Soutenons le peuple grec !

Les élections en Grèce ont placé en tête le parti de droite la Nouvelle Démocratie, avec 29,7 % des voix. Mais la gauche radicale (représentée surtout par SYRIZA) n’est pas loin derrière (26,9 %). SYRIZA creuse encore l’écart avec le PASOK, tombé à 12,3 %. Union européenne, BCE et FMI ont pousé un ouf de soulagement, mais rien n’est réglé. Une période d’incertitude s’ouvre, et elle concerne aussi d’autres Etats, comme l’Espagne.

En menant une rude campagne contre SYRIZA, les gouvernements de l’Union européenne, au premier rang desquels celui d’Allemagne, ne se sont pas trompés d’adversaire. Sans vouloir donner de consigne de vote, comme l’a dit hypocritement la chancelière Angela Merkel, ils ont fait planer les pires menaces sur la population dans le cas où SYRIZA arriverait en tête, comme l’expulsion de la zone euro, le non versement des aides prévues et la paupérisation accélérée du pays. Car SYRIZA, malgré les déclarations de ses dirigeants pouvant varier d’un jour à l’autre, s’est affirmé comme le parti refusant l’austérité, partisan de l’annulation du mémorandum qui l’impose, partisan aussi de l’annulation de la majeure partie de la dette de l’Etat et de la nationalisation des banques. Inconcevable pour les gouvernements de l’Union qui exigent tous (y compris le gouvernement français) que la Grèce satisfasse aux exigences de la troïka, Union européenne, BCE et FMI !

Le 6 mai, lors des dernières élections, le système politique grec avait volé en éclat, les partis pro-austérité étant nettement sanctionnés, au premier rang desquels le PASOK. Impossible de former un gouvernement ! Six semaines plus tard, si la droite l’emporte devant SYRIZA, c’est de justesse seulement. En six semaines, la gauche radicale a progressé de 10 points, malgré les violentes attaques contre elle. Le PASOK recule encore et les néo-nazis de l’Aube Dorée restent en embuscade. Une majorité pour former un gouvernement peut sans doute être trouvée réunissant la droite, le PASOK et de petites formations politiques. Cela suffit au bonheur des responsables politiques européens, les allemands exprimant sans aucune retenue leur satisfaction. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, par exemple : "Je suis très soulagé par le résultat des élections grecques. C’est un vote pour l’Europe (…). Le résultat des élections grecques est qu’il n’y aura pas de concessions puisque ce qui a donné lieu à un accord va maintenant être mis en oeuvre". Ou encore le porte-parole d’Angela Merkel : « Que les Grecs aient choisi les conservateurs de Nouvelle démocratie montre qu’ils ont voulu continuer à s’engager sur le chemin des réformes profondes".

Mais, même après la formation d’un nouveau gouvernement en Grèce, rien ne sera réglé pour autant. Si la spirale austérité-récession se poursuit, c’est vers l’aggration de la situation que l’on va – alors que le taux de chômage est déjà de 22 %, que le recul du PIB est de 7 %… – et le renforcement de la résistance sociale, confortée par la forte progression de la gauche radicale.

Aux côtés de la Grèce, l’Espagne dans la tourmente

Après les déclarations de satisfactions du personnel politique et le ouf de soulagement de la finance, manifeste à l’ouverture des bourses lundi matin, la prudence s’est de nouveau installée de ce côté, tant il est clair que les résultats électoraux n’offrent qu’un répit aux saigneurs de la Grèce.

Sur le marché obligataire, les taux espagnols sont même repartis à la hausse. Comme si les répits, après ceux enregistrés après les annonces des pseudo « plans de sauvetage », étaient de durée de plus en plus courte… Selon les observateurs les plus lucides, les taux espagnols atteignent des niveaux « insoutenables ». Le taux espagnol à 10 % a dépassé les 7 % et battu un nouveau record. L’incertitude est loin de concerner la seule Grèce !

Soutien à la résistance sociale et à la gauche radicale en Grèce

La Grèce est une épine dans le pied du capitalisme européen qui veut faire payer sa crise aux peuples. Après trois ans de résistance acharnée, l’alternative aux gouvernements austéritaires y apparaît de plus en plus : un gouvernement des travailleurs qui refuse l’austérité et s’affirme prêt à affronter la finance, en s’appuyant sur les mobilisations et le contrôle des banques et des principaux secteurs de l’économie par la population, comme cela a d’auilleurs commencé en Grèce, même si c’est encore très modestement. Nous faisons confiance au peuple grec pour trouver la voie qui mènera à ce gouvernement. Pour ce qui nous concerne, nôtre tâche est celle de la solidarité, sachant que le soutien le plus efficace que nous pouvons apporter au peuple grec, c’est le développement des mobilisations sociale en France, en Espagne…, partout où sévissent les gouvernements pro-austérité, qu’ils soient de droite ou de gauche.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

%d bloggers like this: