encourager les violences policières, les arrestations abusives, à débloquer illégalement les piquets au mépris du droit de grève. C’est inadmissible. Mais si le gouvernement a gagné un vote dans l’hémicycle, il a perdu une bataille essentielle, celle de l’opinion. Le mouvement social contre la réforme reste soutenu par près de 70% de la population, et par la majorité des étudiants. Même adoptée, cette réforme reste injuste aux yeux du plus grand nombre et le gouvernement a perdu toute légitimité aux yeux des jeunes et des salariés. Cette mobilisation historique est riche d’enseignements. Les grèves reconductibles dans de nombreux secteurs salariés ont déstabilise le gouvernement et montré que c’était le moyen le plus efficace pour gagner. L’absence de démoralisation massive montre que, par ce type de scénario, un mouvement d’ensemble des jeunes et des travailleurs, la perspective d’infliger une défaite au pouvoir reste d’actualité.

Malgré les vacances et le vote de la loi, 2 millions de personnes ont à nouveau manifesté jeudi 28 octobre, pour la 7eme journée de mobilisation. Nous étions également 1,2 millions le 6 novembre.

Les raisons profondes qui ont amené des centaines de milliers de jeunes à descendre dans la rue sont loin d’être réglées. Nous maintenons notre exigence à la reconnaissance et à la protection sociale, notre aspiration à l’autonomie. Ces questions ne se régleront pas dans un énième débat sans perspective sur l’emploi des jeunes. Après avoir refusé de servir d’argument à cette contre-réforme, ils refuseront que leur situation soit utilisée pour une quelconque sortie de crise. Au coté des salariés et de leurs organisations, la coordination appelle les étudiants à poursuivre la mobilisation et à se joindre aux initiatives unitaires. Nous devons d’ores et déjà préparer les étudiants aux futures dates de mobilisation du 16 novembre et de celle qui aura lieu la semaine du 22 novembre.

Nous appelons l’ensemble des étudiants à participer aux assemblées générales ainsi qu’à leur organisation partout en France, afin de se mettre en grève et de manifester le mardi 9 novembre prochain. Des liens entre étudiants et secteurs mobilisés doivent continuer d’être développés en participant aux AG interprofessionnelles.

Nous exigeons :

- Le retrait de la réforme des retraites sans négociation.

- La prise en compte des années d’étude, de formation, de stage et d’inactivité forcée dans le calcul des annuités ouvrant droit à une retraite pleine.

- La retraite à 60 ans à taux plein

- Un pré-salaire d’autonomie

- Égalisation des salaires des femmes et des hommes

- Refus des 42 annuités de cotisation



Des nouvelles de la fac de Caen

3 novembre 2010

Le déblocage a été voté en assemblée générale, mais la mobilisation se poursuit.

Une fac débloquée…..

Mardi, avait lieu comme depuis maintenant le début du mouvement , l’AG hebdomadaire de la fac de Caen sur le campus 1. C’est un peu plus de 1350 étudiants qui y ont participé. Tout d’abord, un point sur la mobilisation en France a été fait. Et puis, la question du blocage/déblocage arrive vite à l’ordre du jour. Là, c’est le déblocage qui l’emporte à une très large majorité avec 826 voix pour le déblocage contre 424 pour la continuation du blocage et un peu plus d’une centaine d’abstentions. Mais ne soyons pas surpris par ce déblocage car si être 2 millions dans la rue comme nous l’avons été Jeudi dernier n’est en rien une défaite, le mouvement doit reprendre son souffle, suite au vote par le Parlement de la Réforme des retraites.

… mais toujours mobilisée !

Le déblocage n’est donc pas synonyme de la fin du mouvement universitaire. Les étudiant-e-s restent mobilisé-e-s plus que jamais contre cette réforme et ont choisi, malgré le déblocage, de voter l’occupation (partielle) de l’amphi Tocqueville pour pouvoir s’organiser et avoir tout de même un lieu commun de rendez-vous. De plus, il a été rappelé les différents rendez-vous de la mobilisation inter-professionnelle auxquels les étudiant-e-s vont participer malgré une moins grande disponibilité du fait de la tenue des cours.

A la suite de l’AG, cinq délégué-e-s ont été élu pour aller, le week-end prochain, à la deuxième coordination nationale étudiante qui se tiendra à Villetaneuse (Paris XIII). Les étudiant-e-s mobilisé-e-s, loin d’être abattu-e-s, se sont donnés rendez-vous tous les matins sur le campus 1 pour une distribution de tract et entamer le dialogue avec les autres étudiant-e-s pour les amener à se (re)mobiliser et à massifier la mobilisation. Avec des chiffres de participation en AG, la mobilisation est loin de s’éteindre, d’autant plus que certaine fac ont voté aujourd’hui le blocage : Nantes, Le Mans ou encore Grenoble !

A Caen, la prochaine AG aura lieu lundi prochain à 10h (soit en Halle des Sports soit en amphi Tocqueville).


Le mouvement étudiant se construit

27 octobre 2010

Coordination nationale samedi et dimanche dernier, assemblées générales dans les universités lundi, notamment à Caen. Le mouvement étudiant se construit, dans le sillage de celui des travailleurs contre la réforme des retraites. A Caen, sur le campus 1, les étudiants ont voté à nouveau le blocage. Au campus 2, une assemblée générale s’est également tenue.

Lundi, la délégation de Caen ayant participé à la première coordination nationale étudiante a rendu compte des débats fournis de samedi et dimanche. 140 délégués représentaient 40 facs en lutte et la diversité du mouvement. Le mouvement se construit autour de l’exigence commune du retrait de la loi qui aggrave la situation pour les jeunes comme pour les travailleurs. Complétant l’exigence du droit au départ dès 60 ans à taux plein, l’appel de la coordination met en avant une revendication essentielle pour le monde étudiant, et, au-delà, pour toute la jeunesse en formation : la validation des périodes d’études et de stages. La coordination a adopté un calendrier de mobilisation, avec des temps forts pour la jeunesse, mardi 26 octobre et surtout jeudi 4 novembre (lendemain de la rentrée scolaire), qui s’articulent avec les journées nationales interprofessionnelles déjà fixées, jeudi 28 octobre et samedi 6 novembre. La coordination appelle l’ensemble des étudiants à se mobiliser, pour élargir la protestation contre la réforme de Woerth et de Sarkozy, en faisant, de tous ces temps forts des succès. Elle appelle aussi à s’associer aux nombreuses actions interprofessionnelles (rassemblements, blocages…) organisés sur tout le territoire.

A l’issue de ses débats, l’assemblée générale du campus 1 a une nouvelle fois voté le blocage du campus à une très large majorité. Immédiatement, la présidence de l’université a décidé la suspension des cours, officiellement par mesure de sécurité. L’arrêté de suspension des cours incite les étudiants à rester chez eux, tandis que le blocage, dans l’optique des étudiants, n’a d’autre fonction que permettre aux étudiants de participer aux actions sans être sanctionnés pour avoir raté des cours. De plus, le comité de lutte a, dès le soir même, mis en place une "commission animation", pour que le blocage devienne un lieu d’échange avec la mise en place de projection de films et de débat (notamment sur la lutte contre le patriarcat,….).

La mobilisation démarre aussi sur le campus 2. L’assemblée générale s’y est prononcée aussi pour le retrait de la loi sur les retraites. Les étudiants doivent maintenant réunir leurs forces pour lutter ensemble contre la réforme, élargir encore le mouvement de contestation.

Lundi et mardi, les étudiants en lutte sont descendus dans la rue pour organiser des collectes de soutien aux grévistes, ceux des raffineries, des transports, des autres secteurs où les grèves sont reconduites depuis plusieurs jours : une initiative bienvenue, qui marque clairement la jonction des luttes de la jeunesse et des travailleurs. Les passants et les automobilistes ont été sollicités et plusieurs centaines d’euros ont été collectés, l’accueil ayant été généralement très favorable. Ceci confirme bien le soutien et la sympathie dont bénéficient ceux et celles qui, en grève, se trouvent en première ligne dans la lutte contre la réforme.

Décidément, le gouvernement n’en a pas fini avec la contestation de sa loi !

L’appel de la coordination nationale étudiante

Nous, étudiants de 40 universités réunis en coordination nationale au Mans les 23 et 24 octobre 2010, appelons à amplifier la mobilisation contre la réforme des retraites sur les universités par la grève reconductible des étudiants.
La réforme des retraites que cherchent à nous imposer à marche forcée le gouvernement et le patronat constitue le pilier central d’un vaste plan d’austérité visant à faire payer la facture de la crise économique aux jeunes et aux travailleurs, avec ou sans emploi, ainsi qu’aux retraités.
Pour les jeunes, la réforme des retraites sonne comme une double peine. L’allongement de la durée de cotisation et le report de l’âge légal de départ de 60 à 62 ans, et de 65 à 67 ans pour une retraite à taux plein, constituent des attaques majeures contre notre droit à un avenir. En plus de galérer maintenant, nous n’aurons même plus de retraite décente ! L’âge moyen d’insertion des jeunes de manière stable sur le marché du travail est aux alentours de 27 ans. Alors, pour cotiser les nouvelles annuités requises, il faudra travailler jusqu’à 67 ans. Nous refusons cette réforme qui vise à faire de nous des précaires toute notre vie. Alors que le taux de chômage des jeunes dépasse déjà les 20%, ce sont un million d’emplois qui ne se libèreront pas. Nous ne sommes ni irresponsables, ni manipulés. Les jeunes ont compris les conséquences de cette réforme pour leur avenir. Cette réforme, c’est à court terme du chômage en plus, et à long terme le recul de nos droits. Nous refusons d’être contraints de partir à la retraite à 67 ans, pour des pensions moins importantes. Nous défendons une retraite solidaire à 60 ans à taux plein pour tous, qui permette à chacun d’avoir accès à ce droit fondamental, à ce temps de la vie consacré au repos.
L’immense majorité de la population s’oppose à cette réforme. Malgré six journées de grève et de manifestations massives (plus de 3 millions de personnes), le gouvernement s’obstine à la faire passer en imposant même un vote unique au Sénat. Le pouvoir ne gouverne plus que pour une minorité. En passant en force, il perd chaque jour un peu plus de légitimité et la France s’enfonce dans une crise politique et démocratique sans précédent. Pourtant la contestation ne faiblit pas, au contraire. Partout, des secteurs se mettent en grève reconductible (cheminots, raffineries, enseignants, éboueurs…). La pression augmente sur le gouvernement. Il cherche toutes les solutions pour s’en sortir, en utilisant notamment la répression pour tenter de briser la mobilisation. Il cherche à nous diviser et à faire diversion avec le racisme. Ne tombons pas dans le piège qui vise à affaiblir notre capacité à résister ! Nous nous battons pour l’arrêt des expulsions et de la répression, et exigeons l’arrêt de l’ensemble des poursuites contre les jeunes mobilisés.
Nous ne devons pas relâcher la pression ! La possibilité de faire céder le gouvernement et d’obtenir le retrait de la loi devient réellement crédible. Pour cela, il faut encore amplifier le mouvement et aller vers un blocage total du pays, par la grève d’une majorité de jeunes et de salariés. Le mouvement contre le CPE a prouvé qu’il était possible d’obtenir le retrait d’une loi même après son vote.
Nous appelons l’ensemble des jeunes à rejoindre la grève. La mobilisation de la jeunesse fait peur au gouvernement. Ce sont maintenant plus de 40 universités qui sont mobilisées, dont une vingtaine en grève et une dizaine bloquées. Nous appelons l’ensemble des universités à les rejoindre en se réunissant en Assemblées Générales et en votant la grève. Faire des Assemblées Générales sur les universités et les lycées est la garantie que les jeunes prennent en main leur mobilisation.
L’unité des salariés et de la jeunesse est une des clés du succès. C’est pourquoi, nous appelons l’ensemble des étudiants à développer les liens entre les secteurs mobilisés en participant aux AG interprofessionnelles, en organisant des cortèges communs dans les manifestations et en participant à des actions communes.
Quoiqu’en dise le gouvernement, les vacances sur certaines universités n’entament en rien notre détermination. Pour ne pas relâcher la pression, nous appelons à une nouvelle journée de grève, d’actions et de manifestation mardi 26 octobre. Nous invitons les jeunes à participer aux journées du jeudi 28 octobre et samedi 6 novembre tout en liant cette journée avec la mobilisation initialement prévue sur le droit à l’IVG. Nous appelons dès maintenant à une journée de grève et de manifestation le jour de la rentrée des lycéens, le jeudi 4 novembre. Parce qu’aujourd’hui plus que jamais la victoire est possible, nous sommes déterminés à ne rien lâcher avant d’avoir obtenu satisfaction sur nos revendications.
Nous appelons à une nouvelle coordination nationale étudiante le week-end des 6 et 7 novembre à Paris-13-Villetaneuse.
Nous exigeons :
* le retrait de la réforme des retraites
* la prise en compte des années d’étude, de formation, de stage et d’inactivité forcée dans le calcul des annuités ouvrant droit à une retraite pleine
* la retraite à soixante ans à taux plein
* un pré-salaire d’autonomie


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